Le blog de Claude Lelievre

personnels de direction

Les recteurs: vers la fin d’une histoire extraordinaire?

Faire coïncider le territoire de chaque académie avec une (grande) région et  »décréter » qu’il pourrait y avoir désormais 40 % de recteurs recrutés sans l’obligation d’être titulaire d’une habilitation à diriger des recherches ou de justifier d’expérience dans l’éducation signe la  »banalisation » de l’administration de l’Education nationale. Le projet de décret sur la nomination des recteurs qui vient d’être présenté au Conseil supérieur de l’éducation n’a recueilli aucun vote positif et et a obtenu 49 votes contre. Une rare unanimité négative, quasi-historique elle aussi…Mais il est présenté  ce mercredi 3 octobre au Conseil des ministres: passage en force et urgence ( pour qui)? A partir de Napoléon I, le territoire national a été divisé en académies (une par Cour d’appel ), à la tête desquelles ont été placés des recteurs. Il est remarquable que l’Empereur – qui a pourtant mis en place la forte présence des préfets dans les départements – ne veut pas que l’administration de l’Ecole relève de l’administration commune : les enseignants et les chefs d’établissements sont responsables devant une instance – l’académie et son recteur – qui n’a pas d’équivalent ( les régions n’existent pas encore, et les départements sont à un échelon inférieur ). Napoléon… Savoir plus >

Un décret pour  »graver dans le marbre » les missions des CPE?

C’est le sens, semble-t-il, de la proposition que vient de faire Daniel Robin (co-secrétaire général du SNES-FSU) dans un colloque à l’initiative de son syndicat  sur le métier de conseiller principal d’éducation «  à la croisée du pédagogique et de l’éducatif ». Après avoir affirmé que « les missions du CPE, contrairement à celles des enseignants, ne sont pas définies par un texte réglementaire mais par une simple circulaire datant de 30 ans », le co-secrétaire général du SNES-FSU a indiqué que son syndicat réclamait « un décret pour stabiliser ces missions dans le respect du texte de 1982 ». Le métier de CPE (une particularité française) est généralement méconnu bien qu’important, car en évolution continue et à la jonction (problématique) entre différents ‘’mondes’’ qui ont bien du mal à entrer en synergie : la direction de chaque établissement secondaire, les enseignants, les élèves, les parents. Le CPE est en principe l’interlocuteur de tout le monde et de chacun. Au printemps dernier (cf mon billet du 29 avril 2012), le syndicat SGEN-CFDT s’était ému du fait que, sur le site internet du ministère, il était indiqué que les conseillers principaux d’éducation sont « membres de l’équipe de direction ». «… Savoir plus >

Un « 4 août » de l’accès au corps des personnels de direction

Le ‘’privilège’’ de l’accès à ce corps était jusqu’alors l’apanage des enseignants et des personnels éducatifs dans la mouvance de l’Education nationale. Désormais, il est ouvert aux fonctionnaires issus d’autres ministères par voie de concours et aux ressortissants de la communauté européenne. « Les personnels de direction participent à l’encadrement du système éducatif et aux actions éducatives. A ce titre, ils occupent principalement, en qualité de chef d’établissement ou chef d’établissement adjoint, des emplois de direction des établissements mentionnées à l’article L.421-1 » du Code de l’éducation. La titularisation est décidée par le recteur après consultation de la commission paritaire académique. Jusqu’alors, on était dans la ligne ouverte par Napoléon I, reposant sur l’idée qu’il fallait que soit en place ( pour l’Ecole ) non seulement une administration publique mais une corporation publique. C’est pourquoi le dispositif des grades et l’accès aux différents postes avaient été aménagés de façon à ce que l’on puisse faire carrière, à ce qu’il y ait corps et esprit de corps. Comme l’avait dit lui-même Napoléon, « il y aurait un corps enseignant si tous les proviseurs, censeurs et professeurs de l’Empire avaient un ou plusieurs chefs, comme les Jésuites avaient un général et des… Savoir plus >