Le blog de Claude Lelievre

rythmes scolaires

Le décret Ponce Pilate sur les rythmes scolaires de Blanquer

Le décret que Jean-Michel Blanquer vient de signer sur les rythmes scolaires est digne non pas d’un Salomon mais d’un Ponce Pilate. C’est la  »base », à condition d’être unie, qui choisira le retour à la semaine de quatre jours. Et l’irresponsable à la tête du ministère de l’Education nationale s’en lave les mains. Après la décision prise en 2008 par le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos de permettre la suppression de la classe du samedi et la généralisation de la semaine de quatre jours dans l’enseignement primaire, l’historien Antoine Prost avait dénoncé « une débacle » accompagnée d’ « un lâche soulagement ». Et il avait titré sa tribune parue dans « Le Monde » du 28 mai 2008 : « Un Munich pédagogique !». Bis repetita ? Le 18 mai 2010, Jean-Michel Blanquer (alors Directeur de l’enseignement scolaire) a été auditionné sur le sujet. Et ce qui en a été consigné dans le rapport d’information déposé le 8 décembre 2010 par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale (en conclusion des travaux de la mission sur les rythmes scolaires) vaut d’être rappelé (et sonne comme un rappel à l’ordre).  « Lors de son audition par la mission, le Directeur général de l’enseignement primaire scolaire au ministère… Savoir plus >

Blanquer, un rythme d’enfer

Le ministre qui est déjà « fier de ne pas avoir donné son nom à une nouvelle loi » n’hésite pas à se précipiter pour concocter un décret sur les rythmes scolaires… Le 8 juin, un texte de décret sera en effet l’objet d’un vote consultatif du Conseil supérieur de l’éducation. Auparavant, une commission préparatoire se sera réuni le 6 juin. En général, il y a deux semaines entre les deux réunions afin que les différentes parties consultées puissent réfléchir et proposer calmement des amendements. Là, il n’y aura que deux jours. L’Association des maires de France s’est inquiétée du manque de concertation et a publié un communiqué pour demander des clarifications sur le sujet. Jean-Michel Blanquer a fait valoir que « les retours à quatre jours ne concerneront qu’une petite minorité de volontaires à la rentrée prochaine » et que « l’année 2017-2018 permettrait ensuite une réflexion sur le temps et l’espace de l’enfant ». Pourquoi alors se précipiter s’il s’agit d’ « une toute petite minorité » et qu’il est reconnu en principe qu’il faudrait prendre du temps « pour une réflexion sur le temps et l’espace de l’enfant » ? Mystère. Comme on dit, « l’enfer est pavé de bonnes intentions » (proclamées…). Le plus étonnant est que le nouveau ministre… Savoir plus >

Refondation dans la refondation?

Il s’agit de « refonder l’Ecole » s’est exclamé Emmanuel Macron au soir du premier tour. Mais est-ce une refondation hors de la refondation en cours, en rupture avec elle ? Ou bien une « refondation dans la refondation ? », à l’instar du titre d’un célèbre ouvrage de Régis Debray : « Révolution dans la révolution ? » paru il y a tout juste 50 ans, en 1967. « Restaurations » ou « simples aménagements de l’existant » ? Certains des propos tenus par Emmanuel Macron lors du débat télévisé d’entre-deux-tours semblent aller dans le sens d’une  »restauration » et s’adresser électoralement aux  »révolutionnaires de l’immobilisme » (comme disent certains) : « Je veux rétablir les heures d’enseignement dont le français, l’enseignement du latin au collège, les travaux dirigés, les classes bilingues ». Mais ce n’est peut-être pas si sûr ou si simple ; du moins si l’on juge par ce qui peut être dit par l’équipe  »éducation » d’Emmanuel Macron (avec sa cheville ouvrière, Anousheh Karvar, une  »ministrable »). D’abord la mise en avant de la notion de « parcours bilingues » (et non de classes-bilingues) au-delà des  »bilingues de continuité » (pour éviter la reconstitution de groupes-classes homogènes et le rétablissement de logiques de filières). D’autre part, les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) ne seraient pas démantelés mais feraient l’objet d’aménagements sous des formes… Savoir plus >

Le cercle vicieux du calendrier scolaire

L’éternel retour de la question du nombre des  »zones » va avoir lieu une nouvelle fois aujourd’hui devant le Conseil supérieur de l’éducation et soumis à son appréciation. Cependant, il y a fort à parier que la décision finale ne sera pas le fait du ministère de l’Education nationale, mais relèvera de l’arbitrage de l’Elysée et du futur président élu. C’est une affaire d’Etat ! Qu’en pensent les candidats à l’élection présidentielle ? Dès hier, le site ToutEduc – encore une fois bien informé – a révélé que « la commission qui a travaillé sur les rythmes scolaires annuels va notamment proposer de réduire à deux (au lieu de trois actuellement) le nombre de zones ». « La Lettre de ToutEduc » du 22 mars souligne que « les avantages sont indéniables. Pour les parents séparés, c’est l’assurance d’avoir une semaine en commun avec leur enfant pendant les vacances d’hiver et de printemps, et la période de congés s’étalant sur trois semaines au lieu de quatre la possibilité pour le calendrier scolaire d’être au plus près du rythme 7/2 (sept semaines de classe suivies de deux semaines de congé) recommandé par les chronobiologistes). Mais c’est aussi deux semaines de moins pour les stations de sports d’hiver » Le choix… Savoir plus >

C’est la fin des  »grandes vacances ». Et ailleurs? Et autrefois?

La durée et les dates des grandes vacances n’ont aucune nécessité intrinsèque , car elles varient beaucoup dans le temps et dans l’espace. Selon les comparaisons internationales décrites en 2010 dans le cadre de l’OCDE, la France fait partie du quart des pays examinés ( 32 en tout) dont la durée de l’année scolaire n’excède pas 36 semaines alors que la médiane des 32 pays se situe à 38 semaines (et que le tiers d’entre eux dépasse les 40 semaines). Seuls deux pays ont une année scolaire moins longue (35 semaines) que celle de la France (36). La France ne se situait pourtant que dans la moyenne pour ce qui concerne les  »grandes vacances » avec ses 9 semaine de congés estivaux ; mais c’est en France que les congés en cours d’année sont les plus longs (avec 4 périodes de deux semaines réparties sur les dix mois de l’année scolaire depuis 2013). Les autres pays ont rarement des  »petites vacances » qui dépassent la semaine. Pour l’enseignement primaire, la longueur des « grandes vacances »  varie du simple au double selon les pays : 13 ou 12 semaines pour 10 pays contre 6 semaines dans 5 pays .Par ailleurs 8 pays ont 11 ou 10 semaines de  »grandes… Savoir plus >