Le blog de Claude Lelievre

sélection

Tournier le premier à débloquer Blanquer sur le bac ?

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer s’est réfugié jusqu’alors dans la langue de bois à propos de la réforme du baccalauréat annoncée en se dissimulant derrière les métaphores :  »muscler »,  »épaississement », »tremplin »… Le secrétaire général du SNPDEN (principal syndicat des chefs d’établissement) Philippe Tournier s’est lâché – lui – jusqu’au bout, lors de sa conférence de presse (cf le compte-rendu suggestif qu’en a fait Erwin Canard dans Educpros) : « il n’y aurait dorénavant plus que deux solutions : « Soit on dit que le bac ne sert à rien, donc on le supprime, soit on lui redonne sa place d’examen d’entrée dans le supérieur. » Une place que l’examen occupe toutefois déjà aujourd’hui – au moins officiellement – puisqu’il tient lieu de premier grade universitaire. Si le SNPDEN admet ne pas avoir réfléchi aux modalités exactes du baccalauréat qu’il envisagerait, la philosophie est en revanche déterminée. Le premier syndicat des chefs d’établissement souhaite que le bac soit divisé en deux. « L’idée est qu’il y ait deux évaluations : une qui aurait valeur de certificat de fin d’études secondaires, et une autre qui donnerait le droit d’entrer dans l’enseignement supérieur« , précise Philippe Tournier » Il ne s’agit plus de  »muscler » ou d’  »épaississement », voire même de  »tremplin » ; mais de tout autre… Savoir plus >

2005 : échec d’une réforme du bac… à venir

A l’adresse d’abord du redoublant Jean-Michel Blanquer, afin qu’il n’échoue pas sur les obstacles qui ont mis François Fillon à genoux. La répétition est généralement mortifère. On n’y échappe pas en ignorant le passé (ce qui est souvent de l’ordre de la dénégation plus ou moins apeurée), mais au contraire en le connaissant au mieux. Au début de l’année 2005, la réforme du baccalauréat est inscrite dans le rapport annexé de la future loi d’orientation de l’éducation (dite loi  »Fillon »). Sa préparation est confiée à un « groupe de travail comprenant des représentants des personnels, des parents d’élèves et des lycéens ». Ses conclusions sont attendues pour le 15 avril. Et la réforme doit rentrer en vigueur dès la session 2007. Le ministre de l’Education nationale François Fillon fixe le cadre lors de l’installation du groupe de travail le 17 janvier : reprofilage de l’examen autour de six épreuves terminales (au lieu d’une douzaine) qui pourront être différentes selon les séries ; évaluation sous d’autres formes des autres matières (contrôle continu ou en cours de formation ) ; et préservation de la valeur nationale du diplôme. Pour justifier cette réforme, François Fillon met en avant « l’immense tâche » que représente chaque année l’organisation du baccalauréat, le… Savoir plus >

Blanquer : un redoublant inconscient?

Le pince-sans rire à la tête du ministère de l’Education nationale endosse le rôle du comique l’air de rien. Alors qu’il était à la tête de la DGESCO (direction générales des enseignements scolaires), Jean -Michel Blanquer a fait paraître une circulaire en date du 16 mars 2010 (cf le BO du 18 mars) où il était dûment indiqué (au chapitre 2.1.2  intitulé « Donner sa pleine mesure à l’aide personnalisée ») :« La première mesure de personnalisation du parcours scolaire à l’école est la pédagogie différenciée […]. Elle doit rendre très exceptionnel le recours au redoublement ». Depuis deux jours, on trouve « redoubler n’est plus interdit » ou « il n’est pas normal d’interdire le redoublement » à la Une de bien des journaux. Et c’est ce qui restera dans les esprits. Jean-Michel Blanquer sait fort bien que l’idée de  »redoublement » est populaire (moins lorsqu’il s’agit des principaux intéressés), et il communique en conséquence, sans se soucier outre mesure de la cohérence (et même de sa cohérence) pensant qu’on ne saura pas grand chose des tenants et aboutissants véritables en la matière. Le nouveau ministre de l’Education nationale ne semble pas être un adepte de la rigueur, loin s’en faut. Le 8 juin, dans le quotidien « Le Parisien »… Savoir plus >

Fillon: la posture de l’imposture du retrait des allocations familiales

Dans la ligne des rigueurs financières qu’il envisage pour les pauvres (mais pas pour lui-même), François Fillon vient de déclarer qu’il « rétablirait la loi sur la suspension des allocations familiales pour les familles n’assurant pas la présence de leurs enfants à l’école » Le 17 janvier 2013, la majorité de gauche du Parlement a définitivement adopté une proposition de loi qui supprimait la loi proposée par le député UMP Eric Ciotti et votée par la majorité de droite en septembre 2010. Mis effectivement en place en janvier 2011, le dispositif prévoyait, en cas d’absentéisme trop fréquent et non justifié, après une convocation des parents et un avertissement, que l’inspection d’académie puisse exiger de la Caisse d’allocations familiales (CAF) la suspension partielle des allocations. La ministre déléguée à la Réussite scolaire, George Pau-Langevin, a défendu la proposition d’abrogation. Elle a notamment jugé que la loi Ciotti était « injuste et inefficace dans plus de 80% des cas ». Il y aurait eu quelque 80 000 signalements notifiés lors de l’année scolaire 2011-2012 et 620  suspensions d’allocations décidées. Si l’on en juge par la proportion d’élèves  »absentéistes » les mois de janvier de 2011 à 2015 (le mois de janvier étant retenu comme élément de comparaison le plus… Savoir plus >

Les fonts baptismaux peu républicains de l’agrégation

Ils ne sont pas particulièrement républicains, loin s’en faut. L’agrégation a été créée sous l’Ancien Régime, le 3 mai 1766. Elle a disparu lors de la première République, en 1793. Elle a été rétablie sous l’Empire, en 1808. Et elle a été vraiment restaurée sous la Restauration, en 1821. Mais elle dure depuis 250 ans. Dans le contexte de la soudaine expulsion des Jésuites décidée en 1764, un concours d’agrégation est institué par les lettres patentes des 3 mai et 10 août 1766 pour les trois classes: philosophie, belles lettres et grammaire de dix collèges de la faculté des arts de l’université de Paris. Les candidats doivent être maîtres ès arts. L’agrégation disparaît en même temps que le reste des institutions universitaires d’Ancien Régime en 1793, sous la première République. L’agrégation est recréée par le décret impérial du 17 mars 1808 qui organise ce qui est appelé alors  »l’Université » (c’est à dire essentiellement ce qu’on appelle aujourd’hui l’enseignement secondaire). On tient là sans doute l’origine de l’appellation « agrégé de l’Université ». De 1809 à 1821, les agrégés sont purement et simplement nommés par arrêté sur recommandation des recteurs d’académie ou des inspecteurs généraux, à la demande des proviseurs et en fonction… Savoir plus >

L’intégration des élèves immigrés à la loupe

Le nouveau « PISA à la loupe » (n°57) s’est focalisé sur les résultats des élèves immigrés à partir notamment des résultats au PISA 2013. Cette nouvelle étude tombe à pic en ces temps troublés pour redresser quelques idées reçues et ouvrir des perspectives. Une idée reçue tenace est mise à mal par cette étude, à savoir celle qui voudrait qu’au-delà d’un certain seuil, une forte proportion d’immigrés ait une incidence négative sur la performance d’un système d’éducation : « Selon les données de l’OCDE, il n’existe pas, dans les pays de l’OCDE, de corrélation significative entre le pourcentage d’élèves immigrés et la performance des élèves […]. Après contrôle du niveau niveau socio-économique des élèves et des établissements, la différence moyenne de performance entre les établissements présentant une forte concentration d’élèves immigrés et ceux n’en scolarisant aucun s’établit à 5 points de score, et n’est plus statistiquement significative dans la plupart des pays. L’enquête PISA révèle ainsi que ce n’est pas la concentration d’élèves immigrés dans un établissement, mais plutôt celle d’élèves défavorisés, qui entrave la réussite tant des élèves immigrés que de leurs pairs autochtones ». Perspectives d’avenir. « Les systèmes d’éducation jouent un rôle important dans la réussite des élèves immigrés, comme en atteste la… Savoir plus >

Concours de recrutement d’enseignants: le changement s’amplifie

Si on compare les nombres de candidats inscrits recensés pour les concours de 2016 et qu’on les compare à ceux des concours ( »Chatel ») de 2012 , on constate une augmentation de quelque 15% pour l’agrégation, de 52% pour le Capes et de 86% pour le concours externe des professeurs des écoles. Inscrits aux agrégations externes : 24846 pour 2016 contre 21648 pour 2012, soit 14,8% d’augmentation. Inscrits aux CAPES externes : 36779 pour 2016 contre 24134 en 2012, soit 52,4% d’augmentation. Inscrits aux concours externes des professeurs des écoles : 68816 pour 2016 contre 37018 pour 2012, soit 85,9% d’augmentation Bien sûr, cette augmentation ne s’est pas faite d’un seul coup. Mais elle est bien confirmée pour cette dernière année également. Et, surtout, il s’agit d’une augmentation du nombre des inscrits quasi généralisée. Ainsi le nombre de candidats aux concours externes de l’agrégation passe de 22397 inscrits pour la session 2015 à 24846 (soit une augmentation de 11%) pour la session 2016. Le nombre d’inscrits aux concours externes du CAPES pour la session de 2015 (33351) passe à 36779 pour celle de 2016 (soit une augmentation de 10%). Enfin le nombre de candidats au concours externe de professeurs des écoles passe de 61788… Savoir plus >

Non aux dictées en forme de casse-tête chinois!

C’est ce que disait Jules Ferry en 1880 : « A la dictée – à l’abus de la dictée – il faut substituer un enseignement plus libre […] Epargnons ce temps si précieux qu’on dépense trop souvent dans les vétilles de l’orthographe, dans les pièges de la dictée, qui font de cet exercice une manière de tour de force et une espèce de casse-tête chinois ». En 1905, le grand grammairien Ferdinand Brunot va encore plus loin dans une « Lettre ouverte au ministre de l’Instruction publique à propos de la réforme de l’orthographe ».  « Si en effet il y a aujourd’hui une question orthographique vraiment digne d’attention , c’est qu’elle intéresse la totalité des enfants de France; c’est devenu une question d’ordre public. A vrai dire, l’enseignement de l’orthographe a d’autres défaveurs que d’être encombrant. Comme tout y est illogique, contradictoire, que, à peu près seule, la mémoire visuelle s’y exerce, il oblitère la faculté de raisonnement, pour tout dire il abétit..Il a le vice énorme d’incliner plus encore vers l’obéissance irraisonnée. Pourquoi faut-il deux p à apparaître et un seul à apaiser, il n’y a d’autre réponse que celle-ci: parce que cela est. Et comme les ukases de ce genre se répètent chaque jour, ce catéchisme prépare et habitue à… Savoir plus >

La durée de la scolarité obligatoire: un problème récurrent

La mise en place de la « scolarité obligatoire » et ses allongements successifs n’ont pas eu lieu sans difficultés (voire ambiguïtés) récurrentes. La loi  »Ferry » du 28 mars 1882 rend l’instruction obligatoire pour les enfants des deux sexes et précise qu’elle peut être donnée dans des écoles publiques ou des écoles privées, ou bien encore dans la famille. « L’instruction obligatoire » est donc le principe qui fonde (et qui dépasse ou englobe) « l’obligation scolaire ». Elle fixe la durée de scolarisation  »obligatoire » de six ans révolus à treize ans révolus. Mais cette durée de scolarisation peut être diminuée si l’élève obtient le certificat d’études, auquel il est en droit de se présenter dès l’âge de onze ans. Jean Zay, ministre radical sous le Front populaire, fait voter le 9 août 1936 une loi qui porte à quatorze ans révolus (treize pour les titulaires du certificat d’études primaire) l’obligation scolaire. Une classe dite de « fin d’études », avec un programme ad hoc, est créée. Jean Zay, devant certaines réticences qui peuvent parfois être très vives, est amené à la justifier par des « attendus » (qui sonnent d’ailleurs quelque peu curieusement aujourd’hui) :« Cette classe ne saurait à aucun degré être considérée comme un refuge pour les enfants incapables… Savoir plus >

Les étranges débuts d’une école normale supérieure

La loi du 26 juillet 1881 crée l’ENS de Sèvres. Elle sera la matrice du corps des professeures du secondaire public féminin. Il s’agit de « donner un sexe » à l’enseignement secondaire des jeunes filles. Selon Camille Sée, le promoteur de la loi instituant l’enseignement secondaire public féminin votée en décembre 1880, « ce n’est pas un préjugé, c’est la nature elle-même qui renferme les femmes dans le cercle de famille. Il est de leur intérêt, du nôtre, de l’intérêt de la société toute entière, qu’elles demeurent au foyer domestique. Les écoles qu’il s’agit de fonder ont pour but, non de les arracher à leur vocation naturelle, mais de les rendre plus capables de remplir les devoirs d’épouse, de mère et de maîtresse de maison ». Et comme les hommes fréquentant l’enseignement secondaire ont droit, eux, à la culture classique, Camille Sée énonce le maître mot de son action éducative en latin : « Virgines futuras vivorum matres republica educat ! » (la République instruit les vierges, futures mères des hommes).. En principe, l’enseignement secondaire féminin ne doit pas déboucher sur une insertion professionnelle. Mais il existe une exception manifeste , car le secondaire féminin doit être le vivier où se recrutent précisément son encadrement, ses enseignantes, puisque la… Savoir plus >