Le blog de Claude Lelievre

sélection

Concours de recrutement: les échappatoires au CLES 2

Le ministère reconnaît enfin que, dans la situation actuelle, il était impossible que la plupart des candidats aux concours de recrutement d’enseignants puissent être préparés sérieusement au « Certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur 2° degré » ( CLES 2 ) qui était en principe exigé de tous les candidats pour être stagiarisé. Il a été amené sur ce point à suivre les recommandations du récent rapport Jolion sur la formation des enseignants qui pointait que cela était d’une part dissuasif pour certains ( alors même qu’il y a une baisse sensible du nombre de candidats aux concours ) et  d’autre part injuste ( certains pouvant être effectivement préparés, et d’autre pas selon les cursus empruntés et les universités fréquentées). Il est à noter que, une fois encore dans ce domaine pourtant très important du recrutement et de la formation des enseignants, la décision a été prise de façon impromptue, au dernier moment, quelques jours seulement  avant le début des CAPES qui auront lieu à partir du 15 novembre. Le pouvoir en place magnifie le rôle des ‘’chefs’’, en particulier dans les établissements ( cf la convention de l’UMP de mardi dernier ). On peut les féliciter !… Savoir plus >

« Du bizutage, des grandes écoles et de l’élite »

L’agression subie récemment par un étudiant de Dauphine lors d’une ‘’réunion de recrutement’’ de l’association ‘’Japad’’ ( au cours de laquelle « un des membres, sous l’emprise de l’alcool, à l’aide d’un instrument qui semble être une capsule de bouteille, lui a gravé sur le dos les lettres ‘’Japad’’ » selon Laurent Batsch, le président de l’université ) défraye actuellement la chronique et appelle légitimement à la vigilance contre les bizutages violents. Mais on devrait aussi remarquer leur caractère récurrent et le fait que ce genre de pratiques sévit le plus souvent dans les établissements d’’’élite’’. Et noter aussi que la violence dans le système scolaire n’est pas l’apanage de certains élèves dans des établissements sensibles, mais peut être aussi le fait de certains élèves de quartiers huppés dans des établissements d’élite recherchés ( selon une étudiante de Dauphine, « l’association ‘’Japad’’ était dirigée par un petit groupe d’étudiants venant du XVI°, très friqués, ayant mauvaise réputation » ) Et pourtant, les autorités scolaires et universitaires ont condamné de longue date – et de façon réitérée – les brimades ( dés 1928, et en 1944,1962… ). Circulaire du 20 octobre 1928 du ministre de l’Instruction publique : « Il y… Savoir plus >

Les postes aux concours de l’enseignement du second degré

Ils viennent d’être publiés au JO de ce 1° novembre. Pour l’enseignement public, 8347 postes aux concours externes ( contre 8600 postes proposés l’année dernière ) : agrégation, 1248 ; CAPES, 4847 ; CAPEPS, 600 ; CAPLP, 1357 ; COP, 50 ; CPE, 245. Plus les 1752 postes offerts aux concours internes : agrégation, 759 ; CAPES, 648 ( et 62 au deuxième concours ) ; CAPLP, 275 ; COP, 15 ; CPE, 55. Le nombre de contrats aux concours externes et aux troisièmes concours pour l’accès à des listes d’aptitude aux fonctions de maître dans les établissements d’enseignement privé sous contrat du second degré ( CAFEP et troisièmes CAFEP ) est fixé à 1100 . Il est fixé à 100 pour le concours interne donnant accès à l’échelle de rémunération des professeurs agrégés, et à 600 pour les concours internes donnant accès aux échelles de rémunération des professeurs certifiés, des professeurs d’éducation physique et sportive et des professeurs de lycée professionnel. Si l’on se focalise sur les disciplines du CAPES externes où tous les postes offerts n’avaient pas été pourvus à l’issue des concours l’année dernière, on peut faire les constatations  suivantes. En mathématiques et en anglais, le nombre… Savoir plus >

Le baccalauréat doit être aussi l’affaire du supérieur!

Il est pour le moins étonnant que, lorsqu’il s’agit de réformer ou de refonder ‘’le’’ baccalauréat, le ministère de l’enseignement supérieur ( et les organisations principales de son aire ) ne soit pas partie prenante, laissant de fait toute la place au ministère de l’Education nationale  ( avec notamment les organisations syndicales ou de spécialités disciplinaires de son aire, celles de l’enseignement secondaire ). En effet, ‘’le ‘’ baccalauréat  que nous connaissons en France ( et qui a été institué en 1808 par Napoléon I ) a la singularité de posséder la double face de sanction des études secondaires et de passeport pour l’entrée à l’Université.  Et cette double nature a encore été réaffirmée récemment puisque, comme le précise le dernier décret datant de 1997, le baccalauréat reste le premier grade universitaire alors même qu’il conclut la formation secondaire. L’article 22 du décret du 17 mars 1808 stipule que « pour être admis à subir l’examen du baccalauréat, il faudra être âgé au moins de seize ans et répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes des lycées », tandis que l’article 19 établit que l’examen du baccalauréat est sous la responsabilité pleine et entière de l’Université :… Savoir plus >

Bachotage et fraude: changer la forme des examens

Le principal syndicat des chefs d’établissement de l’enseignement secondaire ( le SNPDEN-UNSA )  a significativement donné pour titre à son communiqué du 9 juin : « L’évolution des techniques posera la question ». Et il a conclu : « Si les personnels de direction, chefs de centre d’examen, sont résolus à lutter contre la fraude, si difficile que cela soit dans les conditions où ils se trouvent, le SNPDEN-UNSA souligne que l’évolution prévisible des techniques posera inexorablement la question de la forme des examens : il devient nécessaire de cesser de contourner constamment cette question ». Comme quoi l’évolution des machines, en permettant certaines ‘’manipulations’’ nouvelles et rapides, pourrait être de nature à mettre en cause ce qu’il y a par trop de ‘’machinal’’ dans les examens. Serait-ce cela la ‘’ruse de la raison’’ ( technicienne ) ? Toujours est-il qu’il convient de se souvenir que la forme de l’examen du baccalauréat a été depuis très longtemps contestée ( c’est même dans une certaine mesure son ‘’péché originel’’ ) alors que l’on ne sait pas très bien où l’on en est aujourd’hui à cet égard. Ainsi, en mai 1880, Jules Ferry a tenté une réforme du baccalauréat ( qui concernait… Savoir plus >

« La professionnalisation des masters conduisant aux métiers de l’enseignement au coeur de l’action des ministres »?

C’est en tout cas ( face au mécontentement suscité par la première année de la ‘’mise en place’’ de la réforme entreprise ) ce que dit leur communiqué de presse du 23 mai, qui précise que « Luc Chatel a salué le travail mené conjointement par l’université de Cergy-Pontoise-en –Yvelines, l’université de Versailles Saint-Quentin et le rectorat de l’Académie de Versailles pour élaborer un dispositif de masters en alternance qui réponde à la demande qu’il avait formulée de plus grande professionnalisation du contenu de la formation, en augmentant notamment les périodes de stages dans les écoles et les établissements scolaires ». Mais c’est une toute autre partition qui est prévue pour la rentrée 2011 si on en juge notamment par le texte rendu public ce même 23 mai sur le site du ministère ( intitulé : « Les nouvelles conditions de recrutement des personnels enseignants et d’éducation » ). On comprend mieux alors les réactions des principaux syndicats enseignants, aussi bien ceux qui sont proches l’un de l’autre sur les points fondamentaux d’une réforme radicale de la formation des enseignants à entreprendre ( le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNUipp-FSU ) que ceux qui en sont foncièrement éloignés ( le SNES… Savoir plus >

La licence: comment résoudre un problème qui perdure?

Cela fait très longtemps que les taux d’obtention de la licence sont faibles. Et la dernière note d’information publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche confirme l’étendue du problème. Propositions de la dernière conférence des présidents d’université. « Les résultats aux examens des trois dernières années montrent qu’à Paris 23% seulement des étudiants en lettres arrivent à obtenir leur licence trois ans après le baccalauréat ( dont le taux de réussite ne dépasse pas 60% des présentés ). 35% d’entre eux obtiennent leur licence en quatre ans, 22% en cinq ans et 10% en six ans » ( « Le Monde » du 6 octobre 1959 ). Quelques années plus tard, en novembre 1967, le ministre de l’Education nationale Alain Peyrefitte se montre très préoccupé par les résultats en licence des universités françaises comparés, par exemple, à ceux de Grande Bretagne : avec deux fois plus d’étudiants, il y aurait deux fois moins de diplômés : « Tout se passe comme si l’université organisait un naufrage pour repérer les nageurs qui échapperont à la noyade ». La récente note d’information ( 11-08 ) indique ( à partir de l’étude d’un groupe de 12000 lycéens ayant obtenu… Savoir plus >

Bac pro en 3 ans: une nouvelle voie d’accès au supérieur?

C’est la conclusion ( provisoire et affirmée avec ‘’prudence’’ ) d’une enquête menée en octobre 2009 sur un ensemble de 465 élèves de seconde ‘’Bac Pro’’ en Loire-atlantique qui constituent un panel représentatif du public départemental. Les deux auteurs de l’étude ( les sociologues Pierre-Yves Bernard et Vincent Trojer ) concluent leur article particulièrement intéressant qui vient de paraître dans les « Notes du CREN n°3 » en soutenant que « la concordance entre les résultats de l’enquête par questionnaire et ceux des entretiens menés avec les publics et les personnels de lycée professionnel à propos de la nouvelle attractivité du bac pro en trois ans autorise à envisager un déplacement significatif des flux d’orientation en sortie de scolarité obligatoire au profit de la filière professionnelle. Le lycée professionnel ne serait plus utilisé exclusivement comme filière de consolation pour les éclopés du collège unique, mais il serait aussi choisi par des publics majoritairement populaires en raison de contenus de formation correspondant mieux à leur rapport au savoir et dans l’optique d’une accession au baccalauréat et à différentes formes d’enseignement supérieur, principalement technologiques ». Cette enquête s’avère importante car elle va dans un autre sens que la plupart des recherches qui… Savoir plus >

L’allocation d’études en débat

A peine cette proposition a-t-elle été formulée ( en bonne place il est vrai ) dans le projet du parti socialiste, qu’elle est l’objet de critiques acerbes de la part du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI, de droite ) et du questionnement intéressé de l’UNEF ( de gauche ). A la page 34 du projet du PS adopté lundi dernier par son Bureau national figure l’indication suivante : « Nous transformerons le système d’aide sociale en le fondant sur la situation propre du jeune et en créant, au cours de la législature, une allocation d’études pour les jeunes en formation. Regroupant l’ensemble des aides existantes ( aides au logement, bourses sur critères sociaux… ) elle permettra aux jeunes de réussir leurs études. Elle sera placée sous conditions de ressources ». Un communiqué du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI ) s’en prend en termes très vifs à cette proposition en estimant qu’ « assistanat forcené et dirigisme d’autrefois ont encore de trop beaux jours devant eux rue de Solférino » et en stigmatisant « la posture prise par le Parti socialiste à l’égard des jeunes traités sous le seul regard de la compassion et de l’apitoiement ». Par contre… Savoir plus >

Le bastion masculin des écoles d’ingénieurs s’effrite

Une note d’information de février provenant du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche nous apprend que le nombre des femmes dans les écoles d’ingénieurs a quasiment triplé en 20 ans ( de 1988 à 2008 ) passant de 10200 à plus de 29000, tandis que dans le même temps l’effectif total d’inscrits dans ces écoles a simplement un peu plus que doublé ( passant de 52000 à 108000 ). « Globalement, la population masculine inscrite dans une formation d’ingénieurs a progressé à un rythme de 3,2% en moyenne, tandis que la population féminine a cru à un rythme moyen de 5,4% ». L’évolution annuelle entre 1988 et 2008 du nombre de femmes a toujours été supérieure à celle des hommes ( à deux exceptions près : en 1988 et 1997 ). On assiste donc à une ‘’grignotage’’ lent mais continu de ce qui reste encore un ‘’bastion masculin’’ ( contrairement aux facultés de droit ou de médecine,  et davantage encore à l’Ecole de la magistrature, qui étaient autrefois aussi des ‘’bastions masculins’’ mais où désormais les femmes sont largement majoritaires ). Ce ‘’grignotage’’ lent mais continu ( et qui semble désormais quasi inexorable ) a commencé dans les… Savoir plus >