Le blog de Claude Lelievre

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Concours: vers un moratoire pour le CLES et le C2i?

Concours d’enseignants : le CLES et le C2i sont sources d’inégalités ! Nous demandons un moratoire Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Aujourd’hui, le niveau de qualification exigé pour être recruté comme enseignant est le master. Le contenu de celui-ci doit intégrer, outre des connaissances scientifiques et professionnalisantes concernant l’exercice d’un métier d’enseignant, des exigences concernant la maîtrise des Langues Vivantes et celle des TICE. Le Master doit donc reconnaître une qualification des titulaires de ce diplôme en ces domaines. Contre de nombreux avis, le gouvernement a fait le choix d’imposer les certifications supplémentaires du CLES et du C2i pour valider les concours de recrutement (CRPE, CAPES, CAPEPS, CAPET, CAPLP, et CPE). Cette mesure est source de grandes inégalités entre les candidats : ces certifications, qui ne sont organisées que dans certaines universités, demandent des formations spécifiques qui ne sont pas actuellement dispensées par toutes les universités en licence ou en Master. Elles sont soumises à des droits d’inscription laissés à la libre décision (ou à la discrétion) de chaque université, et exigent donc des étudiants des dépenses qui ne sont pas accessibles à tous et aggravent ainsi les inégalités sociales. Cette mesure alourdit encore la charge… Savoir plus >

Vers des masters  »polyvalents »?

Le « plan sciences et technologies à l’Ecole » que vient de présenter Luc Chatel semble le confirmer si l’on tire toutes les conséquences de deux de ses préconisations. On se souvient ( cf mon billet précédent ) que lors de ses vœux « au monde de la connaissance », Nicolas Sarkozy ( en improvisant ) avait oublié de parler de la mise en place envisagée de « masters en alternance » et de « masters polyvalents » ; oubli immédiatement réparé par son entourage et par le ministre de l’Education nationale lui-même. Et il semble bien qu’il soit envisagé réellement d’aller dans cette direction, si l’on va jusqu’au bout de la logique de deux préconisations annoncées ( et ce n’est sans doute pas un hasard ) dans le « plan sciences et technologies à l’Ecole ». En premier lieu, celle qui a trait à une modification sensible du concours de recrutement des professeurs des écoles. Après avoir souligné que les trois quarts des professeurs des écoles ont suivi un cursus universitaire en sciences humaines et sociales ( un choix qui ne risque guère de changer, pour l’essentiel, dans un avenir proche ), le ministre Luc Chatel a annoncé qu’il… Savoir plus >

Allemagne-France:différences d’accès au supérieur

Je ne saurais trop recommander la lecture d’un article qui analyse le rôle des ‘’filières’’ d’une part et des ‘’spécialités’’ d’autre part dans les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur en Allemagne de l’Ouest et en France. Cet article ( signé Marie Duru-Bellat, Annick Kieffer, David Reinier ) vient de paraître dans « Economie et Statistique » ( n° 433-434, 2010 ). L’enseignement supérieur français se présente à grands traits sous une forme hiérarchisée entre trois filières inégales (  notamment par leur durée, l’intensité de la sélection à l’entrée, la plus  ou moins grande facilité de l’accès ultérieur à un emploi recherché ) : la filière professionnelle courte ( BTS, IUT, écoles paramédicales et sociales, etc ), l’université stricto sensu ( incluant les études médicales ) et les grandes écoles ( CPGE, écoles longues d’ingénieurs ou de commerce…). En Allemagne, à côté des universités générales, coexistent des Fachhochshulen ( des ‘’écoles supérieures spécialisées’’ correspondant approximativement aux STS-DUT et à nos écoles d’ingénieurs les moins recherchées ) et le système dual. Selon l’étude menée « la distribution des choix se présente de manière différente en France et en Allemagne : l’accès à l’université est moins inégalitaire en France. Cela s’explique par l’existence… Savoir plus >

CAPES 2010: un taux d’admission en hausse

On aurait pu s’attendre à ce que le pourcentage des admis en 2010 baisse par rapport à celui du CAPES 2009 en raison de la réduction des postes mis au concours; mais ( toutes discipline confondues ) cela a été le contraire en raison d’une baisse plus importante encore ( proportionnellement ) du nombre des candidats qui se sont présentés au concours. Le nombre de présents au concours du Capes ( pour l’ensemble des disciplines du second degré ‘’général’’ ) est passé de 25021 en 2009 à 22045 en 2010, tandis que le nombre de postes mis au concours passait de 5095 à 5003. Le taux de reçus a donc augmenté, passant de 20,3% en 2009 à 22,7% en 2010. La diminution du nombre de présents au concours a été très sensible dans quelques disciplines importantes quantitativement. Ainsi, on est passé de 4028 présents en Histoire-géographie au CAPES de 2009 à 3484 à celui de 2010, de 3015 à 2648 en Lettres modernes, de 3219 à 2771 en mathématiques. Et l’inquiétude grandit pour un recrutement de qualité dans certaines disciplines jugées fondamentales au sein de notre enseignement secondaire, en particulier les mathématiques. Ainsi Didier Massenard, dans un récent article paru… Savoir plus >

 »PISA France »:très moyen et très inégalitaire

Ce ne sera pas le maelström que certains appréhendaient puisque les résultats des élèves français sont globalement dans la moyenne de l’OCDE, même s’il y a de très préoccupantes inégalités persistantes ( qui sont même en augmentation sensible dans le domaine le plus traité cette fois ci, à savoir la compréhension de l’écrit ). Les résultats des élèves français aux tests PISA 2009 sont globalement tout à fait moyens dans les trois domaines étudiés : 496 points en compréhension de l’écrit ( contre 493 pour la moyenne des pays de l’OCDE ), 498 en culture scientifique ( contre 501 ), 497  en mathématiques ( contre 496 ). Dans ce dernier domaine, celui des mathématiques, on avait enregistré une baisse de 15 points entre PISA 2003 ( 511 points de moyenne en France alors ) et PISA 2006 ( 496 points ) et nous en sommes à 497 en 2009. Nous avons donc bien quitté le groupe des pays les plus performants en mathématiques pour nous fondre dans celui qui regroupe ceux qui se situent autour de la moyenne. Finalement, nous sommes désormais tout juste moyens partout. Il n’y a pas de quoi s’en vanter ; mais ce n’est pas non… Savoir plus >

PISA: la France championne des résultats inégalitaires?

En attente des résultats de la dernière enquête PISA qui vont être rendus publics mardi prochain, il est sans doute bon d’avoir à l’esprit que la première enquête PISA, celle de 2000, nous situait parmi les pays aux résultats les plus contrastés, et que cela avait été encore confirmé lors de la dernière enquête, celle de 2006. Quid pour celle de 2009 ? Les comparaisons entre pays peuvent se faire à partir de la moyenne des résultats des élèves pour tel ou tel domaine. Et, jusqu’ici, la France s’est située autour de la moyenne des pays de l’OCDE pour les trois grand domaines ’’testés’’ : la compréhension de l’écrit, , les mathématiques, la culture scientifique. Mais on peut aussi analyser la dispersion des résultats, notamment en raison de l’origine socio-culturelle des élèves. Et là, la France est nettement parmi les pays aux résultats les plus dispersés, les plus ’’inégalitaires’’. Si l’on étudie, par exemple, les écarts de points à l‘enquête  PISA de 2006 entre les élèves dont le statut économique , social et culturel des parents est le plus élevé ( le quart le plus favorisé ) et ceux dont le statut économique, social et culturel est faible ( le… Savoir plus >

Les  »masters d’enseignement » sont-ils voués à disparaître?

C’est ce que pense l’association ‘’Reconstruire l’Ecole’’ qui a envoyé le 5 novembre une « Lettre ouverte aux sénateurs » pour les alerter. Et elle ne manque pas d’arguments. Les décrets d’août 2009 ne mentionnent jamais le « master professionnel » ( cette restriction éventuelle serait d’ailleurs, selon toute vraisemblance, jugée contraire au règlement de la fonction publique ou aux traités européens si le Conseil d’Etat devait en être saisi ). En tout état de cause, le seul diplôme exigible des lauréats aux concours d’enseignement est donc en réalité – souligne l’Association – «  un master, n’importe quel master y compris les masters-recherche ou d’autres masters professionnels ». Comme la réforme en cours s’est faite dans la précipitation, une certaine confusion règne, et ce qui va se passer n’apparaît pas clairement à l’esprit de chacun. Mais l’Association met en garde, cela ne va pas durer : « Le master d’enseignement est un piège terrible auquel les étudiants voudront échapper. En cas d’échec au concours – ce qui sera forcément les cas pour 80 oui 90% d’entre eux – les titulaires d’un tel master seront en possession, après deux années d’études post-licence, d’un diplôme sans valeur  […] Il faut donc s’attendre… Savoir plus >

Concours de recrutement de professeur des écoles

En examinant les résultats aux concours de la session 2009, et en les comparant à ceux des sessions antérieures, on peut  noter quelques évolutions majeures qui sont loin d’être anodines. En 2009, 7905 postes ont été ouverts aux concours de recrutement de professeurs des écoles publiques contre 11909 en 2008. 46236 candidats se sont présentés en 2009 aux épreuves ( contre 49450 en 2008) : 16 326 ont été déclarés admissibles et 7728 ont été admis ( soit un taux de réussite globale – tous concours confondus – de 16,7%, contre 22,6% à la session précédente ). Si l’on veut avoir une idée des chances de réussite au concours externe ( 41874 présentés et 6609 reçus à la session de 2009 ) et les comparer à celles qui ont existé à la session précédente, il y a eu en moyenne 1,6 candidats de plus par poste offert au concours externe par rapport à la session précédente : ce chiffre est  en effet passé de 4,9 en 2008 à 6,4 en 2009 ( le taux de réussite  passant de 21,1% à 15,8% soit une baisse de 5,3% ). La baisse de réussite a été particulièrement sensible pour certains types de diplômés… Savoir plus >

Inégalités scolaires et inégalités sociales

Bien que je sois historien et non pas ‘’géographe’’, je me permets de recommander la lecture ( parfois un peu ardue, mais c’est la rançon des études rigoureuses qu’ils mènent ) du dernier ouvrage de François Dubet et Marie-Duru-Bellat. Ils ne traitent en effet en rien des évolutions dans le temps, mais ils comparent entre eux une trentaine de pays ( « Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale », Seuil, août 2010, 212 pages, 18 E ). Il ne saurait être question, en quelques lignes, de ‘’résumer’’ cet ouvrage, ou même de faire état de ses différentes facettes. On se limitera donc à une ‘’entrée en matière’’. On peut penser a priori qu’il existe des pays à fortes inégalités sociales et à fortes inégalités scolaires, des pays à faibles inégalités sociales et à faible inégalités scolaires ,  et même des pays à fortes inégalités sociales et à faibles inégalités scolaires, ou des pays à faibles inégalités sociales et à fortes inégalités scolaires. L’étude menée ( à partir d’un certain nombre d’indicateurs en cours ) montrent que les quatre cas de figures existent bel et bien dans la réalité. In fine ( et après avoir tenté… Savoir plus >

Une nouvelle préparation aux concours?

Il serait finalement possible, pour les étudiants détenteurs d’un master et ayant échoué à un concours de recrutement d’enseignants, de s’inscrire une nouvelle fois en préparation au concours. Selon la présidente de la séance du 21 juin de la CNESER concernant la formation des enseignants, ces préparations aux concours, maintenues dans les universités, feraient l’objet d’une prise en compte dans le système d’attribution des moyens SYMPA. Selon le SNESUP, «  cette annonce […] traduit un changement de discours politique d’un ministère qui a dû finir par reconnaître le problème des étudiants reçus au master et collés au concours et qui n’ont aucune possibilité de préparer à nouveau  ce concours à l’université. Et le ministère a dû reconnaître implicitement l’impossibilité de mener de front une formation de master et une préparation au concours ». Devant l’importance potentielle de cette annonce, il a été demandé confirmation à Patrick Hetzel, directeur général de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’insertion professionnelle. Mais il a réservé sa réponse compte tenu de sa portée politique. Dans ces conditions la quasi totalité des organisations syndicales a voté une motion en vue de la suspension des travaux de la CNESER, en attente d’une réponse claire :… Savoir plus >