Le blog de Claude Lelievre

supérieur

Tournier le premier à débloquer Blanquer sur le bac ?

Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer s’est réfugié jusqu’alors dans la langue de bois à propos de la réforme du baccalauréat annoncée en se dissimulant derrière les métaphores :  »muscler »,  »épaississement », »tremplin »… Le secrétaire général du SNPDEN (principal syndicat des chefs d’établissement) Philippe Tournier s’est lâché – lui – jusqu’au bout, lors de sa conférence de presse (cf le compte-rendu suggestif qu’en a fait Erwin Canard dans Educpros) : « il n’y aurait dorénavant plus que deux solutions : « Soit on dit que le bac ne sert à rien, donc on le supprime, soit on lui redonne sa place d’examen d’entrée dans le supérieur. » Une place que l’examen occupe toutefois déjà aujourd’hui – au moins officiellement – puisqu’il tient lieu de premier grade universitaire. Si le SNPDEN admet ne pas avoir réfléchi aux modalités exactes du baccalauréat qu’il envisagerait, la philosophie est en revanche déterminée. Le premier syndicat des chefs d’établissement souhaite que le bac soit divisé en deux. « L’idée est qu’il y ait deux évaluations : une qui aurait valeur de certificat de fin d’études secondaires, et une autre qui donnerait le droit d’entrer dans l’enseignement supérieur« , précise Philippe Tournier » Il ne s’agit plus de  »muscler » ou d’  »épaississement », voire même de  »tremplin » ; mais de tout autre… Savoir plus >

Une scolarité obligatoire de 3 à 18 ans?

Cette proposition a été annoncée par Najat Vallaud-Belkacem, le 17 septembre dernier, à un rassemblement socialiste à Lomme, près de Lille. « Aller plus loin sur l’Education lors du prochain quinquennat, c’est proposer, comme je le ferai, d’étendre la scolarité obligatoire de 3 ans à 18 ans », a-t-elle déclaré. Une déclaration dûment reprise sur son compte twitter. Une scolarité obligatoire à partir de 3 ans ne va certes pas de soi (car, depuis 1882, ce n’est pas la  »scolarisation » à proprement parler qui est obligatoire, mais  »l’instruction »). Cependant elle ne pose pas un problème majeur dans la mesure où, dans les faits, les plus de trois ans sont déjà quasiment tous  »scolarisés » (même si c’est de façon plus ou moins continue et effective). Il n’en va pas du tout de même pour les plus de 16 ans, car un pourcentage non négligeable d’entre eux ne sont pas du tout scolarisés (même en comptant ceux en apprentissage). En France, pour l’année scolaire 2014-2015, le taux de scolarisation des jeunes qui avaient atteint 17 ans révolus au 1er janvier 2015 a été de 91,6% et celui de ceux qui avaient atteint 18 ans révolus de 77,5%. En 2012, année où une vaste enquête… Savoir plus >

La réforme Fouchet du supérieur

Les deux décrets du 22 juin 1966 signés par le ministre de l’Education nationale Christian Fouchet ont modifié profondément la structure des enseignements littéraires et scientifiques à l’Université, il y a tout juste cinquante ans. Quelques années après la Libération, une année de « propédeutique » avait été créée, en sciences (1947) et en lettres (1948). Elle était suivie de deux années de licence. L’année de propédeutique avait été  instituée pour permettre aux étudiants de s’adapter aux méthodes du supérieur et de choisir leur discipline. Mais leur encadrement laissait à désirer. Et les novateurs disciplinaires reprochaient à la  »propédeutique » d’ignorer les disciplines émergentes, surtout en lettres. En lettres , la propédeutique se divisait en deux sections : classique et moderne. En sciences, elle était structurée en trois sections : mathématiques générales et physique (MGP), mathématiques, physique et chimie (MPC) et sciences physiques, chimiques et naturelles (SPCN). Le premier cycle littéraire, sanctionné par un diplôme universitaire d’études littéraires (DUEL) est structuré désormais en neuf sections (l’histoire de l’art, la psychologie et la sociologie conquérant en particulier leur autonomie). Le premier cycle scientifique n’est plus accessible qu’aux bacheliers scientifiques. Il distingue désormais mathématiques et physique (MP), physique et chimie (PC), biologie et géologie (BG). Le second… Savoir plus >

Les fonts baptismaux peu républicains de l’agrégation

Ils ne sont pas particulièrement républicains, loin s’en faut. L’agrégation a été créée sous l’Ancien Régime, le 3 mai 1766. Elle a disparu lors de la première République, en 1793. Elle a été rétablie sous l’Empire, en 1808. Et elle a été vraiment restaurée sous la Restauration, en 1821. Mais elle dure depuis 250 ans. Dans le contexte de la soudaine expulsion des Jésuites décidée en 1764, un concours d’agrégation est institué par les lettres patentes des 3 mai et 10 août 1766 pour les trois classes: philosophie, belles lettres et grammaire de dix collèges de la faculté des arts de l’université de Paris. Les candidats doivent être maîtres ès arts. L’agrégation disparaît en même temps que le reste des institutions universitaires d’Ancien Régime en 1793, sous la première République. L’agrégation est recréée par le décret impérial du 17 mars 1808 qui organise ce qui est appelé alors  »l’Université » (c’est à dire essentiellement ce qu’on appelle aujourd’hui l’enseignement secondaire). On tient là sans doute l’origine de l’appellation « agrégé de l’Université ». De 1809 à 1821, les agrégés sont purement et simplement nommés par arrêté sur recommandation des recteurs d’académie ou des inspecteurs généraux, à la demande des proviseurs et en fonction… Savoir plus >

Concours de recrutement d’enseignants: le changement s’amplifie

Si on compare les nombres de candidats inscrits recensés pour les concours de 2016 et qu’on les compare à ceux des concours ( »Chatel ») de 2012 , on constate une augmentation de quelque 15% pour l’agrégation, de 52% pour le Capes et de 86% pour le concours externe des professeurs des écoles. Inscrits aux agrégations externes : 24846 pour 2016 contre 21648 pour 2012, soit 14,8% d’augmentation. Inscrits aux CAPES externes : 36779 pour 2016 contre 24134 en 2012, soit 52,4% d’augmentation. Inscrits aux concours externes des professeurs des écoles : 68816 pour 2016 contre 37018 pour 2012, soit 85,9% d’augmentation Bien sûr, cette augmentation ne s’est pas faite d’un seul coup. Mais elle est bien confirmée pour cette dernière année également. Et, surtout, il s’agit d’une augmentation du nombre des inscrits quasi généralisée. Ainsi le nombre de candidats aux concours externes de l’agrégation passe de 22397 inscrits pour la session 2015 à 24846 (soit une augmentation de 11%) pour la session 2016. Le nombre d’inscrits aux concours externes du CAPES pour la session de 2015 (33351) passe à 36779 pour celle de 2016 (soit une augmentation de 10%). Enfin le nombre de candidats au concours externe de professeurs des écoles passe de 61788… Savoir plus >

Les étranges débuts d’une école normale supérieure

La loi du 26 juillet 1881 crée l’ENS de Sèvres. Elle sera la matrice du corps des professeures du secondaire public féminin. Il s’agit de « donner un sexe » à l’enseignement secondaire des jeunes filles. Selon Camille Sée, le promoteur de la loi instituant l’enseignement secondaire public féminin votée en décembre 1880, « ce n’est pas un préjugé, c’est la nature elle-même qui renferme les femmes dans le cercle de famille. Il est de leur intérêt, du nôtre, de l’intérêt de la société toute entière, qu’elles demeurent au foyer domestique. Les écoles qu’il s’agit de fonder ont pour but, non de les arracher à leur vocation naturelle, mais de les rendre plus capables de remplir les devoirs d’épouse, de mère et de maîtresse de maison ». Et comme les hommes fréquentant l’enseignement secondaire ont droit, eux, à la culture classique, Camille Sée énonce le maître mot de son action éducative en latin : « Virgines futuras vivorum matres republica educat ! » (la République instruit les vierges, futures mères des hommes).. En principe, l’enseignement secondaire féminin ne doit pas déboucher sur une insertion professionnelle. Mais il existe une exception manifeste , car le secondaire féminin doit être le vivier où se recrutent précisément son encadrement, ses enseignantes, puisque la… Savoir plus >

L’éternel retour de la question du  »contrôle continu » au bac

Il y a eu beaucoup de tentatives (diversifiées) de mises en place d’un  »contrôle continu » pour les baccalauréats, mais qui ont pour la plupart avorté. On se limitera à l’évocation des plus marquantes (le plus souvent sélectionnées en raison surtout de la célébrité de leurs promoteurs). En février 1896, le ministre de l’Instruction publique Emile Combes (connu plus tard pour être le ministre qui a fait interdire d’enseignement les congrégations au début du XXième siècle) propose le passage des élèves des établissements secondaires publics devant leurs professeurs (soit après la classe de première, soit après les terminales  »philosophie » ou  »mathématiques élémentaires »). Le jury aurait été présidé par un délégué de l’Etat, choisi sur une liste établie par le conseil académique. Le recteur en aurait désigné les membres annuellement. Et ce « certificat de fin d’études secondaires » aurait été délivré in fine par le ministre. Ce projet  »Emile Combes » n’aboutit pas. En novembre 1950, Michel Debré dépose un amendement au sein du Conseil de la République : « Afin de consacrer la fin des études du second degré, un certificat (dit de fin d’études secondaires) serait instauré, avec une première et une deuxième parties, selon les principes en usage pour le baccalauréat actuel. Il… Savoir plus >

CAPES externe 2014: comparaison public-privé

Les  »déficits » pour pourvoir tous les postes offerts (ou les contrats) ne se répartissent pas de la même façon selon les disciplines dans le public et dans le privé. Pourtant, globalement, on a sensiblement les mêmes taux de déficit pour la session du CAPES externe du public et celui du privé . Pour le CAPES externe public, 6062 postes étaient offerts, et 5177 ont été pourvus, soit un taux de déficit de14,6% ( avec un pourcentage d’admis de 24,2% par rapport au nombre de présents aux épreuves du concours). Pour le CAPES externe du privé, 988 contrats étaient proposés et 838 ont été pourvus, soit un taux de déficit de 15,2% (avec un pourcentage d’admis par rapport aux présents de 21,4%). Trois disciplines n’ont des déficits que dans le public : il s’agit de « langues étrangères anglais », de « lettres options classiques » et de « lettres options modernes ». En tout, 2270 postes étaient offerts pour ces trois disciplines, et seulement 1902 ont été pourvus, soit un taux de déficit de 16%. Cinq disciplines n’ont des déficits que dans le privé : il s’agit de « documentation », d’ « histoire-géographie », de « physique-chimie », de « sciences économiques et sociales » et de « sciences de la vie et de la terre ». En tout, 332… Savoir plus >

Victoire de Chevènement? Ou victoire à la Pyrrhus?

Avec 77,3% de bacheliers 2014 dans la génération, l’objectif que l’on prête à Jean-Pierre Chevènement semble enfin prêt d’être atteint ( avec 14 ans de retard?). En réalité, lorsque le ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement a présenté en 1985 l’objectif de « 80% d’une classe d’âge au niveau bac » ( c’est à dire en terminale) pour l’an 2000, il avait dûment précisé qu’en tablant sur un taux de succès des candidats au bac de 75% on devrait alors atteindre 60% de bacheliers effectifs dans une classe d’âge Et c’est ce qui s’est passé ; et même de façon un peu anticipée. Le taux de réussite aux baccalauréats qui était de l’ordre de 66% depuis 1969 jusqu’en 1985 monte à 70% en 1986 et 1987, puis à environ 75% de 1988 à 1995. Le taux de 60% de bacheliers dans une classe d’âge est atteint dès 1994 ( 6 ans avant la date prévue) : 36% de bacheliers généraux dans la classe d’âge de 1994, 16% de bacheliers technologiques, et 8% de bacheliers professionnels. La  »victoire » de Jean-Pierre Chevènement a eu lieu en réalité dès 1994 ; mais la confusion entretenue autour de l’expression « 80% d’une classe d’âge au niveau bac » n’a pas permis… Savoir plus >

Le bac et le monopole d’Etat de la collation des grades

  Le baccalauréat français dont toutes les étapes, depuis la conception, l’administration et la correction sont contrôlées par l’Etat – une exception en Europe – ne se comprend pas sans le monopole de la  »collation des gades » qui est dévolu à l’Etat, en raison de l’importance qu’a revêtue en France la question  »public-privé » et corrélativement l’affrontement entre l’école publique et les écoles catholiques.   Lors de sa création sous sa forme moderne en 1808, même si l’on est alors dans le cadre du Concordat, Napoléon I est engagé dans un bras de fer avec le Pape et l’Eglise. Le baccalauréat institué sous sa double face de sanction des études secondaires et de premier grade de l’enseignement supérieur permet d’établir le « monopole de l’Université » (une administration totalement publique, d’Etat) sur cet examen, ce  »grade ». Selon le décret du 17 mars 1808, seules les  »facultés » ( organismes de l’université) peuvent conférer les  »grades ». Par ailleurs, les candidats devront, pour se présenter à cet examen, être en possession d’un certificat d’études attestant qu’ils ont effectué leurs deux dernières années de scolarité dans un établissement reconnu par l’Université (une mesure qui montre bien quel est le sens du dispositif mis en place).   On… Savoir plus >