Le blog de Claude Lelievre

supérieur

Ministres et secrétaires d’Etat du Supérieur et/ou de la Recherche

  L’inattendu retournement de situation de Geneviève Fioraso qui passe du statut de ministre de plein exercice de l’Enseignement supérieur et de la recherche à celui de simple secrétaire d’Etat invite à un retour vers le passé des titulaires de ces différentes responsabilités, à commencer par Alice Saunier-Seïté qui a connu – elle- un destin tout à fait inverse puisqu’elle est passée directement de son statut de secrétaire d’Etat aux Universités (de janvier 1974 à janvier 1976) à celui de ministre de plein exercice (le premier du genre) des Universités (de janvier 1978 à mai 1981). Le seul autre cas de changement de statut dans ce domaine (mais de façon discontinue et dans un sens qui peut être considéré comme » normal ») est arrivé à François d’Aubert, qui a été secrétaire d’Etat à la Recherche de novembre 1995 à juin 1997 avant d’être ministre délégué chargé de la recherche de mars 2004 à juin 2005. Il y a eu sous la cinquième République, depuis la nomination du premier secrétaire d’Etat aux Universités décidée par Valéry Giscard d’Estaing le 8 juin 1974 ( à savoir Jean-Pierre Soisson, qui a exercé de juin 1974 à juin 1976), seize personnes en tout à ces… Savoir plus >

Le retour d’un grand ministère de l’Education nationale

  Benoît Hamon vient d’être nommé à la tête d’un grand ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Contrairement à ce que l’on croit souvent, cela a été la règle largement dominante depuis le début de la cinquième République, puisque la séparation entre le ministère de l’Education nationale d’une part, et le Supérieur et la Recherche d’autre part, n’a été effective que durant 12 ans sur les 56 ans qui nous séparent de mai 1958. Et cette séparation n’est pas non plus (autre idée répandue!) une réalité advenue récemment (ce qui serait le signe d’une  »modernité nécessaire »), puisqu’elle a eu lieu en trois périodes distinctes, dont deux assez anciennes.   Les moments où les enseignements supérieurs ont échappé à l’autorité du ministre de l’Education nationale ont été en effet plutôt sporadiques sur l’ensemble de la Cinquième République : trois ans d’avril 1978 à mai 1981 avec Saunier-Seïté ; deux ans d’avril 1993 à mai 1995 avec François Fillon ; sept ans de mai 2007 à avril 2014, avec Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez , puis Geneviève Fioraso ). Soit pas plus de 12 ans en tout sur 56 ans de Cinquième République en trois temps : ce qui fait 44 ans… Savoir plus >

Doit-on supprimer les concours sur épreuves?

  Le bilan des avantages et des inconvénients des concours sur épreuves peut apparaître tellement mauvais que la seule solution jugée souhaitable soit celle de la suppression.   La formule favorise, quoique toute pression et toute partialité en sont absentes, et d’une façon automatique, un modèle de candidat qui n’est pas toujours celui qui a le plus de mérite, ni celui qui rendra le plus de services à la société dans les fonctions pour lesquelles il est sélectionné. C’est ainsi que les facteurs de réussite aux concours que constituent le brillant, la rapidité, une certaine aisance dans l’expression, favorisent de facto les candidats issus des classes aisées, plus cultivées, au détriment des milieux plus modestes. Et on préfère ne pas voir le facteur chance qui domine les concours pour ne retenir que leur impartialité, qui demeure cependant inopérante pour démocratiser le recrutement de nos grandes écoles. Le souci d’éviter des ressentiments, des mouvements de jalousie et la peur traditionnelle en France de l’arbitraire administratif aboutissent ainsi à lui substituer une règle où le hasard joue un rôle encore trop important. Cette prépondérance donnée à une apparence d’égalité sur l’efficacité réelle n’est pas admissible dans un grand pays développé moderne. Il… Savoir plus >

Trente ans déjà: la loi  »Savary » sur le supérieur

  Cette loi sur l’enseignement supérieur promulguée le 26 janvier 1984 s’est plus imposée au ministre de l’Education nationale Alain Savary qu’il ne l’a vraiment voulue. Sa gestation fut longue et difficile, ainsi que son application. Initialement, Alain Savary n’avait en effet aucune intention de faire une nouvelle loi sur le supérieur succédant à celle d’Edgar Faure qui avait bouleversé le paysage universitaire une quinzaine d’années plus tôt. Mais il fut conduit finalement non seulement à l »’actualiser » comme il en avait le dessein, mais à la remplacer. L’élaboration de cette loi dura plus de deux ans, et son application demanda plus d’une soixantaine de décrets…Ainsi va le monde.   Cette loi du 26 janvier 1984 a d’abord pour ambition d’aller dans le sens d’une certaine unification de l’ensemble du supérieur en intégrant toutes les formations post-secondaires rassemblées dans un grand service public d’enseignement supérieur (article premier). Tout en se fondant sur les principes institués par Edgar Faure en 1969, la loi crée les EPSCP, nouvelle catégorie d’établissements publics à côté de ceux déjà existants (à caractère administratif, industriel ou commercial) : les « Etablissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel » (titre III de la loi). L’objectif de cette création est d’augmenter… Savoir plus >

Les agrégés en mouvement vers le lycée et le supérieur?

A défaut de le constater dans la réalité, c’est en tout cas ce que préconise la « Société des agrégés » qui a publié le 20 janvier son « rapport sur l’affectation des agrégés » où elle déplore «  l’injustice subie par les agrégés lors du mouvement : tandis que le texte réglementaire dispose que l’affectation en collège des agrégés reste exceptionnelle, ce sont près de 25% de titulaires et 33% des stagiaires qui sont affectés au collège sans l’avoir expressément demandé, voire sans avoir su qu’une telle affectation était possible ». Au printemps dernier, la Société des agrégés a posé 25 questions aux candidats à l’élection présidentielle. Et parmi celles-ci, on pouvait déjà remarquer tout particulièrement la question 16 qui marque la volonté très déterminée de la Société des agrégés de ‘’faire mouvement’’ vers le ‘’haut’’ ( le supérieur) en quittant la place du ‘’bas’’ ( le collège ) : « Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification, à leurs compétences et à leur statut ( c’est à dire, conformément aux textes en vigueur, dernières années du lycée et classes post-baccalauréat ) et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ? » . « De même,… Savoir plus >

« Des grandes écoles vraiment pour tous. Allons plus loin dans l’ouverture sociale »

  C’est le titre d’une tribune parue dans « Le Monde » de ce jeudi 9 janvier que j’ai co-signé avec une douzaine d’autres personnes. C’est l’un de mes étudiants en  »master » lors de ma dernière année d’enseignement à Paris V qui m’a proposé de signer ce texte, Jean-Baptiste Mauvais (qui, après ses études à l’ENS de Lyon et l’obtention d’une agrégation d’allemand, avait choisi d’enseigner dans un dispositif –  »Nouvelles chances »- dédié aux décrocheurs scolaires en Seine Saint-Denis).   Jean-Baptiste Mauvais ne devrait pas être un inconnu pour certains, puisqu’il est déjà intervenu deux fois sur  »Educpros » : le 18 février 2011 (  »Un service civique obligatoire permettant d’éduquer les élèves des grandes écoles aux réalités sociales ») et le 6 février 2012, en tant que l’un des trois fondateurs du collectif « Responsabiliser les élites » dont le site internet s’est prononcé en faveur de la création d’un service civique (« De futures élites responsables ! Oui mais comment ?»). Dans ces conditions, on ne devrait pas s’étonner que le texte de la tribune publiée dans « Le Monde » aille résolument dans ce sens. Quelques extraits significatifs. « En se contentant de défendre par divers moyens l’ouverture et l’augmentation des chances d’accès aux filières prestigieuses, on occulte presque totalement… Savoir plus >

Une loi précipitée qui dure: la loi Edgar Faure du 12 novembre 1968

  Cela fait tout juste 45 ans qu’elle a été promulguée. Et on peut tout à fait souscrire au jugement de l’historien Antoine Prost dans son dernier livre : « cette loi d’orientation de l’enseignement supérieur marque une rupture capitale dans l’histoire des universités françaises. Elle leur a donné un cadre administratif et institutionnel qui a globalement résisté aux alternances politiques. Sur la durée, ce cadre s’est même plutôt renforcé qu’altéré » (« Du changement dans l’école ; les réformes de l’éducation de 1936 à nos jours », Seuil, p. 167).  Cette loi a pourtant été conçue et adoptée dans la rapidité voire la précipitation. Après mai 68, le président Charles de Gaulle presse Edgar Faure (nommé ministre de l’Education nationale en raison de son esprit ouvert) de faire vite. Au recteur Antoine qui s’inquiète des délais : « ce n’est pas en huit jours que nous allons élaborer la grande réforme d’ensemble quis’impose », le ministre de l’Education nationale répond : « vous parlez d’or ; mais prenez donc vos gants gris perle et votre chapeau et je vous emmène à l’Elysée ; vous irez expliquer cela au général de Gaulle ! ». Le président de la République lui demande d’inscrire son projet dans le cadre dominant de  »l’autonomie des universités » et de la  »participation » :… Savoir plus >

L’UNI et la sélection à l’entrée à l’Université

  Plus d’un quart de siècle après l’échec de la réforme ( »modérée ») envisagée par Alain Devaquet dans lequel l’Union nationale interuniversitaire a eu sa part de responsabilité historique en raison de ses prises de position  »maximalistes », l’UNI tente de remettre à l’ordre du jour la question de la « sélection » à l’entrée à l’université.   L’UNI vient de redemander à la ministre de l’Enseignement supérieur ce que Geneviève Fioraso lui avait déjà refusé en septembre : « la mise en place d’un groupe de travail national sur la sélection afin de préparer la rentré prochaine ». Quelque temps avant les résultats des législatives d’avril 1986 qui déboucheront sur la victoire de la droite et la nomination de Jacques Chirac comme Premier ministre, plusieurs organisations de droite appartenant au monde de l’université ( dont notamment le Groupe d’études pour la rénovation de l’université française et surtout l’UNI) s’étaient mis d’accord sur un texte qui déterminait « les bases de l’autonomie universitaire afin que la concurrence, l’esprit d’initiative et la responsabilité deviennent désormais les maîtres mot d’un système d’enseignement supérieur entièrement nouveau » et qu’en conséquence « les conditions d’accès à l’Université, le régime des études, les grades et les titres universitaires soient déterminés par les universités et leurs établissements »…. Savoir plus >

Le métier d’enseignant: du bonheur, mais…

  Selon une enquête  »Viavoice » commanditée par le Nouvel Observateur et menée auprès de 5021 personnes représentatives de la population française active de 15 ans et plus, les enseignants déclarent à 85% « être heureux au travail » ( alors qu’ils ne sont que 73% à le dire pour l’ensemble de la population active).  Les enseignants se retrouvent ainsi au troisième rang (sur 23 catégories professionnelles distinguées par l’enquête), précédés seulement par les « cadres de la fonction publique » et les « agriculteurs » (qui sont respectivement 90% et 86% à se déclarer « être heureux au travail »). Ils sont aussi 79% ( contre 63% pour l’ensemble des catégories professionnelles) à déclarer exercer « une activité professionnelle qui passionne », et 91% ( contre 79% ) à « faire une travail utile pour la société ».  En revanche les enseignants sont sensiblement autour de la moyenne pour ce qui concerne les « conditions de travail sans pénibilité » ( c’est l’avis de 63% d’entre eux, contre 58% de l’ensemble des actifs) ; et pour ce qui a trait à des « conditions matérielles satisfaisantes » (c’est l’opinion de 66% des enseignants, contre 67% de l’ensemble des travailleurs). Et ils ne sont que 31% à « se sentir reconnus par leurs supérieurs » ( contre 35% de l’ensemble des… Savoir plus >

Supérieur. Des compromis  »pour passer »: 7) Sarkozy

  En mai 2007 Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La question de l’autonomie des universités figure en bonne place du programme gouvernemental et comme une mesure phare de la  »rupture ».  Le texte initial est vivement contesté par les syndicats étudiants, l’UNEF et la FAGE, en particulier sur certains points auxquels ils sont très sensibles. Dans un souci d’apaisement, le président de la République Nicolas Sarkozy fait retirer du texte, présenté le 4 juillet 2007 en Conseil des ministres, les points les plus sujets à polémiques : le caractère optionnel de l’autonomie ( certaines universités auraient pu choisir  »l’autonomie », et d’autres non ), la sélection en première année de master ( à bac+4 ) et la limitation des conseils d’administration à 20 membres.  Rebaptisée « loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) », la loi sur l’autonomie des universités ou « loi Pécresse ( du nom de la ministre de l’enseignement supérieur ) est votée le 10 août 2007, la gauche se prononçant contre en déplorant l’absence d’ « une véritable réforme de l’université ».  Les présidents d’université voient leurs pouvoirs renforcés. La loi élargit les possibilités pour les universités de recourir à des fonds privés, notamment par le biais de créations de… Savoir plus >