Le blog de Claude Lelievre

supérieur

Formation des enseignants: les directeurs d’IUFM rassérénés

Fait exceptionnel, les 32 directeurs d’IUFM avaient adressé une lettre ouverte au président de la République fin novembre pour dire leurs vives préoccupations. Suite à la parution du projet de loi  et aux précisions apportées, ils se montrent foncièrement rassérénés, même s’ils s’apprêtent à être vigilants sur la mise en place et sur certains dossiers. A l’issue d’une séance de travail en plénière les 29 et 30 novembre,  les directeurs d’IUFM s’étaient certes félicités dans leur lettre ouverte au président de la République que dans le pré-projet de loi sur la « refondation de l’Ecole » tous les masters portent la même mention, MEEF  (pour « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation« ), que les futures ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) voient leur statut renforcé, et que les concours de recrutement soient modifiés « dans le sens d’une professionnalisation affirmée« . Mais  ils redoutaient de voir se poursuivre « les mouvements engagés en 2009 […] dans le sens d’une déconstruction du potentiel de formation, d’une absence de professionnalisation des filières universitaires et d’une conception de la formation inadaptée aux enjeux de la refondation« . Dans sa toute dernière déclaration, la CDIUFM (la ‘’conférence des directeurs d’IUFM’’) considère désormais que le… Savoir plus >

Les deux moutures originelles du CAPES

Au moment où se repose la question de la « refondation » de la formation des professeurs, il n’est sans doute pas sans intérêt de faire un retour sur la valse-hésitation qui a présidé à l’établissement du CAPES. Deux versions très différentes du CAPES nouvellement institué vont en effet se succéder en un temps très court, au début des années 1950. Jusqu’en 1950, les enseignants du secondaire ont été recrutés soit via l’agrégation, soit embauchés sur la base d’une licence puis titularisés sur leur poste à l’instar, en quelque sorte, de ce que l’on a appelé plus tard les « adjoints d’enseignement ». Le décret du 1° avril 1950 institue un certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public ( CAPES ), qui comprend deux parties : « Premièrement, une partie pratique dont les épreuves ne peuvent être subies qu’au cours de la seconde année d’un stage d’au moins deux années scolaires dans un collège ou un lycée ; deuxièmement, une partie théorique ». D’abord, donc, un stage pratique et son évaluation ; ensuite un examen écrit, qui ne doit pas être livresque mais directement professionnel : « Le stagiaire, pourvu de conseillers pédagogiques, apprend son métier ; c’est la preuve… Savoir plus >

Enseignants et candidats aux législatives

Il y a en tout 871 enseignants  (non retraités) candidats aux législatives, soit 0,9 candidat pour mille enseignants actifs. Parmi eux, 108 se sont présentés sous le label « professeur de faculté » soit  2 candidats pour mille « professeurs, maîtres de conférences ou chefs de clinique » (si l’on admet que l’appellation « professeur de faculté » recouvre l’ensemble de ces catégories). Ces pourcentages sont à rapprocher de ceux d’autres catégories. On peut citer les 150 avocats qui se sont présentés à ces législatives (3 candidats pour mille avocats) ; les 250 médecins (1,25 pour mille) ; et aussi , loin derrière en proportion, les 108 ingénieurs (0,2 pour mille). On peut aussi remarquer  (avec une pointe d’amusement) que la distribution ‘’partisane’’ des 108 enseignants « professeurs de faculté » (si l’on en juge par la liste détaillée figurant à la ‘’Une’’ d’Educpros ) est très ‘’dispatchée’’ (avec néanmoins une petite prime, peut-être, à l’extrême-gauche, mais cela peut être l’effet des ‘’regroupements’’) : 17 à l’extrême-gauche, 10  ‘’Front de gauche’’, 11 ‘’Parti socialiste’’, 4 ‘’Radicaux de gauche’’, 4 ‘’’Divers gauche’’, 10 ‘’Europe-Ecologie-Les Verts’’, 4 ‘’Ecologistes’’, 11 ‘’Le centre pour la France’’, 2 ‘’Nouveau centre’’, 2 ‘’Parti radical’’, 8 ‘’UMP’’,… Savoir plus >

Marie Curie et Jules Ferry: le choix de François Hollande

Le nouveau chef de l’Etat va entamer son quinquennat mardi prochain après-midi par deux gestes symboliques : dépôt d’une gerbe au pied de la statue de Jules Ferry au jardin des Tuileries, et hommage à Marie Curie à l’Institut Marie Curie. On peut remarquer que ces deux figures font partie de la geste historique destinée aux enfants de France puisqu’elles se trouvent toutes deux parmi la liste des 22 personnages  considérés comme « constitutifs d’une culture et d’une conscience nationale » dans les programmes de 1995 pour l’école élémentaire signés du ministre de l’Education nationale de l’époque François Bayrou. Et ce choix a été en quelque sorte entériné  par le ministre de l’Education nationale de l’alternance socialiste ( après les élections législatives gagnées par le PS en 1997 ), à savoir Claude Allègre, dans la liste de 22 personnages historiques  ( à peu près les mêmes ) proposés  à la consultation de 1999. Jules Ferry fait partie des deux ministres de la liste ( avec Colbert ‘’l’économe’’, l’adversaire et le successeur de Fouquet ’’ le dispendieux’’ ). Marie Curie fait partie des deux seules femmes de la liste ( moins de 10% de femmes, le fameux plafond de verre…) avec… Savoir plus >

Vers un seul ministre pour le système éducatif?

Depuis cinq ans, nous avons eu un ministère de « l’enseignement supérieur et de la recherche » échappant sans ambiguïté au périmètre du ministère de l’Education nationale. Mais il faut bien voir que loin d’être la règle, cela constitue plutôt une exception depuis le début de la cinquième République. Du moins pour ce qui concerne les enseignements supérieurs. En effet, les enseignements supérieurs n’ont échappé à l’autorité du ministre de l’Education nationale qu’une dizaine d’années sur les 54 années qui se sont écoulées depuis l’instauration de la cinquième République. En dehors de Nicolas Sarkozy , le seul président de la République qui a voulu un ministère de plein exercice pour le supérieur a été Valéry Giscard d’Estaing qui a créé en mai 1974 un secrétariat d’Etat « aux universités »  ( dont le titulaire a été Jean-Pierre  Soissons, puis Alice Saunier-Seïté à partir de janvier 1976 ) érigé ensuite en ministère ( de plein exercice )  « aux universités » en avril 1978 ( pour la même Alice Saunier-Seïté ). Le Premier Ministre de la première cohabitation  (Jacques Chirac ) a bien nommé un ministre « chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur » le 20 mars 1986 – Alain Devaquet – mais… Savoir plus >

La formation des enseignants selon Hollande-Peillon

Dès le début de son entrée en campagne, François Hollande a tenu à marquer toute l’attention qu’il portait à cette question. Finalement, les contours de ce qu’il envisage avec Vincent Peillon ( le responsable ‘’éducation ‘’ dans son équipe de campagne ) se dessinent peu à peu, même s’il reste encore des ‘’arbitrages’’ à faire et des précisions à apporter ( ce qui ne devrait pas surprendre, puisqu’il s’agit aussi de tenir compte notamment de l’avis des syndicats enseignants, qui peuvent avoir d’ailleurs des avis divergents sur certains points ), en particulier pour ce qui concerne le concours, sa place, sa nature et son moment. En mai 2011, François Hollande, candidat aux primaires organisées par le PS, souligne ( dans le cadre d’ « un nouveau pacte éducatif pour démocratiser la réussite » ) qu’ « il est indispensable de donner aux enseignants la formation initiale et continue nécessaire au bon exercice de leur fonction, et d’assurer une entrée progressive dans le métier ». En septembre 2011, il affirme avec vigueur qu’ « il faudra reprendre la question de la formation des enseignants, car ce qui a été fait sur ce plan par le gouvernement relève du vandalisme d’Etat. Après… Savoir plus >

La filière classique en déshérence?

La filière classique accumule les mauvaises nouvelles. La proportion d’admissibles par rapport aux postes offerts au concours du CAPES externe de Lettres classiques de 2012 est de 0,54 ( contre ‘’seulement’’ 0, 57 en 2011 ). La déperdition de postes non pourvus va donc se poursuivre et s’amplifier cette année ( 170 postes offerts en 2012 contre 185 l’année précédente, où n’avaient été finalement reçus que 77 candidats… ). Et on voit pointer la perspective de la suppression de dispositifs universitaires de lettres classiques, comme à Rennes par exemple. Ci-joint des extraits de la longue lettre ouverte envoyée par le président de l’ARELA ( association régionale d’enseignants de langues anciennes ) de Bretagne Benoît JEANJEAN Président de l’ARELA BRETAGNE Professeur de Latin à l’UBO à M. Jean Emile GOMBERT Président de l’Université Rennes 2, Haute Bretagne Copies à : M. Laurent Wauquier, Ministre de l’Enseignement et de la Recherche M. Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale M. Philippe Le Guillou, Doyen de l’Inspection générale, groupe Lettres M. Alexandre Steyer, Recteur de l’Académie de Rennes M. Daniel Delaveau, Maire de Rennes M. Jean-Yves Le Drian, Président de la Région Bretagne M. Bernard Pouliquen, Vice Président de la région Bretagne, chargé de… Savoir plus >

CAPES: la crise de recrutement s’aggrave

Comme le souligne le SNES dans son récent dossier de presse «  les résultats de l’admissibilité de la session 2012 ne présagent rien de bon […] ; la crise s’installe et s’aggrave : non seulement le nombre de postes au concours est en baisse, mais ils ne seront pas tous pourvus comme l’indique la proportion admissibles/postes ». Comme le montrent les résultats, la proportion admissibles/postes est en effet restée faible ( voire s’est affaiblie ) pour 8 disciplines : lettres classiques ( 0,54 pour 2012 contre 0,57 en 2011 ), lettres modernes ( 1,24 contre 1,28 ), sciences économiques et sociales  ( 1,70 contre 1,81 ), allemand ( 1,10 contre 1,30 ), anglais ( 1,37 contre 1,45 ),mathématiques ( 1,25 pour 2012 contre 1,10 en 2011 : léger progrès ici, mais situation toujours difficile ), éducation musicale ( 0,95 en 2012 comme en 2011 ), documentation ( 1,25 contre 1, 68 ). Contrairement à ce qu’avait soutenu Josette Théophile ( la DRH du ministère de l’Education nationale )  à l’issue des résultats  très inquiétants de la session 2011 où 826 postes n’avaient pas été pourvus pour le seul CAPES, il ne s’agit donc pas d’une simple « transition ponctuelle »… Savoir plus >

Des agrégés interpellent les candidats

La Société des agrégés ( qui va fêter bientôt son centenaire ) vient de poser 25 questions aux candidats à l’élection présidentielle. Les réponses à ce questionnaire seront mises en ligne sur son site internet et feront l’objet d’une publication dans L’Agrégation, sa revue bimestrielle. Nombre de questions portent sur des domaines qui intéressent l’ensemble des professeurs ( statut de fonctionnaire, service, évaluation des professeurs, existence de concours de recrutement, évaluation des politiques éducatives ), mais d’autres sont spécifiques au recrutement des agrégés, à leur affectation, à leurs ‘’missions’’. Parmi celles-ci, on peut remarquer tout  particulièrement la question 16 qui marque la volonté très déterminée de la Société des agrégés de ‘’faire mouvement’’ vers le ‘’haut’’ ( le supérieur) en quittant la place du ‘’bas’’ ( le collège ) : « Vous engagez-vous à permettre l’affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondant à leur qualification, à leurs compétences et à leur statut (c’est-à-dire, conformément aux textes en vigueur, dernières classes du lycée et classes post-baccalauréat) et à mettre fin au gâchis que l’on observe actuellement, faute de telles affectations systématiques ?  À cette fin, en ce qui concerne l’enseignement secondaire, vous engagez-vous à faire appliquer strictement les textes… Savoir plus >

« Du bizutage, des grandes écoles et de l’élite »

L’agression subie récemment par un étudiant de Dauphine lors d’une ‘’réunion de recrutement’’ de l’association ‘’Japad’’ ( au cours de laquelle « un des membres, sous l’emprise de l’alcool, à l’aide d’un instrument qui semble être une capsule de bouteille, lui a gravé sur le dos les lettres ‘’Japad’’ » selon Laurent Batsch, le président de l’université ) défraye actuellement la chronique et appelle légitimement à la vigilance contre les bizutages violents. Mais on devrait aussi remarquer leur caractère récurrent et le fait que ce genre de pratiques sévit le plus souvent dans les établissements d’’’élite’’. Et noter aussi que la violence dans le système scolaire n’est pas l’apanage de certains élèves dans des établissements sensibles, mais peut être aussi le fait de certains élèves de quartiers huppés dans des établissements d’élite recherchés ( selon une étudiante de Dauphine, « l’association ‘’Japad’’ était dirigée par un petit groupe d’étudiants venant du XVI°, très friqués, ayant mauvaise réputation » ) Et pourtant, les autorités scolaires et universitaires ont condamné de longue date – et de façon réitérée – les brimades ( dés 1928, et en 1944,1962… ). Circulaire du 20 octobre 1928 du ministre de l’Instruction publique : « Il y… Savoir plus >