Le blog de Claude Lelievre

supérieur

Le baccalauréat doit être aussi l’affaire du supérieur!

Il est pour le moins étonnant que, lorsqu’il s’agit de réformer ou de refonder ‘’le’’ baccalauréat, le ministère de l’enseignement supérieur ( et les organisations principales de son aire ) ne soit pas partie prenante, laissant de fait toute la place au ministère de l’Education nationale  ( avec notamment les organisations syndicales ou de spécialités disciplinaires de son aire, celles de l’enseignement secondaire ). En effet, ‘’le ‘’ baccalauréat  que nous connaissons en France ( et qui a été institué en 1808 par Napoléon I ) a la singularité de posséder la double face de sanction des études secondaires et de passeport pour l’entrée à l’Université.  Et cette double nature a encore été réaffirmée récemment puisque, comme le précise le dernier décret datant de 1997, le baccalauréat reste le premier grade universitaire alors même qu’il conclut la formation secondaire. L’article 22 du décret du 17 mars 1808 stipule que « pour être admis à subir l’examen du baccalauréat, il faudra être âgé au moins de seize ans et répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes des lycées », tandis que l’article 19 établit que l’examen du baccalauréat est sous la responsabilité pleine et entière de l’Université :… Savoir plus >

La licence: comment résoudre un problème qui perdure?

Cela fait très longtemps que les taux d’obtention de la licence sont faibles. Et la dernière note d’information publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche confirme l’étendue du problème. Propositions de la dernière conférence des présidents d’université. « Les résultats aux examens des trois dernières années montrent qu’à Paris 23% seulement des étudiants en lettres arrivent à obtenir leur licence trois ans après le baccalauréat ( dont le taux de réussite ne dépasse pas 60% des présentés ). 35% d’entre eux obtiennent leur licence en quatre ans, 22% en cinq ans et 10% en six ans » ( « Le Monde » du 6 octobre 1959 ). Quelques années plus tard, en novembre 1967, le ministre de l’Education nationale Alain Peyrefitte se montre très préoccupé par les résultats en licence des universités françaises comparés, par exemple, à ceux de Grande Bretagne : avec deux fois plus d’étudiants, il y aurait deux fois moins de diplômés : « Tout se passe comme si l’université organisait un naufrage pour repérer les nageurs qui échapperont à la noyade ». La récente note d’information ( 11-08 ) indique ( à partir de l’étude d’un groupe de 12000 lycéens ayant obtenu… Savoir plus >

Bac pro en 3 ans: une nouvelle voie d’accès au supérieur?

C’est la conclusion ( provisoire et affirmée avec ‘’prudence’’ ) d’une enquête menée en octobre 2009 sur un ensemble de 465 élèves de seconde ‘’Bac Pro’’ en Loire-atlantique qui constituent un panel représentatif du public départemental. Les deux auteurs de l’étude ( les sociologues Pierre-Yves Bernard et Vincent Trojer ) concluent leur article particulièrement intéressant qui vient de paraître dans les « Notes du CREN n°3 » en soutenant que « la concordance entre les résultats de l’enquête par questionnaire et ceux des entretiens menés avec les publics et les personnels de lycée professionnel à propos de la nouvelle attractivité du bac pro en trois ans autorise à envisager un déplacement significatif des flux d’orientation en sortie de scolarité obligatoire au profit de la filière professionnelle. Le lycée professionnel ne serait plus utilisé exclusivement comme filière de consolation pour les éclopés du collège unique, mais il serait aussi choisi par des publics majoritairement populaires en raison de contenus de formation correspondant mieux à leur rapport au savoir et dans l’optique d’une accession au baccalauréat et à différentes formes d’enseignement supérieur, principalement technologiques ». Cette enquête s’avère importante car elle va dans un autre sens que la plupart des recherches qui… Savoir plus >

L’allocation d’études en débat

A peine cette proposition a-t-elle été formulée ( en bonne place il est vrai ) dans le projet du parti socialiste, qu’elle est l’objet de critiques acerbes de la part du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI, de droite ) et du questionnement intéressé de l’UNEF ( de gauche ). A la page 34 du projet du PS adopté lundi dernier par son Bureau national figure l’indication suivante : « Nous transformerons le système d’aide sociale en le fondant sur la situation propre du jeune et en créant, au cours de la législature, une allocation d’études pour les jeunes en formation. Regroupant l’ensemble des aides existantes ( aides au logement, bourses sur critères sociaux… ) elle permettra aux jeunes de réussir leurs études. Elle sera placée sous conditions de ressources ». Un communiqué du MET ( mouvement des étudiants, ex-UNI ) s’en prend en termes très vifs à cette proposition en estimant qu’ « assistanat forcené et dirigisme d’autrefois ont encore de trop beaux jours devant eux rue de Solférino » et en stigmatisant « la posture prise par le Parti socialiste à l’égard des jeunes traités sous le seul regard de la compassion et de l’apitoiement ». Par contre… Savoir plus >

Le coût de l’étudiant monte en flèche

Alors que de 1999 à 2006, l’estimation de la dépense moyenne par étudiant a stagné de façon constante autour de 8000 euros ( de 2009 ), elle a bondi en trois ans à 10 220 euros ( toujours de 2009 ) soit une augmentation de  plus de 27% en trois ans. En revanche, selon le graphique présent dans « Le Monde. La Lettre de l’éducation » du 14 mars 2011 ( sources MEN, MESR, DEEP ), durant ces dix dernières années ( de 1999 à 2009 ), la dépense moyenne par élève de classe préparatoire aux grandes écoles s’est maintenue à peu près constamment autour de 14850 euros ( toujours de 2009 ) et celle de l’élève de STS autour de 13730 euros. Il y aurait donc eu ces trois dernières années ( enfin, diront certains… ) , un rattrapage sensible du côté des étudiants sans préjudice pour les élèves de CPGE et STS ( même si l’écart reste sensible avec eux , la dépense pour l’élève de STS étant encore en 2009 supérieure de 34 %, et celle pour l’élève de CPGE de 45% à celle effectuée pour l’étudiant ). On peut espérer que les résultats seront au bout,… Savoir plus >

Les engagements pour le supérieur ont-ils été respectés?

Aux trois quarts de la législature actuelle, on peut déjà tirer un premier bilan de l’application ou non des engagements qui avaient été pris par l’UMP en 2007 (sous la houlette de son président-candidat Nicolas Sarkozy) sous le beau titre de «gagner la bataille de l’intelligence». Trente engagements avaient été pris pour l’enseignement supérieur. On se contentera de leur rappel, chacun pouvant apprécier dès lors s’ils ont été tenus, ou s’ils ont fait l’objet seulement d’un commencement d’application, ou bien s’ils ont été purement et simplement ‘’oubliés’’ (les commentaires des uns et des autres seront donc les bienvenus…). On remarquera en tout cas sans peine que les engagements qui concernaient directement les étudiants (dans leurs conditions de vie ou d’études) ont été ceux qui ont été les moins respectés.

Concours: vers un moratoire pour le CLES et le C2i?

Concours d’enseignants : le CLES et le C2i sont sources d’inégalités ! Nous demandons un moratoire Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Aujourd’hui, le niveau de qualification exigé pour être recruté comme enseignant est le master. Le contenu de celui-ci doit intégrer, outre des connaissances scientifiques et professionnalisantes concernant l’exercice d’un métier d’enseignant, des exigences concernant la maîtrise des Langues Vivantes et celle des TICE. Le Master doit donc reconnaître une qualification des titulaires de ce diplôme en ces domaines. Contre de nombreux avis, le gouvernement a fait le choix d’imposer les certifications supplémentaires du CLES et du C2i pour valider les concours de recrutement (CRPE, CAPES, CAPEPS, CAPET, CAPLP, et CPE). Cette mesure est source de grandes inégalités entre les candidats : ces certifications, qui ne sont organisées que dans certaines universités, demandent des formations spécifiques qui ne sont pas actuellement dispensées par toutes les universités en licence ou en Master. Elles sont soumises à des droits d’inscription laissés à la libre décision (ou à la discrétion) de chaque université, et exigent donc des étudiants des dépenses qui ne sont pas accessibles à tous et aggravent ainsi les inégalités sociales. Cette mesure alourdit encore la charge… Savoir plus >

Capes de Lettres classiques : l’inquiétude

Parmi la grande famille des disciplines d’enseignement dans l’inquiétude pour ce qui concerne les concours de recrutement et la formation professionnelle des professeurs , je prends encore la plus ancienne ( celle de Lettres classsiques ) et pour la cinquième fois ( cf mes billets du 9 février, 10 mars, 4 avril et 15 juillet 2010 ) LETTRE OUVERTE DE LA CNARELA À MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE Monsieur Le Ministre, Dans votre communiqué du 16 décembre 2010, vous constatez, malgré l’affirmation d’une satisfaction globale, que dans certaines disciplines, notamment en Mathématiques et en Lettres classiques, le manque de candidats au CAPES est inquiétant. Or nous savons comme vous que, dans l’immédiat, cette pénurie est en grande partie conjoncturelle : les dates de clôture des inscriptions fixées dans un premier temps le 13 juillet 2010, avant la proclamation des résultats de la session 2010, et l’application de la « mastérisation », imposant d’avancer les épreuves écrites au mois de novembre, ont empêché nombre d’étudiants de s’inscrire ou de se présenter aux épreuves. Il n’en reste pas moins que les besoins en enseignants sont réels et que, en particulier en Lettres classiques, nous manquons cruellement de professeurs, aussi bien pour… Savoir plus >

Concours et masters: propositions de l’UNSA-Education

Dans une conférence de presse donnée ce jeudi 3 février, l’UNSA-Education ( la deuxième fédération la plus représentative de l’Education nationale après la FSU ) a livré des propositions circonstanciées pour ce qui concerne les masters et les concours de recrutement des enseignants  dans le cadre de « la reconstruction d’une authentique formation professionnelle », visant notamment «  à la formation des enseignants tout au long de leur vie professionnelle ». Décidément, après les déclarations de Nicolas Sarkozy du 19 janvier affirmant qu’il fallait remettre « sur le chantier les éléments de formation des enseignants » et les évocations ministérielles de la mise en place de ‘’masters polyvalents’’ et de ‘’masters en alternance’’ ( cf mes billets précédents ), des propositions syndicales arrivent à point nommé. Le 2 février, Sébastien Sihr, au nom du SNUipp ( le syndicat le plus représentatif du primaire ) a écrit au ministre Luc Chatel en lui faisant cinq propositions à propos de la formation des enseignants du primaire (  et notamment que « le contenu des masters dispensés sur tout le territoire bénéficie d’un réel cadrage national intégrant les besoins professionnels du métier de professeur des écoles : ils doivent articuler les dimensions disciplinaires,… Savoir plus >

Formation des enseignants: les incertitudes s’accumulent

Et ce n’est pas la dernière déclaration de Nicolas Sarkozy (  foncièrement improvisée, comme l’a déjà souligné la journaliste du ‘’Monde’’ Maryline Baumard ), suivie de celle de Luc Chatel  qui peuvent les dissiper, bien au contraire. Depuis le démantèlement de l’ancien système de formation, on se trouve constamment dans l’improvisation et les propositions ( voire les décisions ) au coup par coup ; et on cherche vainement quel est le dessein d’ensemble alternatif en la matière ( qui, il est vrai, n’a nullement été – et pour cause –  au fondement de la suppression de l’ancien dispositif , une décision prise foncièrement pour des raisons d’économie de postes budgétaires matinées d’’’idéologie’’ sans que l’on se soit vraiment préoccupé de savoir où l’on voulait aller ). C’est ce qu’on appelle ‘’réformer’’ ! On avait déjà vu en avril dernier, lors des Etats généraux sur les violences scolaires, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel annoncer de façon impromptue la nécessité de mettre en place deux nouveaux  modules de formation pour tous les futurs enseignants ( l’un de ‘’gestion des conflits’’ et l’autre de ‘’tenue de la classe’’ ) alors même que le démantèlement de leur formation professionnelle était en marche… Savoir plus >