Le blog de Claude Lelievre

syndicat

Un boycott des examens du secondaire qui tombe à l’eau

C’était il y a juste cinquante ans. Et ce n’était pas le SNALC mais le SNES qui était à la manœuvre. En février 1965, le SNES appelle à une grève administrative en vue d’améliorer les conditions d’enseignement, et surtout de tenter de s’opposer à la réforme du secondaire (création de filières A,B, C, D, E, F, G) envisagée par le ministre de l’Education nationale Christian Fouchet. La situation se tend au troisième trimestre. Le Conseil national du SNES des 5 et 6 mai 1965 décide de poursuivre la grève administrative, et demande qu’ « aucune note de composition ne soit donnée au troisième trimestre, y compris dans les classes d’examens » ; que les enseignants ne participent pas aux conseils de classe, et, pour le BEPC ( le  »brevet ») et le baccalauréat, qu’ils ne portent sur le livret des élèves que des appréciations « sans mention de notes ». Le ministère fait planer la menace de rétorsions financières sévères, voire de réquisitions. Et quinze jours plus tard, le même Conseil national du SNES estimant que la poursuite de la grève « risquait de rendre difficile le maintien de la liaison, déjà délicate », avec les parents d’élèves, décide de « transformer la forme d’action engagée, en demandant aux syndiqués du… Savoir plus >

Qui a dit? Et quand? Voyage dans le temps de  »l’autonomie »

1) Chaque parcelle des connaissances humaines tend naturellement à pénétrer dans l’enseignement , chaque spécialité – et avec raison- se trouve avoir des défenseurs. On finit ainsi par donner l’hospitalité à toute demande nouvelle dans les programmes. De la d’énormes compilations encyclopédiques, qui sont un peu comme les professions de foi électorales de l’enseignement secondaire; et l’enseignement secondaire ne tient pas et ne peut pas tenir toutes les promesses qu’il a faites » 2) « L’élève du secondaire passe à travers les classes comme un voyageur qui force les étapes pour arriver le plus vite au but. Et le professeur du secondaire est tellement habitué à être une sorte de bureaucrate qui a des heures fixes de travail en dehors desquelles il ne doit rien, que si on lui demande quelque chose en dehors de ce qui est strictement prescrit, il se croit lésé » 3) « Les jours où les professeurs auront appris à se considérer comme les membres d’une sorte de petite cité enseignante, ils cesseront d’être ce qu’ils sont trop souvent aujourd’hui, c’est à dire des fonctionnaires de passage. Aujourd’hui, ils sont les serviteurs dévoués de l’Etat ; mais ils ne se sentent pas attachés à leur établissement. Sous le nouveau régime… Savoir plus >

Elections professionnelles de  »l’immobilisme »?

Les déplacements en pourcentage des suffrages exprimés se limitent en tout à environ 5 %. Ce qui est peu, au total, dans le contexte actuel et en un moment de  »refondation ». Avec un taux de participation qui reste toujours préoccupant : 41,7 % (contre 38,6 % au Comité technique ministériel en 2011, mais plus de 60 % en 2008 et aux scrutins précédents). Il y a eu des moments historiques de déplacements de voix aux élections professionnelles sans commune mesure avec cela. Par exemple, dans l’enseignement secondaire, entre les élections de 1965 et celles de 1969. De 1965 à 1969, le SNES passe de 69% des suffrages exprimés à 58% ; le SGEN de 22% à 17% ; le SNALC de 8% à 16% ( sans compter un nouveau venu, le CNGA qui obtient 9%). Ou bien encore, par exemple, l’irruption du SNUipp à 28% en 1993 (lors de  »l’explosion » de la FEN) et sa progression très sensible lors des deux élections qui ont suivi ( 37% en 1996 puis 43% en 1999) changeant fortement le paysage syndical dans le primaire. On est loin de cela avec la progression de FO ( même si elle est sensible) au Comité technique ministériel  (13,6% en… Savoir plus >

Rythmes et  »démocratie de proximité »: un problème?

Dans le contexte du décret à venir sur les  »expérimentations  » des rythmes scolaires, il serait bon de se remettre en mémoire ce qui s’est passé il y a 20 ans et même d’en tirer quelque leçon.   Dans son « Nouveau Contrat pour l’Ecole » présenté le 16 juin 1994, le ministre de l’Education nationale François Bayrou situe au quinzième rang de ses 158 propositions, « l’aménagement de la semaine scolaire, avec éventuellement une libération du samedi matin, décidé par l’Inspecteur d’Académie sur proposition du conseil d’école ». De juin à octobre 1994, quarante mille conseils d’écoles primaires (réunissant parents et enseignants) se prononcent. Le maintien du statu quo, avec samedi matin travaillé, ne remporte que 15% des suffrages, tandis que le report simple du samedi matin au mercredi fait le plus mauvais score ( 4% ). En revanche, la libération du samedi matin, avec son nécessaire corollaire du raccourcissement des vacances scolaires, connaît un franc succès ( 39%). Les scénarios « autres » ( ou « divers ») sont choisis par 22% des conseils d’école. Mais le plus remarquable ( et le plus préoccupant pour ceux qui se situent résolument dans une prise en compte des « rythmes scolaires », et en particulier de la réduction de la journée de… Savoir plus >

Le métier d’enseignant: du bonheur, mais…

  Selon une enquête  »Viavoice » commanditée par le Nouvel Observateur et menée auprès de 5021 personnes représentatives de la population française active de 15 ans et plus, les enseignants déclarent à 85% « être heureux au travail » ( alors qu’ils ne sont que 73% à le dire pour l’ensemble de la population active).  Les enseignants se retrouvent ainsi au troisième rang (sur 23 catégories professionnelles distinguées par l’enquête), précédés seulement par les « cadres de la fonction publique » et les « agriculteurs » (qui sont respectivement 90% et 86% à se déclarer « être heureux au travail »). Ils sont aussi 79% ( contre 63% pour l’ensemble des catégories professionnelles) à déclarer exercer « une activité professionnelle qui passionne », et 91% ( contre 79% ) à « faire une travail utile pour la société ».  En revanche les enseignants sont sensiblement autour de la moyenne pour ce qui concerne les « conditions de travail sans pénibilité » ( c’est l’avis de 63% d’entre eux, contre 58% de l’ensemble des actifs) ; et pour ce qui a trait à des « conditions matérielles satisfaisantes » (c’est l’opinion de 66% des enseignants, contre 67% de l’ensemble des travailleurs). Et ils ne sont que 31% à « se sentir reconnus par leurs supérieurs » ( contre 35% de l’ensemble des… Savoir plus >

Pourquoi un « Conseil national éducation économie »?

  Ce conseil a été installé le 18 octobre dernier en présence du ministre de l’Education et du Premier ministre, avec pour premier président Jean-Cyril Spinetta ( qui a mené une carrière de chef d’entreprise et qui est un ancien directeur des lycées au ministère de l’Education nationale, tout un symbole).   Pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, « il y a au cœur de la relation économie-éducation l’essentiel des questions que nous avons à affronter, pour redresser notre pays, pour retrouver la croissance mais aussi créer des emplois, offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse, redonner à la France toute sa force, toute sa puissance ». Le Premier ministre attend de ce nouveau Conseil qu’il aide l’action officielle en ce qui concerne la prospective de l’emploi et l’établissement de la carte des formations, car ce n’est désormais qu’après concertation avec les acteurs économiques et sociaux – et accord entre région et recteur – que les décisions d’ouverture ou de fermeture des formations seront arrêtées. Il attend aussi de ce nouveau Conseil « le développement de l’esprit d’entreprendre, la mère de tout projet : préparer les jeunes à l’entreprise, à y entrer mais aussi à la créer, la faire comprendre dans toutes ses dimensions… Savoir plus >

Supérieur. Des compromis  »pour passer »: 7) Sarkozy

  En mai 2007 Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La question de l’autonomie des universités figure en bonne place du programme gouvernemental et comme une mesure phare de la  »rupture ».  Le texte initial est vivement contesté par les syndicats étudiants, l’UNEF et la FAGE, en particulier sur certains points auxquels ils sont très sensibles. Dans un souci d’apaisement, le président de la République Nicolas Sarkozy fait retirer du texte, présenté le 4 juillet 2007 en Conseil des ministres, les points les plus sujets à polémiques : le caractère optionnel de l’autonomie ( certaines universités auraient pu choisir  »l’autonomie », et d’autres non ), la sélection en première année de master ( à bac+4 ) et la limitation des conseils d’administration à 20 membres.  Rebaptisée « loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) », la loi sur l’autonomie des universités ou « loi Pécresse ( du nom de la ministre de l’enseignement supérieur ) est votée le 10 août 2007, la gauche se prononçant contre en déplorant l’absence d’ « une véritable réforme de l’université ».  Les présidents d’université voient leurs pouvoirs renforcés. La loi élargit les possibilités pour les universités de recourir à des fonds privés, notamment par le biais de créations de… Savoir plus >

Supérieur. Une radicalisation manquée 5) Chirac

  Dans sa déclaration de politique générale du 9 avril 1986 devant l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre Jacques Chirac déclare que « dans l’enseignement supérieur, le principe d’autonomie doit être définitivement concrétisé tant à l’entrée – au moment de la sélection des étudiants-,qu’à la sortie – au moment de la délivrance des diplômes ». Mais le 12 juin 1986, Alain Devaquet ( ministre délégué, chargé de la Recherche et de l’enseignement supérieur ) présente à la presse les grandes lignes d’un projet de loi plus  »prudent » et plus  »réservé ». Le principe du libre accès de tous les bacheliers à l’université est solennellement réaffirmé ( alors que cela ne figurait pas dans la proposition de loi déposée par les groupes parlementaires des deux partis de droite – RPR et UDF- sur le bureau de l’Assemblée nationale le 11 avril ) ; et le mot « sélection » n’apparaît pas ( alors qu’il était en bonne place, avec toute sa charge symbolique, dans la déclaration du Premier ministre Jacques Chirac ). Toutefois, les universités auront la possibilité de définir leurs conditions d’accueil, selon le nombre de places dont elles disposent, la nature des formations données et les aptitudes requises des étudiants. Le recteur devra s’assurer que… Savoir plus >

Supérieur. Une focalisation présidentielle:4) Mitterrand

  Sous la présidence de François Mitterrand, le ministre de l’Education nationale Alain Savary a mené à bien une loi sur l’enseignement supérieur : la loi dite  »Savary » de janvier 1984. Le président, lui, s’est focalisé uniquement sur deux questions: celles du  »corps unique » et du  »collège unique ».  La question du  »corps unique » renvoie à la problématique du rapprochement de statut entre les maîtres-assistants et les professeurs ; celle du  »collège unique » aux pouvoirs de décision des uns et des autres.  Les syndicats de gauche ( le SNESsup et le SGEN ) militent en ce sens, d’autant que les professeurs ( enseignants dits  »de rang A ») votent plutôt à droite, alors que les maîtres-assistants ou assistants ( enseignants dits  »de rang B ») votent plutôt à gauche.  Dans sa volonté d’affaiblir la gauche dans les universités, la ministre de l’enseignement supérieur Saunier-Seïté avait pris entre 1977 et 1979 des décrets allant dans le sens du renforcement des pouvoirs des enseignants  »de rang A » dans les instances chargées de gérer les carrières ( recrutements, mutations promotions). Et la loi dite  »Sauvage » ( du nom de son rapporteur ) promulguée le 20 juillet 1980 avait décidé que les enseignants  »de rang A » disposeraient désormais de… Savoir plus >

Concours: pas de certifications supplémentaires!

C’est du moins ce que demande la FSU  ( dans une lettre signée par Bernadette Groison ) aux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur : le CES2 et le Ci2e ne doivent pas être exigés des enseignants stagiaires pour être titularisés. La FSU est fortement engagée sur ce dossier depuis plus d’un an et demi puisqu’elle  avait demandé dès la mi-février 2011 un ‘’moratoire’’ pour le CLES et le C2I ( cf mon billet de février 2011), qu’elle avait fait une relance à cet égard notamment via le SNES ( cf mon billet de juillet  2011 : « la certification en langue et C2i contestée » ) et lancée un grand mouvement de pétition en novembre de l’année dernière ( cf mon billet de novembre 2011 : «  pétition contre l’exigence du CLES2 et du C2i » ). Devant l ‘impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux étudiants se destinant aux métiers d’enseignants ainsi qu’aux stagiaires, un arrêté avait été finalement publié dispensant jusqu’en 2014 « tous les lauréats titulaires d’un master ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur obtenu en France et sanctionnant un cycle d’études d’au moins deux ans validant des enseignement comprenant… Savoir plus >