Le blog de Claude Lelievre

syndicat

Un décret pour  »graver dans le marbre » les missions des CPE?

C’est le sens, semble-t-il, de la proposition que vient de faire Daniel Robin (co-secrétaire général du SNES-FSU) dans un colloque à l’initiative de son syndicat  sur le métier de conseiller principal d’éducation «  à la croisée du pédagogique et de l’éducatif ». Après avoir affirmé que « les missions du CPE, contrairement à celles des enseignants, ne sont pas définies par un texte réglementaire mais par une simple circulaire datant de 30 ans », le co-secrétaire général du SNES-FSU a indiqué que son syndicat réclamait « un décret pour stabiliser ces missions dans le respect du texte de 1982 ». Le métier de CPE (une particularité française) est généralement méconnu bien qu’important, car en évolution continue et à la jonction (problématique) entre différents ‘’mondes’’ qui ont bien du mal à entrer en synergie : la direction de chaque établissement secondaire, les enseignants, les élèves, les parents. Le CPE est en principe l’interlocuteur de tout le monde et de chacun. Au printemps dernier (cf mon billet du 29 avril 2012), le syndicat SGEN-CFDT s’était ému du fait que, sur le site internet du ministère, il était indiqué que les conseillers principaux d’éducation sont « membres de l’équipe de direction ». «… Savoir plus >

Vers une évolution du rôle pédagogique des inspecteurs?

Le CTM du 20 juin s’est prononcé en faveur de l’abrogation du décret ‘’Chatel’’ du 8 mai dernier sur l’évaluation des enseignants ( qui renforçait  considérablement le rôle des chefs d’établissement ). Mais il apparaît qu’il ne saurait être question de revenir au statu quo ante. Au même CTM du 20 juin, le nouveau ministre de l’Education nationale – Vincent Peillon – a indiqué qu’ « il faut reposer la question des missions des inspecteurs ( ils doivent être prioritairement dans les classes ) et des IGEN » en soulignant que « le décret Chatel confondait les missions de l’inspection et celles de l’administration ». On peut d’ailleurs sans doute soutenir que cette « confusion » est partie prenante d’une lente et longue évolution à l’œuvre au sein du système éducatif français. La séparation initiale entre la hiérarchie administrative et la hiérarchie pédagogique tend en effet à s’estomper. D’abord parce que la prise en charge des conditions matérielles des établissements scolaires par les collectivités territoriales ( en raison de la décentralisation ) a tendu à réduire l’importance du périmètre de pouvoir de la hiérarchie administrative. Ensuite parce que, dans le cadre de la déconcentration, de nombreux pouvoirs de gestion pédagogique… Savoir plus >

La formation des enseignants selon Hollande-Peillon

Dès le début de son entrée en campagne, François Hollande a tenu à marquer toute l’attention qu’il portait à cette question. Finalement, les contours de ce qu’il envisage avec Vincent Peillon ( le responsable ‘’éducation ‘’ dans son équipe de campagne ) se dessinent peu à peu, même s’il reste encore des ‘’arbitrages’’ à faire et des précisions à apporter ( ce qui ne devrait pas surprendre, puisqu’il s’agit aussi de tenir compte notamment de l’avis des syndicats enseignants, qui peuvent avoir d’ailleurs des avis divergents sur certains points ), en particulier pour ce qui concerne le concours, sa place, sa nature et son moment. En mai 2011, François Hollande, candidat aux primaires organisées par le PS, souligne ( dans le cadre d’ « un nouveau pacte éducatif pour démocratiser la réussite » ) qu’ « il est indispensable de donner aux enseignants la formation initiale et continue nécessaire au bon exercice de leur fonction, et d’assurer une entrée progressive dans le métier ». En septembre 2011, il affirme avec vigueur qu’ « il faudra reprendre la question de la formation des enseignants, car ce qui a été fait sur ce plan par le gouvernement relève du vandalisme d’Etat. Après… Savoir plus >

CAPES: la crise de recrutement s’aggrave

Comme le souligne le SNES dans son récent dossier de presse «  les résultats de l’admissibilité de la session 2012 ne présagent rien de bon […] ; la crise s’installe et s’aggrave : non seulement le nombre de postes au concours est en baisse, mais ils ne seront pas tous pourvus comme l’indique la proportion admissibles/postes ». Comme le montrent les résultats, la proportion admissibles/postes est en effet restée faible ( voire s’est affaiblie ) pour 8 disciplines : lettres classiques ( 0,54 pour 2012 contre 0,57 en 2011 ), lettres modernes ( 1,24 contre 1,28 ), sciences économiques et sociales  ( 1,70 contre 1,81 ), allemand ( 1,10 contre 1,30 ), anglais ( 1,37 contre 1,45 ),mathématiques ( 1,25 pour 2012 contre 1,10 en 2011 : léger progrès ici, mais situation toujours difficile ), éducation musicale ( 0,95 en 2012 comme en 2011 ), documentation ( 1,25 contre 1, 68 ). Contrairement à ce qu’avait soutenu Josette Théophile ( la DRH du ministère de l’Education nationale )  à l’issue des résultats  très inquiétants de la session 2011 où 826 postes n’avaient pas été pourvus pour le seul CAPES, il ne s’agit donc pas d’une simple « transition ponctuelle »… Savoir plus >

Les décrets de 1950 sur les maxima de service des professeurs

Les décrets du 25 mai 1950 fixent les maxima de service des professeurs pour le second degré et l’éducation physique ainsi que pour les enseignements professionnels. Ces décrets sont des ‘’Règlements d’administration publique’’, ce qui est à l’époque le degré le plus élevé du décret et implique qu’ils aient été approuvés obligatoirement par le Conseil d’Etat. Ces maxima sont des maxima de ‘’services hebdomadaires’’. Il s’agit ( sauf exception ) d’un service exclusivement d’enseignement ( quoique le terme ne soit pas employé : on parle de ‘’service hebdomadaire’’, et les réductions/majorations sont fondées essentiellement sur les effectifs ou ‘’niveaux’’ des classes ). Et il s’agit bien d’un ‘’service hebdomadaire’’ : le nombre de semaines correspondantes n’est pas indiqué. Dans la pratique, la durée de l’année scolaire est fixée par arrêté du ministre ( la loi d’orientation Jospin de 1989 indique 36 semaines minimum ), même si certaines activités débordent parfois ( la tenue du baccalauréat, notamment ). Dans le second degré, les maxima de service sont fixés à 15 H pour les agrégés, 18 H pour les non agrégés et 20 pour les professeurs d’art. Il y a obligation de compléter le service éventuellement dans d’autres établissements, voire en enseignant… Savoir plus >

Concours: pétition contre l’exigence du CLES2 et du C2i

Les syndicats FSU viennent de lancer une pétition contre l’exigence de ces deux certificats dans les concours de recrutement en dénonçant l’inégalité de traitement des candidats devant ces exigences après la publication par le ministère d’un avis exonérant du CLES2 certains étudiants en fonction de leurs cursus et validations obtenues ( cf mon billet du 10 novembre: « les échappatoires au CLES2 » ). La certification immédiate en langue et au C2i avaient déjà fait l’objet d’une pétition à l’initiative du SNES, du SNUipp, du SNEP, du SNES-SUP, du SNUEP,du SNETAP en vue d’un moratoire d’au moins cinq ans pour le CLES2 et le C2i ( cf mon billet du 19 février ). Concours d’enseignants Le CLES et le C2i2e ne doivent pas être exigés pour être recruté Signer la pétition –   Voir les signataires Contact: petition@moratoireclesc2i.org Version pdf pour impression et signatures sur papier Face à l’impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux étudiants pour être nommés fonctionnaire stagiaire le gouvernement a finalement décidé de dispenser du CLES2[1] « tous les candidats, titulaires d’un master qui présentent un relevé de note qui atteste de la validation de crédits dans une langue vivante étrangère », à condition que ces crédits… Savoir plus >

Des  »Assises de la pédagogie » extra-ordinaires?

Ce sont les troisièmes du nom. Mais elles associeront pour la première fois dans trois tables rondes des dirigeants de partis politiques : Pierre Laurent ( secrétaire général du PC ), Bruno Julliard ( secrétaire national de PS pour l’éducation ), Marie-Christine Blandin ( sénatrice EELV ), des responsables nationaux des grands syndicats du monde éducatif : Thierry Cadart ( SGEN ), Patrick Gonthier ( Unsa-Education ), Bernadette Groison ( FSU ), le président de la FCPE ( Jean-Jacques Hazan , ainsi que nombre de chercheurs ou praticiens actifs sur le terrain. Ces troisièmes ‘’Assises de la pédagogie’’ organisées par le CRAP-Cahiers pédagogiques ( en partenariat avec l’AFEV et Education et Devenir ) se tiendront à l’Ecole Boule du lundi matin 24 octobre au mardi 25 octobre. Par ailleurs les membres du CRAP, qui ont commencé à organiser ces Assises depuis plus d’un an, ont longuement préparés 12 propositions « pour une école juste et efficace ». 1) Favoriser le travail d’équipe. 2) Changer progressivement le service des enseignants 3) Modifier radicalement les modes d’évaluation 4) Prévenir le décrochage 5) Développer la responsabilisation de tous 6) Ouvrir l’école sur son environnement 7) Développer le partenariat localement 8) Redonner du poids… Savoir plus >

Non seulement des moyens, mais aussi la transformation de l’Ecole

Dans la ligne d’’’ouverture’’ évoquée dans le billet précédent, les syndicats de gauche – de façons certes plus ou moins affirmées – ont réagi à la publication hier des ‘’Regards sur l’éducation de l’OCDE’’ et à la proposition de François Hollande de recréer 60000 postes d’enseignants en demandant non seulement des moyens mais aussi des transformations de l’Ecole. C’est particulièrement net pour le SE-Unsa qui a  tout de suite réagi à la proposition de François Hollande en demandant par la voix de son secrétaire général Christian Chevalier : « Quel projet veut-on pour l’éducation ? Une fois qu’on l’a, on voit comment on peut le financer » ; mais aussi pour le SGEN-CFDT, par la voix également de son secrétaire général Thierry Cadart : « On espère tous que l’on sorte de ce carcan budgétaire qui ne permet rien ; mais personne ne dit qu’il faut remettre les postes exactement là où ils étaient il y a cinq ans ». En réaction à la publication hier des « Regards sur l’éducation de l’OCDE », Guy Vauchel, secrétaire national du SGEN-CFDT a réagi ( selon le « Café pédagogique » de ce 14 septembre ) en soulignant qu’ « il faut… Savoir plus >

Les ouvertures des syndicats

Vivons-nous une période annonciatrice de temps nouveaux ? Toujours est-il qu’en moins de cinq jours se sont succédé les ‘’ouvertures’’ de trois des principaux syndicats d’enseignants pour une nouvelle donne des politiques scolaires. Cela ne forme pas encore un concert symphonique, mais il n’est pas interdit de penser que l’harmonie vienne. Le 29 août, l’excellent site ‘’ToutEduc’’ indique que « le Snes n’est ‘’pas fermé à des discussions’’ sur les missions et le statut des enseignants à condition qu’il y ait relance de la démocratisation de l’enseignement. C’est ce que répondent ses trois responsables, interrogés par ToutEduc sur l’après 2012, Nicolas Sarkozy ayant annoncé une refonte du statut, et Martine Aubry une ‘’refondation du système éducatif’’ […]. Le Snes souhaite un enseignement secondaire pour tous, général, technologique ou professionnel, et une obligation scolaire portée à 18 ans, avec, à  terme, un objectif de 100% au niveau bac ». Le 30 août, le SE-Unsa indique dans son communiqué de presse de rentrée que «les personnels se refusent à entrer dans un modèle en construction qui a pour objectif de changer la nature même de l’Ecole. Un modèle où la concurrence, la performance, le management seraient les maîtres mots d’un système éducatif… Savoir plus >

Concours d’enseignants: la certification en langue et du C2i contestée

Dans un communiqué en date du 6 juillet, le SNES demande l’annulation de la certification en langue et du C2i exigée désormais des candidats aux concours d’enseignants. Selon le SNES, « les conditions ne sont pas réunies pour que les étudiants obtiennent ces certifications. Cela se traduit par un échec massif d’environ 70% au CLES2. Par exemple, en STAPS, la réussite au CLES2 est de 30% à Amiens, 15% à Calais, 15% à Nantes ». Le SNES souligne que cette situation est de nature à décourager les candidats ( alors que l’on s’inquiète déjà, notamment dans certaines disciplines, de la forte diminution du nombre de candidats ) : « la chute de nombre des candidats aux concours d’enseignement, suite à la ré forme de la mastérisation va encore s’aggraver ». Le SNES demande donc au ministre de « renoncer à imposer ces certifications » tant que les universités n’ont pas mis en place les formations nécessaires . A la mi février de cette année, le SNES ( en compagnie du SNEP, du SNES-SUP, du SNUEP, du SNUipp et du SNETAP, tous syndicats de la FSU ) avait déjà lancé une pétition ( petition@moratoireclesc2i.org ) demandant la poursuite d’un moratoire pendant… Savoir plus >