Le blog de Claude Lelievre

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CAPES 2010: un taux d’admission en hausse

On aurait pu s’attendre à ce que le pourcentage des admis en 2010 baisse par rapport à celui du CAPES 2009 en raison de la réduction des postes mis au concours; mais ( toutes discipline confondues ) cela a été le contraire en raison d’une baisse plus importante encore ( proportionnellement ) du nombre des candidats qui se sont présentés au concours. Le nombre de présents au concours du Capes ( pour l’ensemble des disciplines du second degré ‘’général’’ ) est passé de 25021 en 2009 à 22045 en 2010, tandis que le nombre de postes mis au concours passait de 5095 à 5003. Le taux de reçus a donc augmenté, passant de 20,3% en 2009 à 22,7% en 2010. La diminution du nombre de présents au concours a été très sensible dans quelques disciplines importantes quantitativement. Ainsi, on est passé de 4028 présents en Histoire-géographie au CAPES de 2009 à 3484 à celui de 2010, de 3015 à 2648 en Lettres modernes, de 3219 à 2771 en mathématiques. Et l’inquiétude grandit pour un recrutement de qualité dans certaines disciplines jugées fondamentales au sein de notre enseignement secondaire, en particulier les mathématiques. Ainsi Didier Massenard, dans un récent article paru… Savoir plus >

 »PISA France »:très moyen et très inégalitaire

Ce ne sera pas le maelström que certains appréhendaient puisque les résultats des élèves français sont globalement dans la moyenne de l’OCDE, même s’il y a de très préoccupantes inégalités persistantes ( qui sont même en augmentation sensible dans le domaine le plus traité cette fois ci, à savoir la compréhension de l’écrit ). Les résultats des élèves français aux tests PISA 2009 sont globalement tout à fait moyens dans les trois domaines étudiés : 496 points en compréhension de l’écrit ( contre 493 pour la moyenne des pays de l’OCDE ), 498 en culture scientifique ( contre 501 ), 497  en mathématiques ( contre 496 ). Dans ce dernier domaine, celui des mathématiques, on avait enregistré une baisse de 15 points entre PISA 2003 ( 511 points de moyenne en France alors ) et PISA 2006 ( 496 points ) et nous en sommes à 497 en 2009. Nous avons donc bien quitté le groupe des pays les plus performants en mathématiques pour nous fondre dans celui qui regroupe ceux qui se situent autour de la moyenne. Finalement, nous sommes désormais tout juste moyens partout. Il n’y a pas de quoi s’en vanter ; mais ce n’est pas non… Savoir plus >

PISA: la France championne des résultats inégalitaires?

En attente des résultats de la dernière enquête PISA qui vont être rendus publics mardi prochain, il est sans doute bon d’avoir à l’esprit que la première enquête PISA, celle de 2000, nous situait parmi les pays aux résultats les plus contrastés, et que cela avait été encore confirmé lors de la dernière enquête, celle de 2006. Quid pour celle de 2009 ? Les comparaisons entre pays peuvent se faire à partir de la moyenne des résultats des élèves pour tel ou tel domaine. Et, jusqu’ici, la France s’est située autour de la moyenne des pays de l’OCDE pour les trois grand domaines ’’testés’’ : la compréhension de l’écrit, , les mathématiques, la culture scientifique. Mais on peut aussi analyser la dispersion des résultats, notamment en raison de l’origine socio-culturelle des élèves. Et là, la France est nettement parmi les pays aux résultats les plus dispersés, les plus ’’inégalitaires’’. Si l’on étudie, par exemple, les écarts de points à l‘enquête  PISA de 2006 entre les élèves dont le statut économique , social et culturel des parents est le plus élevé ( le quart le plus favorisé ) et ceux dont le statut économique, social et culturel est faible ( le… Savoir plus >

Le numérique va-t-il révolutionner l’école?

Luc Chatel vient de déclarer au Salon de l’Education que « l’avenir de l’école ne s’écrira pas à la craie sur un tableau noir » et que «  le numérique doit maintenant révolutionner l’école ». Acceptons–en l’augure, mais avec quelques interrogations en prise avec un  passé pas si lointain. Le ministre a annoncé la mise en place d’un « responsable du numérique » dans chaque collège et lycée, un « grand portail ministériel réunissant toutes les ressources pédagogiques disponibles » et un « plan de formation disciplinaire au niveau du numérique ». Puis il a précisé que « dans, un budget contraint, seront redéployés 60 millions d’euros sur trois ans pour la formation et les ressources ». Ce n’est pas rien, mais on a connu encore mieux comme annonces dans le passé. On ne remontera pas  au plan « informatique pour tous » présenté le 25 janvier 1985 par le premier ministre Laurent Fabius pour un coût prévu de 2 milliards de francs ( dont 1,7 milliards pour l’équipement ), dont le bilan est dans toutes les mémoires. On se contentera de se focaliser sur  le  plan présenté près de 13 ans après, le 17 novembre 1997, par Claude Allègre… Savoir plus >

Les  »masters d’enseignement » sont-ils voués à disparaître?

C’est ce que pense l’association ‘’Reconstruire l’Ecole’’ qui a envoyé le 5 novembre une « Lettre ouverte aux sénateurs » pour les alerter. Et elle ne manque pas d’arguments. Les décrets d’août 2009 ne mentionnent jamais le « master professionnel » ( cette restriction éventuelle serait d’ailleurs, selon toute vraisemblance, jugée contraire au règlement de la fonction publique ou aux traités européens si le Conseil d’Etat devait en être saisi ). En tout état de cause, le seul diplôme exigible des lauréats aux concours d’enseignement est donc en réalité – souligne l’Association – «  un master, n’importe quel master y compris les masters-recherche ou d’autres masters professionnels ». Comme la réforme en cours s’est faite dans la précipitation, une certaine confusion règne, et ce qui va se passer n’apparaît pas clairement à l’esprit de chacun. Mais l’Association met en garde, cela ne va pas durer : « Le master d’enseignement est un piège terrible auquel les étudiants voudront échapper. En cas d’échec au concours – ce qui sera forcément les cas pour 80 oui 90% d’entre eux – les titulaires d’un tel master seront en possession, après deux années d’études post-licence, d’un diplôme sans valeur  […] Il faut donc s’attendre… Savoir plus >

Concours de recrutement de professeur des écoles

En examinant les résultats aux concours de la session 2009, et en les comparant à ceux des sessions antérieures, on peut  noter quelques évolutions majeures qui sont loin d’être anodines. En 2009, 7905 postes ont été ouverts aux concours de recrutement de professeurs des écoles publiques contre 11909 en 2008. 46236 candidats se sont présentés en 2009 aux épreuves ( contre 49450 en 2008) : 16 326 ont été déclarés admissibles et 7728 ont été admis ( soit un taux de réussite globale – tous concours confondus – de 16,7%, contre 22,6% à la session précédente ). Si l’on veut avoir une idée des chances de réussite au concours externe ( 41874 présentés et 6609 reçus à la session de 2009 ) et les comparer à celles qui ont existé à la session précédente, il y a eu en moyenne 1,6 candidats de plus par poste offert au concours externe par rapport à la session précédente : ce chiffre est  en effet passé de 4,9 en 2008 à 6,4 en 2009 ( le taux de réussite  passant de 21,1% à 15,8% soit une baisse de 5,3% ). La baisse de réussite a été particulièrement sensible pour certains types de diplômés… Savoir plus >

Le  »CPE »: contre-épreuve ou contre-exemple?

En ces temps de conflit sur les retraites, on invoque souvent le précédent du long conflit sur le  ‘’contrat première ébauche’’.  Il avait commencé – en mars 2006 – avec les étudiants, rejoints ensuite par les lycéens et les grandes centrales syndicales ; et il était destiné explicitement aux jeunes. Le conflit sur les retraites a commencé par les grandes centrales syndicales, rejointes ensuite par les lycéens ( et peut-être aussi par les étudiants ? ) ; et, avec l’apparition des jeunes dans la rue, est apparue également l’argumentation que la réforme était aussi faite pour eux ( voire d’abord pour eux ? ). Retours dans le passé pour y voir plus clair. Il y a eu d’abord, classiquement, contestation sur les chiffres de la mobilisation étudiante ( ou lycéenne ). Puis, dès avant la mi–mars 2006 le ministre de l’Education nationale du moment ( Gilles de Robien ) a tenté de déplacer le débat sur « les dérapages », tandis que le président de l’Unef d’alors ( Bruno Julliard ) affirmait que « l’objectif du gouvernement est qu’il y ait des débordements ». « Je sens une lame de fond – ajoutait-il. Ma seule inquiétude est d’éviter que les… Savoir plus >

La « bataille de l’orthographe » à l’Université

« Nous avons lancé la bataille de l’orthographe » a déclaré lundi dernier Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Est-ce une première ? Pas si sûr. Réagissant à un article paru ce même lundi dans le journal « Le Parisien » ( « Les facs s’attaquent aux fautes d’orthographe. C’est un constat unanime : trop d’étudiants sont fâchés avec l’orthographe et, plus globalement, avec le français. Une vingtaine d’universités proposent désormais des cours de rattrapage » ), Valérie Pécresse a affirmé que « les universitaires font le constat que le niveau d’orthographe et d’expression écrite a singulièrement baissé depuis une dizaine d’années, alors que c’est une clé pour des études et une insertion professionnelle réussies ». Sans remonter très loin , on peut déjà constater que « la bataille de l’orthographe à l’université » avait déjà été annoncée un an avant, au même moment de la rentrée universitaire, par le même journal « Le Parisien » : « Les étudiants vont devoir renouer avec la dictée. Des milliers d’élèves de différents campus bénéficient cette année de cours d’orthographe. Une nécessité car les recruteurs apprécient peu les fautes des diplômés » ( 28 septembre 2009 ). Sans… Savoir plus >

Des policiers  »référents » dans 53 établissements

Depuis 2004, Nicolas Sarkozy a fait plusieurs tentatives afin que des policiers soient installés dans des établissements scolaires sensibles. A chaque fois, il a rencontré l’opposition des principaux syndicats d’enseignants et les réserves de la plupart des syndicats de la police ( les uns et les autres considérant qu’il s’agit d’un ‘‘mélange des genres’’ fâcheux et qui pose des questions de postes mal résolus pour les uns comme pour les autres ). Finalement, une circulaire interministérielle est parue le 16 août 2006 sous les signatures de Gilles de Robien ( ministre de l’Education nationale), Nicolas Sarkozy ( ministre de l’Intérieur ) et Pascal Clément ( ministre de la Justice), où il est dûment indiqué que « le chef d’établissement peut, après en avoir informé son conseil d’administration, en concertation avec les services de police ou les unités de gendarmerie, demander à ceux-ci d’organiser, dans l’enceinte de l’établissement, une permanence d’un agent des forces de l’ordre. Ce dernier sera à même de participer à des actions de prévention, il sera à l’écoute des personnels et des élèves, et pourra intervenir en cas de problème ». Il est aussi dûment précisé que « les autorités académiques inciteront les chefs d’établissements dans lesquels… Savoir plus >

Inégalités scolaires et inégalités sociales

Bien que je sois historien et non pas ‘’géographe’’, je me permets de recommander la lecture ( parfois un peu ardue, mais c’est la rançon des études rigoureuses qu’ils mènent ) du dernier ouvrage de François Dubet et Marie-Duru-Bellat. Ils ne traitent en effet en rien des évolutions dans le temps, mais ils comparent entre eux une trentaine de pays ( « Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale », Seuil, août 2010, 212 pages, 18 E ). Il ne saurait être question, en quelques lignes, de ‘’résumer’’ cet ouvrage, ou même de faire état de ses différentes facettes. On se limitera donc à une ‘’entrée en matière’’. On peut penser a priori qu’il existe des pays à fortes inégalités sociales et à fortes inégalités scolaires, des pays à faibles inégalités sociales et à faible inégalités scolaires ,  et même des pays à fortes inégalités sociales et à faibles inégalités scolaires, ou des pays à faibles inégalités sociales et à fortes inégalités scolaires. L’étude menée ( à partir d’un certain nombre d’indicateurs en cours ) montrent que les quatre cas de figures existent bel et bien dans la réalité. In fine ( et après avoir tenté… Savoir plus >