Le blog de Claude Lelievre

Derniers billets

La « bataille de l’orthographe » à l’Université

« Nous avons lancé la bataille de l’orthographe » a déclaré lundi dernier Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Est-ce une première ? Pas si sûr. Réagissant à un article paru ce même lundi dans le journal « Le Parisien » ( « Les facs s’attaquent aux fautes d’orthographe. C’est un constat unanime : trop d’étudiants sont fâchés avec l’orthographe et, plus globalement, avec le français. Une vingtaine d’universités proposent désormais des cours de rattrapage » ), Valérie Pécresse a affirmé que « les universitaires font le constat que le niveau d’orthographe et d’expression écrite a singulièrement baissé depuis une dizaine d’années, alors que c’est une clé pour des études et une insertion professionnelle réussies ». Sans remonter très loin , on peut déjà constater que « la bataille de l’orthographe à l’université » avait déjà été annoncée un an avant, au même moment de la rentrée universitaire, par le même journal « Le Parisien » : « Les étudiants vont devoir renouer avec la dictée. Des milliers d’élèves de différents campus bénéficient cette année de cours d’orthographe. Une nécessité car les recruteurs apprécient peu les fautes des diplômés » ( 28 septembre 2009 ). Sans… Savoir plus >

Des policiers  »référents » dans 53 établissements

Depuis 2004, Nicolas Sarkozy a fait plusieurs tentatives afin que des policiers soient installés dans des établissements scolaires sensibles. A chaque fois, il a rencontré l’opposition des principaux syndicats d’enseignants et les réserves de la plupart des syndicats de la police ( les uns et les autres considérant qu’il s’agit d’un ‘‘mélange des genres’’ fâcheux et qui pose des questions de postes mal résolus pour les uns comme pour les autres ). Finalement, une circulaire interministérielle est parue le 16 août 2006 sous les signatures de Gilles de Robien ( ministre de l’Education nationale), Nicolas Sarkozy ( ministre de l’Intérieur ) et Pascal Clément ( ministre de la Justice), où il est dûment indiqué que « le chef d’établissement peut, après en avoir informé son conseil d’administration, en concertation avec les services de police ou les unités de gendarmerie, demander à ceux-ci d’organiser, dans l’enceinte de l’établissement, une permanence d’un agent des forces de l’ordre. Ce dernier sera à même de participer à des actions de prévention, il sera à l’écoute des personnels et des élèves, et pourra intervenir en cas de problème ». Il est aussi dûment précisé que « les autorités académiques inciteront les chefs d’établissements dans lesquels… Savoir plus >

Inégalités scolaires et inégalités sociales

Bien que je sois historien et non pas ‘’géographe’’, je me permets de recommander la lecture ( parfois un peu ardue, mais c’est la rançon des études rigoureuses qu’ils mènent ) du dernier ouvrage de François Dubet et Marie-Duru-Bellat. Ils ne traitent en effet en rien des évolutions dans le temps, mais ils comparent entre eux une trentaine de pays ( « Les sociétés et leur école. Emprise du diplôme et cohésion sociale », Seuil, août 2010, 212 pages, 18 E ). Il ne saurait être question, en quelques lignes, de ‘’résumer’’ cet ouvrage, ou même de faire état de ses différentes facettes. On se limitera donc à une ‘’entrée en matière’’. On peut penser a priori qu’il existe des pays à fortes inégalités sociales et à fortes inégalités scolaires, des pays à faibles inégalités sociales et à faible inégalités scolaires ,  et même des pays à fortes inégalités sociales et à faibles inégalités scolaires, ou des pays à faibles inégalités sociales et à fortes inégalités scolaires. L’étude menée ( à partir d’un certain nombre d’indicateurs en cours ) montrent que les quatre cas de figures existent bel et bien dans la réalité. In fine ( et après avoir tenté… Savoir plus >

Les Roms, le poète et l’ordre

Envoi  d’un ami philosophe: « Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils  excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me  suis fait très mal voir de la foule, en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au Solitaire, au Poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. » G. Flaubert, lettre à G. Sand, 12 juin 1867 (Correspondance, éd. de la Pléiade tome 5, pp. 653-654) Les roulottes – Vincent Van Gogh. ——

Le traitement inégal des nouveaux enseignants

La circulaire de cadrage de leur ‘’accueil’’ ( parue au BO le premier avril ! ) permet en effet des mesures à géométrie variable sur le territoire national. Et cela commence à se traduire ( et à se voir ) sur le ‘’terrain’’. On peut d’abord noter que cette circulaire portant sur le « dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des enseignants stagiaires des premier et second degrés et des personnels d’éducation stagiaires » ( adressée aux recteurs et aux inspecteurs d’académie ) revêt selon – une expression qui figure dans le texte même – un caractère « souple » car son application peut être variable en fonction ( explicitement ) des moyens et des possibilités pouvant exister dans chaque académie ou département. La circulaire ne manque pas – loin s’en faut ! – d’expressions non contraignantes. « Déclinées selon les académies et les départements ». « Sauf situations particulières que vous apprécierez ». « Autant se faire que peut ».« En fonction des personnels ressources dont vous disposerez ». On appréciera tout particulièrement la réitération, dans cette circulaire, de la formule « dans toute la mesure du possible » : « Dans toute la mesure du possible, l’emploi du… Savoir plus >

Capes de lettres classiques: 20 démissions

On peut lire ci-dessous, in extenso, la lettre de démission adressée au ministre de l’ Education nationale signée  par 20 membres du jury du Capes de Lettres classiques à l’issue de la session 2010. C’est l’épilogue d’un affrontement ( rare )  qui a commencé en février 2010 ( cf mes billets datés du 3 février, du 10 mars et du 4 avril ). Paris, le 14 juillet 2010 Les membres soussignés du jury du Capes de Lettres Classiques à Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale S/C Monsieur le Président du jury du Capes de Lettres Classiques Nous, soussignés membres du jury du Capes de Lettres Classiques, avons fait savoir et tenons à faire de nouveau savoir notre franche et ferme opposition à la réforme présentée par l’Arrêté du 28 décembre 2009 fixant les sections et les modalités d’organisation des concours du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré, publié au Journal Officiel du 6 janvier 2010. Nous avons demandé à plusieurs reprises l’ouverture de la concertation qui avait été promise par le Ministère comme préalable à la publication des arrêtés, et qui n’a pas eu lieu. Nous tenons à rappeler ici les principaux points de contestation qui relèvent… Savoir plus >

Des tuteurs très exposés et incertains

La réforme ‘’mastérisée’’ de la formation professionnelle va avoir pour effet à la rentrée prochaine de devoir compter essentiellement sur le suivi de ‘’tuteurs’’ lors de la première année de l’entrée en fonction des nouveaux enseignants ( du moins dans le secondaire, car dans le primaire il est possible de s’appuyer sur des dispositifs issus des IUFM, et notamment sur les maîtres formateurs confirmés dans leur rôle et leur service ), Or, le moins que l’on puisse dire est que cela va se passer ‘’à géométrie variable’’. Actuellement, les enseignants du secondaire à qui l’on propose de devenir tuteur ne savent toujours pas quel sera précisément leur temps de service, leur rémunération, et a fortiori leur formation. Dans certaines académies, nombre d’enseignants refusent d’être tuteur, soit par incertitude sur les conditions d’exercice, soit par refus de ‘’cautionner’’ la réforme. L’Apmep ( association de professeurs de mathématiques ) paraît se prononcer dans ce sens en déclarant que « le nombre d’heures en responsabilité du jeune enseignant est trop élevé et ne lui permet pas de se consacrer à une formation professionnelle digne de ce nom ». D’autres acceptent, parfois en ‘’désespoir de cause’’, notamment pour ne pas laisser leurs futurs collègues… Savoir plus >

Une nouvelle préparation aux concours?

Il serait finalement possible, pour les étudiants détenteurs d’un master et ayant échoué à un concours de recrutement d’enseignants, de s’inscrire une nouvelle fois en préparation au concours. Selon la présidente de la séance du 21 juin de la CNESER concernant la formation des enseignants, ces préparations aux concours, maintenues dans les universités, feraient l’objet d’une prise en compte dans le système d’attribution des moyens SYMPA. Selon le SNESUP, «  cette annonce […] traduit un changement de discours politique d’un ministère qui a dû finir par reconnaître le problème des étudiants reçus au master et collés au concours et qui n’ont aucune possibilité de préparer à nouveau  ce concours à l’université. Et le ministère a dû reconnaître implicitement l’impossibilité de mener de front une formation de master et une préparation au concours ». Devant l’importance potentielle de cette annonce, il a été demandé confirmation à Patrick Hetzel, directeur général de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’insertion professionnelle. Mais il a réservé sa réponse compte tenu de sa portée politique. Dans ces conditions la quasi totalité des organisations syndicales a voté une motion en vue de la suspension des travaux de la CNESER, en attente d’une réponse claire :… Savoir plus >

Concours et mastérisation: qui comprend quelque chose à quoi?

Les textes qui se sont succédé dans la période récente concernant les conditions d’inscription aux concours de recrutement de professeurs ne semblent pas à l’abri d’interprétations divergentes. Sur le site du ministère une « lettre » du ministre annonçant de « nouvelles dates d’inscription » indique que «  sont concernés les étudiants titulaires d’un master ou inscrits dans un cursus universitaire permettant de l’obtenir au plus tard au terme de l’année universitaire 2010-20111 ». http://www.education.gouv.fr/cid51874/concours-enseignants-pour-la-rentree-2011-de-nouvelles-dates-d-inscription.html Mais, apparemment, ce n’est pas ce qui était prévu par les décrets sur les concours : on avait compris, selon ces décrets, que les candidats inscrits en M2 avaient jusqu’à l’année suivant le passage et la réussite au concours pour valider leur M2 ( en, l’occurrence 2011-2012 ) pour être nommés fonctionnaires stagiaires. Le guide du concours pour la session 2011 contient une page sur les conditions spécifiques d’inscription http://www.guide-concours-enseignant-college-lycee.education.gouv.fr/cid51268/concours-externe-du-capes.html#Conditions « Vous devez – est-il écrit – justifier à la date de publication des résultats d’admissibilité d’un master [ ou d’un titre ou diplôme équivalent dont la liste est dûment mentionnée ], ou d’une inscription, à la rentrée universitaire 2010, en dernière année d’étude en vue de l’obtention d’un mater ou d’un titre ou diplôme… Savoir plus >

CAPES: quelques dessous des cartes

C’est du moins ce que l’on peut sans doute saisir dans le compte-rendu semi officiel d’une audience au ministère de l’éducation nationale à propos de la ‘’mastérisation’’. Et cela dans un contexte où un certain nombre de syndicats  ont déposé plusieurs recours au Conseil d’Etat contre la réforme de la formation des enseignants. Ce compte-rendu relate de façon détaillée l’audience d’une délégation d’une UFR auprès du conseiller aux affaires pédagogiques au cabinet du ministre, et d’un inspecteur général, conseiller auprès du ministre, sur ce type de questions. «  Ils ont insisté sur l’égalité de tous les candidats devant le concours, alors que la délégation faisait remarquer que les nouveaux candidats ne pourraient pas bénéficier d’une préparation pour la session 2011 dans notre UFR. Le conseiller auprès du ministre s’est étonné que nous ne puissions pas organiser une préparation puisque nous disposions de ‘’mai, juin, juillet, août, septembre et octobre, soit presque six mois’’ pour préparer les candidats ». La délégation a alors fait valoir que les charges de l’UFR ( examens de juin, session du CNED, etc ), l’occupation des locaux, et l’absence d’un financement prévu pour cette préparation rendaient impossible la mise en place d’une telle formation. Par ailleurs,… Savoir plus >