Le blog de Claude Lelievre

Derniers billets

Un CAPES dans la tourmente

La réforme de la nature et du nombre des épreuves des concours de recrutement des enseignants ( réduction des coûts et / ou des ambitions oblige ) en embarrasse plus d’un. Fait extrêmement rare, un jury institué de l’un de ces concours vient même de demander ouvertement « l’abrogation du décret qui définit les programmes du Capes et l’ouverture d’une nouvelle discussion visant à permettre la tenue, dans les meilleures conditions possibles de la session 2011 ». Il s’agit du jury du Capes externe de Lettres classiques. La motion « Pour la défense du CAPES de Lettres classiques » votée le 31 janvier, se propose d’abord de légitimer le mystère de la Sainte Trinité à la base même de ce CAPES ( un professorat en principe ‘’monovalent’’ – selon l’archétype du professeur du secondaire – qui se décline en trois matières : français, latin, grec ) : « Le passage de 3 à 2 épreuves d’admissibilité et d’admission signifie pour notre CAPES pluridisciplinaire, qui associe langue et littérature française, langue et littérature latines ainsi que langue et littérature grecques un préjudice considérable dans l’évaluation de la triple compétence, en français et en langues anciennes, des futurs professeurs de collège et… Savoir plus >

Les évaluations mystérieuses

Certaines évaluations scolaires défrayent actuellement la chronique ; et on peut penser que ce n’est pas près de finir quand on prend connaissance de certains éléments aussi disparates qu’énigmatiques.   Le mieux est de partir d’un document certes accessibles, mais dont la lecture n’est pas le lot quotidien de la quasi totalité des intéressés. Il s’agit du  » Rapport national France 2009  » adressé à la Commission européenne ( Education et formation ) dans le cadre de la réalisation du programme de travail  » Education et formation 2010  » ( qui englobe toutes les actions en matière d’éducation et de formation au niveau européen ), lancé en 2001. Il faut se rappeler par ailleurs que la loi d’orientation ( dite ‘’Fillon’’ ) votée en avril 2005 stipule explicitement que  » le Gouvernement présente tous les trois ans au Parlement un rapport sur la manière dont les programmes prennent en compte le socle commun et sur la maîtrise de celui-ci par les élèves au cours de leur scolarité obligatoire « . Comme le décret d’application de cette loi date du 11 juillet 2006, ce rapport devait être adressé au Parlement en juillet 2009. Quid ? Mystère.   On apprend ( non sans surprise ) si l’on suit le  » Rapport national… Savoir plus >

L’apprentissage de nouveau à l’ordre du jour

Le 24 mars 2009, le chef de l’Etat a annoncé vouloir doubler les effectifs des formations en alternance. Et, à la mi-décembre, Nicolas Sarkozy a précisé que 500 millions d’euros du grand emprunt seront consacrés à l’apprentissage. Ce n’est pas le première fois, loin s’en faut, que des chefs de l’exécutif annoncent leur ambition de doubler le nombre des apprentis en France. Il y a une vingtaine d’années, fin décembre 1991, Edith Cresson, Premier ministre d’un gouvernement socialiste, tente même de radicaliser le principe de l’alternance :  » La mixité du temps passé dans l’établissement de formation et dans l’entreprise doit devenir la règle, et ceci pour toutes les formations, qu’elles soient professionnelles, techniques ou générales « . Concrètement, le document préparatoire gouvernemental écrit en février 1992 prévoit que, dans les cinq ans à venir, le nombre d’apprentis soit plus que doublé ( et passe de 230000 à 500000 ). Mais la droite gagne les législatives. Et Edouard Balladur, devenu Premier ministre, fait voter dès octobre 1993  » une loi quinquennale sur l’emploi  » qui prévoit des dispositifs pour un fort développement de l’apprentissage.   Si l’on en juge par les statistiques, cette loi a eu indéniablement des effets sensibles. Le nombre des apprentis, qui était… Savoir plus >

La loi Debré: un bilan contrasté

L’important colloque national qui a eu lieu à Amiens à la mi-décembre a abouti à un bilan contrasté de la loi Debré cinquante ans après son adoption. On sait que la loi Debré fut votée le 31 décembre 1959 malgré non seulement l’opposition du camp laïque mais aussi les réticences voire l’hostilité d’une partie de la majorité gouvernementale ( qui craignait que les écoles catholiques soient soumises – par le biais des contrats – ‘’simples’’ ou surtout d’’’association’’ – à une intégration rampante au service public, et y perdent plus ou moins leur ‘’âme’’). Le Conseil des ministres du 22 décembre fut très animé, et le général de Gaulle dut le conclure à sa manière, impérieuse sinon impériale :  » si le gouvernement ne peut se mettre d’accord, il faut en changer ; si le Parlement n’accepte pas une situation de bon sens, il faudra le dissoudre « … C’est que, pour le général de Gaulle, il y allait à terme de la consolidation ou pas de l’unité nationale, capitale à ses yeux. C’est d’ailleurs ce qu’il avait alors souligné :  » si nous ne sommes pas capables, en ce moment, d’amorcer l’acheminement vers l’unité scolaire, alors le pays est voué à la dualité et pour longtemps « …. Savoir plus >

Un effort sans précédent pour le Supérieur?

C’est en tout cas ce qu’a prétendu Nicolas Sarkozy en présentant le ‘’Grand Emprunt’’ ( 11 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur ). Si l’on peut souscrire sans trop de peine à cette affirmation pour ce qui concerne les modalités et les finalités concentrées de cet effort, il n’en va pas du tout de même s’il s’agit d’apprécier l’intensité de l’effort  financier lui-même. Car iI y a au moins un précédent qui le dépasse, et de loin ; à savoir celui qui a été fait lors de la période gaullienne. De 1958 à 1968, le nombre d’étudiants a été multiplié par deux et demi. Le budget a fait plus que suivre, puisqu’il a été multiplié par quatre, en dix ans. En francs constants, si on prend pour repère l’indice 100 en 1957, la dépense par étudiant croît jusqu’à l’indice 234 en 1967, pour retomber ensuite à 189 en 1972 – sous Gorges Pompidou  – puis à 158 en 1977 -sous Valéry Giscard d’Estaing. Pour en savoir plus, lire ( ou relire ) « la note sur l’évolution de l’effort financier public en faveur de l’Education sous la présidence du Général De Gaulle », écrite par l’économiste Jean-Claude Eicher pour le colloque de… Savoir plus >

 » A bas Euclide! »

C’est le mot d’ordre lancé en 1969, il y a tout juste 40 ans, par le grand mathématicien Jean Dieudonné. Il s’agissait d’en finir avec l’enseignement traditionnel des mathématiques où la géométrie tenait une place éminente. Il n’est sans doute pas sans signification que le mot d’ordre « A bas Euclide ! » ait été lancé par Jean Dieudonné dans un séminaire organisé à Royaumont par l’ Organisation européenne de coopération économique ( OECE, future OCDE ). D’autant que la même OECE avait réuni huit ans auparavant, en Yougoslavie, un séminaire international à l’issue duquel avait été publié – sous le titre « Mathématiques nouvelles » – un programme type pour l’enseignement secondaire. La réforme qui met les mathématiques dites ‘’modernes’’ au programme des enseignements scolaires à partir de 1969 n’est nullement une improvisation post-soixante-huitarde, comme beaucoup le croient. Au tout début de cette aventure, il y a, dès avant 1940, un groupe de jeunes mathématiciens qui entendent restructurer l’enseignement des mathématiques à l’université pour y intégrer les apports de la recherche depuis le début du XX° siècle. Connu sous le nom collectif de « Bourbaki », ce groupe met en œuvre un formalisme unificateur qui trouve un grand écho… Savoir plus >

L’agrégation en difficulté?

C’est ce qui peut être envisagé, si l’on en juge par le véritable cri d’alarme lancé par le Directeur de l’Ecole normale supérieure de Cachan.   Jean-Yves Mérindol, le directeur de l’école normale supérieure de Cachan, a adressé ce 25 novembre une lettre aux enseignants-chercheurs de l’Ecole, ainsi qu’aux membres de la commission Formation Recherche, et à ceux du Conseil scientifique et du Conseil d’administration, à propos des  » conséquences des réformes en cours sur l’agrégation « .    »  Le décret publié en juillet, souligne-t-il, modifie les conditions des diplômes exigés pour se préparer à l’agrégation externe. Il fallait jusqu’à présent un master 1, ou un diplôme équivalent, et il faudra à partir de la session 2011 un matser complet ( M2 ). Cette condition s’apprécie au moment de l’inscription, c’està dire vers octobre Le groupe chargé de travailler sur l’agrégation a fait plusieurs propositions, dont celle de revenir sur la condition de diplômes posée par ce décret. Les ministres viennent de faire savoir qu’ils ne retenaient pas a priori cette idée et que le concours 2011 se ferait bien dans les conditions fixées par le décret de juillet 2009. Les dates prévues pour les concours d’agrégation sont les suivantes : épreuves d’admissibilité… Savoir plus >

La naissance difficile du CNRS

Le CNRS a désormais soixante-dix ans. Mais cette vénérable institution n’est pas née d’un seul coup, ni sans à coups.   Le CNRS a été créé par un décret du président de la République Albert Lebrun le 19 octobre 1939. Le contexte doit retenir l’attention : la France est déjà en guerre, et la facilité avec laquelle la Wehrmacht – forte d’une supériorité technique redoutable – vient de disposer de la Pologne a frappé les esprits. La mobilisation du pays doit se faire, et la recherche – dans ces conditions – ne doit surtout pas faire exception : le CNRS doit organiser l’effort scientifique de guerre, et ses laboratoires doivent participer au premier chef à la lutte contre le Reich.   A vrai dire, le CNRS n’est pourtant pas une création ex nihilo, faite tout à coup et d’un seul coup. Depuis le début du XX° siècle, en effet, des caisses de financement et des offices de recherche ont été créés. Et, dans les années 1930, grâce aux initiatives de certains grands scientifiques ( au premier rang desquels le prix Nobel de physique Jean Perrin ), elles se sont multipliées. A la veille du conflit, la France s’est ainsi déjà dotée d’une… Savoir plus >

Un développement démenti de l’EPS dans le Supérieur?

Fin octobre, le SNEP a adressé à la ministre de l’enseignement supérieur une lettre pour s’inquiéter du décalage entre une politique de développement affirmée et les moyens envisagés.   Le rapport paru le 20 mai 2009 sur « Le développement du sport à l’université » rédigé par le professeur Gérard Auneau et le sportif Stéphane Diagana a mis l’accent ( p.123 ) sur le fait que le « rapport Fabre, commandé par Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale, n’avait jamais connu de suite », tout en considérant que le contexte actuel « semble différent : la volonté politique de trois ministres [ Valérie Pécresse, Roselyne Bachelot et Bernard Laporte ] s’est matérialisée, se confirme et se traduira par des décisions concrètes ».   Trois mois plus tard, le 15 juillet 2009, Valérie Pécresse ( ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ), lors de son intervention devant le Conseil national de l’enseignement supérieur s’est prononcée on ne peut plus explicitement : «Je sais que pour réussir, nos étudiants ont besoin non seulement de s’épanouir sur le plan intellectuel, mais également sur le plan personnel. C’est pourquoi je serai particulièrement attentive à cette question au cours de l’année qui s’ouvrira bientôt. Deux questions me tiennent à cœur…. Savoir plus >

L’académie des sciences: les concours en fin de M1!

Dans un  » avis  » publié le 28 octobre, l’Académie des sciences vient de se prononcer pour que les épreuves d’admissibilité soient placées en fin de première année de master, à l’instar de la plupart des syndicats concernés.   On se souvient qu’une série de décrets ministériels ont été publiés le 29 juillet disposant que seuls les titulaires ou inscrits en M2 pourraient se présenter aux concours de recrutement des futurs enseignants. Une disposition approuvée certes par trois syndicats : le SNES, le SNALC et l’Autonome-SUP ( très attachés à renforcer les cursus des disciplines académiques ) ; mais condamnée par six autres syndicats : le SGEN, le SE-Unsa, Sup-Recherche-Unsa, le SNUipp, le SnesSup et l’UNEF ( qui ont écrit en commun le 16 octobre au ministre pour lui demander de mettre le concours de recrutement en fin de l’année de Master 1 ). Cf mon billet du 25 octobre :  » Tous ensemble ? « .   Alors qu’il est difficile d’imaginer que l’Académie des science ne se soucierait pas au premier chef du niveau académique des futurs enseignants, elle se prononce pourtant – de fait – sans ambiguïté non pas pour la position des trois premiers syndicats, mais pour celle des six autres. L’Académie observe en effet que… Savoir plus >