Le blog de Claude Lelievre

Archives de mots clés: mastérisation

Les  »masters d’enseignement » sont-ils voués à disparaître?

C’est ce que pense l’association ‘’Reconstruire l’Ecole’’ qui a envoyé le 5 novembre une « Lettre ouverte aux sénateurs » pour les alerter. Et elle ne manque pas d’arguments. Les décrets d’août 2009 ne mentionnent jamais le « master professionnel » ( cette restriction éventuelle serait d’ailleurs, selon toute vraisemblance, jugée contraire au règlement de la fonction publique ou aux traités européens si le Conseil d’Etat devait en être saisi ). En tout état de cause, le seul diplôme exigible des lauréats aux concours d’enseignement est donc en réalité – souligne l’Association – «  un master, n’importe quel master y compris les masters-recherche ou d’autres masters professionnels ». Comme la réforme en cours s’est faite dans la précipitation, une certaine confusion règne, et ce qui va se passer n’apparaît pas clairement à l’esprit de chacun. Mais l’Association met en garde, cela ne va pas durer : « Le master d’enseignement est un piège terrible auquel les étudiants voudront échapper. En cas d’échec au concours – ce qui sera forcément les cas pour 80 oui 90% d’entre eux – les titulaires d’un tel master seront en possession, après deux années d’études post-licence, d’un diplôme sans valeur  […] Il faut donc s’attendre… Savoir plus >

Des tuteurs très exposés et incertains

La réforme ‘’mastérisée’’ de la formation professionnelle va avoir pour effet à la rentrée prochaine de devoir compter essentiellement sur le suivi de ‘’tuteurs’’ lors de la première année de l’entrée en fonction des nouveaux enseignants ( du moins dans le secondaire, car dans le primaire il est possible de s’appuyer sur des dispositifs issus des IUFM, et notamment sur les maîtres formateurs confirmés dans leur rôle et leur service ), Or, le moins que l’on puisse dire est que cela va se passer ‘’à géométrie variable’’. Actuellement, les enseignants du secondaire à qui l’on propose de devenir tuteur ne savent toujours pas quel sera précisément leur temps de service, leur rémunération, et a fortiori leur formation. Dans certaines académies, nombre d’enseignants refusent d’être tuteur, soit par incertitude sur les conditions d’exercice, soit par refus de ‘’cautionner’’ la réforme. L’Apmep ( association de professeurs de mathématiques ) paraît se prononcer dans ce sens en déclarant que « le nombre d’heures en responsabilité du jeune enseignant est trop élevé et ne lui permet pas de se consacrer à une formation professionnelle digne de ce nom ». D’autres acceptent, parfois en ‘’désespoir de cause’’, notamment pour ne pas laisser leurs futurs collègues… Savoir plus >

Une nouvelle préparation aux concours?

Il serait finalement possible, pour les étudiants détenteurs d’un master et ayant échoué à un concours de recrutement d’enseignants, de s’inscrire une nouvelle fois en préparation au concours. Selon la présidente de la séance du 21 juin de la CNESER concernant la formation des enseignants, ces préparations aux concours, maintenues dans les universités, feraient l’objet d’une prise en compte dans le système d’attribution des moyens SYMPA. Selon le SNESUP, «  cette annonce […] traduit un changement de discours politique d’un ministère qui a dû finir par reconnaître le problème des étudiants reçus au master et collés au concours et qui n’ont aucune possibilité de préparer à nouveau  ce concours à l’université. Et le ministère a dû reconnaître implicitement l’impossibilité de mener de front une formation de master et une préparation au concours ». Devant l’importance potentielle de cette annonce, il a été demandé confirmation à Patrick Hetzel, directeur général de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’insertion professionnelle. Mais il a réservé sa réponse compte tenu de sa portée politique. Dans ces conditions la quasi totalité des organisations syndicales a voté une motion en vue de la suspension des travaux de la CNESER, en attente d’une réponse claire :… Savoir plus >

Concours et mastérisation: qui comprend quelque chose à quoi?

Les textes qui se sont succédé dans la période récente concernant les conditions d’inscription aux concours de recrutement de professeurs ne semblent pas à l’abri d’interprétations divergentes. Sur le site du ministère une « lettre » du ministre annonçant de « nouvelles dates d’inscription » indique que «  sont concernés les étudiants titulaires d’un master ou inscrits dans un cursus universitaire permettant de l’obtenir au plus tard au terme de l’année universitaire 2010-20111 ». http://www.education.gouv.fr/cid51874/concours-enseignants-pour-la-rentree-2011-de-nouvelles-dates-d-inscription.html Mais, apparemment, ce n’est pas ce qui était prévu par les décrets sur les concours : on avait compris, selon ces décrets, que les candidats inscrits en M2 avaient jusqu’à l’année suivant le passage et la réussite au concours pour valider leur M2 ( en, l’occurrence 2011-2012 ) pour être nommés fonctionnaires stagiaires. Le guide du concours pour la session 2011 contient une page sur les conditions spécifiques d’inscription http://www.guide-concours-enseignant-college-lycee.education.gouv.fr/cid51268/concours-externe-du-capes.html#Conditions « Vous devez – est-il écrit – justifier à la date de publication des résultats d’admissibilité d’un master [ ou d’un titre ou diplôme équivalent dont la liste est dûment mentionnée ], ou d’une inscription, à la rentrée universitaire 2010, en dernière année d’étude en vue de l’obtention d’un mater ou d’un titre ou diplôme… Savoir plus >

CAPES: quelques dessous des cartes

C’est du moins ce que l’on peut sans doute saisir dans le compte-rendu semi officiel d’une audience au ministère de l’éducation nationale à propos de la ‘’mastérisation’’. Et cela dans un contexte où un certain nombre de syndicats  ont déposé plusieurs recours au Conseil d’Etat contre la réforme de la formation des enseignants. Ce compte-rendu relate de façon détaillée l’audience d’une délégation d’une UFR auprès du conseiller aux affaires pédagogiques au cabinet du ministre, et d’un inspecteur général, conseiller auprès du ministre, sur ce type de questions. «  Ils ont insisté sur l’égalité de tous les candidats devant le concours, alors que la délégation faisait remarquer que les nouveaux candidats ne pourraient pas bénéficier d’une préparation pour la session 2011 dans notre UFR. Le conseiller auprès du ministre s’est étonné que nous ne puissions pas organiser une préparation puisque nous disposions de ‘’mai, juin, juillet, août, septembre et octobre, soit presque six mois’’ pour préparer les candidats ». La délégation a alors fait valoir que les charges de l’UFR ( examens de juin, session du CNED, etc ), l’occupation des locaux, et l’absence d’un financement prévu pour cette préparation rendaient impossible la mise en place d’une telle formation. Par ailleurs,… Savoir plus >

Mastérisation des formations: quid des stages?

On peut commencer à en avoir une idée concrète à partir du plan d’organisation de l’année de formation de fonctionnaire stagiaire que vient de déposer en CPTA Alain Boissinot , le recteur de l’académie de Versailles: « l’année 2010-2011, qui verra l’arrivée d’enseignants qui n’auront pas suivi l’année de formation en IUFM ( PE2, PLC2 ) sera particulièrement stratégique », souligne-t-il en exergue. Elaboré « dans l’esprit de la note de cadrage du 25 février », ce dispositif offre aux stagiaires une formation équivalente à un tiers du temps de service obligatoire ( 27 H hebdomadaires pour les PE ; 18 H pour les certifiés et 15 H pour les agrégés ), soit « environ l’équivalent d’une journée de formation par semaine » selon le recteur. Cette formation comprend, comme il a été prévu dans le cadrage ministériel, un accueil début septembre, un accompagnement renforcé jusqu’à la Toussaint, puis des périodes de formation « filée » ou « groupée » tout au long de l’année. « L’objectif est d’offrir aux stagiaires le temps de formation le plus efficace, tout en assurant le bon fonctionnement des établissements » précise le recteur, qui reconnaît pudiquement des « complexités d’ordre technique » dans… Savoir plus >