Mais là c’est pas comme Facebook !

facebookNous avons demandé à des étudiants de l’IUT de donner leur avis sur uB-link, le réseau social de l’université de Bourgogne. Une analyse qui devait apporter le regard critique d’un panel d’étudiants sur l’ergonomie, le graphisme mais aussi les fonctionnalités et les contenus.

Les résultats de ce travail consciencieux ont fait l’objet d’une réunion de deux heures au cours de laquelle une information ou plutôt un constat est revenu plusieurs fois. Cette déclaration est la suivante : « Oui mais là, ce n’est pas comme Facebook !« .

Alors oui c’est vrai, ce n’est pas comme Facebook, et alors ?

uB-link est un réseau qui s’adresse à une cible réservée : étudiants, anciens et personnels, c’est un réseau qui permet le partage d’expérience entre pairs, on y trouve des témoignages d’anciens, on peut échanger avec ses professeurs, sur des sujets professionnels, …et plein d’autres choses encore. Mais à ce stade, les arguments n’arrivaient pas je pense jusqu’à l’esprit de mon petit groupe !

J’ai mis le léger agacement de côté pour me poser la question d’un tel entêtement, d’une telle obstination à comparer des outils qui n’ont pas le même projet fédérateur, qui ne s’adressent  pas aux mêmes publics et qui n’ont pas les mêmes objectifs.

Voici à mon avis quelques pistes d’explication :

- Facebook est le premier réseau social numérique. Les jeunes l’utilisent depuis 2008, il bénéficie d’une antériorité d’utilisation de millions d’utilisateurs. Et cette antériorité a, à mon sens, initié des habitudes d’utilisation, des réflexes sur nos manières de communiquer sur ce type de support. On a tout simplement l’habitude du mur, du commentaire tel que présenté, des photos, … Et en France, on aime bien faire « comme d’habitude » !

- L’incitation à communiquer qu’ a réussi à instaurer Facebook est un argument qui complète le premier. Même si nous sommes peu nombreux à rédiger du contenu à proprement parler, Facebook a considérablement désacralisé le rôle du webmaster (le seul producteur de contenus sur le web) : on ne va pas forcément poster un billet d’une page, en revanche, un commentaire ou tout simplement l’usage du like ou du partager …c’est monnaie courante !

- Le capital sympathie de Mark Zuckerberg : on a un étudiant (le même que nos publics) qui a réussi à révolutionner notre manière de communiquer. Et il est aujourd’hui multi-millionnaire ce qui ne gâche rien ! Le rêve pour bon nombre d’étudiants :)

- L’espace développeur fait de chaque utilisateur un créateur d’application en puissance (peut être un petit Mark?)

A écouter les étudiants pendant cette réunion, Facebook est le seul réseau social qu’ils utilisent plusieurs fois par jour, le seul d’ailleurs qu’ils utilisent en général, les autres n’étant que de pâles copies (ils m’ont parlé de certains réseaux comme des versions Cheap ou Made In China de FB)… Et j’en suis convaincue, Facebook a vraiment initié des usages, parce qu’il a réussi à créer un sentiment de dépendance, la peur de manquer quelque chose …

Mais c’était sans compter sur le magnifique contre-exemple : Twitter qui séduit de plus en plus les étudiants, les poussant même à se détourner d’un FB trop intrusif.

Et là lorsque je leur parle des gazoullis de l’oiseau bleu, l’espoir renaît ! Car Twitter ne ressemble en rien à Facebook, ce n’est pas un réseau social, on n’a pas d’amis, il n’est que très peu visuel, on ne peut poster que du texte, …

Et ils l’adorent !

Il est donc possible d’intéresser nos étudiants avec un outil différent !

Un fait encourageant pour toutes les universités qui réfléchissent, proposent et lancent actuellement des outils collaboratifs pour le partage d’idées, la co-construction de projets ou l’enseignement qui s’appuient sur autre chose que sur Facebook.

Cette réunion avec les étudiants m’a permis de comprendre que au delà du fameux  « Ce n’est pas comme Facebook », les étudiants ont maintenant des usages établis mais aussi des attentes qualitatives auxquelles on ne pourra pas déroger si on souhaite le succès de nos outils numériques.

Et c’est bien à nous de proposer des contenus, des interfaces, des fonctionnalités, … pour faire oublier Facebook !

This entry was posted on Jeudi, juin 6th, 2013 at 9:06 and is filed under Facebook, Réseaux sociaux et universités. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

One Response to “Mais là c’est pas comme Facebook !”

  1. Lionel S Says:

    Bonjour

    Je n’ai bien sûr pas utilisé ublink, n’étant pas étudiant. En revanche, la comparaison à facebook est au coeur du débat de tout site ayant des interactions sociales.

    J’ajouterais donc les points suivants :
    Facebook est simple à utiliser, c’est un modèle parfait de ce qui est simple (même si au nom de cette facilité on abandonne notre vie privée) et intuitif.
    Facebook repose sur la plus grosse communauté et une des plus longues, et a donc adapté son site à l’usage de tous.
    Ce n’est pas tant que les gens ont pris l’habitude d’utiliser facebook, c’est que facebook a pris l’habitude d’être utilisé et a facilité au maximum son ergonomie en la basant sur l’usage de millions de membres et sur des années d’expérience et d’analyses.
    Là où facebook pêche et où les gens veulent être rassurés c’est sur les questions de vie privée. Alors quand on veut se différencier de facebook, le mieux est de se placer sur un créneau de sécurisation des données et de protection de la vie privée.

    Voila un autre éclairage pour comprendre pourquoi cette constante comparaison à facebook.

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