Sécurité routière au lycée?
Je reviens à ce blog après quelques semaines d’absence. Les sujets, d’actualité ou non, ne manquent pas et il faut choisir. Je retiens une annonce récente du Premier ministre selon laquelle « l’éducation routière sera introduite au lycée avec notamment des interventions d’associations de prévention routière » et qui précise les deux points suivants : « un cadre de sensibilisation sera introduit au lycée » et « il y a déjà des campagnes importantes qui sont faites et des actions importantes dans le cadre du collège. »
Il est certain que la sécurité routière est un sujet essentiel. Il faut donc y éduquer toute la génération. Et nous avons tiré collectivement la bonne conséquence de cette exigence : une certaine maîtrise de la sécurité routière apparaît dans le socle commun des connaissances et compétences que devraient maîtriser tous les jeunes à la fin de la scolarité obligatoire, qui a été défini par un décret de juillet 2006. Figure en effet dans ce socle des indispensables la « capacité » suivante : « Chaque élève doit être capable de respecter les règles de sécurité, notamment routière par l’obtention de l’attestation scolaire de sécurité routière. »
Ceci décrit la politique qui devrait être conduite. Au lieu d’introduire au lycée une éducation routière, il faut mettre en place les conditions concrètes au collège pour que tous les jeunes maîtrisent cette capacité et aient cette attestation. Il faut, sur cette capacité et les autres du socle (au moins celles qui sont raisonnables, car il est beaucoup trop ambitieux), mettre en œuvre ce qu’on peut appeler une « politique de maîtrise du socle ». Je ne fais que citer les titres des actions à conduire : décliner les compétences du socle à différents niveaux de la scolarité obligatoire, articuler socle et programmes, produire des outils d’évaluation et les donner aux professeurs d’école et de collège pour qu’ils fassent acquérir réellement et à tous les connaissances, capacités et attitudes indispensables, les former et les aider à le faire et les évaluer sur l’atteinte de cet objectif. C’est de cette façon qu’on réduira l’inégalité fondamentale de l’Ecole, entre les 15% des jeunes qui, à la fin de la scolarité obligatoire, ne maîtrisent pas ce qui est nécessaire pour réussir leurs études ultérieures et, au-delà, leur vie dans la société française, et les 85% qui les maîtrisent.
Revenons à la sécurité routière : c’est bien au collège qu’il faut s’en préoccuper, et sérieusement, et non l’introduire au lycée. La scolarité obligatoire doit fournir la maîtrise des fondamentaux, sur laquelle se fondera la réussite du lycée, et sans laquelle il échouera. Ce n’est pas en le surchargeant de ce que le collège n’aura pas fait, parce qu’on ne l’aura pas voulu, qu’on fera réussir le lycée. Au contraire.
Cela illustre une orientation générale. Il faut cesser d’ajouter à l’Ecole : il vaudrait mieux faire en sorte qu’elle fasse mieux ce qu’on lui a déjà dit de faire, qu’elle remplisse ses missions fondamentales, telles qu’elles sont définies.

mars 27th, 2010 at 11:59
Il existe au collège une éducation à la sécurité routière qui aboutit à deux attestations scolaires (ASSR). Pour la rendre vraiment obligatoire il est précisé qu’on ne peut passer son permis de conduire que si on possède cette attestation. Les livres scolaires de mathématiques ont souvent une section (maths et sécurité routière) où ils proposent des exercices croisant des compétences de maths et des problématiques de sécurité routière (par exemple calcul d’une distance de freinage).
septembre 21st, 2010 at 9:19
Bonjour,
Il ne s’agit pas d’ajouter de la sécurité routière au lycée, cela existe déjà dans de nombreux établissements : des lycées et CFA font des journées de sensibilisation (souvent combinées santé/drogue/alcool-sécurité). C’est un dispositif d’actions, un cadre pour aider à poursuivre ce qui est fait. Chacun est libre ! En outre, en dehors, chaque professeur, de l’école au lycée peut, tout en suivant normalement son programme intégrer des exemples de sécurité routière. Ce n’est pas un nouvel enseignement. Chacun fait ses choix, c’est bien cela enseigner, non ?
Bonne journée.
février 3rd, 2012 at 23:42
Il serait peut-être judicieux de poser la question aux jeunes lycéens après une journée de sensibilisation routière, vous ne croyez pas ?