Les jeunes se soucient-ils de la crise ?

J’ai la chance de rencontrer et d’accompagner quotidiennement des étudiants âgés de 17 à 23-24 ans, parfois plus. Mon rôle c’est de les écouter avant toute chose, puis de leur présenter des « solutions », le plus objectivement possible, de manière à ce qu’ils puissent faire les bons choix en matière d’orientation, de poursuite d’études, de stage ou d’emploi.

Ce qui me rassure lorsque je les entends c’est que « la crise » ne s’immisce pas dans la conversation. Plus exactement, ça n’est pas un « paramètre » bloquant mais plutôt dilué dans d’autres. Le sujet n’est pourtant pas délibérément éludé, ni ignoré et encore moins incompris (ils ne sont pas naïfs !). Il est simplement intégré à leur réflexion.

Et j’insiste, je trouve ça rassurant.

Pourquoi ?

Mais parce que l’on parle d’avenir, de perspectives et de construction. D’entreprise.

Ils entreprennent pendant le temps de leurs études de construire leur future vie professionnelle, laquelle (et ils le savent déjà) aura naturellement un « impact » sur leur vie personnelle. Pas  question donc de « broyer du noir » d’entrée de jeu ! Cela peut paraître étonnant mais ils sont confiants. Etonnant parce que franchement pas « aidés », particulièrement d’ailleurs ni par les politiques ni par les médias. Qu’entendent-ils ou que lisent-ils en effet ? Qu’un quart, voire un tiers, d’entre eux ne trouvera pas de boulot avant plusieurs mois, sera sous payé, occupera un poste sans rapport avec sa formation,…

Bonjour l’ambiance ! Alors ils font quoi ? Ils « jettent l’éponge » ?

Fort heureusement non.

Ce marasme économique en France et plus largement en Europe c’est leur environnement depuis 5 ans, c’est-à-dire grosso modo depuis le temps où ils se sont mis à comprendre un peu l’état du monde dans lequel ils vivent. C’est un « acquis ». Les jeunes se sont adaptés.

Mais, nous les adultes, j’écrirai même les actifs en poste, nous pouvons aller encore plus loin dans le négatif et rendre cette situation véritablement handicapante en continuant de braquer systématiquement les projecteurs sur les « défaites », sur les « infortunes », sur les « aggravations », sur les colères.

Il ne s’agit pas de se mettre des œillères ou de tout repeindre en rose mais quand même, l’une des clés de la réussite c’est la confiance. Au moins à minima ! C’est comme le soleil sur le moral. Dès qu’il fait beau, on se sent mieux, on sent que le temps du « possible » revient.

Après tout, il y a en matière économique et sociale des « succès » en France, des innovations, dont nous pouvons nous enorgueillir, tous les jours. Ce qui est regrettable c’est qu’ils ne sont pas mis suffisamment en lumière.

Communiquons davantage sur ce qui produit de l’énergie, suscite de l’envie et nourrit nos motivations. Lançons-nous dans un jeu de recueil et de diffusion d’informations qui donnent  « la pêche » pour générer de la réussite. Tous en cure d’enthousiasme partagé !

Dans un ouvrage qui paraîtra fin mars, Madame Aude de THUIN, Présidente « d’Osons la France », nous explique que le meilleur est devant nous. Puisse-t-elle nous inspirer comme ses forums !

Les vrais piliers de notre reconstruction économique et sociale sont tous ceux et toutes celles qui ne se « contentent » pas de dresser et d’analyser, même brillamment, un bilan mais qui proposent des solutions concrètes d’avenir.

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This entry was posted on Mercredi, mars 6th, 2013 at 13:37 and is filed under Tribune. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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