Lettre à nos chers anciens

Publie par Denis Lapert le janvier 28th, 2014 dans la categorie Non classé  •  4 Commentaires

De nombreux articles, tribunes, débats, opinions en attestent. Chacun s’exprime sur le rôle que vous pourriez tenir au sein de vos écoles.

Cette recrudescence d’intérêt envers vous n’est évidemment pas désintéressée. Après vous avoir négligé, voire ignoré en vous laissant au sein d’associations plus ou moins motivées et compétentes, les écoles ont subitement pris conscience que vous êtes collectivement un véritable asset´(pardon pour ce joli mot pour vous qualifier!) et face au besoin croissant de financement de nos écoles, vous représentez une ressource financière non négligeable.

La baisse du nombre d’adhérents dans les associations de diplômés qui touche la plupart des écoles n’est pas un hasard. Les raisons sont de diverses natures. Avant l’avènement des réseaux sociaux les associations de diplômés étaient votre point de focalisation et de rencontre. Maintenant vous préférez vous organiser entre vous au travers de réseaux sociaux privés ou de groupes sur des réseaux publics. (Le réseau des anciens qui vivent à Londres; le réseau des anciens du Master XX, etc.) L’INSEAD supporte 43 groupes d’ anciens dans le monde.
Il faut aussi considérer que les plus jeunes d’entre vous sont nés ‘AVEC’ les réseaux sociaux, naviguant de communautés en communautés très informelles depuis votre adolescence. L’ adhésion à une organisation formelle et structurée (association de diplômés ou autre) n’entre pas naturellement dans vos schémas et votre représentation habituelle d’identification communautaire. Les « marketeurs » les plus affutés étudient maintenant le ‘Commitment’, c’est à dire le taux d’engagement par rapport aux ‘likers’ et autres ‘followers’…. et beaucoup d’illusions ou d’espérances tombent face à des comportements ‘tribaux’ souvent imprévisibles.

De plus en plus, vous diplômés, allez travailler à l’étranger et les modes organisationnels et fonctionnels des associations sont peu visibles, voire inaccessibles de Dehli ou Sao Paolo

Vous ne voyez pas pourquoi payer une cotisation à une association qui vous apporte peu alors la baisse du montant des cotisations lorsque celle ci se produit n’enraye pas la chute. Je dirai même qu’elle peut l’accentuer. « Ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur! ». La question incontournable est: Quelle valeur m’ apporte aujourd’hui mon association de diplômés?

Tous les diplômés n’ont pas le même niveau d’attente de leur association. Les jeunes diplômés sont encore sensibles à une communauté associative du type « copains d’avant ». On se réunit pour boire un verre, faire la fête et évoquer le bon temps. Les plus anciens ont des attentes plus élaborées, professionnelles, de business networking n’excluant pas la convivialité et sont prêts à payer pour être reçu dans un lieu prestigieux et assister à une conférence de bonne tenue. Ils souhaitent que leur école leur renvoie une image valorisante et cohérente avec ce qu’ils sont devenus. La maitrise des techniques de micro segmentation est donc devenue incontournable. Une communauté de diplômés présente au moins trois niveaux d’implication ou de retour pour l’école, correspondant également à trois niveaux d’attente des diplômés eux même:
le niveau testimonial, l’influence et le soutien. Ces trois niveaux permettent déjà une première segmentation des ‘cibles’ selon l’âge, le niveau de responsabilité,…

La gestion des diplômés jusqu’à un passé récent était considérée comme « non dans le coeur de métier et non stratégique » en France en particulier. Vous avez maintenant été identifiés comme une source de financement non négligeable avec pour conséquence la maitrise de la communication envers ceux d’entre vous qui restent plus attachés à leur école plutôt qu’à toute autre structure. On vous demande maintenant avec plus ou moins d’adresse de mettre la main au portefeuille avec des arguments à mon avis assez simplistes:
 » Regardez comment se comportent les anciens aux États Unis » sauf que nous ne sommes pas aux États Unis et que certains d’entre vous ont une certaine méfiance envers ce pays et plus généralement envers le monde anglo- saxon. On vous dit aussi: » Rendez ce qu’on vous a donné ». Cet argument proposé de manière brutale et maladroite me semble plus crédible bien qu’il renforce l’idée que l’enseignement doit être gratuit ou presque.
« Regardez les écoles d’ingénieur »; « C’est à l’Etat de payer » ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Un long travail d’explication et de persuasion des diplômés est nécessaire, car le sentiment de reconnaissance envers son école ne va pas de soi et où la notion de « dette à vie » n’est pas acquise dans l’esprit des diplômés.

Il serait trop long ici de développer sur ‘L’empreinte de l’Ecole’ mais on sait qu’elle est la plupart du temps profonde, même pour ceux ou celles qui y ont de mauvais souvenir, car elle est d’ordre initiatique: passage adolescence-adulte, liberté et autonomie par rapport à l’environnement familial, dernier creuset d’expériences collectives, dernier sas de passage vers la vie active, …et c’est ce qui retend les ressorts de l’action longtemps après le diplôme. Les messages reçus d’autres structures ou organisations, même proches de l’Ecole sont d’une autre nature car ils matérialisent une communication plus distanciée par rapport à ce ressort, même s’ils vont dans le même sens que celui de l’Ecole, pour la promotion, le soutien de l’Ecole,….

La gestion du fichier des anciens est donc devenue stratégique et en conséquence ne se délègue pas. L’utilisation d’un outil de CRM l’est tout autant. Une parfaite maitrise des techniques du marketing événementiel, du marketing direct; du marketing relationnel; de la fidélisation est tout aussi indispensable. A cet égard un phénomène qui prend de l’ampleur est la ré appropriation par les écoles de la gestion de leurs anciens. Les « deans » aux USA passeraient 70% de leur temps à rencontrer des entreprises, des diplômés pour récolter des fonds. Certains d’entre eux auraient d’ailleurs leur salaire indexé sur les ressources qu’ils apportent à leur école ou université.

Enfin, les anciens qui acceptent de contribuer financièrement souhaitent être à minima informés de manière privilégiée des décisions de l’école et plus souvent y participer. Les  » gouvernances », les tutelles doivent comprendre que les diplômés qui apporteront leur contribution veulent s’asseoir a la table et participer aux réflexions stratégiques de l’école, que le pouvoir doit maintenant être partagé entre les différentes parties prenantes. Un autre mode de gouvernance doit s’installer et les écoles qui réussiront sont celles dont la gouvernance saura associer ses anciens, son corps professoral , ses étudiants, les entreprises, et les autorités.

Voir article publié dans la revue de l’AACSB:

http://www.bizedmagazine.com/features/articles/to-alumni-with-love.asp

Directeur d’école de commerce : un géomètre de l’impossible

Publie par Denis Lapert le septembre 10th, 2013 dans la categorie Non classé  •  2 Commentaires

Ces derniers temps, le métier de directeur d’école de commerce ressemble de plus en plus à celui d’entraîneur d’équipe de football de Ligue 1… le salaire en moins !
La valse actuelle des directeurs de l’ESSEC, EM Lyon, ESC Toulouse… (et autres) m’amène à m’interroger sur un phénomène finalement pas si nouveau mais qui semble prendre de l’ampleur.
Les dysfonctionnements dans la gouvernance des écoles de commerce se cristalliseraient-ils sur le directeur ?
La brèche entre les tutelles et les directions d’école de commerce, et bientôt sans doute les écoles d’ingénieurs, vient du fait que les tutelles, souvent très éloignées des questions de formation et de recherche, n’ont pas compris que la légitimité qui est la leur ne doit pas se traduire par des actions non concertées, voire autoritaires. Elles n’ont pas encore réalisé que le pouvoir de décider ne leur appartient plus totalement. Les étudiants, les enseignants chercheurs, les diplômés, les entreprises, les syndicats veulent être informés des processus de décision et même y être associés. Du fait de l’importance grandissante des écoles, les tutelles voient un pouvoir qui était le leur être disputé par les différentes parties prenantes et leurs décisions discutées, challengées. Elles ont du mal à l’accepter, ce qui induit des comportements caporalistes.
Le directeur d’école est le point de focalisation sur lesquelles toutes ces forces souvent contradictoires s’exercent et constitue naturellement le premier fusible qui saute lorsque la tension devient trop forte. On le voit bien, le directeur essaie de diriger en tenant compte de l’ensemble des parties prenantes ; il n’est pas le bras armé d’une tutelle souvent assez peu consciente des réalités.
Les tutelles des écoles n’ont, semble-t-il, pas pris conscience de la force des réseaux sociaux mêlant élèves, parents, ami(e)s, diplômé(e)s, enseignants, entreprises, et qui portent en place publique les questions de stratégie, d’organisation, de fonctionnement des écoles et même de personnes. Tout se partage, s’échange, s’évalue et se commente et percole en tous sens dans les pyramides organisationnelles les mieux ordonnées. La géométrie du ‘gouverner en rond’ s’y perd un peu quand le cercle ne cesse de s’élargir…
Au centre du cercle, le directeur d’école prié, lui, de résoudre la quadrature du cercle avec une volée de paramètres relevant de l’internationalisation du site, du développement local, de l’encadrement des étudiants et de la productivité de la recherche, des frais de scolarité et de la diversité sociale, du bilan carbone, de l’entretien et de la modernisation des locaux, de la responsabilité sociale, du recrutement d’enseignants, des très tendances MOOC (Massive Open Online Course), de l’accompagnement des étudiants entrepreneurs, des accréditations internationales… La seule donnée fiable et connue est la stagnation voire la baisse des subventions.
Les tutelles, sourdes à l’agitation du marché qui appelle les établissements à innover et à se réinventer sans cesse, savent parfaitement que c’est au centre du cercle que l’on pique la pointe du compas.
On le voit bien aujourd’hui, le job d’un directeur d’école de commerce tend à le rendre schizophrène. Que lui demande-t-on exactement ? Tout ! Mais le patatoïde n’entrant pas dans les canons de l’esthétique administrative, notre géomètre de l’impossible, qui pourtant en connait un rayon, doit veiller à l’orthogonalité de l’ensemble des axes sans grande marge de manœuvre pour être efficace !
De fait, comment expliquer qu’un directeur prenne la tangente au bout d’un an pour divergence de vue avec sa tutelle. Ne s’est-on pas assuré d’un minimum de convergence stratégique dans la phase de recrutement avant de remplir la case vacante de l’organigramme? Comment expliquer le départ d’un directeur pour difficultés d’intégration si l’on ne s’est pas assuré d’un minimum de compatibilité avec l’ensemble des parties avec lesquelles il devra travailler?
Conséquence : il est devenu très difficile de recruter des directeurs d’écoles. L’oiseau rare doit savoir tout faire. Etre un leader, un manager d’équipes, un financier, un  commercial, fin négociateur, bon chercheur, bon enseignant, sur le pont 7/7 365 jours/an
Aujourd’hui, tout le monde souhaite participer à la direction des écoles. C’est plutôt positif et même une chance inespérée si l’on trouve les bonnes règles de gouvernance. Dans un monde extrêmement instable, hyper concurrentiel, avec des acteurs totalement interconnectés, comment peut-on en effet décider de tout, dans les Ecoles, où la promesse de l’avenir repose sur la formation des étudiants.
En quelques questions nous bâtissons déjà le cadre de résolution du problème.
• Qui connaît le mieux le marché, ses contraintes, l’évolution des compétences attendues par le marché?
• Qui peut le mieux transférer et faire partager l’expérience acquise entre le diplôme et une situation professionnelle donnée?
• Qui peut aider le corps professoral à actualiser les programmes de façon pertinente ?
• Qui peut aider financièrement l’Ecole?
• Qui peut l’aider à élargir son réseau de professionnels ? …

Le murmurer à l’oreille du directeur a bien moins d’effet que de l’exprimer dans les différentes instances de gouvernance et de pilotage de l’Ecole. Les bons rapporteurs aideront à tracer le meilleur angle d’attaque et ont sûrement des arguments qui peuvent convaincre les tutelles, réveiller un corps enseignant timoré, éclairer les élèves, établir des priorités, faire émerger de vrais projets.
Imaginer que le cercle des partenaires et diplômés contribuent à la gouvernance et au pilotage de l’Ecole pour lui nuire n’a aucun sens. Les jetons de présence étant inexistants, seul l’intérêt commun prévaut, au géomètre de dresser le meilleur plan avec tous les relevés qu’on lui apporte.
Redescendons un peu sur notre bonne vieille terre qui finalement tourne bien alors qu’elle n’est pas si ronde qu’on ne le croit.

Discours anniversaire des 30 ans de l’INT

Publie par Denis Lapert le octobre 17th, 2009 dans la categorie Non classé  •  Pas de commentaires

Mesdames, messieurs, chers collègues, un anniversaire et les célébrations qui l’entourent, c’est parfois un peu nostalgique. On vous dit : « Souvenez-vous, il y a trente ans… ». Moi ce soir j’ai plutôt envie de vous dire : « Imaginez-vous, dans trente ans… ».

Je vous propose de rêver avec moi pendant quelques minutes à ce que sera Télécom Ecole de Management en 2039. D’ailleurs cela ne me coûte de rien de rêver puisque, personnellement, je ne devrais plus être là. Sauf que… Avec les progrès de la science, je serai peut-être encore là dans trente ans (il se peut que ce soit une mauvaise nouvelle pour certains, j’en ai conscience…). L’école aussi sera là, et ça c’est le plus important. Télécom Ecole de Management alors, pourrait alors rassembler à ça…

En 2039, j’aurais annoncé la fermeture de nos campus de Dubaï, SanPaulo, après de nombreuses années de bons et loyaux services. En effet, avec nos plateformes d’enseignement à distance, nos salles de classe toutes équipées de murs de téléprésence 3D, nous sommes capables d’assurer notre mission pédagogique dans le monde entier, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, rendant obsolètes ces campus à l’étranger.

Nous enseignons et nous diffusons nos cours dans tous les pays du globe, même si l’essentiel de notre activité est tournée vers les pays d’Asie. Depuis le déclin économique, culturel et académique du monde anglo saxon, c’est là que se trouvent nos principaux partenaires. Ce n’est pas toujours simple, d’ailleurs. Et le service Communication de ces années 2030 a fait grise mine quand je leur ai annoncé qu’il faudrait maintenir une version malaisienne du site de l’école en plus des versions chinoises, japonaises, coréennes et vietnamiennes déjà en service.

En 2039, j’aurai la joie de prononcer mon 35e ( ?) discours de rentrée. Une rentrée toute particulière, puisque parmi nos 2000 nouveaux étudiants, je souhaiterai la bienvenue à notre première promotion de robots. Avec les progrès de l’intelligence artificielle, ils sont devenus autonomes. Mais ils doivent encore apprendre à interagir avec les humains. Et ce sera une des spécificités supplémentaires de Télécom Ecole de Management, ou à côté des cours liés aux systèmes d’information, nous aurons des cours en management des intelligences artificielles,. Des robots rapidement appréciés au sein de cette école : ils sont tous en apprentissage, ils travaillent toutes les nuits en entreprise à distance – ce qui ne les empêche pas d’étudier ensuite toute la journée. Et en plus ils ne consomment que quelques gouttes d’huile lors des soirées étudiantes…

Ce discours de rentrée, je le prononcerai dans notre NTGA, notre nouveau-très-grand-amphi. Il aura été construit à la place des parkings que les progrès des transports en commun auront rendus inutiles. Et oui, vous viendrez en vélo, chers collègues, en tramway, en navettes électriques. Mais sachez que l’implantation de ce très grand amphi aura été délicate. Avec ses toitures végétalisées, sa construction en coques concentriques lui permettant de réguler de façon autonome la température intérieure, il rompt avec le reste des bâtiments existants. Surtout que l’Unesco, quelques années plus tôt, aura inscrit au patrimoine mondial nos locaux, les décrivant comme, je cite le rapport « un témoignage exceptionnel et vibrant de l’architecture urbaine des années 1970 »…

En 2039, on surveillera toujours attentivement la publication des classements. En espérant ne pas revivre la déception du classement 2038, où l’école avait été classée 3e, une contre-performance à laquelle nous n’avions pas été habitués.

Vous allez me dire, je sombre dans l’angélisme. C’est faux. Tout ne sera pas rose et je dois vous annoncer une nouvelle difficile… En 2039, le restaurant du campus ne servira plus que des repas végétariens. Parce que la production de viande c’est très consommateur d’énergie et cela provoque beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre. Nous serons donc condamnés à la discrétion, nous autres membres de la Confrérie des amateurs de viande rouge. Et nous devrons organiser dans le plus grand secret nos grillades parties clandestines sur les BBQ situés derrière la médiathèque.

Une médiathèque-musée, d’ailleurs. Base documentaires en lignes, livres électroniques ont été généralisés et les rayonnages remplacés par un parc de serveurs informatiques, à l’exception de quelques mètres carrés consacrés à l’histoire, où sous sa cloche de verre un antique minitel nous rappelle ce qu’était le monde avant la révolution des TIC.

En 2039 enfin, nous fêterons un double événement. Tout d’abord les 60 ans de l’école d’une part. Et aussi notre premier Nobel d’économie attribué à l’un de nos enseignants-chercheurs, encore mieux, à l’une des nos chercheuses, pour la qualité de ses travaux.

Je ne sais pas si le futur de l’école, notre futur, ressemblera à ça. Je crois que c’est John Maynard Keynes qui disait « les prévisions sont particulièrement difficiles surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir ». Ce que je sais c’est que si nous voulons que les choses changent, que notre école grandisse, qu’elle accompagne l’évolution de la société, qu’elle la guide même, et non pas qu’elle la subisse, il faudra travailler dur, très dur, il faudra travailler ensemble, pour qu’en 2039, et j’espère que nous serons tous très nombreux à pouvoir être présents, nous soyons fiers de cette école, du chemin parcouru, comme nous le sommes aujourd’hui. Je vous souhaite une excellente soirée.

Discours écrit grâce à l’inspiration de Michel Berne et Antoine Cheret

Le classement expérimental du « Making off » de G. Dauvergne

Publie par Denis Lapert le octobre 5th, 2009 dans la categorie Non classé  •  Pas de commentaires

Dans un premier temps, ça m’a bien amusé de lire le classement « expérimental » basé sur la qualité pédagogique dans les écoles de management que Géraldine Dauvergne a publié sur son blog.

J’imaginais la tête de la direction de l’Etudiant et de l’Express… et surtout celle de certains directeurs d’écoles ! Ceux d’en haut qui sont en bas et ceux d’en bas qui sont en haut…

J’adhère totalement au fait que la qualité pédagogique ne peut pas se résumer au nombre d’heures de cours dispensées ramené au nombre d’étudiants. Dans l’école que je dirige je suis un promoteur obstiné des innovations pédagogiques, de la diversité des cursus, de la multiplication des électifs en petit groupe, etc. Cependant, je suis sûr que l’on ne peut pas descendre en-dessous d’un certain seuil d’heures de cours. Dans toutes les disciplines, il y a des concepts à acquérir et il me semble que cela se fait mieux avec l’aide d’un expert, qui consacre du temps à diffuser ses connaissances.

Ce classement interpelle quand même. Il n’inquiétera pas un certain nombre de confrères, tous ceux dont la notoriété est tellement forte qu’ils n’ont à justifier de rien. Leur marque parle pour eux, répond à toutes les questions et dissipe tous les doutes. Si « Harvard Business School » était dans le classement, on la trouverait sans doute dans la seconde moitié, parce que le modèle pédagogique n’est pas le même, et personne ne songerait à discréditer cette école. Pas facile de remettre en cause l’ordre établi…

Derrière ce constat, on distingue un concept bien connu en marketing des services.

Il faut développer la marque, parce que lorsque celle-ci a atteint un niveau suffisant, il n’est plus nécessaire de justifier de ses compétences. Je peux prendre une illustration dans un autre secteur que l’enseignement supérieur, celui du conseil, par exemple. Si vous vous appelez Accenture ou Deloitte, vous êtes moins challengé sur vos compétences que si vous êtes un cabinet de conseil moins connu. De même, on ne doute pas de la qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles les plus connues. Les autres, elles, doivent se justifier.

Je ne pensais pas que le post de Géraldine me conduirait vers de telles réflexions !

NetWorking is Trendy !

Publie par Denis Lapert le septembre 28th, 2009 dans la categorie Non classé  •  1 Commentaire

En ma qualité de directeur d’école, j’ai l’immense privilège d’être régulièrement invité dans différents séminaires, colloques, conférences, etc. qui se déroulent souvent à l’autre bout du monde !

Chaque invitation mentionne l’importance du networking. En français, on dit réseautage, mais networking, c’est sûrement plus trendy. Tendance, quoi…  Mais vous aviez compris. C’est vrai, c’est important le réseau : connaître, rencontrer des collègues, découvrir de nouvelles institutions, pourquoi pas, bâtir des projets communs. Parfois, avouons-le, on les remise au rayon des souvenirs dès la fin du colloque. Mais ce n’est pas très grave : car on retrouvera les mêmes quelques semaines plus tard à un autre endroit de la planète.

En effet, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans ces séminaires, on rencontre presque toujours les mêmes interlocuteurs ! C’est pratique. Si on est timide, on n’est pas dépaysé. Si on a noué des amitiés, on en profite pour se retrouver et se donner des nouvelles du pays. Entre parenthèse, tout cela tendrait à accréditer que le « turn over » des directeurs d’école n’est pas si important que cela.

Ce que je dis là, ça vaut aussi sûrement dans bien d’autres secteurs. Le souci, c’est que ces séminaires coûtent souvent horriblement cher aux entreprises ou aux écoles et moi je me demande si cet argent ne serait pas mieux employé ailleurs ?

Ces séminaires, j’y irai bien volontiers plus souvent, si entre les sessions de networking, je pouvais assister ou même participer à de véritables sessions de formation professionnelle.

Alors qu’on me pardonne si l’on ne m’y voit pas très souvent.

Enseignant chercheur…(à tout faire)

Publie par Denis Lapert le septembre 23rd, 2009 dans la categorie Non classé  •  Pas de commentaires

Le malaise des enseignants chercheurs n’est pas perceptible seulement à l’université. Les écoles de management disposent au travers de leur corps professoral d’un « puits » de compétence dans lequel elles puisent allègrement, parfois au mépris de toute cohérence.

Un enseignant-chercheur est théoriquement quelqu’un qui devrait se consacrer exclusivement à ce pourquoi il a été embauché : enseigner et chercher.

Comme on peut le voir par ailleurs au fil des interviews que donnent leurs directeurs, toutes les écoles sont à la recherche de financements. Cela se traduit fréquemment par des contrats en formation continue ou des missions de conseil gagnés le plus souvent sur la crédibilité des CV des enseignants chercheurs qui de ce fait se voient impliqués dans des missions qu’ils n’ont ni choisies ni souhaitées.

Missions qui les empêchent alors de se consacrer à ce qui leur a été demandé… à savoir publier dans des revues de haut niveau….

Je connais des enseignants chercheurs, stressés, déboussolés parce qu’on leur demande d’assumer une charge de travail bien supérieure à celle que normalement ils peuvent produire et de surcroit incompatible avec leur plan de charge…

Quelles solutions ?

Impressions d’un directeur d’école atypique !

Publie par Denis Lapert le septembre 16th, 2009 dans la categorie Non classé  •  Pas de commentaires

Après avoir travaillé environ une vingtaine d’années dans des entreprises d’informatiques américaines, je suis venu tard à l’enseignement du marketing dans des grandes écoles de management.

J’y suis arrivé avec la vague idée que l’on a, lorsque l’on est en dehors de ce monde, c’est-à-dire que c’est un job assez « cool » et que compte tenu des sollicitations du monde de l’entreprise on devrait pouvoir maitriser, contrôler, son parcours sans difficultés

Après une quinzaine d’années d’expérience, et de nombreux postes, je me propose de vous livrer sur ce blog, mes impressions, mes étonnements, mes déceptions, mes préoccupations et aussi mes satisfactions.

Le directeur d’école a différents publics avec lesquels il doit composer : Ses étudiants, ses enseignants chercheurs, ses diplômés, sa tutelle, ses collègues et concurrents y compris et surtout les étrangers, ses partenaires entreprises, les organismes d’accréditations, etc…

Je me propose de vous faire partager au gré de mes humeurs, la vie quotidienne d’un directeur d’école