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ESPE : le modèle montpelliérain

A l’heure actuelle les universités phosphorent sur la mise en place des ESPE, qui devraient être opérationnelle à la rentrée 2013. C’est clairement sous pression temporelle forte que ces réflexions ont lieu, ce qui n’est pas nécessairement la meilleure solution pour avancer dans la sérénité. Alors que le scenario d’une transformation pure et simple des IUFM en ESPE, avec des missions élargies, semblait se dessiner assez clairement, les universités de la Région Languedoc-Roussillon se dirigent vers une solution différente.

L’ESPE serait créée au niveau du PRES regroupant les cinq universités de la région (Montpellier 1, 2, et 3, Nîmes, et Perpignan). Ce positionnement est logique, l’ESPE étant sensée jouer un rôle de coordination chapeautant l’ensemble des universités de l’académie.

L’originalité du modèle montpelliérain serait d’envisager de manière indépendante le devenir de l’IUFM, actuellement rattaché à l’Université Montpellier 2, et celui de l’ESPE nouvellement créée. L’IUFM prendrait ainsi le statut d’UFR Enseignement, au sein de son université de rattachement, en charge notamment des Masters dont il a l’exclusivité (Professorat des Ecoles, Conseiller principal d’Education, Documentation) et d’autres formations dont il a historiquement conservé le pilotage.

On aura compris cependant que la création de l’ESPE ne fera pas l’objet d’un transfert massif de moyens et de personnels de la part des universités. L’ESPE sera davantage une structure de coordination, un maillon entre l’employeur (le Rectorat), et les UFR pilotant les masters Enseignement, qu’une instance exécutive. D’aucuns pourront estimer que l’ESPE ne sera alors qu’une coquille vide sans réelle utilité. Je pense au contraire qu’une telle structure est essentielle pour assurer la cohérence des formations aux métiers de l’enseignement. Quant à sa représentativité et à son pouvoir, l’exemple des Collèges Doctoraux, ou des Pôles de Recherche, montre que l’influence politique d’une instance est davantage liée à son positionnement institutionnel qu’à ses moyens opérationnels.

On aura aussi compris au vu des mes billets précédents[1] que le modèle retenu me paraît s’engager dans la bonne voie. Je suis en effet persuadé que le processus de mastérisation ne peut se fonder que sur une formation à et par la recherche disciplinaire, associée à une formation professionnelle fondée sur l’alternance. C’est pourquoi je pense que les UFR disciplinaires doivent conserver la maîtrise de l’habilitation des diplômes et de la mise en oeuvre des enseignements. Les orientations prises à Montpellier semblent préserver ce point essentiel.

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