L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

La disparition des spécialités : un coup dur pour l’insertion professionnelle

La suppression des spécialités, en Licence et en Master, répond à un souci de simplification de l’offre de formation. Elle entraîne cependant des effets pervers, notamment lorsque les diplômes préparent à des professions à cadre réglementé, ce qui est justement le cas pour la plupart des spécialités de Licence STAPS.

La Conférence des Directeurs d’UFR STAPS a réalisé ces dernières années un lourd travail de structuration de l’offre de formation, ne retenant que cinq spécialités de Licence STAPS : (1) Activité Physique Adaptée et Santé, (2) Education et Motricité, (3) Entraînement Sportif, (4) Management du Sport, et (5) Ergonomie du Sport et Performance Motrice. Chacune de ces spécialités a fait l’objet en 2006 du dépôt d’une fiche RNCP, décrivant les compétences acquises par les titulaires des diplômes correspondants.

Le Code du Sport (2004) définit les prérogatives d’exercice des titulaires de certaines de ces spécialités. Ainsi les titulaires de la Licence STAPS spécialité Activité Physique Adaptée et Santé peuvent « encadrer des activités physiques ou sportives à destination de différents publics dans une perspective de prévention-santé ou de réadaptation ou d’intégration de personnes présentant l’altération d’une fonction physique ou psychique ». Les titulaires de la Licence STAPS spécialité Education et Motricité peuvent « encadrer et enseigner des activités physiques ou sportives auprès des enfants, adolescents et jeunes adultes ». Enfin les titulaires de la Licence STAPS spécialité Entraînement Sportif peuvent « encadrer différents publics à des fins d’amélioration de la performance ou de développement personnel dans la (les) discipline (s) mentionnée (s) dans l’annexe descriptive au diplôme ».

Ces dispositions permettent aux étudiants d’obtenir une carte professionnelle, valable cinq ans, délivré par les Directions Départementales de la Cohésion Sociale, spécifique aux prérogatives de la spécialité affichée sur leur diplôme.

La disparition des spécialités risque de faire voler en éclats ce dispositif, qui a pourtant permis depuis 2006 une remarquable insertion professionnelle pour les étudiants issus de la filière STAPS. Le Code du Sport ne fait aucune référence à la notion de parcours, et on ne saurait reconnaître au titulaire d’une Licence généraliste STAPS les compétences certifiées par les spécialités actuelles.

A l’heure où l’on insiste sur l’adéquation de l’offre de formation avec le marché de l’emploi, où l’insertion professionnelle est un critère central dans l’évaluation des diplômes, la disparition des spécialités dans des disciplines telles que les STAPS où 80% des débouchés renvoient à des professions à cadre réglementé réduirait à néant des années d’efforts. Rappelons que la filière STAPS regroupe 44000 étudiants, répartis dans 50 structures de formation sur l’ensemble du territoire. Ces étudiants nous font confiance car nous avons pu construire les conditions de leur future employabilité. Il serait dommage de balayer tout cela d’un trait de plume législatif.

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Commentaires (4)

  1. Pierre Dubois

    Ne vous en faites pas ! Entre les annonces de G. Fioraso et ce qui se passera vraiment, il y aura un gap. Pour la suppression des spécialités à l’intérieur des mentions, il faudrait abroger l’arrêté de 2002 sur le LMD. La Ministre n’osera pas !

    Au nom de l’autonomie de l’université et de la liberté pédagogique des universitaires, « ne lâchez rien ! »

    Une question : j’ai un moment raté une marche. Pour exercer dans les métiers ayant lien avec le sport, les diplômés de STAPS n’ont plus besoin de passer un diplôme d’Etat ?

  2. Didier Delignières (Auteur de l'article)

    Bonjour,

    En effet depuis 2004 Jeunesse et SPort a perdu le monopole de la diplômation donnant droit à l’encadrement des activités sportives. Les licenciés STAPS peuvent être embauchés au même titre que les titulaires des Brevets d’Etat, sauf pour certaines activités « à risque »

  3. PR27

    J’avoue ne pas bien comprendre ce projet de réforme. La description à 2 niveaux de précision, me paraît intéressante : elle permet deux lectures et le titre précis permet de ne pas tromper sur le contenu enseigné et les débouchés (même s’il s’agit parfois d’une coloration légère).

    Résultat de la réforme : soit un intitulé dans deux établissements différents correspondra à des contenus pédagogiques différents, soit l’objectif joint est de rendre les programmes enseignés « standards », à la sauce PPN des IUT. Si c’est ça, c’est un chantier énorme et bizarre. Les mauvaises langues pressentent aussi et surtout que contraindre les masters à avoir des intitulés simples permettra de mieux faire passer le constats de « doublons » à l’échelle des communautés d’universités, et donc suppression dans le cadre de la définition de la fameuse « carte territoriale de formation »

  4. Gilles GAMS

    Les STAPS ça ne sert à rien…. c’est une verrue dans le milieu universitaire ….. prof de tout, prof de rien …. spécialiste en tout, spécialiste en rien. Alors qu’on supprime ou pas les spécialités, ça ne changera rien. Les étudiants passant par STAPS seront toujours aussi nuls à leur sortie…. comme les chercheurs ayant une formation STAPS.

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