L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Capacités d’accueil : un tirage au sort à l’entrée à l’Université ?

Les médias se sont fait l’écho en cette rentrée de l’émoi déclenché par l’instauration d’un tirage au sort à l’entrée en première année de Licence dans certains UFR STAPS (voir notamment http://m.poitou-charentes.france3.fr/2013/07/10/polemique-les-lyceens-candidats-aux-staps-de-poitiers-dependants-d-un-tirage-au-sort-285795.html . On a même été jusqu’à affirmer que le recours au tirage au sort venait du refus des universités d’analyser les dossiers des candidats.

Revenons aux faits. Tout d’abord ce ne sont pas les universités qui opèrent ce tirage au sort, mais l’application PostBac. Deuxièmement, ce tirage au sort relève simplement de l’application de la Loi, le Code de l’Education prévoyant que si le nombre de candidatures excède le nombre de places disponibles, seul un tirage au sort peut permettre de sélectionner les étudiants parmi les candidats éligibles. C’est en effet la moins mauvaise solution, si l’on veut respecter le principe d’égalité face  à l’accès à l’université des bacheliers.

Pourquoi instaurer des capacités d’accueil ? Tout simplement parce que certaines UFR n’ont pas les moyens, en termes de personnel enseignant, de locaux, de budget de fonctionnement, pour assurer l’accueil de la masse des candidats qui se présentent. Si vous n’avez que deux places de parking, vous ne pourrez pas garer trois véhicules. Et une UFR conçue pour 2000 étudiants ne peut en accueillir 3000, sauf à ne pas assurer l’ensemble des enseignements prévus dans les maquettes, ou à mettre en péril la sécurité des étudiants.

J’entends ça et là que l’on n’a qu’à accueillir tous les candidats, et qu’au bout de quelques mois un écrémage opérera naturellement, soit parce que les étudiants se rendront compte que les études universitaires ne sont pas faites pour eux, soit à cause des conditions déplorables de leurs études. Organiser sciemment une sélection par l’échec relève d’un cynisme insupportable.

Les universités se retrouvent face à un système d’exigences contradictoires : accueillir tous les lycéens, favoriser la mobilité, assurer des enseignements de qualité, permettre l’insertion professionnelle des étudiants, tout cela dans un cadre budgétaire de crise. Prises une à une, chacune de ces exigences est pleine de générosité et de bon sens. Mais dans leur ensemble, ça finit par coincer quelque part….

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Commentaires (4)

  1. Martin T.

    Le problème n’est pas que les capacités d’accueil sont limitées, elles le sont dans toutes les formations.
    Le problème est que les candidats sont tirés au sort. Au nom de l’égalitarisme à tout prix, on en arrive à des absurdités de ce genre. Comment voulez vous inciter un jeune à travailler au lycée si son travail n’a aucune influence sur ses chances d’etre pris dans la filière qu´il souhaite?

  2. Didier Delignières (Auteur de l'article)

    Je dois ajouter une information importante: tous les étudiants de l’académie ayant mis STAPS en premier voeu se sont vu proposer une place. Les candidats réellement motivés n’ont donc pas été nécessairement refoulés.

  3. Catherine P.

    Bonjour,
    Je comprends tout à fait votre point de vue, mais qu’en est-il du point de vue de l’étudiant…? Mon fils a fait S en sachant que STAPS étaient avant tout une filière scientifique, a obtenu 18 en SVT + Spé et 20 en EPS, a obtenu son bac avec plus de 13,5 de moyenne, a demandé STAPS de son académie (de poitiers) en 1er voeu et d’autres staps dans d’autres académies car c’était son objectif et le seul, et à ce jour toujours rien! Des élèves de STMG, d’ES, de L …. ont été pris par tirage au sort, d’autres ont été pris avant même d’être rattrapés à l’oral du second tour…. sont-ils armés pour faire des études scientifiques?!
    Aux portes ouvertes on nous avait dit qu’effectivement tous les lycéens ayant mis STAPS en 1er voeu dans l’académie et bien cette année apparemment ce n’est pas le cas malgré lettre de motivation et relevés de notes que le secrétariat nous a conseillés d’envoyer en juillet… (tirage au sort?!!!!)
    Enseignante moi-même, je peux entendre les raisons mais comment expliquer qu’à cause de la crise et d’un manque de moyens matériels et humains des universités, mon fils doit faire autre chose!
    « Mais dans leur ensemble, ça finit par coincer quelque part…. » Effectivement on voit tout à fait où ça coince et je vous assure que ça fait mal!
    Je sais bien vous n’y pouvez rien… et le pire c’est que personne n’y peut rien puisque c’est la faute d’APB.

  4. Anne Kautzmann

    Bonjour,
    Pourquoi n’avez vous pas répondu à cette collègue? Evidemment vous n’y êtes pas pour grand chose mais c’est votre voix qui est entendue, pas celles des profs de lycées. Nous connaissons tous des mômes passionnés et motivés qui ont été recalé au tirage au sort! Et c’est encore le cas cette année, APB met en liste d’attente des voeux 1 staps, pour des mômes qui parlent de cette filière depuis la 2nde, qui ont une culture de l’EPS parfaite, une attitude exemplaire et des résultats sportifs en Unss ou fédéraux remarquables!
    çà coince surtout dans les cours des lycées et dans les familles quand APB donne son verdict ! Perdu !
    Berk

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