L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

« Je trouve ce tirage au sort injuste… »

Derrière les statistiques froides d’APB, le satisfecit de ne comptabiliser « que » 6000 lycéens sans affectation, il y a des gens, des trajectoires de vie, des projets brisés. Nous avons reçu cet été des centaines de messages désespérés. Je trouve utile d’en dévoiler quelques extraits, pour mettre un peu de chair dans un débat qui pourrait demeurer technocratique. Petit florilège…

« Je trouve ce tirage au sort injuste car je sais que des personnes ont choisi cette voie par défaut ou sans conviction tandis que des personnes comme moi ayant toujours voulu faire ce parcours, je me retrouve sans rien. Je ferai tout pour intégrer cette 1ère année qui me tient à cœur, aussi je vous demande un rendez-vous. Je sais que des personnes à la rentrée ne seront pas inscrite ou n’assisteront pas au cours, aussi je souhaiterais pouvoir m’inscrire en cas de désistement ».

« Je me permets de venir vers vous par désespoir. En effet, nous sommes dans une attente insupportable d’une place en première année de STAPS pour mon fils dans votre université. Je vous joins le courrier déjà adressé ainsi que la recommandation de son club. Habitant Montpellier, c’est la seule possibilité pour lui de pouvoir envisager ce cursus, dont il parle depuis son enfance, car mes moyens ne me permettent pas d’envisager de lui  payer un logement ailleurs ».

« J’ai eu mon bac scientifique avec mention AB. Je suis passionné de sport. Je désirerais intégrer votre université car j’aimerais devenir professeur d’EPS. J’ai cette ambition depuis toujours et je n’envisage pas de faire autre chose que partager ma passion de tous les sports ainsi que la dimension sociale qui gravite autour. […] Cependant, je suis malheureusement sur la  liste d’attente ».

« Etant toujours en liste d’attente pour la licence STAPS, je vous demande un rendez-vous afin de vous présenter ma motivation pour intégrer cette 1ère année. Malheureusement je ne suis prise dans aucun de mes vœux […]. Ma sœur vient de valider sa licence au sein de votre établissement et rentre en Master 1 ».

« Je ne conçois pas ma vie sans sport ou tout métier relatif au sport, je suis sportive dans l’âme, nageuse niveau N2, course à pied, trail, … et j’aimerais pouvoir faire partager ma passion autour de moi. En effet je fais de la natation depuis plus de 10 ans. Pour l’été je travaille en qualité de surveillant de baignade sur *** car je suis titulaire du BNSSA »

« Comme vous pouvez le comprendre, je n’ai pas été admis via le portail d’admission Post-Bac dans votre UFR. Ce refus fut une véritable déception étant un amoureux du sport dans sa pratique mais aussi dans son étude et son apprentissage. Je suis titulaire d’un Baccalauréat ES, je pratique le sport au quotidien depuis des années […]. Intégrer votre UFR est nécessaire à mon projet professionnel car cela me permettrait de vivre de ma passion ».

« Sportive depuis mon plus jeune âge, je suis à la recherche d’un travail dynamique, où l’esprit d’équipe prime et où l’on peut avoir un contact direct avec les personnes en difficultés tant au niveau moteur que psychologique. J’ai finalement trouvé la profession qui combine mes deux domaines de prédilections soit entraîneur en Activités Physiques et Sportives Adaptées. C’est pourquoi je projette depuis plusieurs mois maintenant d’obtenir une place en L1 STAPS, pour par la suite choisir la filière APA-S et mener à bien mon projet professionnel ».

« Je me permets de vous recontacter pour vous exprimer mes incertitudes et mon désespoir concernant ma future année scolaire et mon avenir. En effet, je n’ai pas été sélectionné par APB pour intégrer votre université. Les trois tirages au sort ont été pour moi des épreuves très dures à traverser et laissent en moi un grand sentiment d’injustice. […] Vous ne pouvez imaginer mon état actuel, en effet d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souhaité intégrer votre faculté afin d’exercer un métier ayant trait à ma grande passion: le sport ».

« Je me permets de vous écrire cette lettre car je suis profondément déçu et amer après avoir appris qu’aucun de mes quatre vœux dans des universités de STAPS n‘a été retenu. Je suis en liste d’attente dans chaque vœu. Et je me vois donc réduit à effectuer une licence de mathématiques à ***. Malgré toute ma bonne volonté, je suis convaincu que cette licence ne me sera pas profitable. Et j’ai déjà le sentiment de m’engager dans une année perdue ».

« J’ai appris qu’un de mes camarades de classe de terminale qui avait été accepté en STAPS sur la plateforme APB, a finalement renoncé à sa place pour intégrer une école de kinésithérapie en Espagne, j’ai espoir que d’autres places se libèrent aussi et me permettent d’intégrer votre université ».

« Je viens d’avoir mon baccalauréat scientifique et je souhaite désormais continuer mes études à la faculté des sciences et techniques des activités physiques et sportives, mais à ce jour, après les différents tirages au sort je reste en attente de place. C’est pourquoi très inquiet pour mon avenir, je me permets de vous écrire ce courrier car je ne suis attiré par aucune autre filière et mon choix de vœu sur APB pour STAPS n’est pas un clic hasardeux ».

« J’ai 17 ans, j’ai obtenu mon bac avec mention bien cette année. Je n’ai malheureusement pas été sélectionné au tirage au sort de STAPS et je me vois contrainte de modifier mes projets professionnels qui me tiennent à cœur. J’ai pour ambition de me spécialiser dans les activités physiques adaptées et santé afin de travailler auprès des enfants handicapés ou souffrant d’obésité. Je n’envisage pas d’autres alternatives car sans passion et sans intérêt pour les disciplines étudiées, je ne vois pas d’épanouissement personnel et je n’imagine pas de réussite professionnelle sur le long terme ».

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Commentaires (7)

  1. Philippe

    Un miroir d’absence d’avenir à 18 ans … ! Pouvons-nous faire pire auprès des jeunes générations ? Un gâchis aujourd’hui, un gâchis pour leurs années futures.

  2. Vincent

    j’ai débuté mes études en STAPS en 1991. Concours d’entrée que je rate la première fois. je me prépare durant une année et j’intègre en étant 4 ème au concours d’admission.Comme dans le monde du sport, j’ai eu ma chance, je me suis donné les moyens de le faire et ça a payé. Comme dans toute compétition sportive, il a fallu que nous prouvions notre volonté et nos capacités à suivre ces études.
    On sait que des étudiants arrêtent leur cursus STAPS très rapidement, car ils se sont trompés. Ils ont le droit de se tromper mais pas celui de priver quelqu’un de motivé avec un vrai projet.
    Le concours d’entrée est indispensable pour notre nature d’étude. la faculté de médecine contourne cette obligation en créant ce concours en fin de première année.Pourquoi perdre une année avant de faire cette première sélection plus juste et acceptée par tout sportif?

  3. Chaze

    Fut un temps, jadis, dans des temps immémoriaux (je suis un vieux c– prof d’EPS en congés perpétuels), les profs d’EPS étaient des zombies « n’appartenant » pas à l’Eucation Nationale, avaient leurs etablissements de formation propres avec concours d’entrée et nombre de places limitées. Ne rentraient que les motivés et « au niveau ». Le passage à l’Educ n’a rien apporté à compétence et à la formation des profs …. pour arriver à cette aberration du tirage au sort qui laisse sur le bord de la route des « motivés au niveau » et laisser rentrer des « nuls » qui abandonneront à la première difficulté venue (très vite).

  4. une maman en colère

    et oui actuellement ma fille fait partie des 6000 sans affectation pourtant elle a eu son bac et elle ne souhaitait qu’une seule chose : aller en STAPS car c’est la formation qui la motivait le plus et en lien avec son projet.mais maintenant elle est sur le bord de la route et de plus l’année prochaine elle n’est même pas sûre de pouvoir rentrer en L1 STAPS car les règles ne sont pas encore connues; c’est quand même dommage de ne pas avoir anticipé l’arrivée de tous ces jeunes !!!

  5. Nicole Tel

    Bonjour
    Ma fille a fait 1 BAC STD2A (arts appliqués). elle a fait plusieurs portes ouvertes dans les écoles où elle aurait souhaité rentrer. À ce jour, Nous sommes dans l’inconnu et ne savons quoi faire. Je suis très remontée contre ce système qui laisse des élèves sur le chao et dépressifs.merci APB

  6. RICARD Philippe

    Bien sûr du désespoir devant ce fonctionnement absurde. Mais j’ai cru lire l’an dernier dans la revue EPS un article de Mr Delignères disant en substance (je cite de mémoire et rapidement) : « en l’état actuel des choses, le tirage au sort est la moins mauvaise des solutions… » . Avais je mal lu, mal compris, était ce une provocation destinée à faire réagir ?… J’aimerais qu’on m’explique …

    Philippe Ricard
    Professeur d’EPS, lycée Martinière Duchere Lyon

  7. Didier Delignières (Auteur de l'article)

    Bonjour Philippe
    J’ai en effet écrit ça en 2013, repris en 2015 dans la revue EPS. Mais dire que le tirage au sort était la moins mauvaise des solutions ne voulait pas dire que c’était la meilleure. Par ailleurs à l’époque seuls quelques UFR étaient concernées par le problème, et pour un nombre réduit de candidats. On n’en est plus là aujourd’hui, avec 54% de vœux 1 non satisfaits. Enfin à l’époque il fallait lutter contre des solutions alternatives, qui consistaient par exemple à clore les inscriptions dès que les capacités d’accueil étaient atteinte: premier arrivé, premier servi…
    Depuis les lignes ont bougé, et quelques propositions jugées taboues à l’époque peuvent être discutées, comme l’examen de pré-requis.

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