L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Réforme du premier cycle du supérieur : Dernier appel avant arbitrage

Les groupes de travail ont rendu leurs copies et nous sommes maintenant en attente des arbitrages ministériels. On peut imaginer que les propositions ont été nombreuses (le groupe de travail STAPS en a fait remonter pas moins de 24), et que la synthèse sera difficile à opérer. On peut aussi craindre que cette synthèse ne se replie sur quelques mesures génériques, alors que nous avons insisté dans le groupe de travail sur les spécificités des disciplines, et notamment des STAPS. Il nous semble prudent d’insister une dernière fois sur ce que nous jugeons incontournable, de hiérarchiser l’essentiel et l’accessoire.

  1. L’accès à la licence STAPS doit passer par une analyse des dossiers des candidats.

Dans la situation actuelle, nous estimons que c’est une option nécessaire, si l’on ne veut pas reproduire les dérives de la rentrée actuelle. Nous avons proposé au groupe de travail un système multi-critérié, allant au-delà de la simple analyse de la série de baccalauréat et de la mention. Nous avons aussi montré qu’une telle procédure était pratiquement envisageable, largement automatisable. Nous proposons aussi une analyse plus poussée des dossiers des candidats qui sont éloignés des conditions nécessaires pour la réussite. Nous avons également tenu à alerter sur les conséquences prévisibles de cette procédure : un taux de réussite plus important, des effectifs plus conséquents les années suivantes en seconde et troisième années de Licence… Des évolutions à anticiper.

  1. Il est nécessaire d’accroître les capacités d’accueil en Licence STAPS.

Sans cet effort la logique d’orientation que nous proposons se transformera inéluctablement en sélection brutale. Comme nous l’avons fait remarquer, cet accroissement ne peut s’opérer de manière significative que par l’ouverture de nouvelles structures dans les académies actuellement déficitaires. C’est un processus long, et l’autonomie des universités ne laisse que peu de pouvoir au ministère pour en faire la promotion. Le ministère doit pouvoir reprendre la main sur ces priorités de service public.

  1. Il est également nécessaire de diversifier les voies de réussite à l’université.

Nous pensons notamment aux Licences professionnelles, mais surtout aux DEUST, un diplôme universitaire de niveau III que les STAPS se sont acharnées à maintenir contre vents et marées quand alors la doxa du ministère poussait à homogénéiser l’offre de formation dans le moule du LMD. Nous allons sans doute faire remonter des demandes en ce sens, en espérant trouver auprès de notre tutelle un soutien effectif.

  1. Il est nécessaire de diversifier, d’harmoniser et de rendre accessibles les formations aux métiers de l’activité physique, de l’animation et du sport.

On sait que les opérateurs de ces formations sont multiples (université, ministère des Sports, fédérations, branches professionnelles), et les certifications diverses. Il faut donner de la lisibilité à ce système et permettre aux étudiants de naviguer d’une formation à l’autre et de se construire des parcours de formation répondant à leurs profils et aux perspectives d’employabilité. L’alignement de l’ensemble de ces formations sur une approche par blocs de compétences nous semble devoir être considéré comme un objectif à atteindre le plus vite possible.

A ce titre, la proposition du ministère de l’Education Nationale de réfléchir à des BTS consacrés aux métiers du sport a suscité quelques réactions de défiance, qui se sont exprimées notamment lors de la réunion exceptionnelle du groupe de concertation du 16 octobre. On peut d’un côté évidemment comprendre la crainte de voir émerger une nouvelle offre de formation et un nouveau diplôme dans un système déjà passablement complexe. D’un autre côté on ne peut que saluer une initiative qui propose une voie de formation à des lycéens qui semblent voués à l’échec en Licence STAPS. On a beaucoup réfléchi jusqu’à présent sur l’adéquation des formations à l’emploi. La situation actuelle induit une nouvelle problématique, l’adaptation de l’offre de formation à la demande sociale.

 5. Il est nécessaire de favoriser l’employabilité des diplômés de l’université.

Nous demandons notamment que la Licence STAPS soit déployée en 5 mentions (Activité Physique Adaptée-Santé, Education et Motricité, Entraînement Sportif, Management du Sport, Ergonomie du Sport et Performance Motrice). Dans le souci de simplification qui a présidé à l’élaboration du Cadre National des Formations, les anciennes spécialités STAPS ont été regroupées au sein d’une mention unique. Or c’est au niveau de ces spécialités que les prérogatives d’intervention avaient été précédemment négociées. Il faut reconnaître que c’était une erreur et permettre aux STAPS un meilleur affichage de leurs diplômes aux yeux des employeurs.

Nous préconisons aussi que nos diplômes soient revalorisés par l’abandon du principe de compensation générale. Il s’agit ici de renforcer la confiance des employeurs envers nos diplômés. Par ailleurs, cela nous semble une exigence nécessaire vis-à-vis de l’approche compétence que nous évoquions précédemment.

Il nous semble également nécessaire de renforcer la dimension professionnelle des formations existantes par la reconnaissance de l’obligation de stages en entreprise dès le début du cursus. Par ailleurs, la structuration des formations en blocs de compétence et la reconnaissance de ces derniers comme élément qualifiant à part entière permettra un meilleur dialogue avec les employeurs et mettra en place les conditions pour une formation tout au long de la vie.

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En conclusion, nous tenons à insister sur les enjeux sociétaux qui concernent fortement notre discipline. Nous sommes fortement attachés à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Mais nous avons le souci de l’insertion professionnelle de nos diplômés, et en corollaire de la qualité des compétences dont nous les dotons : les métiers auxquels nous préparons nos étudiants vont engager leur responsabilité, notamment vis-à-vis de la sécurité des pratiquants, et par retour celle de l’université qui les a formé. Enfin nous restons attachés à la nécessaire mixité sociale de nos promotions d’étudiants, gage de la mixité future des professionnels du domaine.

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