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Premier bilan de réussite pour les étudiants ParcourSup en STAPS

Les jurys d’examen du premier semestre de Licence 1 ayant statué dans la plupart des universités, il nous est possible de dresser un premier bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. 33 UFR et départements et 9 antennes ont répondu à notre enquête, représentant un total de 15113 étudiants inscrits en 2018-2019. Cette enquête analyse les résultats de la première session du premier semestre, donc avant la session de rattrapage.

La figure 1 permet de comparer les résultats de la promotion 2017-2018 et ceux de la promotion 2018-2019, tous étudiants confondus (néo-entrants et redoublants). D’une manière générale, on observe moins d’étudiants absents aux examens cette année que l’année dernière. A noter que nous n’avons pas été en mesure dans ces pourcentages de distinguer les décrocheurs des étudiants défaillants. On peut noter que ces pourcentages restent bien plus faibles (moins de 15% dans tous les cas) que ceux régulièrement dénoncés sur les réseaux sociaux. On observe également une baisse des pourcentages d’étudiants obtenant des moyennes inférieures à 7, et une hausse pour les moyennes plus élevées notamment dans la tranche 10-13. Cette figure isole également les résultats des néo-entrants de 2018-2019. On voit que toutes les tendances précédemment décrites sont accentuées si l’on ne prend en compte que les étudiants issus de la procédure ParcourSup.

 

Figure 1 : Répartition en pourcentages des résultats des étudiants inscrits en 2017-2018, en 2019-2019, et des néo-entrants de 2018-2019.

Les résultats globaux indiquent un pourcentage de réussite de 35.8% en 2017-2018, et 40.3% en 2018-2019, soit un gain de 4.8%. On pourra évidemment considérer ces résultats comme bien modestes, et nous pensions que les progrès seraient plus marqués. A noter que les résultats sont très variables d’un centre de formation à l’autre, certaines universités enregistrant des progrès spectaculaires (Pointe-à-Pitre, Rennes, Lyon, Montpellier, Pau), d’autres des régressions notables (Lille, Nancy, Orléans). Des particularités locales (évolution des maquettes, différences dans les modalités de contrôle des connaissances) peuvent expliquer ces différences. Il faudra de toute évidence attendre les données définitives pour confirmer les tendances observées.

La figure 2 illustre les résultats, au sein de la promotion 2018-2019, des étudiants « OUI » et « OUI SI ». A noter que dans cette enquête les étudiants « OUI SI » représentent 17.3% des effectifs des néo-entrants. On voit que le pourcentage d’étudiants absents est très faible chez les étudiants « OUI », et trois fois plus élevé chez les « OUI SI ». On observe également un déplacement clair de l’histogramme, les « OUI » étant centrés sur l’intervalle 10-13, et les « OUI SI » sur l’intervalle 7-10.

Figure 2 : Répartition en pourcentages des résultats des étudiants « OUI » et « OUI SI » néo-entrants de la promotion 2018-2019.

On peut évidemment être déçu de voir de tels écarts, quand des moyens considérables ont été déployés dans les universités pour permettre la réussite de ces étudiants. Il aurait d’un autre côté été illusoire d’espérer une efficacité marquée de ces remédiations au bout du premier semestre, et il est par ailleurs impossible de savoir ce que ces étudiants seraient devenus sans les aménagements mis en place en leur faveur.

Ces données indiquent quand même que le classement de ces étudiants dans la catégorie « OUI SI » ne relevait pas d’un arbitraire aveugle. Lorsque la C3D a proposé sa procédure de classement des candidats sur ParcourSup, certains ont glosé sur l’impossibilité de prédire les résultats des étudiants sur leur parcours pré-baccalauréat. Des collègues de l’université de Bourgogne ont réalisé une étude approfondie des résultats annuels des étudiants de la promotion 2017-2018, en reconstituant les scores qu’ils auraient obtenus sur ParcourSup (Derocles, Morel, & Perret, 2019). Cette étude montre que le score fourni par la procédure de la C3D est prédictif de la réussite en STAPS, les étudiants ayant les scores les plus élevés obtenant les meilleures moyennes (Figure 3).

Figure 3 : Relation entre le score obtenu par les étudiants de la promotion 2017-2018 dans la procédure de classement de la C3D, et leurs résultats lors de leur première année de Licence STAPS

On peut ajouter que les variables les plus prédictives de la réussite sont la série de baccalauréat et les résultats obtenus dans les disciplines littéraires et argumentaires. A moindre niveau, les résultats obtenus dans les disciplines scientifiques et l’obtention d’une mention au baccalauréat. Par contre le sexe, les CSP des parents ou le lycée d’origine n’ont pas d’influence significative sur la réussite. A noter que ni le niveau sportif, ni les compétences liées à l’engagement associatif et citoyen, tous deux pris en compte dans la procédure de la C3D, ne présentent non plus d’influence significative.

Nous livrons ces résultats préliminaires de la manière la plus objective possible. Rappelons encore une fois qu’il ne s’agit que d’indicateurs d’étape, ne représentant que les résultats du premier semestre avant rattrapage. Ils constituent cependant pour nous des éléments essentiels d’évaluation des procédures que nous avons engagées.

Référence :
Derocles, S., Morel, F. & Perret, C. (2019). Réussir ses examens en L1 STAPS à l’université de Bourgogne. Les effets des études au Lycée. Document UFRSTAPS Dijon-le Creusot.

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Commentaire (1)

  1. KOEHRET Bernard

    Bravo pour cette étude. Ce serait intéressant de voir ce qui se passe dans les autres L1.

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