L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Archives par auteur: Didier Delignières

Au sujet de Didier Delignières

Je suis Professeur à l’Université Montpellier 1 et doyen de la Faculté des Sciences du Sport (UFR STAPS). Je suis également vice-président de la Conférence des Directeurs d’UFR STAPS, plus spécialement en charge des Masters Enseignement. Mes travaux de recherche portent essentiellement sur l’analyse des fluctuations dans le comportement des systèmes complexes, et ses applications dans le domaine du mouvement humain, de l’apprentissage et de la réhabilitation. Mes engagements et mes activités d'enseignement m’amènent aussi à m'intéresser de près aux évolutions des systèmes scolaire et universitaire, à l'éducation, et en particulier à l'Education Physique et Sportive.

France Stratégie : une présentation bien caricaturale des STAPS

France Stratégie a publié en février 2019 un rapport intitulé « Vision prospective partagée des emplois et des compétences : Les métiers du sport ». Ce rapport présente des analyses tout à fait intéressantes sur les métiers du sport et leur évolution. On y apprend notamment qu’en 2017 les STAPS ont délivré 11 825 diplômes, contre 15 300 pour le ministère des Sports (BPJEPS majoritairement), et 6000 pour la branche professionnelle du sport (CQP). Les STAPS attirent des jeunes bacheliers en formation initiale, les BPJEPS et les CQP concernent des individus plus âgés et souvent déjà en situation d’emploi.

La présentation des formations en STAPS reste cependant étonnamment allusive et chargée d’a priori. Il est par exemple déclaré qu’en STAPS, « ce sont des jeunes en formation initiale dont une partie se destine aux métiers de l’enseignement des APS (préparation du concours) » (p. 13). Plus loin : « Cette filière prépare historiquement aux métiers de l’enseignement au sein de l’Éducation Nationale, mais elle s’est fortement diversifiée depuis » (p. 61). Et enfin : « pour faire face à la forte demande, toujours croissante, des jeunes bacheliers pour entrer dans la filière STAPS, les acteurs de cette filière cherchent à diversifier l’offre de formation vers des parcours autres que ceux de l’enseignement et de l’encadrement. Des licences « parcours management du sport » ont ainsi été développées,… » (p 65).

Si en effet lors de la création des UEREPS en 1974 la formation était uniquement finalisée par le professorat d’EPS, la diversification des filières a été initiée dès 1982 (il y a quand même 37 ans…). Les STAPS ne cherchent plus à diversifier l’offre de formation, cette diversification est installée depuis plusieurs décennies, et reconnue par les professionnels (sans quoi nous ne pourrions afficher les taux d’insertion professionnelle rappelés dans le rapport…).

A aucun moment les formations en Activité Physique Adaptée-Santé ne sont évoquées (à part de manière allusive, dans un tableau annexé p. 110), alors qu’elles représentent un pilier de l’offre de formation en STAPS, adossé sur une recherche spécifique. De même, la filière Education et Motricité est confinée dans la préparation aux concours de l’enseignement, quand la majeure partie des étudiants trouvent du travail dans le sport éducatif, auprès des associations et des collectivités locales. Les DEUST et Licences professionnelles proposées par les STAPS ne sont jamais présentées. On énonce complaisamment que les compétences des diplômés STAPS sont « parfois jugées trop généralistes », sans préciser de qui vient ce type de jugement ni rappeler les efforts réalisés depuis une vingtaine d’années pour aligner les contenus de formation en STAPS aux demandes des employeurs, autorisant ainsi l’inscription de la plupart des diplômes STAPS au Code du Sport.

Il est regrettable que dans un rapport censé éclairer les politiques de l’Etat, on donne une image partielle et dépassée de l’offre de formation du service public de l’enseignement supérieur.

Création de cinq mentions nationales de Licence STAPS

Dans un courrier daté du 6 mars 2019, le MESRI vient de nous annoncer qu’il acceptait la création de cinq mentions de licence STAPS :

  1. STAPS-Activité Physique Adaptée-Santé
  2. STAPS-Education et Motricité
  3. STAPS-Entraînement Sportif
  4. STAPS-Management du Sport
  5. STAPS-Ergonomie du Sport et Performance Motrice

Lors de la construction du cadre national des formations, en 2014, le nombre de mentions de Licence a été réduit à 45. Les STAPS ne disposaient plus que d’une seule mention, les anciennes spécialités étant devenues des parcours. Nous avons fait une demande officielle au Ministère le 17 mai 2018 pour l’obtention de cinq mentions, correspondant aux cinq spécialités précédentes. Les arguments étaient multiples :

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Premier bilan de réussite pour les étudiants ParcourSup en STAPS

Les jurys d’examen du premier semestre de Licence 1 ayant statué dans la plupart des universités, il nous est possible de dresser un premier bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. 33 UFR et départements et 9 antennes ont répondu à notre enquête, représentant un total de 15113 étudiants inscrits en 2018-2019. Cette enquête analyse les résultats de la première session du premier semestre, donc avant la session de rattrapage.

La figure 1 permet de comparer les résultats de la promotion 2017-2018 et ceux de la promotion 2018-2019, tous étudiants confondus (néo-entrants et redoublants). D’une manière générale, on observe moins d’étudiants absents aux examens cette année que l’année dernière. A noter que nous n’avons pas été en mesure dans ces pourcentages de distinguer les décrocheurs des étudiants défaillants. On peut noter que ces pourcentages restent bien plus faibles (moins de 15% dans tous les cas) que ceux régulièrement dénoncés sur les réseaux sociaux. On observe également une baisse des pourcentages d’étudiants obtenant des moyennes inférieures à 7, et une hausse pour les moyennes plus élevées notamment dans la tranche 10-13. Cette figure isole également les résultats des néo-entrants de 2018-2019. On voit que toutes les tendances précédemment décrites sont accentuées si l’on ne prend en compte que les étudiants issus de la procédure ParcourSup.

 

Figure 1 : Répartition en pourcentages des résultats des étudiants inscrits en 2017-2018, en 2019-2019, et des néo-entrants de 2018-2019.

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Le concours en M2 : c’était la pire des solutions !

Le rapport de Monique Ronzeau et Bernard Saint-Girons, publié le 20 février 2019, privilégiait deux pistes pour le positionnement des concours enseignants :

  1. Des épreuves d’admissibilité en fin de Licence, et une admission en fin de master, admission qui « fondée sur l’obtention du master, ce qui devrait permettre de vérifier les compétences professionnelles acquises par les étudiants, cette évaluation devant nécessairement être prononcée conjointement par l’université et l’employeur, en articulant l’évaluation du master avec l’appréciation de la capacité des candidats à opérationnaliser les compétences professionnelles exigibles d’un enseignant débutant ». Cette solution était peu ou prou celle que la C3D avait défendue (voir notamment ici et ici).
  2. Un concours en fin de Master 2 (admissibilité puis admission). L’idée était principalement d’éviter de scinder le cursus master en deux phases, pré et post-concours.

Les ministres ont visiblement opté pour la seconde solution, qui à notre sens constitue le pire scénario que l’on pouvait entrevoir. (suite…)

Non, le concours enseignant n’a pas « vocation » à se dérouler en M2

1. Parce que ce serait sonner le glas de la formation professionnelle en master des futurs enseignants. Nous savons que les étudiants ne peuvent engager une véritable formation professionnelle qu’après être débarrassés de la barrière du concours,
2. Parce que les universités n’ont pas vocation à amener des étudiants à BAC+5 et à ne donner à une majorité d’entre eux qu’un diplôme n’offrant aucune perspective d’insertion professionnelle,
Nous pensons, contrairement aux déclarations du ministre de l’Education Nationale, que le concours enseignant n’a absolument pas vocation à se dérouler en M2. (suite…)

Approche par compétences et compensation

La pédagogie universitaire est essentiellement fondée sur ce que l’on peut appeler l’approche par les connaissances. Les enseignants font des cours au cours desquels chacun déverse les connaissances de sa discipline, et évaluent la capacité des étudiants à restituer ces connaissances lors des examens. Les enseignements sont généralement juxtaposés, indépendants, regroupés en « unités d’enseignement » dont la cohérence relève davantage d’un découpage administratif que d’une pertinence pédagogique. L’obtention du diplôme est décidée sur la base de la « restitution moyenne », en appliquant le principe de la compensation généralisée, entre enseignements, entre unités d’enseignement, entre semestres.

A l’heure actuelle une autre démarche se dessine, l’approche par les compétences. Cette évolution est principalement motivée par les perspectives de développement à l’université de la formation tout au long de la vie, et aussi par les exigences de professionnalisation des formations universitaires. A l’heure où l’on rentre dans une phase où les universités sont explicitement invitées à réfléchir leur offre de formation en termes de compétences, il est sans doute utile de revenir sur certaines questions qui ne manqueront pas de se poser. (suite…)

L’insertion professionnelle des diplômés de STAPS

La C3D a réalisé avec le GAREF[1] une enquête sur le parcours professionnel et/ou scolaire des étudiants diplômés en 2015-2016 d’un diplôme STAPS (DEUST, Licence 3 générale, Licence professionnelle, Master 2).

Cette enquête confirme les résultats des précédentes (voir notamment les enquêtes du CEREQ), mais en adoptant un grain d’analyse particulièrement fin (notamment pour des diplômes peu investigués auparavant, comme le DEUST ou la Licence). Pour les étudiants qui ont décidé de s’insérer professionnellement suite à l’obtention de leur diplôme, le taux d’emploi est de 84,5%, et atteint 91,5% pour les Masters.

Les diplômés STAPS ont cependant majoritairement poursuivi leurs études (62,5%), prioritairement en restant en STAPS (67,8%). Seuls les diplômés de Licences professionnelles ou de Master ont majoritairement mis un terme à leurs études après l’obtention du diplôme. (suite…)

Quels enseignements de spécialité quand on veut aller en STAPS ?

Les élèves de seconde doivent cette année choisir les trois enseignements de spécialité qu’ils suivront l’année prochaine en classe de Première. Ils doivent également choisir une option. Les établissements secondaires et les familles sont en attente d’informations afin d’éclairer ces choix de spécialité.

Dans certaines disciplines universitaires (par exemple Sciences ou Langues), on peut s’attendre évidemment à ce que certains enseignements de spécialités soient strictement requis. Il semble difficile pour les STAPS d’avoir une approche comparable. Les enseignements que nous proposons sont pluridisciplinaires (sciences de la vie, sciences humaines, sciences sociales), et nos étudiants présentent généralement des profils très divers. (suite…)

Postes aux concours de recrutement: statu quo, pour le moment…

C’est avec un soulagement certain que nous avons pris acte aujourd’hui du nombre de postes ouverts aux concours de recrutement en EPS en 2019: 650 postes au CAPEPS externe (630 en 2018), et 69 postes au CAFEP-CAPEPS (78  en 2018). Ces chiffres confirment des informations que nous avions pu recueillir ces dernières semaines.

Il est clair que nous nourrissions de vives inquiétudes, suite à l’annonce des Jean-Michel Blanquer sur les suppressions de postes dans l’enseignement secondaire. Notons quand même que si l’EPS ne s’en tire pas trop mal, d’autres disciplines  sont touchées par des baisses significatives (voir le post de François Jarraud sur le Café Pédagogique).

Si ces chiffres devraient rassurer les candidats de cette année, les inquiétudes demeurent sur le moyen terme. On peut craindre que la réforme du lycée, lorsqu’elle sera entièrement déployée, génère une baisse brutale des recrutements. Par ailleurs, la réforme actuellement en débat sur la formation initiale laisse entrevoir des tentations inquiétantes: reprise en main des ESPE par les rectorats, réduction des exigences universitaires, exploitation des stagiaires de master et des reçus-collés du master pour combler les déficits locaux, régionalisation des recrutements.

Les décisions qui seront prises dans les mois qui viennent risquent de bouleverser le paysage de la formation et du recrutement des enseignants. Les STAPS seront particulièrement affectées, notamment la Licence Education et Motricité qui conserve (pour le moment) une forte attractivité, mais qui pourrait voir un de ses débouchés emblématiques se tarir.

ParcourSup : la fin des pièces justificatives ?

Frédérique Vidal avait au mois de septembre évoqué l’anonymisation des dossiers de candidatures sur la plate-forme ParcourSup, en évoquant des craintes de discrimination d’accès dans l’enseignement supérieur. Visiblement cette idée a poursuivi son chemin, puisque l’on vient de nous informer que le dépôt de pièces justificatives (nécessairement nominatives) ne serait sans doute plus possible cette année sur la plate-forme. (suite…)

Un premier bilan de ParcourSup en Licence STAPS

Un mois après la rentrée universitaire, nous sommes en mesure de proposer un premier bilan de la nouvelle procédure d’admission. Basé sur des données collectées auprès des UFR et départements STAPS, ce bilan tente de dresser un bilan objectif, loin des discours angéliques des uns et des diatribes caricaturales des autres.

L’enquête que nous avons réalisée porte surtout sur la composition des promotions de licence 1 à la rentrée 2018 et a été renseignée par 43 structures. Ces résultats concernent 17392 places de Licence 1 sur 18513, soit 93.9% de la capacité nationale. Les parcours particuliers (kiné, équitation, ENS, etc.) n’ont pas été comptabilisés. L’enquête fait apparaître des évolutions marquées. La première ligne du tableau suivant correspond aux statistiques APB de l’année 2017 (les candidats ayant été tirés au sort, on fait l’hypothèse que la composition des promotions de licence 1 était similaire à celle des candidats), la seconde aux candidats ayant postulé à une licence STAPS en 2018 sur ParcourSup, et la dernière aux candidats ayant accepté la proposition.

% Filles

% Bac S

% Bac ES

% Bac L

%Bac Techno

% Bac Pro

APB 2017

28.0

44.8

23.2

2.8

19.4

5.9

Candidats 2018

29.8

52.2

24.6

2.5

16.9

4.3

Admis 2018

30.9

53.3

26.7

2.6

15.7

3.9

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Une anonymisation de ParcourSup ?

Le ministère a récemment évoqué l’hypothèse de l’anonymisation des dossiers de candidatures sur la plate-forme ParcourSup en 2019 (voir ici). Frédérique Vidal évoque notamment « les craintes de discrimination d’accès dans l’enseignement supérieur ». Anonymiser les dossiers, comme on anonymise les CV pour les recrutements, pour éviter les évictions à l’origine géographique, au faciès ou aux consonances de patronymes.

On peut en effet imaginer que certaines formations profitent opportunément du classement des candidats pour privilégier certains établissements d’origine, bloquant toute perspective aux élèves issus de milieux moins favorisés. La C3D STAPS a anticipé cette tentation en annonçant clairement que l’établissement d’origine ne serait pas pris en compte dans le classement des candidats à la Licence, et en privilégiant la préférence académique, afin de ne pas mettre en concurrence les centres de formation.

Par ailleurs, pour dépasser un classement qui ne porterait que sur les résultats scolaires, nous avons également proposé des critères liés aux investissements sportifs, associatifs, et citoyens, attestés évidemment par des pièces justificatives déposées par les candidats. Difficile dans ce cas d’imaginer d’anonymiser ces pièces, faute de quoi aucune vérification ne serait envisageable. On a un peu de mal, dès lors, de comprendre ce que pourrait être l’anonymisation partielle évoquée par Frédérique Vidal.

Enfin il est surprenant de répéter d’un côté l’exigence de « mettre de l’humain » dans la procédure de classement des candidatures, et d’un autre d’envisager de rendre cette procédure anonyme. Mieux vaudrait sans doute passer par un rappel (très) appuyé aux responsables de formation de leurs missions de service public que par une anonymisation brutale.

Libres propos sur ParcourSup et le Plan Etudiants

On a assisté, lors de la préparation et de la mise en place du Plan Etudiants, à des débats passionnés, souvent aveuglés par des analyses binaires ou des postulats idéologiques. Ces discussions ont tourné de manière assez anarchique autour de deux questions. Une première est de nature philosophique : tout lycéen titulaire du baccalauréat peut-il poursuivre les études universitaires de son choix ? La seconde est de nature plus technique : est-il possible de classer les candidatures, dans une filière donnée, sur la base des informations disponibles sur ParcourSup ? On a souvent eu tendance à répondre à la première question en argumentant à partir de la seconde, et vice-versa. Or on aura compris qu’en fonction de la réponse apportée à la première, la seconde n’a pas vocation à être posée. Tentons de reprendre ces questions de manière plus ordonnée. Les réflexions qui suivent sont évidemment orientées par mon positionnement, en charge pour la C3D STAPS d’une discipline universitaire connaissant une forte tension, et chargée de spécificités assez particulières. (suite…)

Formation des enseignants : pour un concours en fin de Licence

Puisque l’on parle de plus en plus d’un repositionnement des concours de recrutement des enseignants en fin de licence, il me semble qu’il est opportun de réactiver quelques arguments, précédemment développés. Je suis absolument favorable à cette évolution, et dès la mise en place de la réforme de la mastérisation j’ai milité pour un concours précoce, situé en amont du master[1].

L’idée principale est de permettre aux masters enseignement de pleinement jouer leur rôle : donner aux enseignants une véritable formation universitaire, mêlant apprentissage du métier et formation à et par la recherche. Il ne s’agit pas uniquement d’apprendre à « faire la classe ». Les futurs enseignants devront être capables de s’adapter aux futures mutations de l’Ecole, et c’est tout le sens de la réforme de mastérisation de ne pas s’en tenir à une formation professionnelle à court terme, mais de former des professeurs capables de faire face aux défis à venir. A l’heure actuelle le concours situé en fin de master 1 réduit considérablement ces ambitions, les étudiants restant obnubilés en première année par la préparation du concours et en seconde année écrasés par leurs nouvelles responsabilités de fonctionnaire-stagiaire. Placer le concours en fin de Licence, c’est libérer un temps effectif de formation au métier d’enseignant, dans sa réalité et son devenir. (suite…)

STAPS : La procédure de classement des candidatures sur ParcourSup

Comme elle s’y était engagée, la C3D rend publique la procédure de classement des candidatures qu’elle a proposée à toutes les formations STAPS. Il faut savoir qu’à partir d’une première ébauche, construite dès juin 2017 lors du séminaire de Rodez, cette procédure a progressivement évolué en fonction des remarques que les commissions d’examen des vœux faisaient remonter. Certains se sont gaussés du fait que cinq versions successives de la procédure ont été proposées. C’est tout à fait vrai. Chaque version corrigeait des défauts constatés par les commissions. Il est difficile d’anticiper les résultats de telles propositions avant de les confronter à des données réelles. Nous nous sommes adaptés aux informations effectivement disponibles sur ParcourSup, ainsi qu’à la nature des pré-classements que les premières versions de la procédure produisaient. La version définitive n’a été arrêtée par le CA de la C3D que le 2 mai. (suite…)

ParcourSup va-t-il vraiment « sélectionner » les étudiants ?

Dans les disciplines en tension, évidemment. Inutile de se voiler la face. Mais le nombre de disciplines en tension n’est pas si élevé que cela, et c’est surtout les STAPS qui sont en première ligne. Donc je ne vois pas la sélection comme un processus installé et généralisé. Je voudrais surtout ici sortir des slogans trop évidents et trop faciles sur la « sélection », pour revenir à une évaluation un peu plus rationnelle des nouvelles procédures d’entrée à l’université. Il me semble que d’une manière générale, ParcourSup a pour principale vertu de mieux informer les candidats, et d’éviter les orientations hasardeuses.

L’objectif principal était de sortir de l’ineptie du tirage au sort qui sélectionnait certains candidats incapables de suivre des études universitaires, et laissait sur le carreau des candidats préparés, désespérés de voir leurs projets s’envoler. Tous ceux que nous avons rencontrés dans les Salons et Journées Portes Ouvertes (les lycéens et leurs familles) se sont félicités de cette nouvelle procédure. (suite…)

ParcourSup : Une lettre de motivation pour STAPS à 40 €

Christel Brigaudeau, journaliste au Parisien, s’est procurée sur un site internet une lettre de motivation personnalisée pour candidater via ParcourSup à la Licence STAPS (voir l’article publié sur le site du Parisien). Prix de la prestation : une quarantaine d’euros. Nous reproduisons à la fin de ce billet cette lettre de motivation, qu’elle nous a aimablement communiquée. Nous incitons évidemment les candidats à s’en inspirer. Cela permettra de casser les prix de ce type de prestation. Prenez quand même en compte les commentaires qui suivent… (suite…)

Plan Etudiants : malaises et incertitudes

A l’heure de la clôture de ParcourSup, les gazettes font leurs choux gras des difficultés que les universités vont certainement rencontrer dans le traitement de ces candidatures. Le Conseil d’Administration de la C3D s’est réuni ce jour et a continué sa réflexion sur la procédure que les STAPS envisagent de mettre en place pour classer les candidats. Je pense qu’on s’en sortira sans trop de problèmes…

Par contre nous sentons poindre d’autres sujets de crispation, qu’il ne faudrait pas occulter. Rappelons que le Plan Etudiants comprenait trois volets nécessairement complémentaires :

  • La suppression du tirage au sort
  • L’accroissement des capacités d’accueil dans les disciplines en tension
  • L’amélioration de la réussite des étudiants, notamment par la mise en place de parcours adaptés

(suite…)

720 € pour « booster » son dossier ParcourSup

L’École des métiers du service, du commerce et de l’accueil (EMSCA) avait déjà lancé à la rentrée 2015 une préparation privée aux études de STAPS. Pour un peu plus de 6000€, les stagiaires pouvaient suivre des enseignements théoriques et sportifs supposés leur permettre de réussir leurs études en STAPS. Il était également susurré que les préparationnaires pourraient plus facilement intégrer l’université, ce qui ne manquait pas d’air puisque l’entrée en Licence STAPS était alors soumise à tirage au sort. Quand ils veulent attirer le chaland, les escrocs ne reculent devant rien.

L’EMSCA remet ça cette année, en ajoutant une nouvelle formule : un stage de 10 jours, facturé 720 €, pour « booster » son dossier sur ParcourSup. Le site internet de cette « Ecole » ne fait pas dans la dentelle : « Afin de vous donner toutes les chances d’être retenu(e), votre livret scolaire doit être excellent. Par ailleurs,  le CV et la lettre de motivation que vous allez envoyer aux recruteurs via la nouvelle plateforme ParcourSup devront illustrer votre parcours sportif mais aussi votre motivation sans faille. C’est pour bien vous préparer et ajouter sur votre CV cette expérience qui fera toute la différence aux yeux des recruteurs que nous vous proposons de participer pendant les vacances scolaires à l’un de nos stages PREPA STAPS ». (suite…)

Non, le BAFA n’est pas exigé pour rentrer en Licence STAPS…

Une dépêche AEF du 8 février 2018 rend compte des débats qui ont eu lieu au Sénat lors de la discussion sur la loi « orientation et réussite des étudiants ». Il y est notamment rapporté une déclaration de Pierre Ouzoulias, sénateur du groupe communiste : « Il est anormal qu’une université demande le BAFA dans ses attendus, comme c’est le cas par exemple à Montpellier« . Puisque cette rumeur revient régulièrement dans les déclarations des uns et des autres (journalistes, parlementaires, associations étudiantes), je souhaiterais faire une mise au point qui je l’espère sera lue, comprise et diffusée. (suite…)