L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

STAPS

Les 5 mentions de Licence STAPS sont publiées au Journal Officiel

Le journal Officiel du 27 juin 2019 publie l’arrêté du 23 mai 2019 modifiant l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de licence et l’arrêté du 4 février 2014 fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de master.

Ce texte acte la création de cinq mentions de Licence STAPS, correspondant aux parcours nationaux développés jusqu’alors dans la mention unique :
– STAPS – Activité physique adaptée et santé (APAS)
– STAPS – Education et motricité (EM)
– STAPS – Entraînement sportif (ES)
– STAPS – Ergonomie du sport et performance motrice (ESPM)
– STAPS – Management du sport (MS)

Cette création rentrera en application dès la rentrée 2019. Pour chacun des établissements actuellement accrédités pour la délivrance d’une Licence mention STAPS, la DGESIP va effectuer la transposition vers ces nouvelles mentions, en remplacement des parcours existant actuellement. Les universités sont actuellement contactées dans ce sens.

La C3D a porté officiellement une demande auprès du Ministère de l’Enseignement supérieur le 17 mai 2018, dans laquelle nous exprimions notre souhait que l’actuelle Licence STAPS soit divisée en 5 mentions autonomes. Cet aménagement nous paraissait essentiel à la lisibilité auprès des employeurs des formations de Licence STAPS, et donc à l’insertion professionnelle des diplômés. Rappelons que trois parcours de la Licence STAPS donnaient droit à l’obtention d’une carte professionnelle. Les cinq mentions de Licence STAPS resteront groupées dans un portail STAPS, affiché comme tel sur ParcourSup. Les étudiants intégreront de manière progressive la mention de leur choix, après une première année commune.

Nous remercions sincèrement l’ensemble des partenaires qui nous ont soutenu dans ce processus, et notamment le cabinet du MESRI, le cabinet du Ministère des Sports, les branches professionnelles, et l’ANESTAPS.

ParcourSup : La procédure de classement des vœux en STAPS

La procédure de classement de vœux sur ParcourSup s’est achevée le 10 mai. Comme l’année dernière nous présentons les détails de la démarche suivie pour la licence STAPS. Elle est à peu près identique à celle mise au point l’année dernière, les modifications portant essentiellement sur des adaptations aux informations effectivement disponibles cette année sur la plateforme. Cette présentation est essentiellement technique, et ne vise pas à légitimer une démarche, légitimation sur laquelle nous nous sommes déjà largement exprimés.

L’ensemble des UFR et départements STAPS ont utilisé la même procédure proposée par la C3D pour la Licence STAPS (à part dans une université qui a imposé l’utilisation du module d’aide à la décision). Outre le fait que cette procédure nationale simplifie grandement le travail des commissions d’examen des vœux, elle assure que sur l’ensemble du territoire les candidats à la Licence STAPS sont traités de manière identique. Un candidat postulant en Licence STAPS dans des universités différentes doit donc obtenir des scores identiques. Cette procédure a été mise à disposition de tous les UFR et départements STAPS le 5 avril, au travers d’un fichier Excel et d’un mode d’emploi détaillé.

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Des postes pour les STAPS ?

Après les nombreuses créations de postes obtenues lors de la première année d’application de la loi ORE (selon notre dernier pointage, 65 postes second degré, 48 postes d’enseignant-chercheur, et 10 postes BIATTS), beaucoup de structures STAPS nous font remonter leurs inquiétudes quant à l’attribution de moyens pour faire face à la rentrée prochaine. Les universités annoncent d’une manière générale que l’augmentation des effectifs, tant en L1 qu’en L2, ne pourra être accompagnée que de dotations financières (1600€ par place supplémentaire), et non par la création de nouveaux postes. Cette situation, alors que le ministère s’était engagé à accompagner les filières en tension sur un plan pluriannuel inquiète un certain nombre d’UFR STAPS, qui avaient en effet planifié leurs perspectives de recrutement sur plusieurs années. Par ailleurs certaines antennes nouvellement créées auront des difficultés à assurer la seconde année, faute de pouvoir recruter des enseignants supplémentaires.

Si nous augmentons nos capacités d’accueil, ce n’est pas seulement pour réduire ponctuellement la pression, c’est aussi pour faire réussir nos étudiants. Notre engagement pour les parcours adaptés et l’amélioration de nos taux de réussite en semestre 1 en attestent. Ce sont des projets à long terme qui ne se traitent pas par de l’argent, mais par l’installation de compétences pédagogiques qui ne peuvent venir que de recrutements pérennes.

Nous avons contacté le ministère afin d’avoir une idée exacte des crédits alloués aux STAPS. Le tableau suivant récapitule l’effort financier réalisé ces trois dernières années[1]. Le ministère précise en outre qu’en effet cette année les budgets ne sont pas notifiés en postes, mais sous forme d’allocation de 1600 euros par place créée. Cependant l’argent qui est versé peut servir à financer des postes. Sauf problème de plafond d’emplois, il peut servir à recruter des enseignants titulaires et est soclé (c’est à dire inclus dans la dotation de manière pérenne).

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Le CNESER vote contre la création des cinq mentions de licence STAPS

Lors de sa séance du 16 avril 2019, le CNESER a rejeté le projet de création de cinq mentions de licence STAPS, par 4 voix pour, deux abstentions et 19 voix contre (notamment le SNESUP, le SGEN-CFDT, la CGT, et les organisations étudiantes). C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis un an, qui nous semble essentiel pour l’employabilité de nos étudiants, et nous avons du mal à comprendre la défiance du CNESER, que nous ne pouvons guère attribuer qu’à une méconnaissance profonde de l’offre de formation des STAPS et de son fonctionnement.

On nous a dit que ce vote ne portait pas uniquement sur les mentions STAPS, mais qu’il s’agissait d’une modification plus large du cadre national des formations. En effet le projet de modification évoquait aussi sur une précision du périmètre géographique de la mention « théologie », et un changement de dénomination de la mention « sciences du médicament ». Sujets sensibles s’il en est. On ne sait pas vraiment si ce vote était une manifestation d’opposition de principe à toute évolution du Cadre National des Formations, dans un moment fusionnel intersyndical assez exceptionnel, ou si c’est spécifiquement le projet des STAPS qui était visé. On attend toujours une explication de texte crédible. (suite…)

Kinésithérapeutes : les nouveaux couteaux suisses de la préparation des sportifs

Un article paru le 10 avril 2019 sur le très officiel site de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et intitulé « Marathon : Le kinésithérapeute, votre partenaire prépa » offre quelques morceaux d’anthologie. Il commence par énoncer que le kinésithérapeute, « fin connaisseur des pathologies liées à la pratique du sport, […] est également détenteur du titre d’éducateur sportif  ou éducateur sportif en activités physiques et sportives adaptées ». Cette déclaration reprend un avis du conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes du 24 mars 2016, dont on peut sans doute discuter la pertinence. Le code du sport liste les diplômes ouvrant droit à l’encadrement contre rémunération d’une activité physique ou sportive, et permettant l’obtention de la carte professionnelle d’éducateur sportif. Le diplôme de masseur-kinésithérapeute y est en effet cité, comme permettant « l’encadrement de la pratique de la gymnastique hygiénique, d’entretien ou préventive dans les établissements d’activités physiques et sportives déclarés ». Ce qui par rapport à d’autres éducateurs sportifs réduit singulièrement l’empan des compétences des diplômés.

Quant au titre d’éducateur sportif en activités physiques et sportives adaptées, il n’existe simplement pas. Et les seules formations en activité physique adaptée sont délivrées par l’université, dans le cadre des cursus STAPS. Quitte à inventer un libellé, il aurait été sans doute plus honnête – mais moins vendeur –, de dire que les masseurs-kinésithérapeutes sont détenteurs du titre « d’éducateur sportif en gymnastique hygiénique, d’entretien ou préventive ».

La suite de l’article est encore plus délectable : « Votre kiné vous accompagnera ainsi tout au long de votre préparation, de votre récupération en vous donnant des conseils sur la technique de course, la préparation physique voire mentale, l’alimentation et l’hydratation, le choix de vos chaussures etc. Il quantifiera le stress mécanique et vous aidera à mettre en place votre programme d’entraînement ». Là on est loin de la gymnastique hygiénique… Le kinésithérapeute couteau suisse au service des sportifs. A la fois entraîneur, préparateur physique, coach, préparateur mental, nutritionniste, équipementier et ergonome. Un superman qui aurait suivi simultanément toutes les mentions de STAPS.

S’ils désirent vraiment s’intégrer à l’université, les kinésithérapeutes devraient sans doute se centrer davantage sur leurs compétences propres et respecter celles de leurs partenaires. Et abandonner cette communication de camelot, de bonimenteur de foire, qui ne les grandit pas vraiment.

On évaluera la déontologie de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes au temps qu’il mettra à supprimer cet article de son site.

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PS: Suite à de nombreux échanges sur Twitter avec des masseurs-kinésithérapeutes, je me suis rendu compte que peu d’entre eux avaient une vision claire des compétences que leur formation initiale était sensée leur conférer. Je me permets de les renvoyer vers la fiche RNCP du DE de Masseur-Kinésithérapeute, en ligne sur le site de la CNCP.

France Stratégie : une présentation bien caricaturale des STAPS

France Stratégie a publié en février 2019 un rapport intitulé « Vision prospective partagée des emplois et des compétences : Les métiers du sport ». Ce rapport présente des analyses tout à fait intéressantes sur les métiers du sport et leur évolution. On y apprend notamment qu’en 2017 les STAPS ont délivré 11 825 diplômes, contre 15 300 pour le ministère des Sports (BPJEPS majoritairement), et 6000 pour la branche professionnelle du sport (CQP). Les STAPS attirent des jeunes bacheliers en formation initiale, les BPJEPS et les CQP concernent des individus plus âgés et souvent déjà en situation d’emploi.

La présentation des formations en STAPS reste cependant étonnamment allusive et chargée d’a priori. Il est par exemple déclaré qu’en STAPS, « ce sont des jeunes en formation initiale dont une partie se destine aux métiers de l’enseignement des APS (préparation du concours) » (p. 13). Plus loin : « Cette filière prépare historiquement aux métiers de l’enseignement au sein de l’Éducation Nationale, mais elle s’est fortement diversifiée depuis » (p. 61). Et enfin : « pour faire face à la forte demande, toujours croissante, des jeunes bacheliers pour entrer dans la filière STAPS, les acteurs de cette filière cherchent à diversifier l’offre de formation vers des parcours autres que ceux de l’enseignement et de l’encadrement. Des licences « parcours management du sport » ont ainsi été développées,… » (p 65).

Si en effet lors de la création des UEREPS en 1974 la formation était uniquement finalisée par le professorat d’EPS, la diversification des filières a été initiée dès 1982 (il y a quand même 37 ans…). Les STAPS ne cherchent plus à diversifier l’offre de formation, cette diversification est installée depuis plusieurs décennies, et reconnue par les professionnels (sans quoi nous ne pourrions afficher les taux d’insertion professionnelle rappelés dans le rapport…).

A aucun moment les formations en Activité Physique Adaptée-Santé ne sont évoquées (à part de manière allusive, dans un tableau annexé p. 110), alors qu’elles représentent un pilier de l’offre de formation en STAPS, adossé sur une recherche spécifique. De même, la filière Education et Motricité est confinée dans la préparation aux concours de l’enseignement, quand la majeure partie des étudiants trouvent du travail dans le sport éducatif, auprès des associations et des collectivités locales. Les DEUST et Licences professionnelles proposées par les STAPS ne sont jamais présentées. On énonce complaisamment que les compétences des diplômés STAPS sont « parfois jugées trop généralistes », sans préciser de qui vient ce type de jugement ni rappeler les efforts réalisés depuis une vingtaine d’années pour aligner les contenus de formation en STAPS aux demandes des employeurs, autorisant ainsi l’inscription de la plupart des diplômes STAPS au Code du Sport.

Il est regrettable que dans un rapport censé éclairer les politiques de l’Etat, on donne une image partielle et dépassée de l’offre de formation du service public de l’enseignement supérieur.

Création de cinq mentions nationales de Licence STAPS

Dans un courrier daté du 6 mars 2019, le MESRI vient de nous annoncer qu’il acceptait la création de cinq mentions de licence STAPS :

  1. STAPS-Activité Physique Adaptée-Santé
  2. STAPS-Education et Motricité
  3. STAPS-Entraînement Sportif
  4. STAPS-Management du Sport
  5. STAPS-Ergonomie du Sport et Performance Motrice

Lors de la construction du cadre national des formations, en 2014, le nombre de mentions de Licence a été réduit à 45. Les STAPS ne disposaient plus que d’une seule mention, les anciennes spécialités étant devenues des parcours. Nous avons fait une demande officielle au Ministère le 17 mai 2018 pour l’obtention de cinq mentions, correspondant aux cinq spécialités précédentes. Les arguments étaient multiples :

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Premier bilan de réussite pour les étudiants ParcourSup en STAPS

Les jurys d’examen du premier semestre de Licence 1 ayant statué dans la plupart des universités, il nous est possible de dresser un premier bilan de réussite pour la première promotion d’étudiants STAPS issus de la procédure ParcourSup. 33 UFR et départements et 9 antennes ont répondu à notre enquête, représentant un total de 15113 étudiants inscrits en 2018-2019. Cette enquête analyse les résultats de la première session du premier semestre, donc avant la session de rattrapage.

La figure 1 permet de comparer les résultats de la promotion 2017-2018 et ceux de la promotion 2018-2019, tous étudiants confondus (néo-entrants et redoublants). D’une manière générale, on observe moins d’étudiants absents aux examens cette année que l’année dernière. A noter que nous n’avons pas été en mesure dans ces pourcentages de distinguer les décrocheurs des étudiants défaillants. On peut noter que ces pourcentages restent bien plus faibles (moins de 15% dans tous les cas) que ceux régulièrement dénoncés sur les réseaux sociaux. On observe également une baisse des pourcentages d’étudiants obtenant des moyennes inférieures à 7, et une hausse pour les moyennes plus élevées notamment dans la tranche 10-13. Cette figure isole également les résultats des néo-entrants de 2018-2019. On voit que toutes les tendances précédemment décrites sont accentuées si l’on ne prend en compte que les étudiants issus de la procédure ParcourSup.

 

Figure 1 : Répartition en pourcentages des résultats des étudiants inscrits en 2017-2018, en 2019-2019, et des néo-entrants de 2018-2019.

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Approche par compétences et compensation

La pédagogie universitaire est essentiellement fondée sur ce que l’on peut appeler l’approche par les connaissances. Les enseignants font des cours au cours desquels chacun déverse les connaissances de sa discipline, et évaluent la capacité des étudiants à restituer ces connaissances lors des examens. Les enseignements sont généralement juxtaposés, indépendants, regroupés en « unités d’enseignement » dont la cohérence relève davantage d’un découpage administratif que d’une pertinence pédagogique. L’obtention du diplôme est décidée sur la base de la « restitution moyenne », en appliquant le principe de la compensation généralisée, entre enseignements, entre unités d’enseignement, entre semestres.

A l’heure actuelle une autre démarche se dessine, l’approche par les compétences. Cette évolution est principalement motivée par les perspectives de développement à l’université de la formation tout au long de la vie, et aussi par les exigences de professionnalisation des formations universitaires. A l’heure où l’on rentre dans une phase où les universités sont explicitement invitées à réfléchir leur offre de formation en termes de compétences, il est sans doute utile de revenir sur certaines questions qui ne manqueront pas de se poser. (suite…)

L’insertion professionnelle des diplômés de STAPS

La C3D a réalisé avec le GAREF[1] une enquête sur le parcours professionnel et/ou scolaire des étudiants diplômés en 2015-2016 d’un diplôme STAPS (DEUST, Licence 3 générale, Licence professionnelle, Master 2).

Cette enquête confirme les résultats des précédentes (voir notamment les enquêtes du CEREQ), mais en adoptant un grain d’analyse particulièrement fin (notamment pour des diplômes peu investigués auparavant, comme le DEUST ou la Licence). Pour les étudiants qui ont décidé de s’insérer professionnellement suite à l’obtention de leur diplôme, le taux d’emploi est de 84,5%, et atteint 91,5% pour les Masters.

Les diplômés STAPS ont cependant majoritairement poursuivi leurs études (62,5%), prioritairement en restant en STAPS (67,8%). Seuls les diplômés de Licences professionnelles ou de Master ont majoritairement mis un terme à leurs études après l’obtention du diplôme. (suite…)

Quels enseignements de spécialité quand on veut aller en STAPS ?

Les élèves de seconde doivent cette année choisir les trois enseignements de spécialité qu’ils suivront l’année prochaine en classe de Première. Ils doivent également choisir une option. Les établissements secondaires et les familles sont en attente d’informations afin d’éclairer ces choix de spécialité.

Dans certaines disciplines universitaires (par exemple Sciences ou Langues), on peut s’attendre évidemment à ce que certains enseignements de spécialités soient strictement requis. Il semble difficile pour les STAPS d’avoir une approche comparable. Les enseignements que nous proposons sont pluridisciplinaires (sciences de la vie, sciences humaines, sciences sociales), et nos étudiants présentent généralement des profils très divers. (suite…)

Postes aux concours de recrutement: statu quo, pour le moment…

C’est avec un soulagement certain que nous avons pris acte aujourd’hui du nombre de postes ouverts aux concours de recrutement en EPS en 2019: 650 postes au CAPEPS externe (630 en 2018), et 69 postes au CAFEP-CAPEPS (78  en 2018). Ces chiffres confirment des informations que nous avions pu recueillir ces dernières semaines.

Il est clair que nous nourrissions de vives inquiétudes, suite à l’annonce des Jean-Michel Blanquer sur les suppressions de postes dans l’enseignement secondaire. Notons quand même que si l’EPS ne s’en tire pas trop mal, d’autres disciplines  sont touchées par des baisses significatives (voir le post de François Jarraud sur le Café Pédagogique).

Si ces chiffres devraient rassurer les candidats de cette année, les inquiétudes demeurent sur le moyen terme. On peut craindre que la réforme du lycée, lorsqu’elle sera entièrement déployée, génère une baisse brutale des recrutements. Par ailleurs, la réforme actuellement en débat sur la formation initiale laisse entrevoir des tentations inquiétantes: reprise en main des ESPE par les rectorats, réduction des exigences universitaires, exploitation des stagiaires de master et des reçus-collés du master pour combler les déficits locaux, régionalisation des recrutements.

Les décisions qui seront prises dans les mois qui viennent risquent de bouleverser le paysage de la formation et du recrutement des enseignants. Les STAPS seront particulièrement affectées, notamment la Licence Education et Motricité qui conserve (pour le moment) une forte attractivité, mais qui pourrait voir un de ses débouchés emblématiques se tarir.

ParcourSup : la fin des pièces justificatives ?

Frédérique Vidal avait au mois de septembre évoqué l’anonymisation des dossiers de candidatures sur la plate-forme ParcourSup, en évoquant des craintes de discrimination d’accès dans l’enseignement supérieur. Visiblement cette idée a poursuivi son chemin, puisque l’on vient de nous informer que le dépôt de pièces justificatives (nécessairement nominatives) ne serait sans doute plus possible cette année sur la plate-forme. (suite…)

Un premier bilan de ParcourSup en Licence STAPS

Un mois après la rentrée universitaire, nous sommes en mesure de proposer un premier bilan de la nouvelle procédure d’admission. Basé sur des données collectées auprès des UFR et départements STAPS, ce bilan tente de dresser un bilan objectif, loin des discours angéliques des uns et des diatribes caricaturales des autres.

L’enquête que nous avons réalisée porte surtout sur la composition des promotions de licence 1 à la rentrée 2018 et a été renseignée par 43 structures. Ces résultats concernent 17392 places de Licence 1 sur 18513, soit 93.9% de la capacité nationale. Les parcours particuliers (kiné, équitation, ENS, etc.) n’ont pas été comptabilisés. L’enquête fait apparaître des évolutions marquées. La première ligne du tableau suivant correspond aux statistiques APB de l’année 2017 (les candidats ayant été tirés au sort, on fait l’hypothèse que la composition des promotions de licence 1 était similaire à celle des candidats), la seconde aux candidats ayant postulé à une licence STAPS en 2018 sur ParcourSup, et la dernière aux candidats ayant accepté la proposition.

% Filles

% Bac S

% Bac ES

% Bac L

%Bac Techno

% Bac Pro

APB 2017

28.0

44.8

23.2

2.8

19.4

5.9

Candidats 2018

29.8

52.2

24.6

2.5

16.9

4.3

Admis 2018

30.9

53.3

26.7

2.6

15.7

3.9

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Libres propos sur ParcourSup et le Plan Etudiants

On a assisté, lors de la préparation et de la mise en place du Plan Etudiants, à des débats passionnés, souvent aveuglés par des analyses binaires ou des postulats idéologiques. Ces discussions ont tourné de manière assez anarchique autour de deux questions. Une première est de nature philosophique : tout lycéen titulaire du baccalauréat peut-il poursuivre les études universitaires de son choix ? La seconde est de nature plus technique : est-il possible de classer les candidatures, dans une filière donnée, sur la base des informations disponibles sur ParcourSup ? On a souvent eu tendance à répondre à la première question en argumentant à partir de la seconde, et vice-versa. Or on aura compris qu’en fonction de la réponse apportée à la première, la seconde n’a pas vocation à être posée. Tentons de reprendre ces questions de manière plus ordonnée. Les réflexions qui suivent sont évidemment orientées par mon positionnement, en charge pour la C3D STAPS d’une discipline universitaire connaissant une forte tension, et chargée de spécificités assez particulières. (suite…)

Formation des enseignants : pour un concours en fin de Licence

Puisque l’on parle de plus en plus d’un repositionnement des concours de recrutement des enseignants en fin de licence, il me semble qu’il est opportun de réactiver quelques arguments, précédemment développés. Je suis absolument favorable à cette évolution, et dès la mise en place de la réforme de la mastérisation j’ai milité pour un concours précoce, situé en amont du master[1].

L’idée principale est de permettre aux masters enseignement de pleinement jouer leur rôle : donner aux enseignants une véritable formation universitaire, mêlant apprentissage du métier et formation à et par la recherche. Il ne s’agit pas uniquement d’apprendre à « faire la classe ». Les futurs enseignants devront être capables de s’adapter aux futures mutations de l’Ecole, et c’est tout le sens de la réforme de mastérisation de ne pas s’en tenir à une formation professionnelle à court terme, mais de former des professeurs capables de faire face aux défis à venir. A l’heure actuelle le concours situé en fin de master 1 réduit considérablement ces ambitions, les étudiants restant obnubilés en première année par la préparation du concours et en seconde année écrasés par leurs nouvelles responsabilités de fonctionnaire-stagiaire. Placer le concours en fin de Licence, c’est libérer un temps effectif de formation au métier d’enseignant, dans sa réalité et son devenir. (suite…)

STAPS : La procédure de classement des candidatures sur ParcourSup

Comme elle s’y était engagée, la C3D rend publique la procédure de classement des candidatures qu’elle a proposée à toutes les formations STAPS. Il faut savoir qu’à partir d’une première ébauche, construite dès juin 2017 lors du séminaire de Rodez, cette procédure a progressivement évolué en fonction des remarques que les commissions d’examen des vœux faisaient remonter. Certains se sont gaussés du fait que cinq versions successives de la procédure ont été proposées. C’est tout à fait vrai. Chaque version corrigeait des défauts constatés par les commissions. Il est difficile d’anticiper les résultats de telles propositions avant de les confronter à des données réelles. Nous nous sommes adaptés aux informations effectivement disponibles sur ParcourSup, ainsi qu’à la nature des pré-classements que les premières versions de la procédure produisaient. La version définitive n’a été arrêtée par le CA de la C3D que le 2 mai. (suite…)

ParcourSup va-t-il vraiment « sélectionner » les étudiants ?

Dans les disciplines en tension, évidemment. Inutile de se voiler la face. Mais le nombre de disciplines en tension n’est pas si élevé que cela, et c’est surtout les STAPS qui sont en première ligne. Donc je ne vois pas la sélection comme un processus installé et généralisé. Je voudrais surtout ici sortir des slogans trop évidents et trop faciles sur la « sélection », pour revenir à une évaluation un peu plus rationnelle des nouvelles procédures d’entrée à l’université. Il me semble que d’une manière générale, ParcourSup a pour principale vertu de mieux informer les candidats, et d’éviter les orientations hasardeuses.

L’objectif principal était de sortir de l’ineptie du tirage au sort qui sélectionnait certains candidats incapables de suivre des études universitaires, et laissait sur le carreau des candidats préparés, désespérés de voir leurs projets s’envoler. Tous ceux que nous avons rencontrés dans les Salons et Journées Portes Ouvertes (les lycéens et leurs familles) se sont félicités de cette nouvelle procédure. (suite…)

ParcourSup : Une lettre de motivation pour STAPS à 40 €

Christel Brigaudeau, journaliste au Parisien, s’est procurée sur un site internet une lettre de motivation personnalisée pour candidater via ParcourSup à la Licence STAPS (voir l’article publié sur le site du Parisien). Prix de la prestation : une quarantaine d’euros. Nous reproduisons à la fin de ce billet cette lettre de motivation, qu’elle nous a aimablement communiquée. Nous incitons évidemment les candidats à s’en inspirer. Cela permettra de casser les prix de ce type de prestation. Prenez quand même en compte les commentaires qui suivent… (suite…)

Plan Etudiants : malaises et incertitudes

A l’heure de la clôture de ParcourSup, les gazettes font leurs choux gras des difficultés que les universités vont certainement rencontrer dans le traitement de ces candidatures. Le Conseil d’Administration de la C3D s’est réuni ce jour et a continué sa réflexion sur la procédure que les STAPS envisagent de mettre en place pour classer les candidats. Je pense qu’on s’en sortira sans trop de problèmes…

Par contre nous sentons poindre d’autres sujets de crispation, qu’il ne faudrait pas occulter. Rappelons que le Plan Etudiants comprenait trois volets nécessairement complémentaires :

  • La suppression du tirage au sort
  • L’accroissement des capacités d’accueil dans les disciplines en tension
  • L’amélioration de la réussite des étudiants, notamment par la mise en place de parcours adaptés

(suite…)