L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Université

100 M€ pour l’accompagnement de la progression des effectifs étudiants

Le secrétariat d’État à l’Enseignement Supérieur et la Recherche a adressé aux universités le 16 novembre un courrier indiquant la répartition des 100 M€ supplémentaires inscrits dans le PLF 2017 au titre de l’accompagnement de la progression des effectifs étudiants.

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS ne peut que se réjouir de cette annonce. Les STAPS ayant été décrites lors de la dernière rentrée comme la seule discipline universitaire encore en tension, on peut espérer que cette dotation supplémentaire contribuera de manière ciblée à leur permettre un accueil décent des lycéens désireux de construire leur avenir dans cette filière. Reste à souhaiter que cette dotation supplémentaire soit effectivement fléchée par les universités sur ce qui en a motivé le déblocage.

Réforme du collège : la formation des enseignants sera-t-elle à la hauteur ?

Les nouveaux programmes scolaires, promulgués fin 2015, suscitent un débat nourri au sein de l’Ecole. Je me suis exprimé par ailleurs sur ce sujet[1]. Je voudrais ici évoquer une autre facette du problème, celui de la formation des enseignants.

Une des innovations majeures de ces nouveaux programmes est la proposition d’un Socle Commun qui pour la première fois définit les finalités de l’Ecole, au-delà de « la réussite de tous dans les disciplines scolaires ». Le socle commun de 2006 se limitait en effet à préciser ce que les élèves ne pouvaient ignorer, dans chaque discipline, au terme leur scolarité au collège. Pour la première fois l’Ecole se dote d’un programme propre, au-delà des disciplines, et il me semble qu’il s’agit d’une évolution remarquable.

Cette évolution s’accompagne d’une plus grande liberté octroyée aux équipes pédagogiques. Si les disciplines scolaires sont sensées contribuer activement à l’appropriation du socle commun, les programmes restent par ailleurs allusifs quant aux moyens à mettre en œuvre : les enseignants sont invités à construire des projets pédagogiques prenant en compte les caractéristiques de leurs élèves, les ressources humaines et matérielles dont ils disposent, les objectifs prioritaires de leurs établissements. (suite…)

Tensions dans les UFR et Départements STAPS

Avec l’accroissement des effectifs en STAPS, il fallait s’attendre à ce que des tensions apparaissent lors de la rentrée universitaire. Ainsi à l’UFR STAPS de l’université de Guadeloupe, les étudiants ont entamé un mouvement pour protester contre leurs conditions d’études : manque de salles, d’enseignants et d’installations sportives. Ces dernières années le nombre d’étudiants a été multiplié par quatre et rien n’a été prévu pour les accueillir décemment.

Au département STAPS de Chambéry, les enseignants ont démissionné de leurs responsabilités pédagogiques, face à l’accroissement des effectifs et à l’absence de considération de la direction de l’UFR Science et Montagne dont ils dépendent. Au-delà du manque de locaux, c’est le déficit d’encadrement qui est pointé, alors que d’autres départements de l’UFR semblent plus confortablement dotés et possèdent des postes vacants. Le département STAPS doit faire appel à de nombreux vacataires pour faire face à la demande, au détriment de la qualité de la formation (voir le communiqué de presse du Bureau des étudiants).

On peut ajouter à cette liste l’UFR STAPS de Toulouse, qui connaît depuis fin septembre un mouvement de grève des personnels administratifs et enseignants, relayé par les étudiants, là aussi motivé par des conditions déplorables d’exercice, le sur-effectif et le sous-encadrement.

Dans tous les cas les structures STAPS se sentent clairement délaissées par leurs tutelles. Il ne suffit pas que le ministère accorde des rallonges budgétaires face aux difficultés actuelles. Encore faut-il que les universités acceptent de faire face honnêtement à leurs missions de service public, et répartissent leurs moyens en fonction des charges effectives de leurs composantes. De même pour les UFR envers leurs départements. Que la situation des universités soit délicate est concevable. Mais que la gestion des universités crée des bulles de précarité en leur sein, c’est plus difficilement acceptable.

Sélection en Master : il faut diversifier les voies de réussite !

Depuis plus d’un an le dossier du Master a été plusieurs fois mis sur la table et remis au tiroir. Réunis au Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur de la recherche, ce mardi 4 octobre 2016, les organisations syndicales, étudiantes, et les présidents d’université doivent signer un accord sur la place de la sélection en master.

La Conférence des Doyens et Directeurs de STAPS (C3D STAPS) réunie en conseil d’administration le 29 et 30 septembre a réaffirmé son souhait de pouvoir réguler les flux d’entrée en master pour les titulaires de la licence, tout en garantissant un parcours d’orientation et d’insertion éclairée.

L’accompagnement des diplômé.e.s de licence dans un parcours d’insertion professionnelle guidée est une nécessité pour que le master puisse demeurer un niveau de diplôme d’excellence grâce aux compétences qu’il développe et qui le compose. Nous rappelons que la Licence STAPS ouvre des perspectives d’accès direct à l’emploi, notamment par son inscription au Code du Sport.

Un dispositif d’aide à la recherche du premier emploi (ARPE) a été annoncé par la Ministre de l’Enseignement Supérieur ; celui-ci doit se composer d’un accompagnement individuel des diplômé.e.s, pour que nos établissements assument pleinement leurs responsabilités sociales et sociétales. Il est dommageable que pour les titulaires de licence l’évolution de ce dispositif ne soit pas pris en compte dans l’accord du 4 octobre 2016.

Le fait de rassurer nos étudiants sur leurs perspectives d’accès à l’emploi, pour qu’ils ne perçoivent pas le master comme une licence en 5 ans, est déterminant dans leur projet de formation tout au long de la vie.

Admission Post-Bac : le bilan pour les STAPS

Nous venons d’avoir accès aux dernières données issues de la plate-forme Admission PostBac (APB), qui nous permettent de faire un bilan de la tension à l’entrée en première année de Licence. Si l’on centre l’analyse sur les parcours non sélectifs, c’est-à-dire la Licence STAPS « classique » (certains UFR proposent des parcours sélectifs, notamment pour la préparation aux écoles de kinésithérapie), les capacités d’accueil nationales (c’est-à-dire le nombre de places ouvertes sur APB) s’élève à 17476 places.

En regard, le nombre de vœux n°1 exprimés sur APB (c’est à dire les lycéens ayant placé en premier vœu une licence STAPS de leur académie) est de 27979. Ces candidatures se répartissent comme suit : 59.1% de baccalauréats généraux, 17.3% de baccalauréats technologiques, et 7.2% de baccalauréats professionnels. Les différences sexuées sont toujours marquantes : 74 % de garçons et 26% de filles… (suite…)

Des milliers d’étudiants STAPS supplémentaires sans un centime d’euros investis !

Au lendemain de l’annonce des résultats du BAC, les bacheliers devraient dans la globalité avoir une réponse favorable à leur voeu d’orientation dans l’enseignement supérieur, à une exception près : la filière STAPS. En effet, le système des candidatures groupées pour les filières universitaires en tension (droit, PACES, psychologie et STAPS) devait permettre d’accueillir, à l’issue des trois phases d’admission (prenant fin le 19 juillet 2016), les voeux 1 des candidats de l’académie. Les choix d’orientation concernant les STAPS sont une nouvelle fois en hausse et la filière STAPS demeure une formation où l’accueil reste en tension. Seuls 73,3 % des voeux 1 ont pu être satisfaits à ce stade, soit 9000 étudiant.e.s laissés sur le banc de touche.

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Inscriptions à l’université : tout va bien, rien à signaler…

Le discours officiel est clair : la plateforme Admission Post-Bac, suite à une série d’aménagements récents (vœux groupés, obligation de placer un vœu sur une licence « libre ») a permis de réduire la tension à l’entrée à l’université. Mais sur le terrain on ne voit guère poindre cette amélioration. Ainsi à l’UFR STAPS de Montpellier c’est plusieurs centaines de lycéens de l’académie, ayant positionné STAPS en vœu 1, qui vont se retrouver au bord du chemin au terme des tirages au sort. Quant aux candidats venant des autres académies, même pas la peine d’y penser… (suite…)

STAPS/Kiné : La guerre des territoires

La nouvelle Loi de Modernisation de la Santé, en introduisant le principe de prescription médicale des Activités Physiques, a réactivé, au sujet des personnes atteintes de maladies chroniques, un vif débat autour de l’encadrement de l’activité physique pour les publics à besoins spécifiques et à des fins de santé. Alors que les professionnels de l’Activité Physique Adaptée ont démontré depuis la fin des années 90 leur expertise en la matière et ont co-construit avec les professionnels de santé des dispositifs qui s’intègrent dans le parcours de soins, deux groupes professionnels sont aujourd’hui entrés en concurrence en convoitant le marché ouvert par ces nouvelles perspectives. (suite…)

Liquidation du Département STAPS de l’UVSQ : On achève bien les chevaux…

A l’heure où les STAPS sont reconnues comme filière « sous tension », où tout le monde cherche des solutions pour cette masse de lycéens qui souhaitent rejoindre les métiers du sport, l’UVSQ planifie la fermeture de son Département STAPS. On sent que l’UVSQ a le service public chevillé au corps.

Depuis plusieurs années la fermeture de ce département a été délibérément organisée. L’université a systématiquement récupéré les supports budgétaires des postes libérés par les départs à la retraite et les mutations. Les initiatives du Département STAPS pour faire évoluer son offre de formation ont été muselées. Le directeur du Département a subi un isolement administratif que l’on qualifierait volontiers de harcèlement au travail. Il vient d’annoncer à ses étudiants qu’il ne pouvait poursuivre son investissement, pour raisons médicales. C’est une soixantaine d’étudiants de Licence qui se voient ainsi privés d’encadrement pour finir leur formation. (suite…)

Communiqué conjoint de la CDD-FSEG, de la CDDSP, de la CDUL et de la C3D STAPS sur la sélection en master

Les Conférences nationales de Directeurs d’UFR et Doyens soussignées entendent réaffirmer que la sélection en Master est une nécessité. Garante de la qualité des formations universitaires de deuxième cycle, elle constitue un enjeu majeur, non seulement pour la réputation nationale et internationale des universités françaises, mais aussi pour l’insertion professionnelle des diplômés, entièrement dépendante de la valeur de leurs diplômes.

Inévitablement, la suppression de toute sélection en Master entraînera : soit l’augmentation du taux d’échec au diplôme de Licence, devenu concours d’entrée, alors même que ce diplôme doit certifier les compétences acquises par les étudiants et non servir de moyen de sélection ; soit le report des difficultés et des échecs, désastreux pour les personnes, au niveau master. (suite…)

Tanguy va à l’université

Le Conseil d’Etat vient de déclarer illégale, dans l’état actuel des textes officiels, toute sélection en Master. Il enjoint le ministère d’éclaircir par décret le texte de 2002, qui reste muet à ce sujet. Vu les déclarations antérieures des autorités ministérielles, défavorables à toute sélection, il est à craindre que ce futur décret entérine le droit pour tout titulaire d’une Licence d’accèder à tout Master de son choix, et à tout titulaire d’un Master 1 de poursuivre en seconde année. Je rappelle à ce sujet que la conférence des Doyens de STAPS s’est clairement positionnée pour un palier de sélection à l’entrée du Master 1 (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2015/01/14/selection-en-master-la-position-de-la-conference-des-doyens-de-staps-c3d/). (suite…)

Des prépas privées pour entrer en STAPS…

La pression actuelle à l’entrée dans les UFR STAPS, les capacités d’accueil limitées, la possibilité de tirage au sort, génèrent des inquiétudes légitimes de la part des lycéens et de leurs parents. On pouvait s’attendre à ce que des officines privées ne tardent pas à exploiter ce filon.

L’Ecole des Métiers du Service, du Commerce et de l’Accueil, sise dans la région parisienne, vient d’ouvrir « un cursus de préparation aux études de la filière STAPS ». Il s’agit d’une formation de 9 mois destinée aux « étudiants qui souhaitent optimiser leurs chances de réussite dans leur future carrière de sportifs, encadrants ou professeurs de sport ». (suite…)

Le 13 novembre et après : Apprendre à penser la complexité du monde

Bien sûr. Compassion pour les victimes, révolte contre la barbarie. C’est la jeunesse que l’on a fauchée. C’est l’insouciance, la culture, la convivialité, une certaine image du bonheur que l’on a crucifiées.

On peut comprendre les sentiments qui émergent. L’horreur, l’effroi, et bientôt l’envie de vengeance. Le pays entre en guerre contre un ennemi diffus, insaisissable. Comme l’ont fait en leur temps les Etats Unis contre l’Irak, avec les conséquences que l’on sait. Il s’agit d’une réaction logique, attendue même, espérée sans doute d’une large frange de l’électorat. Et avec les échéances qui s’annoncent, il s’agit de sirènes qu’on écoutera volontiers. (suite…)

La déroute de la pensée

Certains événements récents ont tristement illustré une véritable déroute de la pensée chez nos élites médiatiques et politiques. Incapacité à dépasser l’émotion de l’immédiat, à penser les événements en relation avec leur histoire ou leur contexte, à conserver une ligne réflexive guidée par un système consistant de valeurs. On ne cherche plus à convaincre et à construire, mais à séduire, momentanément.

Que ce soit pour les politiques, capables de défendre une idée opposée à celle qu’ils affichaient deux jours avant, à cause de tel nouvel événement ou tel sondage utilement exploité, les médias pour qui les migrants du vendredi deviennent des réfugiés le lundi suivant, une idée chasse l’autre dans un flux incontrôlé et dérisoire. Par paresse, par défi ou par simple médiocrité, on se réfugie dans la première opinion qui vient à l’esprit, sans aucun recul réflexif. (suite…)

L’approche par compétences à l’université

On évoque de plus en plus dans nos universités la nécessité de réfléchir à une approche par compétences, dans les prochaines écritures de l’offre de formation. De manière surprenante, si le mot est souvent lâché, d’un air entendu, le débat est rarement engagé sur sa mise en œuvre. On pressent d’ailleurs que ce débat sera houleux. Vu les ambiguïtés et incompréhensions qui émaillent actuellement l’introduction de l’approche par compétences dans l’enseignement secondaire (Gottsmann & Delignières, 2015), on peut supposer que l’université n’échappera pas à de fortes controverses. (suite…)

L’université Toulouse III – Paul Sabatier contribue à l’accueil des réfugiés

Je m’empresse de relayer ce communiqué de la Présidence de l’université Toulouse III:

« Notre université ne peut rester insensible face au drame humain que constitue l’afflux de réfugiés et de déplacés qui se pressent aux frontières de l’Europe pour fuir la guerre et le terrorisme dans leurs pays.

Le président de la République, rappelant que le droit d’asile est un droit fondamental dans nos institutions, vient d’annoncer aujourd’hui que la France s’apprête à accueillir 24 000 réfugies en deux ans. (suite…)

Rentrée difficile

La rentrée universitaire s’annonce particulièrement délicate dans les UFR STAPS : accroissement de la pression à l’entrée (28000 demandes en premier vœu sur APB au niveau national), stagnation ou baisse des moyens en personnels administratif ou enseignant. Certaines universités empêtrées dans des restructurations hasardeuses ou des problèmes budgétaires récurrents ont laissé les UFR STAPS dans des situations impossibles.

La situation est particulièrement tendue à Clermont-Ferrand, où le directeur et les principaux responsables ont démissionné faute de moyens pour remplir leurs missions. Situation à peu près identique à Toulouse. Confrontées à des exigences contradictoires (accueillir tous les lycéens qui en font la demande, permettre la réussite de tous, veiller à l’insertion professionnelle, mais le tout à moyens constants ou en baisse sensible), les UFR et départements STAPS ont bien du mal à faire face. Ce n’est pas faute d’avoir lancé des signaux d’alerte, tant localement qu’au niveau national.

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Nous qui pensions que l’Etudiant était un journal sérieux…

Dans son numéro de Juillet-Aout, le magazine l’Etudiant fait une annonce surprenante : « A de rares exceptions près, les inscriptions sont closes pour la filière STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), qui prépare avant tout au professorat d’éducation physique ».

Nous tenons à faire remarquer à ce journal que les inscriptions à l’université n’ayant pas commencé, elles ne peuvent être closes. Les STAPS ne sont pas une filière sélective, l’admission en leur sein se fait comme toutes les autres filières par PostBac, et si certaines UFR ont dû demander une limitation de leurs capacités d’accueil, beaucoup sont celles qui ouvrent encore largement leurs portes aux lycéens. (suite…)

Laïcité : Messieurs les Députés, laissez l’université tranquille !

Éric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes, a déposé une proposition de loi le 18 février 2015, qui vise à « étendre le principe de laïcité aux établissements publics d’enseignement supérieur ». Il s’agit d’étendre la loi du 15 mars 2004 qui interdit dans les écoles, collèges et lycées publics, « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse ».

Pour le moment le principe de laïcité s’applique aux personnels des établissements publics d’enseignement supérieur, mais le code de l’éducation stipule que « les usagers du service public de l’enseignement supérieur disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels ». (suite…)

Sélection en Master: la position de la Conférence des Doyens de STAPS (C3D)

Dans l’offre de formation STAPS, les grades de Licence et de Master attestent de compétences nettement différenciées. La licence forme essentiellement des professionnels destinés à intervenir directement auprès du public. Le master vise à former des personnels d’encadrement et des chefs de projets.

Le grade de Master suppose l’accession à un niveau de compétence attesté notamment par la réalisation de stages en responsabilité et la poursuite d’un travail encadré d’étude et de recherche débouchant sur la production d’un mémoire. Le maintien de la qualité de la formation demande un taux d’encadrement satisfaisant pour les travaux de recherche et un nombre suffisant de lieux de stage. Il semble difficile d’atteindre cet objectif sans qu’un processus de sélection soit mis en place, à un endroit ou un autre du cursus. (suite…)