L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

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Une baisse du nombre de postes au CAPEPS ?

Le ministère a publié le 27 septembre ses projections budgétaires. Le budget 2018 de l’Education Nationale ne voit la création d’aucun poste, ce qui signifie pratiquement qu’il y aura moins de postes aux concours de recrutement. Ce problème n’a pas été vraiment évoqué jusqu’à présent…

Francois Jarraud, sur le site du Café Pédagogique, indique ainsi que pour le second degré on passerait de 14 450 à 11 000 postes ouverts au concours, ce qui correspondrait au niveau global à une réduction de 24%. Les arbitrages concernant la répartition par discipline de cette baisse ne sont pas encore rendus. Mais si l’on applique une simple règle de trois sur les postes ouverts l’année dernière au CAPEPS (800), il faut s’attendre cette année à un chiffre bien plus modeste, de l’ordre de 610 postes[1]. Mais cette logique purement arithmétique ne préjuge pas des priorités qui seront prises en compte. On peut craindre que les disciplines jugées déficitaires, notamment les lettres, les maths ou l’anglais, par ailleurs défendues par le nouveau ministre, ne soient protégées dans ces restrictions. (suite…)

Réforme du premier cycle universitaire : Synthèse des propositions de la C3D

Lors de la cinquième réunion du groupe de travail STAPS, Thierry Terret, rapporteur du groupe, a décliné en 24 points les propositions issues des précédents échanges. Si la C3D STAPS se félicite que l’ensemble de ces propositions reprenne peu ou prou celles qu’elle a patiemment avancées et défendues au cours des réunions du groupe, nous conservons une certaine frustration vis-à-vis de l’aspect linéaire de cette liste. Nous avons toujours tenté de réfléchir de manière systémique, liant entre elles nos propositions et tentant d’évaluer leurs conséquences probables. La liste proposée, sans priorité ni hiérarchie, chaque item étant au même niveau, ne rend sans doute pas assez compte de la richesse des échanges qui ont marqué ces cinq semaines de travail.

Il nous semble nécessaire, en complément de cette liste de propositions, de revenir sur les positions défendues par la C3D, et la manière dont nous avons abordé cette concertation. D’une manière générale, nous avons essayé d’éviter les positions idéologiques fermées, préférant le compromis et le dialogue. Il nous a notamment paru qu’il fallait éviter de caricaturer le problème en se focalisant sur la proposition de pré-requis, qui ne constitue qu’un des éléments du système. (suite…)

Modalités d’accès à l’enseignement supérieur : un appel à la lucidité et au courage politique

Nous ressentons actuellement un certain flottement dans la concertation sur l’accès à l’enseignement supérieur. Lors de la formation des groupes de travail, il était question de libérer les initiatives et les propositions, de chercher les moyens pour sortir d’une situation qui au fil du temps était devenue ubuesque. Lors des premières réunions des points de vue difficilement conciliables ont été exprimés, mais c’est la logique de toute concertation de chercher des compromis acceptables. Certains messages nous alertent cependant quant à l’issue possible de ces discussions.

Face à la complexité du problème aujourd’hui posé à l’université, seules des réponses négociées, équilibrées, étagées sur la durée, peuvent permettre d’apporter des solutions satisfaisantes. La Conférence des Directeurs de STAPS (C3D) a fait des propositions qui tentaient de respecter ces principes. Permettons-nous à nouveau de les résumer :

Il s’agissait tout d’abord de maintenir dans un premier temps et d’accroître dès que possible les capacités d’accueil. Il est important de le souligner à destination de ceux qui pourraient a posteriori nous accuser de malthusianisme. Cet accroissement des capacités ne pourra pas se faire en demandant aux structures existantes d’accueillir de plus en plus d’étudiants. Dans certaines académies fortement déficitaires, seule l’ouverture de nouveaux UFR ou départements STAPS permettra de prendre en compte la demande locale. (suite…)

Il ne suffit pas de supprimer le tirage au sort

Au lendemain de la première réunion du groupe de travail STAPS du 13 septembre 2017, au cours de laquelle des points de vue divergents ont pu s’exprimer, il nous semble nécessaire de préciser les positions de la C3D STAPS. Il nous apparaît de manière claire que le problème ne saurait se limiter à la suppression du tirage au sort et à son remplacement par une analyse des dossiers des candidats, quelle qu’en soit la nature. Il faut au préalable poser le cadre politique dans lequel une telle évolution des procédures d’entrée à l’université pourrait s’opérer. (suite…)

« Derrière chacun d’entre vous il y a un lycéen qui rêvait de faire STAPS et qui n’a pas eu la chance que vous avez eue »

Voici l’essentiel de mon intervention lors de la rentrée des Licence 1 à l’UFR STAPS de Montpellier. Silence de mort dans l’amphithéâtre…

« Je tiens à vous souhaiter la bienvenue à l’UFR STAPS de Montpellier. Je sais que pour la majeure partie d’entre vous, vous êtes là parce que le sport est votre passion, que vous voulez construire votre vie dans ce domaine. J’espère que ces études vont vous combIMG_2677ler, et vous permettre de tracer votre avenir dans les meilleures conditions. Je tiens cependant à vous faire part de quelques réflexions…

Sachez que vous étiez 1200 lycéens de l’académie à avoir demandé STAPS en premier vœu. Il y a ici à peu près 600 néo-bacheliers, ce qui signifie que derrière chacun d’entre vous il y a un lycéen qui rêvait de faire STAPS et qui n’a pas eu la chance que vous avez eue. J’espère que vous garderez cela en tête tout au long de l’année. Je pense aussi à ceux qui ont eu la chance de redoubler. Essayez de mériter ce redoublement, par respect pour ceux dont vous occupez la place.

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« Je trouve ce tirage au sort injuste… »

Derrière les statistiques froides d’APB, le satisfecit de ne comptabiliser « que » 6000 lycéens sans affectation, il y a des gens, des trajectoires de vie, des projets brisés. Nous avons reçu cet été des centaines de messages désespérés. Je trouve utile d’en dévoiler quelques extraits, pour mettre un peu de chair dans un débat qui pourrait demeurer technocratique. Petit florilège…

« Je trouve ce tirage au sort injuste car je sais que des personnes ont choisi cette voie par défaut ou sans conviction tandis que des personnes comme moi ayant toujours voulu faire ce parcours, je me retrouve sans rien. Je ferai tout pour intégrer cette 1ère année qui me tient à cœur, aussi je vous demande un rendez-vous. Je sais que des personnes à la rentrée ne seront pas inscrite ou n’assisteront pas au cours, aussi je souhaiterais pouvoir m’inscrire en cas de désistement ».

« Je me permets de venir vers vous par désespoir. En effet, nous sommes dans une attente insupportable d’une place en première année de STAPS pour mon fils dans votre université. Je vous joins le courrier déjà adressé ainsi que la recommandation de son club. Habitant Montpellier, c’est la seule possibilité pour lui de pouvoir envisager ce cursus, dont il parle depuis son enfance, car mes moyens ne me permettent pas d’envisager de lui  payer un logement ailleurs ». (suite…)

STAPS : une rentrée sous tension

La rentrée universitaire en STAPS ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Il va déjà falloir accompagner le plus humainement possible les déçus d’APB. Nous avons reçu tout l’été des messages de lycéens désespérés de n’avoir pas été retenus par le tirage au sort. Bien sûr, ces lycéens ont le plus souvent obtenu une place quelque part, et ne rentrent donc pas dans les statistiques des candidats sans proposition. Mais quand on n’envisageait pas autre chose que les STAPS et que l’on n’est accepté que dans son 15ème vœu, dans une filière que l’on avait ajoutée par défaut, on ne peut pas dire que l’on commence dans l’euphorie ses études universitaires.

Il faudra ensuite faire face aux effectifs pléthoriques, en tentant d’offrir aux heureux élus toutes les chances de réussir leurs études, malgré les difficultés à trouver des salles et des installations sportives, malgré des emplois du temps acrobatiques. Et l’on sait déjà que pour de nombreux étudiants peu préparés aux études universitaires et à leurs exigences, ce sera le décrochage et l’échec… (suite…)

Les STAPS pour les nuls, et surtout pour les journalistes

Beaucoup d’émissions ont été consacrées ces derniers temps aux STAPS, suite à la troisième vague d’APB. Comme d’habitude, les poncifs et lieux communs fleurissent[1]. Une petite mise au point à destination des journalistes.

Non, les STAPS ne forment pas que des « professeurs de sport ». Pas plus que les facultés d’économie ne forment des professeurs d’économie ou les facultés des sciences des professeurs de SVT. C’était vrai dans les années 70. Depuis, les STAPS ont largement différencié leurs formations et leurs débouchés, vers tous les métiers du sport et de l’activité physique : le sport de performance, le coaching sportif, le sport-santé, le tourisme sportif, les produits et services sportifs, l’événementiel, etc. Le métier de professeur d’EPS dans les collèges et lycées ne concerne qu’une minorité d’étudiants. On se souvient de la sortie ridicule de Nicolas Sarkozy en 2007 : « les STAPS, 10000 étudiants à l’entrée, 400 postes à la sortie ». Vous n’êtes pas obligés de tomber dans de telles outrances, ni d’y croire. (suite…)

Prérequis à l’entrée à l’université: orientations politiques et éthiques de la C3D

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La question des prérequis à l’entrée en licence va s’inscrire de manière prégnante dans le débat universitaire. Le recours massif au tirage au sort dans certaines disciplines, jugé inacceptable par l’opinion publique, les positions prises par la Conférence des Présidents d’Université et par plusieurs Conférences disciplinaires laissent à penser qu’un certain nombre d’acteurs majeurs du système universitaire sont prêts à engager une réflexion de fond pour dépasser la situation actuelle. On peut également rappeler que cette question des prérequis était l’un des thèmes de campagne du Président de la République, qui avait notamment affirmé que « pour remédier au fort taux d’échec des étudiants en cursus de licence, chaque université aura vocation à préciser en toute transparence les prérequis de chacune des formations qu’elle propose dans le cadre d’un contrat de réussite conclu entre l’étudiant et l’établissement ».

Revenir aux principes politiques et éthiques

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS a engagé lors de son dernier séminaire un débat à ce sujet. Il s’agit pour la C3D d’apporter une réponse politique et pédagogique à ces questions, en tentant de dépasser l’approche administrative et technique qui tendait à prévaloir jusqu’à présent. En clair, il ne s’agit plus de limiter les effets néfastes du tirage au sort mais bien de le dépasser. Plutôt que de replâtrer un dispositif qui fait eau de toutes parts, il paraît nécessaire de repenser le problème en édictant quelques incontournables principes politiques et éthiques. (suite…)

Le nouveau bureau de la C3D

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS (C3D), réunie en séminaire à Rodez du 19 au 22 juin 2017, a désigné son bureau pour les deux années à venir:
– Didier Delignières (Montpellier), Président
– Yannick Vanpoulle (Lyon), Vice-Président
– Aurélien Pichon (Poitiers), Vice-Président
– Jean Saint-Martin (Strasbourg), Vice-Président
– Philippe Mathé (Angers), Secrétaire Général
– Hugues Rolan (Bobigny), Secrétaire Général Adjoint
– Michèle Schwartz-Merey (Nancy), Trésorière
– Marie-Agnès Fargeas-Glück (Limoges), Trésorière Adjointe

Ce bureau a été approuvé à l’unanimité par l’Assemblée Générale. Les travaux de la Conférence ont principalement porté sur la reformulation de l’offre de formation STAPS selon l’approche par compétences, la réécriture des fiches RNCP, et la question des prérequis à l’entrée en Licence.

La C3D remercie Christine Amans-Passaga et Fanny Dubois, ainsi que les étudiants du Département STAPS du Centre Universitaire Champollion de Rodez, pour leur accueil chaleureux et attentif.

APB: Mieux vaut être candidat à la PACES à Paris que candidat en STAPS en province…

Nous apprenons donc qu’en 24 heures le ministère a résolu le problème du tirage au sort en PACES dans les universités d’Île-de-France. Je cite la dépêche parue sur Educpros: « Devant l’incompréhension et la détresse des 857 candidats et de leur entourage, largement relayées sur les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi les résultats de la phase 1 d’APB, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a décidé de réagir rapidement.

Vendredi 9 juin, en fin de matinée, les doyens de médecine des sept universités d’Île-de-France concernées se sont réunis au ministère pour trouver une solution. Résultat : « tous les candidats relevant du secteur géographique d’Île-de-France et ayant placé PACES en vœu 1 absolu se verront proposer une place en PACES le 26 juin, lors de la phase 2 d’Admission-postbac« , a confirmé le ministère via un communiqué.

Félicitations. A l’UFR STAPS de Montpellier nous pouvons  offrir 550 places pour 1200 demandes en premier vœu académique. Depuis deux jours je commence à recevoir mails et appels téléphoniques de candidats refoulés par la première vague de tirage au sort. Au niveau national c’est un peu moins de 17000 places qui pourront être offertes aux 33000 lycéens qui ont placé la Licence STAPS en premier vœu académique. Visiblement cette situation ne provoque guère d’émoi. Mieux vaut être candidat à la PACES à Paris que candidat en STAPS en province…

Et les 100 millions d’euros débloqués par Thierry Mandon voici quelques mois pour les « filières en tension » et dont les STAPS (pourtant seule filière officiellement en tension) n’ont jamais vu la couleur? Ils ont été fléchés sur des filières plus prestigieuses?

Filles et garçons en STAPS

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS a récemment mené une enquête sur les effectifs filles et garçons dans ses filières[1]. Les résultats, présentés dans les figures illustrant cet article, font apparaître une nette sur-représentation masculine. La figure 1 indique les pourcentages moyens de filles et de garçons, de la première année de Licence à la seconde année de master. En première année, la filière accueille 74% de garçons et 26% de filles. On retrouve cette répartition dans tous les UFR et départements STAPS de France. Le pourcentage de filles tend légèrement à augmenter au fil des années, indiquant que ces dernières obtiennent de meilleurs résultats au cours de leurs études. Mais la suprématie des garçons reste marquée : en seconde année de master, on a encore 65% de garçons pour 35% de filles. (suite…)

Filières en tension : Fables et vaines promesses

Acte 1 : Juillet 2016. On apprend que le nombre de filières en tension a été diminué par trois. Les UFR STAPS n’ont pas l’impression que chez elles la tension ait vraiment baissé. On parle de trois mille lycéens n’ayant pas trouvé de place à l’université. Cela parait peu sur le territoire national. Mais chaque directeur de STAPS a un peu l’impression que c’est chez lui que ces trois mille ont dû rester à la porte. Il ne s’agit pas tout à fait d’une illusion : en fait, il semble que seule la filière STAPS soit encore en tension.

Acte 2 : A la mi-novembre, on apprend que le ministère a décidé d’allouer 100 millions d’euros aux universités pour faire face à la hausse des effectifs étudiants. On se dit alors que l’on voit peut-être le bout du tunnel. Si les STAPS sont la dernière filière en tension, elles devraient recevoir quelques reliquats des budgets débloqués à cet effet… Petit espoir. (suite…)

APB, et autres paradoxes de l’enseignement supérieur

APB, le retour. Les lycéens sont de nouveau confrontés à cette plate-forme qui leur ouvrira les portes de l’enseignement supérieur. Loin de moi l’idée de dénigrer cet outil. Je me souviens du temps où l’inscription à l’université se jouait sur le mode « premier arrivé, premier servi ». La plate-forme APB a apporté un peu de discipline dans cette course à l’inscription. Si ce n’est que quand il est question des disciplines « en tension », ce qui est le cas pour les STAPS, APB est le plus souvent synonyme de capacités d’accueil limitées et de tirage au sort. On parle plutôt officiellement de « traitement automatisé critérisé ». Mais au-delà des éléments de langage rassurants, c’est bien un tirage au sort qui sélectionnera les lycéens qui pourront accéder à ces filières. Reste à savoir quelle sera la sévérité de cette sélection aléatoire… (suite…)

Les Enseignants APA, acteurs incontournables dans l’encadrement de l’Activité Physique Adaptée !

Je reprends ici un communiqué de l’ANESTAPS (association nationale des étudiants en STAPS)

Dans le cadre de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, l’article 144 prévoit la prescription par le médecin traitant de l’activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical, dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée.

La prescription d’activités physiques adaptées constitue un réel enjeu de santé publique sur notre territoire. En effet, elle apporte une réponse non médicamenteuse à l’accompagnement des patients, en leur permettant de retrouver peu à peu une autonomie dans leur vie quotidienne. (suite…)

Management du Sport : un peu de déontologie…

Le groupe Inseec annonce la création d’une filière pour le management du sport, allant du bachelor au master of science. À la rentrée 2017, quatre bachelors ouvriront simultanément à Paris, Lyon, Bordeaux et Monaco, avec des frais d’inscription compris entre 5 800 et 7 000 euros.

En soi, le fait que des instituts privés se lancent dans le marché des formations dans le domaine du sport n’a rien de choquant. De telles formations entrent en concurrence directe avec les diplômes de management du sport proposées par les universités, notamment dans les UFR et départements STAPS, mais on peut admettre qu’elles entretiennent une certaine émulation, au bénéfice de la qualité de dispositifs proposés.

Mais lorsque l’on apprend que le directeur académique de l’Inseec Sport est Michel Desbordes, par ailleurs professeur des universités à Paris-Sud-Saclay, responsable au sein de l’UFR STAPS du master « Management des Evénements et des Loisirs Sportifs », et par ailleurs responsable d’une équipe de recherche au sein du Laboratoire CIAMS (EA 4532), on peut légitimement être choqué par le mélange des genres.

Autant on peut concevoir qu’un enseignant-chercheur, rétribué par l’Etat, construisant son expertise universitaire sur les deniers publics, fasse ponctuellement bénéficier de ses compétences des organismes extérieurs à l’université, autant le fait de bâtir des formations privées entrant en concurrence avec celles que l’on pilote par ailleurs dans son emploi principal pose un évident problème déontologique.

100 M€ pour l’accompagnement de la progression des effectifs étudiants

Le secrétariat d’État à l’Enseignement Supérieur et la Recherche a adressé aux universités le 16 novembre un courrier indiquant la répartition des 100 M€ supplémentaires inscrits dans le PLF 2017 au titre de l’accompagnement de la progression des effectifs étudiants.

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS ne peut que se réjouir de cette annonce. Les STAPS ayant été décrites lors de la dernière rentrée comme la seule discipline universitaire encore en tension, on peut espérer que cette dotation supplémentaire contribuera de manière ciblée à leur permettre un accueil décent des lycéens désireux de construire leur avenir dans cette filière. Reste à souhaiter que cette dotation supplémentaire soit effectivement fléchée par les universités sur ce qui en a motivé le déblocage.

Réforme du collège : la formation des enseignants sera-t-elle à la hauteur ?

Les nouveaux programmes scolaires, promulgués fin 2015, suscitent un débat nourri au sein de l’Ecole. Je me suis exprimé par ailleurs sur ce sujet[1]. Je voudrais ici évoquer une autre facette du problème, celui de la formation des enseignants.

Une des innovations majeures de ces nouveaux programmes est la proposition d’un Socle Commun qui pour la première fois définit les finalités de l’Ecole, au-delà de « la réussite de tous dans les disciplines scolaires ». Le socle commun de 2006 se limitait en effet à préciser ce que les élèves ne pouvaient ignorer, dans chaque discipline, au terme leur scolarité au collège. Pour la première fois l’Ecole se dote d’un programme propre, au-delà des disciplines, et il me semble qu’il s’agit d’une évolution remarquable.

Cette évolution s’accompagne d’une plus grande liberté octroyée aux équipes pédagogiques. Si les disciplines scolaires sont sensées contribuer activement à l’appropriation du socle commun, les programmes restent par ailleurs allusifs quant aux moyens à mettre en œuvre : les enseignants sont invités à construire des projets pédagogiques prenant en compte les caractéristiques de leurs élèves, les ressources humaines et matérielles dont ils disposent, les objectifs prioritaires de leurs établissements. (suite…)

Tensions dans les UFR et Départements STAPS

Avec l’accroissement des effectifs en STAPS, il fallait s’attendre à ce que des tensions apparaissent lors de la rentrée universitaire. Ainsi à l’UFR STAPS de l’université de Guadeloupe, les étudiants ont entamé un mouvement pour protester contre leurs conditions d’études : manque de salles, d’enseignants et d’installations sportives. Ces dernières années le nombre d’étudiants a été multiplié par quatre et rien n’a été prévu pour les accueillir décemment.

Au département STAPS de Chambéry, les enseignants ont démissionné de leurs responsabilités pédagogiques, face à l’accroissement des effectifs et à l’absence de considération de la direction de l’UFR Science et Montagne dont ils dépendent. Au-delà du manque de locaux, c’est le déficit d’encadrement qui est pointé, alors que d’autres départements de l’UFR semblent plus confortablement dotés et possèdent des postes vacants. Le département STAPS doit faire appel à de nombreux vacataires pour faire face à la demande, au détriment de la qualité de la formation (voir le communiqué de presse du Bureau des étudiants).

On peut ajouter à cette liste l’UFR STAPS de Toulouse, qui connaît depuis fin septembre un mouvement de grève des personnels administratifs et enseignants, relayé par les étudiants, là aussi motivé par des conditions déplorables d’exercice, le sur-effectif et le sous-encadrement.

Dans tous les cas les structures STAPS se sentent clairement délaissées par leurs tutelles. Il ne suffit pas que le ministère accorde des rallonges budgétaires face aux difficultés actuelles. Encore faut-il que les universités acceptent de faire face honnêtement à leurs missions de service public, et répartissent leurs moyens en fonction des charges effectives de leurs composantes. De même pour les UFR envers leurs départements. Que la situation des universités soit délicate est concevable. Mais que la gestion des universités crée des bulles de précarité en leur sein, c’est plus difficilement acceptable.