L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

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Signature de la convention STAPS-Pharmacie pour la prise en charge des maladies chroniques

La conférence des Doyens de Pharmacie, représentée par le Professeur Macha Woronoff-Lemsi, Présidente, et la C3D, représentée par le Professeur Paul Delamarche, Président honoraire, signent le 15 juin 2016 un accord de coopération universitaire dans le cadre du Programme National Nutrition Santé.

Cette convention va constituer un des piliers de la prévention de demain dans le cadre du parcours de soins des patients atteints de maladies chroniques et de la promotion de l’activité physique comme facteur de santé, en lien avec le secteur médical, qui est déjà partenaire d’une convention de même nature entre les conférences de Doyens de Médecine et de Staps.

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STAPS/Kiné : La guerre des territoires

La nouvelle Loi de Modernisation de la Santé, en introduisant le principe de prescription médicale des Activités Physiques, a réactivé, au sujet des personnes atteintes de maladies chroniques, un vif débat autour de l’encadrement de l’activité physique pour les publics à besoins spécifiques et à des fins de santé. Alors que les professionnels de l’Activité Physique Adaptée ont démontré depuis la fin des années 90 leur expertise en la matière et ont co-construit avec les professionnels de santé des dispositifs qui s’intègrent dans le parcours de soins, deux groupes professionnels sont aujourd’hui entrés en concurrence en convoitant le marché ouvert par ces nouvelles perspectives. (suite…)

Liquidation du Département STAPS de l’UVSQ : On achève bien les chevaux…

A l’heure où les STAPS sont reconnues comme filière « sous tension », où tout le monde cherche des solutions pour cette masse de lycéens qui souhaitent rejoindre les métiers du sport, l’UVSQ planifie la fermeture de son Département STAPS. On sent que l’UVSQ a le service public chevillé au corps.

Depuis plusieurs années la fermeture de ce département a été délibérément organisée. L’université a systématiquement récupéré les supports budgétaires des postes libérés par les départs à la retraite et les mutations. Les initiatives du Département STAPS pour faire évoluer son offre de formation ont été muselées. Le directeur du Département a subi un isolement administratif que l’on qualifierait volontiers de harcèlement au travail. Il vient d’annoncer à ses étudiants qu’il ne pouvait poursuivre son investissement, pour raisons médicales. C’est une soixantaine d’étudiants de Licence qui se voient ainsi privés d’encadrement pour finir leur formation. (suite…)

Communiqué conjoint de la CDD-FSEG, de la CDDSP, de la CDUL et de la C3D STAPS sur la sélection en master

Les Conférences nationales de Directeurs d’UFR et Doyens soussignées entendent réaffirmer que la sélection en Master est une nécessité. Garante de la qualité des formations universitaires de deuxième cycle, elle constitue un enjeu majeur, non seulement pour la réputation nationale et internationale des universités françaises, mais aussi pour l’insertion professionnelle des diplômés, entièrement dépendante de la valeur de leurs diplômes.

Inévitablement, la suppression de toute sélection en Master entraînera : soit l’augmentation du taux d’échec au diplôme de Licence, devenu concours d’entrée, alors même que ce diplôme doit certifier les compétences acquises par les étudiants et non servir de moyen de sélection ; soit le report des difficultés et des échecs, désastreux pour les personnes, au niveau master. (suite…)

Tanguy va à l’université

Le Conseil d’Etat vient de déclarer illégale, dans l’état actuel des textes officiels, toute sélection en Master. Il enjoint le ministère d’éclaircir par décret le texte de 2002, qui reste muet à ce sujet. Vu les déclarations antérieures des autorités ministérielles, défavorables à toute sélection, il est à craindre que ce futur décret entérine le droit pour tout titulaire d’une Licence d’accèder à tout Master de son choix, et à tout titulaire d’un Master 1 de poursuivre en seconde année. Je rappelle à ce sujet que la conférence des Doyens de STAPS s’est clairement positionnée pour un palier de sélection à l’entrée du Master 1 (http://blog.educpros.fr/didier-delignieres/2015/01/14/selection-en-master-la-position-de-la-conference-des-doyens-de-staps-c3d/). (suite…)

Des prépas privées pour entrer en STAPS…

La pression actuelle à l’entrée dans les UFR STAPS, les capacités d’accueil limitées, la possibilité de tirage au sort, génèrent des inquiétudes légitimes de la part des lycéens et de leurs parents. On pouvait s’attendre à ce que des officines privées ne tardent pas à exploiter ce filon.

L’Ecole des Métiers du Service, du Commerce et de l’Accueil, sise dans la région parisienne, vient d’ouvrir « un cursus de préparation aux études de la filière STAPS ». Il s’agit d’une formation de 9 mois destinée aux « étudiants qui souhaitent optimiser leurs chances de réussite dans leur future carrière de sportifs, encadrants ou professeurs de sport ». (suite…)

Réactions de la C3D à la lecture du Médicosport-santé

Le 9 décembre 2015, la Maison du sport français a accueilli la présentation de la première version du « médicosport-santé du CNOSF ».

Appelé à devenir une aide précieuse à la prescription d’activités physiques et sportives (APS) et à intégrer la base de données Vidal des prescripteurs libéraux, ce dictionnaire à visée médicale des disciplines sportives est le fruit d’un travail entamé et piloté depuis 2010 par la commission médicale du CNOSF. « Il apprécie les APS au sens défini par la Haute Autorité de Santé en 2011, à savoir comme thérapeutique non médicamenteuse (TNM) en prévention secondaire et tertiaire et comme intervention non médicamenteuse (INM) en prévention primaire (selon l’entendement de l’OMS) ». (suite…)

Le 13 novembre et après : Apprendre à penser la complexité du monde

Bien sûr. Compassion pour les victimes, révolte contre la barbarie. C’est la jeunesse que l’on a fauchée. C’est l’insouciance, la culture, la convivialité, une certaine image du bonheur que l’on a crucifiées.

On peut comprendre les sentiments qui émergent. L’horreur, l’effroi, et bientôt l’envie de vengeance. Le pays entre en guerre contre un ennemi diffus, insaisissable. Comme l’ont fait en leur temps les Etats Unis contre l’Irak, avec les conséquences que l’on sait. Il s’agit d’une réaction logique, attendue même, espérée sans doute d’une large frange de l’électorat. Et avec les échéances qui s’annoncent, il s’agit de sirènes qu’on écoutera volontiers. (suite…)

La déroute de la pensée

Certains événements récents ont tristement illustré une véritable déroute de la pensée chez nos élites médiatiques et politiques. Incapacité à dépasser l’émotion de l’immédiat, à penser les événements en relation avec leur histoire ou leur contexte, à conserver une ligne réflexive guidée par un système consistant de valeurs. On ne cherche plus à convaincre et à construire, mais à séduire, momentanément.

Que ce soit pour les politiques, capables de défendre une idée opposée à celle qu’ils affichaient deux jours avant, à cause de tel nouvel événement ou tel sondage utilement exploité, les médias pour qui les migrants du vendredi deviennent des réfugiés le lundi suivant, une idée chasse l’autre dans un flux incontrôlé et dérisoire. Par paresse, par défi ou par simple médiocrité, on se réfugie dans la première opinion qui vient à l’esprit, sans aucun recul réflexif. (suite…)

L’ennui à l’Ecole

Petite citation tirée d’un entretien de Francois Dubet accordé à l’Obs:

« Je ne recommande pas aux professeurs d’abaisser leur niveau d’exigence, mais de se centrer sur ce que les élèves apprennent réellement. Les adolescents détestent s’ennuyer. Ils peuvent apprendre des choses difficiles du moment que cela a un sens pour eux et que l’on y consacre du temps. [..]

Je préfère un enseignant qui choisit de faire travailler toute l’année sur l’« Iliade » et l’ « Odyssée » parce que ça intéresse ses élèves et qu’ils deviennent imbattables sur la mythologie grecque, plutôt qu’un professeur qui s’épuise à boucler le programme en ennuyant sa classe »

Dubet, F. (2015). « L’ennui à l’école touche tout le monde ». L’Obs, 2651, 22-27.

L’approche par compétences à l’université

On évoque de plus en plus dans nos universités la nécessité de réfléchir à une approche par compétences, dans les prochaines écritures de l’offre de formation. De manière surprenante, si le mot est souvent lâché, d’un air entendu, le débat est rarement engagé sur sa mise en œuvre. On pressent d’ailleurs que ce débat sera houleux. Vu les ambiguïtés et incompréhensions qui émaillent actuellement l’introduction de l’approche par compétences dans l’enseignement secondaire (Gottsmann & Delignières, 2015), on peut supposer que l’université n’échappera pas à de fortes controverses. (suite…)

L’université Toulouse III – Paul Sabatier contribue à l’accueil des réfugiés

Je m’empresse de relayer ce communiqué de la Présidence de l’université Toulouse III:

« Notre université ne peut rester insensible face au drame humain que constitue l’afflux de réfugiés et de déplacés qui se pressent aux frontières de l’Europe pour fuir la guerre et le terrorisme dans leurs pays.

Le président de la République, rappelant que le droit d’asile est un droit fondamental dans nos institutions, vient d’annoncer aujourd’hui que la France s’apprête à accueillir 24 000 réfugies en deux ans. (suite…)

Rentrée difficile

La rentrée universitaire s’annonce particulièrement délicate dans les UFR STAPS : accroissement de la pression à l’entrée (28000 demandes en premier vœu sur APB au niveau national), stagnation ou baisse des moyens en personnels administratif ou enseignant. Certaines universités empêtrées dans des restructurations hasardeuses ou des problèmes budgétaires récurrents ont laissé les UFR STAPS dans des situations impossibles.

La situation est particulièrement tendue à Clermont-Ferrand, où le directeur et les principaux responsables ont démissionné faute de moyens pour remplir leurs missions. Situation à peu près identique à Toulouse. Confrontées à des exigences contradictoires (accueillir tous les lycéens qui en font la demande, permettre la réussite de tous, veiller à l’insertion professionnelle, mais le tout à moyens constants ou en baisse sensible), les UFR et départements STAPS ont bien du mal à faire face. Ce n’est pas faute d’avoir lancé des signaux d’alerte, tant localement qu’au niveau national.

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Le Sport-Santé remis en cause par le Sénat

Nous avons accueilli avec satisfaction le projet de Loi de modernisation du système de santé, qui notamment dans son Article 35 bis A prévoyait que le médecin traitant, dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une maladie de longue durée, puisse prescrire une activité physique adaptée. Cette disposition représente une belle opportunité de valoriser les professionnels issus de la formation universitaire en Activité Physique Adaptée et Santé (voir http://www.c3d-staps.org/toutes-les-actualites/item/pour-une-valorisation-des-formations-staps-apas-et-du-role-de-l-enseignant-en-apa)

Nous avons appris cet été que lors de l’examen en Commission des Affaires Sociales du Sénat, deux des trois amendements du projet de loi ont été supprimés. Ces amendements concernent l’inscription de l’activité physique et du sport comme outil de la politique nationale de santé publique (article 1), et le fameux article 35 bis A dont nous parlions précédemment. (suite…)

Nous qui pensions que l’Etudiant était un journal sérieux…

Dans son numéro de Juillet-Aout, le magazine l’Etudiant fait une annonce surprenante : « A de rares exceptions près, les inscriptions sont closes pour la filière STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), qui prépare avant tout au professorat d’éducation physique ».

Nous tenons à faire remarquer à ce journal que les inscriptions à l’université n’ayant pas commencé, elles ne peuvent être closes. Les STAPS ne sont pas une filière sélective, l’admission en leur sein se fait comme toutes les autres filières par PostBac, et si certaines UFR ont dû demander une limitation de leurs capacités d’accueil, beaucoup sont celles qui ouvrent encore largement leurs portes aux lycéens. (suite…)

Laïcité : Messieurs les Députés, laissez l’université tranquille !

Éric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes, a déposé une proposition de loi le 18 février 2015, qui vise à « étendre le principe de laïcité aux établissements publics d’enseignement supérieur ». Il s’agit d’étendre la loi du 15 mars 2004 qui interdit dans les écoles, collèges et lycées publics, « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse ».

Pour le moment le principe de laïcité s’applique aux personnels des établissements publics d’enseignement supérieur, mais le code de l’éducation stipule que « les usagers du service public de l’enseignement supérieur disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels ». (suite…)

Sélection en Master: la position de la Conférence des Doyens de STAPS (C3D)

Dans l’offre de formation STAPS, les grades de Licence et de Master attestent de compétences nettement différenciées. La licence forme essentiellement des professionnels destinés à intervenir directement auprès du public. Le master vise à former des personnels d’encadrement et des chefs de projets.

Le grade de Master suppose l’accession à un niveau de compétence attesté notamment par la réalisation de stages en responsabilité et la poursuite d’un travail encadré d’étude et de recherche débouchant sur la production d’un mémoire. Le maintien de la qualité de la formation demande un taux d’encadrement satisfaisant pour les travaux de recherche et un nombre suffisant de lieux de stage. Il semble difficile d’atteindre cet objectif sans qu’un processus de sélection soit mis en place, à un endroit ou un autre du cursus. (suite…)

7 janvier 2015

Dévastés. C’est ce que beaucoup ont éprouvé ce jour-là. Parce que les victimes nous avaient accompagnés pendant des années, parce qu’ils faisaient partie de nos vies, parce qu’ils nous avaient enseigné l’impertinence, le rire et la liberté. Parce qu’ils étaient les piliers d’une culture qui nous est chère. Comme si l’on avait assassiné ensemble Brassens, Brel et Ferré. Parce que nous avons ressenti cet acte barbare comme une injustice profonde, fusils contre crayons, brutalité contre innocence.

Au-delà des personnes, ce sont des principes qu’on a voulu détruire. Des principes auxquels la communauté universitaire est essentiellement attachée : la liberté de penser autrement, de critiquer, la confrontation des idées, le respect des différences. En tant qu’universitaires, en tant que chercheurs, nous avons à cœur d’avancer dans la voie de la connaissance, des idées neuves, dans le refus des dogmes et de la pensée fermée.

Nous sommes aussi des enseignants, et nous avons de ce fait une responsabilité forte dans la formation des acteurs de la société de demain. Surtout lorsque nous formons des enseignants et des éducateurs, qui seront eux-mêmes en charge de la jeunesse. Au-delà des savoirs scientifiques et des compétences professionnelles, derrière lesquels il est souvent confortable de se réfugier, l’université doit être porteuse de valeurs. On se pose beaucoup ces jours-ci la question de l’éducation à la citoyenneté dans les établissements scolaires. L’université n’est pas exonérée de cette responsabilité. D’aucuns pourraient considérer cette perspective comme une perte de temps, ou estimer qu’ils ne sont pas formés pour cela. La pédagogie universitaire est sans doute à réformer, et la formation citoyenne ne doit pas être occultée dans ce processus.

Maurice Portes nous a quitté

Je viens d’apprendre avec tristesse le décès de Maurice Portes. Il vient de rejoindre sa femme Mado qui nous avait quitté il y a peu de temps.

Maurice Portes a été mon collègue et mon ami pendant de longues années. Professeur d’Education Physique et Sportive, spécialiste de Hand-Ball, joueur et entraîneur de haut niveau, il a surtout été l’un des artisans de la construction des STAPS à l’université. Nous avons notamment mis en place tous deux la Maîtrise Education et Motricité à l’Université de Montpellier, au début des années 2000. Nous avons aussi organisé ensemble, et avec les collègues de l’académie de Montpellier, les Journées de l’AEEPS qui ont été un lieu de rendez-vous majeur pendant quelques années. (suite…)