L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Archives de mots clés: Compétences

Approche par compétences et compensation

La pédagogie universitaire est essentiellement fondée sur ce que l’on peut appeler l’approche par les connaissances. Les enseignants font des cours au cours desquels chacun déverse les connaissances de sa discipline, et évaluent la capacité des étudiants à restituer ces connaissances lors des examens. Les enseignements sont généralement juxtaposés, indépendants, regroupés en « unités d’enseignement » dont la cohérence relève davantage d’un découpage administratif que d’une pertinence pédagogique. L’obtention du diplôme est décidée sur la base de la « restitution moyenne », en appliquant le principe de la compensation généralisée, entre enseignements, entre unités d’enseignement, entre semestres.

A l’heure actuelle une autre démarche se dessine, l’approche par les compétences. Cette évolution est principalement motivée par les perspectives de développement à l’université de la formation tout au long de la vie, et aussi par les exigences de professionnalisation des formations universitaires. A l’heure où l’on rentre dans une phase où les universités sont explicitement invitées à réfléchir leur offre de formation en termes de compétences, il est sans doute utile de revenir sur certaines questions qui ne manqueront pas de se poser. (suite…)

La compensation : retour sur de vieilles discussions

Alors que la question de la compensation est reposée sur la table, je ne résiste pas à l’envie de partager cet extrait du procès-verbal de la séance du 30 janvier 2012 du Conseil de Gestion de l’UFR STAPS de Montpellier. Le cadre institutionnel a un peu vieilli, mais globalement le raisonnement a conservé sa pertinence. (suite…)

Il ne suffit pas de supprimer le tirage au sort

Au lendemain de la première réunion du groupe de travail STAPS du 13 septembre 2017, au cours de laquelle des points de vue divergents ont pu s’exprimer, il nous semble nécessaire de préciser les positions de la C3D STAPS. Il nous apparaît de manière claire que le problème ne saurait se limiter à la suppression du tirage au sort et à son remplacement par une analyse des dossiers des candidats, quelle qu’en soit la nature. Il faut au préalable poser le cadre politique dans lequel une telle évolution des procédures d’entrée à l’université pourrait s’opérer. (suite…)

Le 13 novembre et après : Apprendre à penser la complexité du monde

Bien sûr. Compassion pour les victimes, révolte contre la barbarie. C’est la jeunesse que l’on a fauchée. C’est l’insouciance, la culture, la convivialité, une certaine image du bonheur que l’on a crucifiées.

On peut comprendre les sentiments qui émergent. L’horreur, l’effroi, et bientôt l’envie de vengeance. Le pays entre en guerre contre un ennemi diffus, insaisissable. Comme l’ont fait en leur temps les Etats Unis contre l’Irak, avec les conséquences que l’on sait. Il s’agit d’une réaction logique, attendue même, espérée sans doute d’une large frange de l’électorat. Et avec les échéances qui s’annoncent, il s’agit de sirènes qu’on écoutera volontiers. (suite…)

L’approche par compétences à l’université

On évoque de plus en plus dans nos universités la nécessité de réfléchir à une approche par compétences, dans les prochaines écritures de l’offre de formation. De manière surprenante, si le mot est souvent lâché, d’un air entendu, le débat est rarement engagé sur sa mise en œuvre. On pressent d’ailleurs que ce débat sera houleux. Vu les ambiguïtés et incompréhensions qui émaillent actuellement l’introduction de l’approche par compétences dans l’enseignement secondaire (Gottsmann & Delignières, 2015), on peut supposer que l’université n’échappera pas à de fortes controverses. (suite…)

Masters Enseignement : le piège de la « maquette unique »

La note du 10 avril relative aux mentions du master MEEF fait naître quelques inquiétudes sur la conception des futures maquettes de formation. On y lit notamment que « s’agissant des sites pluridisciplinaires, la recherche d’une communauté de vue, dont le projet soumis à accréditation sera le vecteur, doit pouvoir se matérialiser au niveau académique par la proposition d’une offre de formation cohérente et largement partagée au sein de chacune des 3 mentions MEEF visant les métiers de l’enseignement de l’éducation nationale » (i.e., « premier degré », « second degré », et « encadrement éducatif »). Il est dit par ailleurs qu’ « une seule maquette doit être mise en œuvre par les équipes pédagogiques, qui intégreront les enseignants des universités, de l’ESPE et des professionnels intervenant dans le champ scolaire ».

Toujours cette quête infernale d’homogénéisation et de simplification. Un master enseignement qui quelle que soit la discipline proposerait une maquette identique sur tout le territoire, gage d’une formation équivalente pour tous les enseignants du pays. (suite…)

La compensation : une insulte au bon sens, un profond mépris pour les étudiants

L’arrêté du 11 Août 2011 relatif  à la Licence régit depuis plus d’une année des modalités d’attribution de ce diplôme. L’article 16 précise en particulier les modalités de compensation : « la compensation est organisée sur le semestre, sans note éliminatoire et sur la base de la moyenne générale des notes obtenues pour les diverses unités d’enseignement, pondérées par les coefficients ; d’autre part, elle est organisée entre deux semestres immédiatement consécutifs en application de l’article L. 613-1 du code de l’éducation ». (suite…)

Simplifier l’offre de formation: Est-ce vraiment un bonne idée?

Un argument fréquemment répété est que l’offre de formation de l’université est trop complexe, illisible. La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche s’en est récemment émue. L’université propose 9.900 différents intitulés de licences ou de masters: comment les étudiants peuvent-ils s’y retrouver pour construire leur parcours de formation ? La solution est évidente : il faut simplifier, revenir à une offre de formation plus compacte, une centaine de Licences, pourquoi pas une dizaine, clairement identifiées par de grands domaines disciplinaires. Des enseignements enfin lisibles, une offre de formation rassurante, compréhensible pour les lycéens, leurs parents, et les employeurs. On ne peut a priori qu’être d’accord avec cette proposition, pleine de bon sens. Mais nous savons aussi que les solutions de bon sens ne sont pas nécessairement les meilleures, et la simplification de l’offre de formation est de mon point de vue l’archétype de la fausse bonne idée. (suite…)

L’université est-elle faite pour faire réussir les étudiants?

La réussite des étudiants à l’université était l’un des axes de réflexion retenus par les récentes Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. La majeure partie des propositions ont tourné autour d’un leitmotiv lancinant : l’université ne peut assurer la réussite des étudiants par manque de moyens. Un constat s’impose cependant : les millions d’euros investis ces dernières années dans le Plan Réussite en Licence n’ont pas généré de rebond spectaculaire des statistiques de réussite. L’échec en première année de Licence touche toujours plus de 50% des étudiants. Le taux de réussite à la licence en trois ans est passé de 38,7% à 33,8% entre 2006 et 2011. (suite…)