L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Archives de mots clés: Formation des enseignants

Formation des enseignants : pour un concours en fin de Licence

Puisque l’on parle de plus en plus d’un repositionnement des concours de recrutement des enseignants en fin de licence, il me semble qu’il est opportun de réactiver quelques arguments, précédemment développés. Je suis absolument favorable à cette évolution, et dès la mise en place de la réforme de la mastérisation j’ai milité pour un concours précoce, situé en amont du master[1].

L’idée principale est de permettre aux masters enseignement de pleinement jouer leur rôle : donner aux enseignants une véritable formation universitaire, mêlant apprentissage du métier et formation à et par la recherche. Il ne s’agit pas uniquement d’apprendre à « faire la classe ». Les futurs enseignants devront être capables de s’adapter aux futures mutations de l’Ecole, et c’est tout le sens de la réforme de mastérisation de ne pas s’en tenir à une formation professionnelle à court terme, mais de former des professeurs capables de faire face aux défis à venir. A l’heure actuelle le concours situé en fin de master 1 réduit considérablement ces ambitions, les étudiants restant obnubilés en première année par la préparation du concours et en seconde année écrasés par leurs nouvelles responsabilités de fonctionnaire-stagiaire. Placer le concours en fin de Licence, c’est libérer un temps effectif de formation au métier d’enseignant, dans sa réalité et son devenir. (suite…)

Formation des enseignants : où l’on reparle de la place du concours…

Le réseau national des ESPE organise le 11 janvier 2018 une journée de réflexion, et annonce dans sa note d’attention les données essentielles du problème : « Actuellement […], il y a une confusion entre le processus de formation des enseignants et le processus de recrutement des fonctionnaires de l’Éducation nationale ; la place et la nature du concours sont largement interrogées, dans la forme actuelle, le concours en 1re année de master crée une rupture entre avant et après le concours. Cette rupture impacte largement tous les volets des missions des ESPE… ». Je suis ravi que cette question soit à nouveau posée, après quatre années de fonctionnement de la réforme dite de mastérisation de la formation des enseignants. (suite…)

Filles et garçons en STAPS

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS a récemment mené une enquête sur les effectifs filles et garçons dans ses filières[1]. Les résultats, présentés dans les figures illustrant cet article, font apparaître une nette sur-représentation masculine. La figure 1 indique les pourcentages moyens de filles et de garçons, de la première année de Licence à la seconde année de master. En première année, la filière accueille 74% de garçons et 26% de filles. On retrouve cette répartition dans tous les UFR et départements STAPS de France. Le pourcentage de filles tend légèrement à augmenter au fil des années, indiquant que ces dernières obtiennent de meilleurs résultats au cours de leurs études. Mais la suprématie des garçons reste marquée : en seconde année de master, on a encore 65% de garçons pour 35% de filles. (suite…)

Réforme du collège : la formation des enseignants sera-t-elle à la hauteur ?

Les nouveaux programmes scolaires, promulgués fin 2015, suscitent un débat nourri au sein de l’Ecole. Je me suis exprimé par ailleurs sur ce sujet[1]. Je voudrais ici évoquer une autre facette du problème, celui de la formation des enseignants.

Une des innovations majeures de ces nouveaux programmes est la proposition d’un Socle Commun qui pour la première fois définit les finalités de l’Ecole, au-delà de « la réussite de tous dans les disciplines scolaires ». Le socle commun de 2006 se limitait en effet à préciser ce que les élèves ne pouvaient ignorer, dans chaque discipline, au terme leur scolarité au collège. Pour la première fois l’Ecole se dote d’un programme propre, au-delà des disciplines, et il me semble qu’il s’agit d’une évolution remarquable.

Cette évolution s’accompagne d’une plus grande liberté octroyée aux équipes pédagogiques. Si les disciplines scolaires sont sensées contribuer activement à l’appropriation du socle commun, les programmes restent par ailleurs allusifs quant aux moyens à mettre en œuvre : les enseignants sont invités à construire des projets pédagogiques prenant en compte les caractéristiques de leurs élèves, les ressources humaines et matérielles dont ils disposent, les objectifs prioritaires de leurs établissements. (suite…)

Le Master Mention MEEF : encore une fausse bonne idée…

La volonté du Ministère de regrouper les masters enseignements dans une mention commune « Métiers de L’Enseignement, de l’Education et de la Formation » (MEEF) semble a priori intéressante. On imagine sans peine le montage initialement prévu : la mention concerne tous les métiers de l’enseignement, et regroupe des spécialités disciplinaires (Mathématiques, Physique-Chimie, Lettres, l’Education Physique et Sportive, etc.). Un tronc commun portant sur des contenus transversaux, pédagogie, sciences de l’éducation, psychologie de l’enfant, etc., et des enseignements de spécialité centrés sur la maîtrise de la discipline enseignée. Jusque là, tout va bien. (suite…)

ESPE : le modèle montpelliérain

A l’heure actuelle les universités phosphorent sur la mise en place des ESPE, qui devraient être opérationnelle à la rentrée 2013. C’est clairement sous pression temporelle forte que ces réflexions ont lieu, ce qui n’est pas nécessairement la meilleure solution pour avancer dans la sérénité. Alors que le scenario d’une transformation pure et simple des IUFM en ESPE, avec des missions élargies, semblait se dessiner assez clairement, les universités de la Région Languedoc-Roussillon se dirigent vers une solution différente.

L’ESPE serait créée au niveau du PRES regroupant les cinq universités de la région (Montpellier 1, 2, et 3, Nîmes, et Perpignan). Ce positionnement est logique, l’ESPE étant sensée jouer un rôle de coordination chapeautant l’ensemble des universités de l’académie. (suite…)

Le GRDFE répond à Claire Pontais et Christian Couturier

Le Groupe pour la Refondation de la Formation des Enseignants a publié sur le site du Café Pédagogique une réponse aux attaques de Claire Pontais et Christian Couturier. On pourra trouver cette réponse à l’adresse suivante: http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/01/23012013Article634945222514164656.aspx

Je ne peux que conseiller sa lecture et sa diffusion la plus large possible. J’adhère totalement aux arguments développés, qui s’accordent parfaitement aux points de vue que j’ai pu développer dans mes billets précédents.

93.75% d’admissibles au CAPEPS…

Ou plutôt 30 admissibles sur 32 candidats issus du Master « Enseignement » de l’UFR STAPS de Montpellier. Depuis la machine à mails crépite, entre satisfaction face à ce score de république bananière, et déception d’avoir raté les 100% qui paraissaient à portée.

J’entends déjà les esprits chagrins : que représente un concours où la barre d’admissibilité est à 6/20, où le ratio candidats/postes est si faible qu’on ne peut plus affirmer qu’il participe à la sélection d’une élite républicaine ? Au risque de choquer certains, je suis au contraire immensément satisfait d’un concours qui laisse si peu de candidats sur le carreau, après 5 années d’études. Les masters professionnels sont jugés sur leurs pourcentages d’insertion professionnelle, et un master qui ne dépasserait pas la barre des 90% d’étudiants en situation d’emploi quelques mois après l’obtention du diplôme serait évidemment considéré déficient. Les masters « Enseignement » comme les autres… Situation ubuesque, où certains jugent le succès de la formation des enseignants sur le taux de réussite, et d’autres sur le taux d’échec.

Un concours ponctuel reste hélas une loterie. Pour les avoir suivis au jour le jour, on peut dire que les étudiants recalés ne sont pas moins méritants que certains qui ont franchi la barre de l’admissibilité. D’une manière générale, et après 5 années d’études dans notre UFR, je pense que tous les candidats aux concours auraient fait ou feront des enseignants de qualité. Les équipes pédagogiques qui les ont formés et encadrés et qui in fine valideront leurs diplômes universitaires sont me semble-t-il meilleurs garants de leurs qualités professionnelles que des jurys qui n’ont disposé que de copies anonymées pour en juger.

Formation des enseignants et concours de recrutement

Le Groupe Reconstruire la Formation des Enseignants (GRFDE) milite pour un modèle basé sur un prérecrutement en licence, laissant ensuite aux universités la charge de former professionnellement les futurs enseignants durant les deux années de master (http://grfde.eklablog.com/). Ce groupe a tenté de chiffrer cette proposition, et leur étude démontre que cette solution se révélerait beaucoup moins onéreuse que les modèles envisagés actuellement (concours en M1 ou concours en M2). Il semble que le ministère se refuse cependant à envisager cette éventualité, restant crispé sur l’hypothèse d’un concours situé en première année de Master. (suite…)

Formation des enseignants : les spécificités de l’Education Physique et des STAPS

Tout le monde sait que depuis la réforme dite de « mastérisation », les enseignants nouvellement nommés arrivent dans les établissements scolaires en n’ayant jamais vu un élève, en n’ayant aucune idée du métier d’enseignant. C’est du moins ce que racontent à l’envi les media. (suite…)

Qui pilote réellement les Masters «Enseignement»?

A l’heure où l’université s’interroge sur la création des futures ESPE et leur rôle dans le pilotage des masters « Enseignement », il est intéressant de se poser la question du pilotage actuel de ces formations. Je vais ici présenter un rapide panorama des formations dans lesquelles je suis particulièrement impliqué : les masters « Métiers de l’Enseignement et de la Formation » consacrés à l’Education Physique et Sportive. Ces masters sont ouverts dans 44 centres de formation. Nous avons mené une enquête sur ces masters et obtenu des réponses pour 26 d’entre eux.

Les UFR et Départements STAPS sont le plus souvent les maîtres d’œuvre de ces masters : les seuls masters entièrement pilotés par l’IUFM sont ceux de Corte et de Pointe-à-Pitre. Dans tous les autres cas, le master est habilité par les UFR STAPS. Si les masters fonctionnent dans 81% des cas avec des équipes mixtes UFR/IUFM, des conventions fixent officiellement leurs contributions respectives dans seulement 38% des formations. (suite…)

ESPE: Prise de position de la Conférence des Directeurs STAPS

Voici la contribution de la Conférence des Directeurs et Doyens des UFR STAPS au sujet du projet de création des Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education.

Réforme de la formation des enseignants.

Place et rôle des UFR STAPS pour une formation efficace des professeurs d’EPS.

La Conférence des Directeurs et Doyens STAPS (C3D), réunie à La Rochelle le 27 novembre 2012, se positionne sur la réforme en cours de la formation des enseignants. Les UFR et Départements STAPS pilotent 42 masters « Enseignement », principalement dédiés à la formation des professeurs d’Education Physique et Sportive (1464 étudiants inscrits en M1, 1007 en M2, soit 40% des étudiants inscrits dans les masters STAPS). (suite…)

Enseignants-chercheurs: enseignants par obligation, pédagogues à l’occasion

J’ai évoqué dans deux billets précédents l’incapacité de l’université à prendre la mesure des besoins de la population étudiante dont elle a la charge. Ceci renvoie à une nécessité sans doute trop évidente pour être prise d’emblée en compte: il faut prendre les étudiants tels qu’ils sont, et non tels qu’on les rêve.

On peut se demander si les enseignants-chercheurs, à l’université, sont réellement en mesure d’opérer cette mise en perspective. Il faut conserver à l’esprit que les enseignants-chercheurs sont issus de la crème de l’université : ils ont obtenu une thèse, ils ont ferraillé dans des concours difficiles pour obtenir un poste, ils se sont hissés aux sommets de leur domaine de recherche, ils appartiennent à l’élite intellectuelle de la Nation. Que peuvent-ils comprendre à l’étudiant normal, qui vient juste d’obtenir son baccalauréat, parfois difficilement, et qui n’a pas de projet de vie clairement défini ? D’autant que ces enseignants-chercheurs ne sont formés, recrutés et évalués que sur leur activité de recherche : aucun d’entre eux n’a eu de réelle formation pédagogique. (suite…)

Les Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education : Avis de tempête sur la formation des enseignants

Le ministère de l’Education Nationale a annoncé la création prochaine des Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE), structures destinées à piloter les formations initiales et continues aux métiers de l’enseignement et de l’éducation. Le formatage de ces ESPE n’est pas encore clairement défini, mais il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour envisager les remous qui accompagneront leur naissance.

Il est clair notamment que la création des ESPE consacre le retour des IUFM, massacrés par le gouvernement Sarkozy. Bien sûr, on répète à l’envi que les ESPE ne sauraient être des IUFM bis, vaguement ripolinés. Il s’agit de créer un nouveau concept, assurant la réussite de la mastérisation tout en permettant une réelle formation professionnelle des futurs enseignants. Il n’en demeure pas moins que les IUFM, institutions et personnels,  seront candidats pour investir ce nouvel espace. (suite…)

Mastérisation et formation des enseignants: Plaidoyer pour un pré-recrutement en Licence

Le principe général de la mastérisation était d’élever le niveau de recrutement des enseignants. Jusque-là ces derniers étaient recrutés après concours au niveau licence, il s’agissait de repousser ce recrutement au niveau master, soit après la validation de cinq années universitaires.

On sait qu’un des objectifs de cette réforme était de pouvoir envisager une revalorisation ciblée des rémunérations des enseignants. Mais il était aussi attendu d’élever leur niveau de formation. La dévolution de principe des masters enseignement aux universités contenait en germe l’idée de confier la formation des enseignants aux institutions garantissant la maîtrise des savoirs disciplinaires , et son adossement à la recherche. Cette réforme avait aussi le but de dessaisir de cette mission les IUFM, présentés comme le creuset d’un pédagogisme verbeux et inutile. Il est sans doute inutile de disserter sur ces deux aspects de la réforme dite de mastérisation, teintés d’idéologisme à courte vue. Ils ont institué une situation de fait, dont il convient maintenant d’analyser les conséquences. (suite…)