L’Université, les STAPS, l’Education Physique et Sportive

Archives de mots clés: STAPS

Filles et garçons en STAPS

La Conférence des Directeurs et Doyens de STAPS a récemment mené une enquête sur les effectifs filles et garçons dans ses filières[1]. Les résultats, présentés dans les figures illustrant cet article, font apparaître une nette sur-représentation masculine. La figure 1 indique les pourcentages moyens de filles et de garçons, de la première année de Licence à la seconde année de master. En première année, la filière accueille 74% de garçons et 26% de filles. On retrouve cette répartition dans tous les UFR et départements STAPS de France. Le pourcentage de filles tend légèrement à augmenter au fil des années, indiquant que ces dernières obtiennent de meilleurs résultats au cours de leurs études. Mais la suprématie des garçons reste marquée : en seconde année de master, on a encore 65% de garçons pour 35% de filles. (suite…)

Filières en tension : Fables et vaines promesses

Acte 1 : Juillet 2016. On apprend que le nombre de filières en tension a été diminué par trois. Les UFR STAPS n’ont pas l’impression que chez elles la tension ait vraiment baissé. On parle de trois mille lycéens n’ayant pas trouvé de place à l’université. Cela parait peu sur le territoire national. Mais chaque directeur de STAPS a un peu l’impression que c’est chez lui que ces trois mille ont dû rester à la porte. Il ne s’agit pas tout à fait d’une illusion : en fait, il semble que seule la filière STAPS soit encore en tension.

Acte 2 : A la mi-novembre, on apprend que le ministère a décidé d’allouer 100 millions d’euros aux universités pour faire face à la hausse des effectifs étudiants. On se dit alors que l’on voit peut-être le bout du tunnel. Si les STAPS sont la dernière filière en tension, elles devraient recevoir quelques reliquats des budgets débloqués à cet effet… Petit espoir. (suite…)

APB, et autres paradoxes de l’enseignement supérieur

APB, le retour. Les lycéens sont de nouveau confrontés à cette plate-forme qui leur ouvrira les portes de l’enseignement supérieur. Loin de moi l’idée de dénigrer cet outil. Je me souviens du temps où l’inscription à l’université se jouait sur le mode « premier arrivé, premier servi ». La plate-forme APB a apporté un peu de discipline dans cette course à l’inscription. Si ce n’est que quand il est question des disciplines « en tension », ce qui est le cas pour les STAPS, APB est le plus souvent synonyme de capacités d’accueil limitées et de tirage au sort. On parle plutôt officiellement de « traitement automatisé critérisé ». Mais au-delà des éléments de langage rassurants, c’est bien un tirage au sort qui sélectionnera les lycéens qui pourront accéder à ces filières. Reste à savoir quelle sera la sévérité de cette sélection aléatoire… (suite…)

Les Enseignants APA, acteurs incontournables dans l’encadrement de l’Activité Physique Adaptée !

Je reprends ici un communiqué de l’ANESTAPS (association nationale des étudiants en STAPS)

Dans le cadre de la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, l’article 144 prévoit la prescription par le médecin traitant de l’activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical, dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée.

La prescription d’activités physiques adaptées constitue un réel enjeu de santé publique sur notre territoire. En effet, elle apporte une réponse non médicamenteuse à l’accompagnement des patients, en leur permettant de retrouver peu à peu une autonomie dans leur vie quotidienne. (suite…)

Admission Post-Bac : le bilan pour les STAPS

Nous venons d’avoir accès aux dernières données issues de la plate-forme Admission PostBac (APB), qui nous permettent de faire un bilan de la tension à l’entrée en première année de Licence. Si l’on centre l’analyse sur les parcours non sélectifs, c’est-à-dire la Licence STAPS « classique » (certains UFR proposent des parcours sélectifs, notamment pour la préparation aux écoles de kinésithérapie), les capacités d’accueil nationales (c’est-à-dire le nombre de places ouvertes sur APB) s’élève à 17476 places.

En regard, le nombre de vœux n°1 exprimés sur APB (c’est à dire les lycéens ayant placé en premier vœu une licence STAPS de leur académie) est de 27979. Ces candidatures se répartissent comme suit : 59.1% de baccalauréats généraux, 17.3% de baccalauréats technologiques, et 7.2% de baccalauréats professionnels. Les différences sexuées sont toujours marquantes : 74 % de garçons et 26% de filles… (suite…)

Des milliers d’étudiants STAPS supplémentaires sans un centime d’euros investis !

Au lendemain de l’annonce des résultats du BAC, les bacheliers devraient dans la globalité avoir une réponse favorable à leur voeu d’orientation dans l’enseignement supérieur, à une exception près : la filière STAPS. En effet, le système des candidatures groupées pour les filières universitaires en tension (droit, PACES, psychologie et STAPS) devait permettre d’accueillir, à l’issue des trois phases d’admission (prenant fin le 19 juillet 2016), les voeux 1 des candidats de l’académie. Les choix d’orientation concernant les STAPS sont une nouvelle fois en hausse et la filière STAPS demeure une formation où l’accueil reste en tension. Seuls 73,3 % des voeux 1 ont pu être satisfaits à ce stade, soit 9000 étudiant.e.s laissés sur le banc de touche.

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Liquidation du Département STAPS de l’UVSQ : On achève bien les chevaux…

A l’heure où les STAPS sont reconnues comme filière « sous tension », où tout le monde cherche des solutions pour cette masse de lycéens qui souhaitent rejoindre les métiers du sport, l’UVSQ planifie la fermeture de son Département STAPS. On sent que l’UVSQ a le service public chevillé au corps.

Depuis plusieurs années la fermeture de ce département a été délibérément organisée. L’université a systématiquement récupéré les supports budgétaires des postes libérés par les départs à la retraite et les mutations. Les initiatives du Département STAPS pour faire évoluer son offre de formation ont été muselées. Le directeur du Département a subi un isolement administratif que l’on qualifierait volontiers de harcèlement au travail. Il vient d’annoncer à ses étudiants qu’il ne pouvait poursuivre son investissement, pour raisons médicales. C’est une soixantaine d’étudiants de Licence qui se voient ainsi privés d’encadrement pour finir leur formation. (suite…)

Le Département STAPS de Versailles en danger

Le département STAPS de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines traverse une période difficile. Créé en 1999 au sein de l’UFR Sciences de la Santé, ce Département de taille modeste accueille 306 étudiants, dont 168 en première année. L’équipe statutaire se compose de 5 enseignants-chercheurs, d’un PAST et d’un enseignant de statut second degré, représentant un taux d’encadrement de 32%.

L’université de Versailles a décidé de geler trois de ces postes (suite à un départ à la retraite et de deux demandes de mutation). Dans cette perspective, le taux d’encadrement redescendrait à 15%, interdisant tout perspective d’habilitation ministérielle. L’université a également décidé de réduire la capacité d’accueil en première année à 60 étudiants, et 31 demandes de réorientation ont été rejetées sur demande de la présidence. (suite…)

Cadre National des Formations: le nouveau texte n’évoque pas l’inscription des parcours sur les diplômes

Une nouvelle version du Cadre National des Formations nous a été communiquée le 6 novembre. Ce texte ne fait pas mention de l’inscription sur le diplôme, sous forme de visa, du parcours suivi par l’étudiant, alors que cette disposition apparaissait dans la version précédente du texte. Cette absence a vivement inquiété la communauté des STAPS car elle risquait d’affecter gravement les perspectives d’employabilité des étudiants. Le Code du Sport de 2004 accorde aux licenciés STAPS des prérogatives d’intervention spécifiques, à condition que les intitulés des « filières » suivies apparaissent sur les diplômes (« Activité Physique Adaptée-Santé », « Education et Motricité », « Entraînement Sportif »). L’inscription de ces parcours sur les diplômes est une solution qui a priori doit permettre de pallier la suppression des 5 spécialités nationales.

Jean-Michel Jollion a eu la courtoisie de nous contacter  pour nous rassurer sur le principe d’inscription des parcours sur les diplômes. Ce principe est acté et son absence dans le texte soumis à concertation n’est liée qu’à un problème de hiérarchie des textes règlementaires. Dont acte. Notre réaction a été à la mesure de l’enjeu pour notre système de formation.

Capacités d’accueil : un tirage au sort à l’entrée à l’Université ?

Les médias se sont fait l’écho en cette rentrée de l’émoi déclenché par l’instauration d’un tirage au sort à l’entrée en première année de Licence dans certains UFR STAPS (voir notamment http://m.poitou-charentes.france3.fr/2013/07/10/polemique-les-lyceens-candidats-aux-staps-de-poitiers-dependants-d-un-tirage-au-sort-285795.html . On a même été jusqu’à affirmer que le recours au tirage au sort venait du refus des universités d’analyser les dossiers des candidats.

Revenons aux faits. Tout d’abord ce ne sont pas les universités qui opèrent ce tirage au sort, mais l’application PostBac. Deuxièmement, ce tirage au sort relève simplement de l’application de la Loi, le Code de l’Education prévoyant que si le nombre de candidatures excède le nombre de places disponibles, seul un tirage au sort peut permettre de sélectionner les étudiants parmi les candidats éligibles. C’est en effet la moins mauvaise solution, si l’on veut respecter le principe d’égalité face  à l’accès à l’université des bacheliers. (suite…)

Courrier de la C3D STAPS, du CNU 74 et de l’ANESTAPS sur la nomenclature des diplômes

Nous avons pris connaissance des dernières propositions des comités de suivi Licence et Master relatives aux différentes mentions de diplômes. Sur la base de ces propositions, nous souhaitons par ce courrier conjoint de la Conférence des Directeurs STAPS (C3D), de la 74ème section du CNU et de l’Association Nationale des Etudiants (ANESTAPS), réaffirmer collectivement notre attachement et notre vigilance à l’égard des points suivants, déterminants pour la lisibilité des diplômes STAPS sur le marché de l’emploi et pour l’insertion professionnelle des étudiants inscrits dans nos formations. (suite…)

Entrée à l’université: le chemin de croix

3273 candidats pour la Licence 1 sur Admission PostBac, dont plus d’un millier en premier choix. 53% en provenance d’autres académies. Auxquels on doit ajouter une bonne centaine de demandes de réorientation, une cinquantaine de demandes de sportifs de haut-niveau, quelques dizaines de dossiers Campus France et des demandes de reprise d’étude. L’UFR STAPS de Montpellier fait montre d’une belle attractivité.

Mais nous ne pouvons offrir plus de 650 places en première année de Licence, suite ou plutôt grâce à l’octroi par le Rectorat d’une limitation de nos capacités d’accueil. Cette limitation a été rendue nécessaire pour garantir la sécurité des étudiants. Et je ne parle pas des 1400 demandes de transfert de dossier universitaire en L2, L3 et M1, que nous ne pourrons satisfaire qu’au compte-goutte. (suite…)

Masters Enseignement : le piège de la « maquette unique »

La note du 10 avril relative aux mentions du master MEEF fait naître quelques inquiétudes sur la conception des futures maquettes de formation. On y lit notamment que « s’agissant des sites pluridisciplinaires, la recherche d’une communauté de vue, dont le projet soumis à accréditation sera le vecteur, doit pouvoir se matérialiser au niveau académique par la proposition d’une offre de formation cohérente et largement partagée au sein de chacune des 3 mentions MEEF visant les métiers de l’enseignement de l’éducation nationale » (i.e., « premier degré », « second degré », et « encadrement éducatif »). Il est dit par ailleurs qu’ « une seule maquette doit être mise en œuvre par les équipes pédagogiques, qui intégreront les enseignants des universités, de l’ESPE et des professionnels intervenant dans le champ scolaire ».

Toujours cette quête infernale d’homogénéisation et de simplification. Un master enseignement qui quelle que soit la discipline proposerait une maquette identique sur tout le territoire, gage d’une formation équivalente pour tous les enseignants du pays. (suite…)

La disparition des spécialités : un coup dur pour l’insertion professionnelle

La suppression des spécialités, en Licence et en Master, répond à un souci de simplification de l’offre de formation. Elle entraîne cependant des effets pervers, notamment lorsque les diplômes préparent à des professions à cadre réglementé, ce qui est justement le cas pour la plupart des spécialités de Licence STAPS.

La Conférence des Directeurs d’UFR STAPS a réalisé ces dernières années un lourd travail de structuration de l’offre de formation, ne retenant que cinq spécialités de Licence STAPS : (1) Activité Physique Adaptée et Santé, (2) Education et Motricité, (3) Entraînement Sportif, (4) Management du Sport, et (5) Ergonomie du Sport et Performance Motrice. Chacune de ces spécialités a fait l’objet en 2006 du dépôt d’une fiche RNCP, décrivant les compétences acquises par les titulaires des diplômes correspondants. (suite…)

Formation des enseignants : les spécificités de l’Education Physique et des STAPS

Tout le monde sait que depuis la réforme dite de « mastérisation », les enseignants nouvellement nommés arrivent dans les établissements scolaires en n’ayant jamais vu un élève, en n’ayant aucune idée du métier d’enseignant. C’est du moins ce que racontent à l’envi les media. (suite…)