Programmes élections européennes 2019 : l’enseignement et la recherche

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Dans l’ordre d’un article du journal Le Monde du 13 mai 2019 qui s’appuie sur un sondage Elabe pour BFM TV sur Internet les 6 et 7 mai 2019, voici une présentation des programmes des partis politiques en concurrence pour les élections européennes 2019.

Nous allons voir que pris isolément, les programmes – quand ils existent sont assez peu développés (sauf exceptions), mais l’ajout des uns aux autres (sauf exceptions) peu créer une véritable complémentarité même s’il existe des programmes incompatibles.

 

1

Parti politique :

Renaissance soutenue par la République en marche, le Modem et ses partenaires

Centristes libéraux (ADLE)

Tête de liste :

Nathalie Loiseau

Programme source :

https://eu-renaissance.org/fr/Programme%20Renaissance%20%C3%89lections%20europ%C3%A9ennes.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose de constituer des universités de niveau mondial (combien en France ?), un « Parcoursup européen » et de l’aide pour l’enseignement dans les pays africains :

  • Créer une vingtaine d’Universités européennes d’ici 2024. Chaque étudiant y bénéficiera de cursus, de diplômes communs et d’une mobilité libre.
  • Créer une plateforme européenne de candidature aux universités. Chaque jeune pourra candidater aux établissements supérieurs des autres pays européens depuis une plateforme numérique commune.
  • Construire un Pacte avec l’Afrique en développant les investissements et des programmes scolaires et universitaires, en particulier à destination des jeunes filles.

 

2

Parti politique :

Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen

Extrême droite – Europe des nations et des libertés (ENL)

Tête de liste :

Jordan Bardella

Programme source :

https://rn-europeennes.fr/wp-content/uploads/2019/04/europeennes-projet.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

3

Parti politique :

Union de la droite et du centre Droite – Parti populaire européen (PPE)

Tête de liste :

François-Xavier Bellamy

Programme source :

https://www.republicains.fr/sites/default/files/2019-03/2019-03-26-lR-elections-europeennes-projet.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose des taxations écologiques et GAFAM pour financer la recherche, notamment larecherche médicale :

  • #PROPOSITION 31 Instaurer une «Barrière écologique», grâce à la mise en œuvre de droits de douane anti-pollution sur les produits importés de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales ou sociales, pour augmenter le budget européen dédié à la recherche et l’innovation.
  • #PROPOSITION 56 La taxation des entreprises doit être équitable entre toutes les entreprises en Europe: mettre en place une taxe d’égalisation des géants extra-européens du numérique (dits «GAFAM» pour Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), pour financer l’investissement public européen dans la recherche et l’innovation, notamment dans l’intelligence artificielle.
  • #PROPOSITION 63 Adopter une «Grande cause européenne» : dans les cinq années du mandat européen à venir, développer les projets communs de recherche médicale entre Etats membres pour découvrir le remède à Alzheimer, Parkinson et les maladies neuro-dégénératives.

 

4

Parti politique :

Europe écologie, Ecologistes et régionalistes (Verts/ALE)

Tête de liste :

Yannick Jadot

Programme source :

https://europeecologie.eu/nos-propositions

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti souhaite augmenter le financement de la recherche pour lutter contre le changement climatique et les inégalités croissantes. Il s’agit d’investir dans l’avenir en doublant les fonds destinés aux programmes axés sur l’avenir : programmes pour la jeunesse, recherche et développement, infrastructures, programmes culturels et éducatifs. Ainsi, Horizon 2030, le programme européen de recherche et d’innovation, doit concentrer ses investissements sur la recherche, le développement et la mise en œuvre de solutions technologiques et non technologiques responsables qui permettront et accompagneront la transformation durable de notre mode de vie, de production et de consommation. Il doit être basé sur les besoins des citoyens et des communautés, et non pas seulement sur les intérêts privés. Il doit être profitable à la société dans son ensemble et relever des défis sociétaux urgents tels que la lutte contre le changement climatique, la transition vers une énergie durable et renouvelable, une économie circulaire sans substances toxiques, des pratiques alimentaires et agricoles durables et des soins de santé et des médicaments abordables. Il devrait être considérablement augmenté par rapport au Cadre financier pluriannuel (CFP) actuel. Horizon 2030 devrait bénéficier d’au moins 136 milliards d’euros pendant la durée CFP post-2020.

Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) doit financer la recherche scientifique.

 

5

Parti politique :

La France insoumise Gauche radicale (GUE/NGL)

Tête de liste :

Manon Aubry

Programme source :

https://lafranceinsoumise.fr/actualites/elections-europeennes/lavenir-en-commun-en-europe-aussi/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti souhaite :

  • Créer un institut européen public de recherches sur la transition énergétique
  • Créer des Centres de recherche artistiques européens dans les domaines des arts vivants (danse, théâtre, musique), du cinéma, des arts plastiques.
  • Créer des réseaux européens pérennes de recherches sur les grands enjeux de société liés à la transition écologique et sociale de nos sociétés,
  • Créer des laboratoires de recherche publique européens dans les domaines de la santé, des sciences de l’éducation, de l’environnement, de l’énergie, de la mer et de l’espace, augmenter de manière considérable l’effort financier en faveur de la recherche, ce qui permettrait entre autres de rattraper le manque d’investissements de ces dernières décennies et d’éviter la fuite des cerveaux de France et d’Europe, et de sanctuariser et renforcer le financement public de la recherche fondamentale.
  • Augmenter les budgets européens alloués à la recherche publique et harmonisés avec l’enseignement supérieur avec un objectif de 3% du PIB à y consacrer. Exclure de ces versements les laboratoires scientifiques qui sont directement alimentés par le mécénat bien intéressé de grandes multinationales (Total, LVMH, …).
  • Refonder radicalement la politique européenne de l’enseignement supérieur et de la recherche afin de promouvoir la sécurité des statuts sociaux, la collégialité, la diversité des recherches, et redonner aux chercheurs le droit au temps long dont ils ont besoin.
  • Défendre le droit à la gratuité et le libre accès à l’Université en Europe,
  • Créer un réseau labellisé d’« Universités européennes » reposant notamment sur le principe de gratuité d’accès, de l’échange entre chercheurs et citoyens, les recherches participatives avec par exemple l’expérimentation de conseils d’orientation associant citoyens tirés au sort, associations et chercheurs.
  • Créer une plateforme européenne de publication scientifique gratuite et libre d’accès gérée par les chercheurs.
  • Protéger les animaux utilisés à des fins scientifiques : étudier sur du matériel humain (culture de cellules, tissus humains, organes sur puces, etc) ou des données humaines (banques de données, épidémiologie, etc), ne pas nuire (ne pas utiliser des animaux en bonne santé afin de les rendre malades), rendre obligatoire l’utilisation de méthodes substitutives déjà validées, interdire toutes expériences sur les singes, les chiens et les chats…
  • Promouvoir les coopérations internationales pour le co-développement, construire un Partenariat méditerranéen en commençant par relancer la démarche 5+5 pour de nouvelles coopérations écologiques, universitaires, culturelles et économiques entre les pays de la Méditerranée occidentale (Portugal, Espagne, Italie, France, Malte, Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye).
  • Accorder à chaque jeune européen entre 16 et 25 ans une allocation d’autonomie d’une durée d’un an pour étudier, se former, travailler dans un autre pays européen.

 

6

Parti politique :

Le courage de défendre les Français avec Nicolas Dupont-Aignan

Droite nationaliste – Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)

Tête de liste :

Nicolas Dupont-Aignan

Programme source :

http://www.debout-la-france.fr/sites/default/files/manifeste-adlf.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Pour ce parti, il s’agit de :

  • Défendre nos emplois face à la mondialisation et faire des pays européens des champions scientifiques et technologiques.
  • Favoriser les investissements privés et publics dans la recherche et l’innovation pour atteindre 5% du PIB européen comme la Corée du Sud.
  • Utiliser les budgets pour faire rayonner les lycées, les universités, la langue et la culture françaises à l’étranger.

 

7

Parti politique :

Envie d’Europe écologique et sociale

Sociaux-démocrates (S&D)

Tête de liste :

Raphaël Glucksman

Programme source :

https://enviedeurope.eu/wp-admin/admin-ajax.php?juwpfisadmin=false&action=wpfd&task=file.download&wpfd_category_id=12&wpfd_file_id=1602&token=92f3914f13ecf5a52fad1b2e80518613&preview=1

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose de :

  • Investir massivement pour développer une recherche indépendante, permettant de progresser vers le stockage des énergies renouvelables, les nouvelles générations d’ordinateurs plus sobres en électricité, les véhicules et transports d’avenir, la formation aux nouveaux métiers, etc. Nous porterons une attention particulière à la recherche non orientée.
  • Parce que les services publics sont un pilier du modèle européen et doivent être sauvegardés, nous créerons un mécanisme européen de protection des investissements nationaux dans l’éducation, la santé, la culture et la recherche, activé en période de crise pour les États les plus fragilisés.
  • Nous travaillerons à une meilleure harmonisation des diplômes pour faciliter la mobilité et l’installation des jeunes Européennes et Européens dans la vie active. Nous développerons un label d’universités handi-accueillantes. L’apprentissage de l’Europe procède également de la diversité culturelle et du multilinguisme.

 

8

Parti politique :

Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent

Gauche radicale (GUE/NGL)

Tête de liste :

Ian Brossat

Programme source :

https://www.europedesgens.fr/notre_programme

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Comme beaucoup de partis, celui-ci valorise ERASMUS : « La connaissance de la culture de l’autre est un facteur essentiel de rapprochement des peuples. Le système des bourses « Erasmus » est à développer pour que tous les jeunes puissent en bénéficier. »

 

9

Parti politique :

Ensemble patriotes et gilets jaunes : pour la France, sortons de l’Union européenne !

Extrême droite – Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)

Tête de liste :

Florian Philippot

Programme source :

https://www.les-patriotes.fr/wp-content/uploads/2019/04/11-engagements-1.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

10

Parti politique :

Liste citoyenne du printemps européen avec Benoît Hamon soutenue par Génération·s et Dème-Diem 25

Gauche socialiste

Tête de liste :

Benoît Hamon

Programme source :

https://www.viveleuropelibre.eu/21engagements

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

11

Parti politique :

Les Européens

Centre droit – Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE)

Tête de liste :

Jean-Christophe Lagarde

Programme source :

https://www.les-europeens.eu/notre_projet

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose de :

  • Financer la recherche de produits de substitution au glyphosate et au cuivre : Alors que les citoyens européens se préoccupent de plus en plus de ce qu’ils ont dans leur assiette, il est impératif que l’Europe invente le modèle agricole de demain, durable, sain et assurant une juste rémunération aux agriculteurs.
  • Augmenter les budgets européens liés à la recherche agronomique et se concentrer sur 2 projets : l’agriculture de précision qui met les nouvelles technologies au service de nos agriculteurs et les nouvelles techniques de sélections végétales, qui permettent de tirer le meilleur de la plante pour qu’elle se défende seule face aux menaces qui l’entoure.
  • Créer une Académie européenne de défense et de sécurité sur le modèle de la National Defense University de Washington.

 

12

Parti politique :

Contre le grand capital, le camp des travailleurs

Gauche radicale

Nathalie Arthaud

Programme source :

https://www.lutte-ouvriere.org/sites/default/files/documents/brochure-avril-2019.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose de refinancer l’éducation et les emplois dans ce domaine.

 

13

Parti politique :

Ensemble pour le Frexit

Droite nationaliste

Tête de liste :

François Asselineau

Programme source :

https://www.upr.fr/programme-elections-presidentielles-france/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti semble avoir fait travailler des chercheurs pour établir son programme. C’est le seul à parler de doctorat et à faire état de l’actualité difficile de l’université et de la recherche aujourd’hui :

« La situation des universités et de la recherche devient extrêmement préoccupante en France. Cette observation n’est pas nouvelle, elle fait suite aux nombreux écrits et mouvements (États généraux de la recherche, Sauvons la recherche, Science en marche, l’Appel des appels, etc.) qui ont tenté et tentent encore d’alerter l’opinion publique au sujet de la dégradation des conditions de travail des enseignants-chercheurs et des chercheurs. Le nombre et l’ampleur de ces difficultés sont tels qu’il devient même difficile de les lister : mise en concurrence effrénée, diminution des crédits, revalorisation insuffisante des salaires, augmentation des couches administratives, précarisation des personnels, souffrance étudiante, locaux dégradés, etc. Nous nous dirigeons ainsi vers un effondrement progressif de notre système de formation et de recherche, qui survit grâce à l’abnégation de ses membres. Un certain nombre d’observateurs et d’acteurs en ce domaine n’hésitent plus à parler d’une véritable destruction de l’université française.

Le modèle de l’université française, lieu de savoir et de réflexion, temps essentiel dans la formation de tout citoyen, qui se caractérise par son indépendance à l’égard du pouvoir, risque ainsi de disparaître. L’indépendance même des universitaires, leur liberté de pensée et l’orientation de leurs travaux sont de plus en plus remises en question par le pouvoir politique en faveur d’intérêts économiques guidés par l’idéologie néolibérale. Celle-ci s’exprime par le biais de l’Union européenne, à commencer par le processus de Bologne de 1998, et, plus récemment, la loi relative aux libertés et responsabilités des universités de 2007 (LRU). Cependant, l’université n’est pas une entreprise, elle obéit à des logiques propres, développées et sanctuarisées tout au long du xxᵉ siècle. Elle nécessite notamment un espace de liberté favorable à l’émergence d’une recherche et d’un enseignement de haut niveau. L’université a également besoin de financements pour éviter des logiques de précarisation qui ont un impact tout autant sur les personnels qui la composent que sur la population étudiante. C’est également le niveau global de formation de notre pays qui est en jeu.

L’UPR est le seul parti politique qui dénonce une université inféodée à des logiques capitalistes et entrepreneuriales. Seule l’élection présidentielle peut permettre un changement de cette nature et remettre en ordre de marche le monde de la recherche et de l’enseignement en lui redonnant une indépendance, chèrement acquise, qui nécessite aujourd’hui d’être défendue. »

Autres propositions :

  • 150 Restaurer l’indépendance et la liberté des chercheurs et des enseignants-chercheurs
  • 151 Suppression de l’Agence nationale de la recherche
  • 152 Mettre fin à la complexification administrative croissante
  • 153 Suppression du crédit d’impôt recherche (CIR) et redéploiement des financements
  • 154 Réduire la précarité dans l’enseignement et la recherche en lançant une politique de recrutement ambitieuse
  • 155 Revaloriser le doctorat et les grilles salariales des acteurs de l’enseignement et de la recherche
  • 156 Sauvegarder le faible coût des études et l’accès à l’université pour tous
  • 157 Favoriser la diffusion de la culture humaniste et des connaissances techniques issues du monde universitaire et de la recherche
  • 158 Refuser les grilles d’évaluation anglo-saxonnes et le monopole de l’anglais

 

14

Parti politique :

Alliance jaune, la révolte par le vote

Gilets jaunes

Tête de liste :

Francis Lalanne

Programme source :

https://alliance-jaune.eu/%E2%80%8E#/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

15

Parti politique :

Parti pirate

Divers – Parti pirate européen groupe Verts/ALE

Tête de liste :

Florie Marie

Programme source :

https://europeennes.partipirate.org/soccivile.html#programme

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Le Parti Pirate a un programme particulièrement développé et dans plusieurs domaines :

 

  • Droit d’auteur
  • Adopter des dispositions dans les accords commerciaux qui soutiennent l’utilisation et le développement de formats ouverts et de logiciels libres / open source (promotion de la reconnaissance mutuelle de modèles de licence tels que celui des licences Creative Commons).
  • Créer des ressources communes telles que les logiciels libres, les biens culturels gratuits, les brevets ouverts et le matériel éducatif libre
  • Numériser et mettre à la disposition du public le patrimoine culturel existant est autant que possible.
  • Promouvoir l’activité artistique et la diversité culturelle pour assurer un environnement éducatif et artistique riche aux générations actuelles et futures.
  • Limiter la période de monopole commercial du droit d’auteur entre cinq et vingt ans.
  • Autoriser le partage de fichiers non commerciaux gratuits devrait être.
  • Légaliser, protéger par la loi et promouvoir la copie, le stockage, l’utilisation et l’accès à des œuvres littéraires et artistiques à des fins non commerciales. À cette fin, les exceptions au droit d’auteur doivent prendre en compte les droits des utilisateurs et les protections juridiques des verrous numériques sur les biens culturels, telles que la gestion des restrictions numériques, doivent être supprimées. Tout le monde doit pouvoir profiter de notre patrimoine culturel et le partager sans être menacé d’action judiciaire ou de censure.
  • Autoriser toutes les œuvres dérivées, et les exceptions à cette règle très précisément énumérées dans la loi avec une marge d’interprétation minimale.
  • unifier les lois européennes sur le droit d’auteur et faire des exceptions au monopole obligatoire du droit d’auteur dans toute l’UE.
  • autoriser ou maintenir des droits exclusifs sur les biens immatériels que dans l’intérêt général. Tous les droits exclusifs doivent être limités dans le temps, ni leur durée ni leur portée ne peuvent être étendues de manière rétrospective.
  • exempter du droit exclusif du monopole commercial sur le droit d’auteur les remixages, parodies, citations et échantillons
  • garantir une transparence complète des sociétés de gestion européennes avec des droits de participation équitables pour leurs membres et des conditions contractuelles équitables pour les artistes.

 

  • Libre circulation des connaissances et Éducation

 

  • Fournir aux citoyens les compétences de base pour une vie indépendante dans la société d’information, ce qui inclut la lecture et l’écriture, les bases légales, la vie privée sur les réseaux, les bases de la finance et une éducation aux médias.
  • Organiser une fois un semestre d’enseignement à l’étranger pour les enseignants dans tous les niveaux.
  • Augmenter l’utilisation de ressources disponibles en libre accès sans restriction sur les copies via es institutions éducatives.
  • Mettre à disponibilité les médias éducatifs sous licence libre pour tous
  • Soutenir la numérisation et la publication des documents conservés dans les bibliothèques et les archives publiques à travers l’UE.

 

  • Science
  • Mettre en libre accès les résultats scientifiques financés par les contribuables publiés dans des revues scientifiques
  • Allouer une partie des fonds publics à la vérification et à l’agrégation des résultats scientifiques originaux de manière facilement accessible (par exemple, maintenir un wiki pour une branche scientifique donnée).
  • Financer le développement de logiciels scientifiques gratuits (open source).

 

  • Brevets
  • Réformer ou remplacer le droit des brevets via une approche qui permet des marchés plus libres et plus équitables.
  • Mettre fin à la pratique abusive croissante des brevets.
  • Cesser d’accorder des brevets pour des « inventions » triviales, mineures, des programmes informatiques, des modèles commerciaux ou des œuvres de la nature.
  • Cesser d’obliger les pays moins développés à accepter les dispositions relatives aux brevets susceptibles de nuire à leurs besoins essentiels, à leur santé, à leur éducation ou à leurs possibilités de développement.
  • Lutter contre les abus fréquents des privilèges de brevet, tels que l’introduction de modifications fantaisistes dans les médicaments alors que la protection par brevet expire. Les pratiques non compétitives telles que le financement de concurrents pour retarder la commercialisation des génériques doivent être activement évitées.
  • Soutenir la mise en place et le financement de méthodes alternatives d’incitation à l’innovation pharmaceutique afin de remplacer progressivement les brevets dans ce domaine. Notre objectif est de rompre le lien direct entre la rémunération des avancés technologiques et le prix final du produit afin que les médicaments soient abordables pour tous.
  • Arrêter de gêner les universités et les instituts de recherche dans leurs recherches scientifiques dans les domaines de la santé et de la médecine.

 

  • Environnement et climat
  • Rendre l’approche scientifique obligatoire dans tout processus de prise de décision environnementale pour accroître la transparence et la fiabilité. Le public a le droit d’avoir un accès facile, rapide et fiable aux données environnementales et aux décisions qui en résultent. Ces informations devraient également inclure les méthodes de surveillance et d’enquête. Les données devraient être disponibles à tout moment sur les sites Web gouvernementaux. Les avis et les spécifications scientifiques sur lesquels reposent les décisions administratives et judiciaires doivent provenir d’experts indépendants. La participation aux réunions importantes doit être abordable. En outre, un nombre diversifié de scientifiques indépendants doit être maintenu. Cela ne peut être réalisé qu’en finançant adéquatement la recherche universitaire sur les problèmes environnementaux aigus et nouveaux plutôt qu’en promouvant de plus en plus la recherche liée à l’industrie.
  • Exiger les conditions légales pour l’utilisation des technologies nécessaires pour atteindre l’objectif de protection du climat

 

  • Programme spatial
  • Soutenir l’industrie spatiale en se basant sur la stimulation des milieux d’affaire, des subventions financières importantes pour les projets de recherche publics et privés, et une vision claire des principaux objectifs pour l’Union européenne. Pour la création d’une véritable base spatiale industrielle et européenne, des fonds additionnels, basés sur le modèle du Fonds européen de Défense, sont nécessaires en vue de soutenir la recherche de technologies disruptives allant du voyage interstellaire à l’extraction minière et des capacités de lancement autonome pour l’Europe afin de faire bénéficier des avantages spatiaux toute l’humanité.
  • Créer une seule agence européenne pour unifier les savoir-faire dédiés à l’observation des objets géocroiseurs, actuellement fragmentés au niveau national avec un financement adéquat. L’observation et la prospection des objets géocroiseurs devront servir à la fois à la défense de la planète et à l’utilisation de ressources pour développer des savoir-faire communs.
  • Soutenir la recherche et développement de technologies haut de gamme et polyvalentes pour l’utilisation des ressources, tels que les techniques laser, pour créer une économie spatiale fonctionnelle et sécurisée.
  • Assurer un usage civil des technologies spatiales au profit de toute l’humanité via l’open access
  • Assurer une coopération économique et scientifique efficace.

 

 

16

Parti politique :

Urgence écologique

Ecologiste – Les Verts

Tête de liste :

Dominique Bourg

Programme source :

http://urgence-ecologie.fr/wp-content/uploads/2019/04/Fondations-Urgence-Ecologie.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti souhaite une recherche indépendante et participative orientée vers l’écologie :

  • Application réelle du principe de précaution et de prévention : plus aucune autorisation ne peut être délivrée sur la base d’études scientifiques corrompues financées par les industriels. Augmentation des moyens alloués à la recherche scientifique indépendante.
  • En lien avec les chercheurs, les ONG et les citoyens, développer une véritable approche des sciences participatives et citoyennes pour accroître le rôle des députés afin d’évaluer et de réorienter massivement la politique de recherche européenne vers les priorités de la transformation écologique.

 

17

Parti politique :

Allons enfants

Divers

Tête de liste :

Sophie Caillaud

Programme source :

https://partiallonsenfants.org/wp-content/uploads/2019/03/PROGRAMMME-EUROP%C3%89ENNES-2019.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose un ERASMUS pour les enseignants et un incubateur scientifico-économique :

  • Proposition 9 : Créer un Erasmus des enseignant·e·s. Pour améliorer l’enseignement des langues étrangères, deux pistes peuvent être suivies : permettre aux professeurs de langues de monter encore en compétence dans leur maîtrise de la langue, mais aussi proposer des cours en immersion, c’est-à-dire des cours de disciplines traditionnelles prodigués dans une langue étrangère. Et pour cela, il est indispensable que les enseignant·e·s maîtrisent cette autre langue. Ce qu’Allons Enfants propose
    • Instituer un Erasmus pour les enseignant·e·s, qui leur permettrait de participer et de profiter de ce programme d’échange, et ainsi de monter en compétences culturelles, techniques et linguistiques.
    • Cet Erasmus enseignant pourrait avoir lieu pendant la formation des professeurs, mais également tout au long de la carrière par un système d’échange entre établissements. Pendant un semestre ou deux, l’enseignant·e aurait le choix entre suivre des cours dans sa discipline dans une université du pays d’accueil ou donner lui-même des cours dans un établissement, ce qui représenterait un enrichissement également pour les élèves.
    • Au retour de l’enseignant dans son établissement d’origine, il ou elle dispenserait des cours de sa discipline (Histoire, mathématiques, économie…) dans la langue du pays dans laquelle il ou elle aura été plongée.

 

  • Proposition 20 : Créer des campus d’innovation autour des technologies d’avenir. Si l’Union européenne entend jouer un rôle moteur dans l’économie de demain et être en mesure de concurrencer les produits américains ou chinois, elle doit s’imposer en tant que leader dans les secteurs à fort potentiel : la silver economy (économie de la dépendance), l’économie verte, la blockchain, l’intelligence artificielle. Elle doit offrir aux talents européens un cadre propice à la recherche et à l’innovation. Ce qu’Allons Enfants propose :
    • Créer des groupes de laboratoires, d’incubateurs et d’entreprises en Europe afin de ne pas laisser un contrôle total aux Etats-Unis et à la Chine sur ces sujets. Ces clusters permettraient le développement des collaborations entre les différents Etats membres de l’UE pour faire naître des innovations résolument européennes.
    • Inciter à l’implantation de ces clusters dans les pays les moins développés de l’UE – Estonie, hub technologique en pleine expansion, ou Slovaquie avec la « Danube Valley »- pour les aider à s’étendre en attirant des talents venus d’autres pays, en créant des entreprises technologiques à fort potentiel.
    • Participer au financement de ces clusters via le fonds de cohésion de l’UE (63,4 milliards d’euros), qui soutient les Etats Membres dont le RNB est inférieur à 90% de la moyenne communautaire afin d’aplanir les disparités sociales et économiques et de promouvoir le développement durable, et via le fonds européen de développement régional, ayant pour vocation de renforcer la cohésion économique et sociale dans l’UE en corrigeant les déséquilibres entre ses régions.

 

18

Parti politique :

Mouvement pour l’initiative citoyenne

Gilets jaunes

Tête de liste :

Gilles Helgen

Programme source :

https://mouvementinitiativecitoyenne.fr/wp-content/uploads/2019/05/Profession-de-foi.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

19

Parti politique :

Décroissance 2019

Ecologiste

Tête de liste :

Thérèse Delfel

Programme source :

http://decroissance-elections.fr/europeennes-2019/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

20

Parti politique :

Parti révolutionnaire communiste

Gauche radicale

Tête de liste :

Antonio Sanchez

Programme source :

https://sitecommunistes.org/index.php/elections/europeennes

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

21

Parti politique :

Parti animaliste

Ecologiste

Tête de liste :

Hélène Thouy

Programme source :

https://parti-animaliste.fr/programme-europeennes2019

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti vise mettre fin à la recherche et expérimentation animale avec 5 moyens principaux :

 

  • Encourager la recherche de méthodes non animales :
  • Soutenir le développement des méthodes de recherche non testées sur des animaux via une réorientation des subventions allouées à la recherche et à l’innovation
  • Allouer un budget de 10 milliards d’euros à la recherche de méthodes non testées sur des animaux dans le cadre de « L’Union de l’innovation »
  • Astreindre les groupes privés, les établissements publics et les associations pratiquant l’expérimentation animale à des fins scientifiques à financer un fonds européen dédié à la recherche de méthodes non testées sur des animaux, à hauteur de 1 % de leur budget
  • Instaurer une signalétique sur les emballages indiquant si des tests sur les animaux ont été utilisés (médicaments, produits ménagers…)

 

  • Supprimer progressivement l’expérimentation animale :
  • Supprimer l’expérimentation animale dans la recherche, les tests et l’enseignement: mettre en place un échéancier avec des objectifs chiffrés, notamment en réexaminant la directive européenne 2010/63/UE
  • Créer une base de données européenne répertoriant les résultats obtenus lors de procédures réalisées sur les animaux et interdire la répétition d’expériences
  • Interdire immédiatement l’utilisation des primates pour les expérimentations (techniques invasives, expériences impliquant une souffrance psychologique…)
  • Lancer une action diplomatique pour une interdiction mondiale de l’expérimentation animale dans les cosmétiques avant 2023
  • Amender la directive européenne 2010/63/UE afin qu’elle soit plus contraignante sur la mise en œuvre et le développement des alternatives non animales (dites méthodes de remplacement)

 

  • Renforcer l’action du Centre européen de validation des méthodes alternatives (ECVAM)
  • Donner les moyens financiers de réaliser l’ensemble de ses missions au laboratoire de référence de l’Union européenne, moyens qui sont en constante diminution
  • Réviser le processus actuel de validation des méthodes non animales, car il est trop long et inefficace (de 6 à 10 ans) et ne plus soumettre ces méthodes à une validation supplémentaire de l’OCDE
  • Rendre obligatoire l’utilisation des méthodes non animales dès lors qu’elles sont reconnues par le laboratoire de référence de l’Union européenne

 

  • Améliorer la protection des animaux utilisés à des fins de recherche

 

  • Définir explicitement la procédure d’évaluation des projets utilisant des animaux et revoir la composition des comités d’éthique, les compétences de leurs membres et leur formation afin de garantir l’impartialité des décisions et l’absence de conflits d’intérêts
  • Revoir les critères d’évaluation de la douleur, de la souffrance et du stress des animaux ainsi que les moyens et les compétences nécessaires pour une prise en charge effective et appropriée, et les tenir à jour en fonction des dernières découvertes scientifiques sur les capacités émotionnelles et cognitives de nombreuses espèces animales
  • Rendre obligatoire pour tout chercheur et technicien manipulant des animaux une formation à l’éthologie et aux pratiques causant le moins de stress et de souffrances qui sera dispensée par des associations de protection animale agréées
  • Rendre obligatoire l’évaluation rétrospective pour tous les projets utilisant des animaux et la publication de celle-ci pour des raisons d’éthique et de transparence
  • Rendre explicite la directive européenne 2010/63/UE en la renommant (« Directive européenne relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, et au développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale »)
  • Interdire l’utilisation d’animaux ne provenant pas de centres d’élevage agréés de l’Union européenne

 

  • Développer l’éthique dans l’éducation et l’enseignement
  • Promouvoir une interdiction des dissections dans l’enseignement secondaire
  • Instaurer d’un droit à l’objection de conscience à l’expérimentation animale dans l’enseignement supérieur
  • Développer des programmes d’incitation à l’enseignement de l’éthique animale en s’appuyant sur l’article 6 du TFUE

 

22

Parti politique :

Les oubliés de l’Europe – artisans, commerçants, professions libérales et indépendants

Divers

Tête de liste :

Olivier Bidou

Programme source :

https://www.les-oublies.eu/le-programme/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

23

Parti politique :

Union démocratique pour la liberté égalité fraternité

Divers

Tête de liste :

Christian Person

Programme source :

https://www.udlef.fr/projet/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti souhaite renouveler le système éducatif français en intégrant la recherche. Pour cela, la France et l’Europe doivent mettre en place conjointement des dispositifs et plateformes innovantes d’apprentissage visant à favoriser l’émergence d’un « ETAT ESPRIT académique » au-delà de la simple compétence technique et de l’hyperspécialisation. Il s’agit de promouvoir « l’ouverture d’esprit et la résilience comme qualités du travailleur de demain ». Elles sont les « « méta-compétences indispensables pour une bonne appréhension de l’environnement sociétal qui permettront à chaque citoyen d’être acteur de l’amélioration continue de notre République. Il s’agit d’une « responsabilité générationnelle sur le renouveau du principe d’éducation ».

Ce parti propose un programme de réforme Education et Recherche sur 6 grands axes :

 

1) Europe et le Bilinguisme :

  • maîtriser au moins une langue seconde (Bilinguisme) depuis l’école primaire en faisant de l’anglais devienne dans le primaire la langue de la communication orale, du jeu et des découvertes, jusqu’à se renforcer au Collège et devienne une spécialité au Lycée.
  • Créer un label Europe pour les lycées pour échanger les expériences éducatives européennes dans les contenus comme dans la pédagogie…
  • utiliser systématiquement des nouvelles méthodes d’apprentissage cognitif, c’est-à-dire de nouvelles méthodes d’enseignement basées sur les découvertes neuroscientifiques et la sensibilisation à la création de valeur sociale.

 

2) L’école et l’écologie : faire de l’apprentissage des données écologiques un domaine d’enseignement dès le collège et non quelques interventions épisodiques.

 

3) L’école et l’entreprise :

  • préparer les jeunes à l’esprit d’entreprise et cela peut se faire au collège et au Lycée par des formations et surtout la réalisation de micros projets (ouverture de l’école sur le monde de l’entreprise).
  • développer des activités technologiques et alterner les activités manuelles avec les activités intellectuelles dès la quatrième pour mieux connaître le monde du travail et la connaissance des bassins d’emplois

 

3) La mobilité :

  • développer davantage les titres de transport, les cartes d’étudiants Européens, les campus européens (Parc de logements réservé aux étudiants en mobilité).
  • renforcer les jumelages et les objets d’études comme les doubles diplômes universitaires.
  • investir dans la construction de foyers pour les jeunes travailleurs.

 

4) Une Europe constructive :

  • Créer des pôles universitaires et de recherche afin de retrouver la solidarité européenne dans la réalisation des projets structurants…
  • Instaurer des bourses mobilité avec un cahier des charges afin de permettre aux jeunes de réaliser des projets européens…
  • Créer un programme Européen de type ERASMUS ou ERASMUS+ , plus étendu et plus riche basé sur les expertises et la recherche neuroscientifique et sur l’enseignement pluridisciplinaire pour l’excellence académique pour créer un état de franchissement hors de sa zone de confort et d’être ainsi amené à la compréhension d’un mode de vie qui n’est pas le sien.

 

5) Nos quartiers et les banlieues

  • affronter la sectorisation des écoles et des collèges par la mobilité entre quartiers de la ville et la Métropole si possible.
  • équiper les écoles pour les personnes à mobilité réduite (toilettes PMR, accès PMR cantine et classes),
  • former des enseignant(e)s sur le handicap
  • créer des postes d’éducateurs spécialisés sur le handicap

 

6) Politique de l’enseignement supérieur et la recherche :

  • Harmoniser les diplômes français par rapport à l’Europe.
  • Créer un partenariat public /privé et des pôles d’excellences de recherches régionaux dotés de moyens humains et matériels (mutualisation et harmonisation des spécialités).
  • Développer une politique pour attirer les meilleurs étudiants étrangers.
  • Ouvrir d’avantage l’accès aux écoles de médecines ainsi qu’aux écoles des métiers médicaux et paramédicaux.
  • Augmenter les bourses des étudiants sous conditions de ressources.
  • Offrir la possibilité d’emprunt public aux étudiants sous conditions.

 

24

Parti politique :

Evolution citoyenne

Gilets jaunes

Tête de liste :

Christophe Chalençon

Programme source :

https://docs.wixstatic.com/ugd/ee662b_ed9a2be1e5c74e878aee688ecd61f429.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti souhaite :

  • Recentrer l’éducation nationale sur la « transmission des savoirs élémentaires afin de former des citoyens français accomplis » : lire, écrire, compter, l’histoire de France, la géographie de France, la littérature et la langue françaises.
  • Renouer avec l’élitisme républicain et la discipline pour arrêter le nivellement par le bas.
  • Réformer les programmes de l’éducation nationale pour les rendre plus stricts et ambitieux.
  • Rendre obligatoire l’apprentissage des valeurs républicaines à l’école.
  • Appliquer intelligemment la sélection à l’université pour récompenser les meilleurs tout en assurant l’égalité des chances. Il y a une différence entre égalité et égalitarisme.
  • renforcer les moyens de l’éducation nationale.
  • Créer dans chaque commune une salle dédiée à des événements thématiques : culture, cinéma, vulgarisation scientifique, art etc. L’organisation de ces événements thématiques sera assurée par les Assemblées citoyennes.
  • Lancer des programmes de recherche dans les energies propres, qui seront financés par la taxation des gros pollueurs de la mondialisation.
  • Rétablir le rôle de l’État comme chef d’orchestre de la vie économique dans tous les secteurs clefs – dont la recherche – par des prises de contrôle, des minorités de blocage et des (re)nationalisations.

 

25

Parti politique :

Langue commune équitable pour l’Europe

Divers

Tête de liste :

Pierre Dieumegard

Professeur de biologie et de géologie

Programme source :

http://e-d-e.fr/Notre-programme

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti demande à :

  • [1.1] autoriser et proposer l’étude de l’espéranto dans les systèmes éducatifs.
  • [2.1] favoriser le développement de la compréhension passive et l’utilisation de l’espéranto comme introduction aux langues étrangères afin, notamment, de valoriser les compétences et d’éviter le sur-investissement dans les langues hégémoniques.

 

26

Parti politique :

A voix égales

Féministe

Tête de liste :

Nathalie Tomasini

Programme source :

https://www.avoixegales.fr/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

27

Parti politique :

Pour une Europe qui protège les citoyens

Divers – Parti fédéraliste européen

Tête de liste :

Yves Gernigon

Programme source :

http://www.parti-federaliste.eu/notre-vision/nos-60-propositions/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose de :

  • 7 – protéger les industries européennes lors des prises de contrôle d’investisseurs, voire à les interdire si les projets représentent des menaces pour la recherche et la sauvegarde de la technologie européenne.
  • 8 –Créer un budget européen qui pourra directement financer des programmes d’investissement dans de nombreux domaines (transports, rail transeuropéen, réseaux d’énergie, santé, recherche, science, technologie…) avec à la clé la création de centaines de milliers d’emplois.
  • 44 – Nous favoriserons les échanges d’étudiants et de jeunes professionnels dans l’éducation, les sports et la culture. Nous favoriserons également l’excellence dans la recherche et la connaissance par une reconnaissance mutuelle accrue des diplômes.
  • 45 – Nous créerons des écoles professionnelles européennes et des universités dans certains secteurs spécifiques. Nous accroîtrons le nombre de bourses disponibles pour les étudiants européens et étrangers de manière à attirer les étudiants et chercheurs à haut potentiel dans les universités européennes.
  • 46 – Permettre aux jeunes adultes travailleurs d’accéder, pendant une période de six mois, à un emploi dans des entreprises européennes, sur le modèle du programme Erasmus.
  • 47 – Mettre en place un service civil européen pour favoriser la solidarité et la compréhension entre Européens dès le plus jeune âge. Nous ferons la promotion de la compréhension de l’Histoire européenne et des principes démocratiques.
  • 51 – Favoriser l’enseignement dans les états membres des diverses langues européennes.

 

28

Parti politique :

Liste de la reconquête

Extrême droite

Tête de liste :

Vincent Vauclin

Programme source :

https://dissidenceresistance.files.wordpress.com/2018/01/df-pgm-final.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti se focalise sur le contenu des programmes de l’Education Nationale et souhaite :

  • réhabiliter l’enseignement des fondamentaux et de l’Histoire de France
  • refonder le baccalauréat
  • revaloriser les filières de l’apprentissage
  • encourager le port d’uniformes spécifiques à l’école
  • prohiber les enseignements de la « théorie du genre » et de « l’écriture inclusive » et remplacer par une sensibilisation au patriotisme et à la citoyenneté dès l’école primaire.

Rappelons que la « théorie du genre » n’est pas enseignée contrairement à l’étude du genre qui consiste seulement à montrer la vie sociale change en fonction de son genre.

 

29

Parti politique :

Parti des citoyens européens

Divers – PACE

Tête de liste :

Audric Alexandre

Programme source :

https://www.pace-europe.eu/wp-content/uploads/2019/04/Programme-europeennePACE-2019.pdf

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti propose de :

  • 22 SOUTENIR LES ENTREPRISES EN INVESTISSANT 3% DU PIB DANS LA RECHERCHE ET LE L’INNOVATION (R&D1) Afin d’atteindre l’objectif de 3% du PIB dans la R&D pour chacun des Etats membres de la République européenne, l’Etat fédéral abondera, à hauteur de 30 à 50%, les dépenses de R&D consenties par les Etats membres et/ou l’Union européenne.
  • 39 Proclamer de nouveaux droits comme le droit à une éducation et une formation de qualité pour tous
  • Organiser un débat citoyen et scientifique sur l’existence et le rôle des zoos et assimilés pour définir une série de normes minimales.
  • Créer une branche au sein de l’Agence européenne du bien-être animal (ABEA) pour les méthodes de recherche non animale. L’Agence sera chargée d’accompagner la transition expérimentale sur animaux vers des méthodes n’utilisant pas les animaux, en accompagnant les laboratoires, en formant les chercheurs, et en soutenant les publications concernées.

 

30

Parti politique :

Démocratie représentative

Divers

Tête de liste :

Hadama Traoré

Programme source :

http://www.lreem.com/pages/pole-politique-la-democratie-representative/europeennes-2019/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

31

Parti politique :

Une France royale au cœur de l’Europe

Droite nationaliste

Tête de liste :

Robert de Prévoisin

Programme source :

http://www.allianceroyale.fr/propositions/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti souhaite :

  • financer la recherche sur les maladies génétiques « et non l’avortement, les pilules abortives, et le dépistage prénatal à but abortif »
  • rejeter l’« écologie utilitariste » qui serait une « machine à profit » pour le financement de la recherche

 

32

Parti politique :

La Ligne claire

Extrême droite

Tête de liste :

Renaud Camus

Programme source :

https://www.cnre.eu/la-ligne-claire

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Ce parti – dont le leader est un des théoriciens du « grand remplacement » et qui a été condamné pour provocation à la haine – pense que l’Éducation nationale est « état de déréliction » et « à peu près irréformable en bloc ». Il s’appuie sur le programme du « Parti de L’In-nocence » (https://www.in-nocence.org/) qu’il a créé pour proposer une sécession scolaire (interne) appuyés sur le « Triple Volontariat » :

  • volontariat des professeurs,
  • volontariat des parents d’élèves,
  • volontariat des élèves eux-mêmes

Les établissements scolaires mis en place suivraient des principes :

  • d’autorité,
  • d’inégalité entre les maîtres et les élèves,
  • d’inégalité entre les bons élèves et les mauvais,
  • de sélection,
  • de formalisme tempéré par la gentillesse et par la courtoisie,
  • de chronologie et de continuité dans les enseignements

Pour le programme, il s’agirait de supprimer les activités purement ludiques ou sociétales et de réintroduire le latin et le grec (Ont-ils été enlevés ?).

L’idéal poursuivi serait un « égal accès aux inégalités, à ces inégalités fondamentales que sont la culture, l’éducation et les connaissances ». Pour pallier les inégalités d’origine et garantir les inégalités d’arrivée, il serait institué un « corps autonome d’assistance éducative individuelle, ou quasi individuelle, à la disposition de tous ceux qui voudraient y faire appel pour progresser, ou pour ne pas être distancés par leur pairs. »

En cas de succès, ce modèle créerait de l’émulation et serait imité pour être éventuellement généralisé.

 

33

Parti politique :

Neutre et actif

Divers

Tête de liste :

Cathy Corbet

Programme source :

https://www.facebook.com/Corbet-Cathy-2299820340282246/

Programme sur l’enseignement et la recherche :

veut convaincre les abstentionnistes de voter.

 

34

Parti politique :

Union pour une Europe au service des peuples

Divers

Tête de liste :

Nagib Azergui

Programme source :

https://twitter.com/UDMF_officiel

Programme sur l’enseignement et la recherche :

Non communiqué

 

On peut trouver les professions de foi ici : https://programme-candidats.interieur.gouv.fr/.

 

Ne pas hésiter à proposer des compléments d’information, notamment dans les commentaires !

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Filed under Dans la politique

4 eurodéputé.e.s docteur.e.s à nouveau candidat.e.s pour la 8ème mandature 2019-2024

 

Parmi les 12 eurodéputés français, seuls 4 sont à nouveau candidat le 26 mai 2019 sur l’une des 34 listes officielles selon ministère de l’intérieur pour la 8ème mandature 2019-2024. Rappelons que la France a le droit à 79 eurodéputés (contre 74 auparavant) mais 74 entreront en fonction car il se peut encore qu’il n’y ait pas « brexit » au final ! Rappelons aussi qu’il faut atteindre 5% aux élections pour obtenir un eurodéputé.

Selon le JDD du 9 mai 2019, cela ferait sur 79 eurodéputés :

  • 24 eurodéputés pour la liste « PRENEZ LE POUVOIR, LISTE SOUTENUE PAR MARINE LE PEN » (Rassemblement national),
  • 23 eurodéputés pour la liste « RENAISSANCE SOUTENUE PAR LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE, LE MODEM ET SES PARTENAIRES »,
  • 15 eurodéputés pour la liste « UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE » (Les Républicains et alliés),
  • 9 eurodéputés pour la liste « LA FRANCE INSOUMISE »,
  • 8 eurodéputés pour la liste « EUROPE ÉCOLOGIE ».

 

Dr Gilles Lebreton, issu du FN et de la circonscription Ouest (9 sièges dont 1 pour le FN) pour la 7ème mandature 2014-2019, est titulaire d’un doctorat en philosophie intitulé « Le Problème de la démocratie dans le « Defensor Pacis » » soutenu à l’université Paris 6 en 1987) et d’un doctorat en droit intitulé « Le Pouvoir discrétionnaire exercé par l’administration française sur ses agents : évolution depuis le XVIIIe siècle » à Lille 3 en 1989. Il est professeur de droit public à l’université du Havre depuis 1990 et doyen honoraire de la Faculté des affaires internationales en 2003. Il est n°11 sur la liste « PRENEZ LE POUVOIR, LISTE SOUTENUE PAR MARINE LE PEN ».

 

Dr Joëlle Melin, issu du FN et de la circonscription Sud-Ouest (10 sièges dont 3 pour le FN) pour la 7ème mandature 2014-2019, a un doctorat de médecine. Elle est conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis 1998. Elle est n°6 sur la liste « PRENEZ LE POUVOIR, LISTE SOUTENUE PAR MARINE LE PEN ».

 

Dr Dominique Riquet, issu de Modem/UDI et de la circonscription Nord-Ouest (1 siège sur 10 pour Modem/UDI) pour la 7ème mandature 2014-2019, est chirurgien spécialiste en urologie. Major à l’Externat des Hôpitaux en 1967 et à l’Internat des Hôpitaux de Lille en 1969, il devient docteur en médecine en 1975, décroche sa spécialité en urologie en 1977. Il fut notamment membre du conseil d’administration de la Faculté de Médecine de Lille de 1984 à 1990. Il est n°16 sur la liste « RENAISSANCE SOUTENUE PAR LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE, LE MODEM ET SES PARTENAIRES ».

 

Dr Anne Sander, issue de l’UMP et de la circonscription Est (3 siège sur 9 pour l’UMP) pour la 7ème mandature 2014-2019, est titulaire d’une thèse de doctorat soutenue à l’université Louis Pasteur intitulée « Les politiques de soutien à l’innovation, une approche cognitive : Le cas des Cortechs en Alsace » en 2005 sous la direction de Francis Kern. Elle est n°8 sur la liste « UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE ».

 

On peut encore citer aussi une ex-doctorante candidate :

Karima Delli, issue d’EE/LV et de la circonscription Nord-Ouest (1 siège sur 10 pour EE/LV) pour la 7ème mandature 2014-2019, a fait des études de sciences politiques, puis a débuté une thèse sur le thème « Organisation du travail, apprentissage et répartition au sein d’une institution parlementaire » suspendu suite à son élection en 2009. Elle est n°16 sur la liste « EUROPE ÉCOLOGIE ».

 

Selon l’article du JDD, tous ces eurodéputés seront réélus.

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Dr Yann Le Cun Prix Turing de l’apprentissage profond !

Yan Le Cun

Dr Yann Le Cun, un français qui vient d’obtenir le Prix Turing, a soutenu sa thèse intitulée « Modèles connexionnistes de l’apprentissage«  (connectionist learning models) en juin 1987 à l’Université Paris 6 Pierre et Marie Curie.

Il s’agit bien entendu du thèse en informatique. Elle fait 280 pages selon Google Books qui donne quelques infos dessus :

« Etude des modèles d’apprentissage simples et application aux mémoires associatives. Méthodes d’apprentissage pour réseaux à cellules cachées. Algorithme de retro propagation et ses variantes. Applications diverses (associative, reconnaissance de caractères, diagnostic médical) et logiciel de simulation »

Lire ici pour savoir plus.

La 27 mars 2019, il est le second lauréat français (après Dr Joseph Sifakis en 2007) du Prix Turing. Son prix est partagé avec Dr Yoshua Bengio et Dr Geoffrey Hinton dont les travaux portent aussi sur l’apprentissage profond (deep learning).

Après être devenu professeur à l’Université de New York où il a créé le Center for Data Sciences, Dr Yann Le Cun dirige le labo de recherche d’intelligence artificielle de Facebook à New York, Menlo Park et depuis 2015 à Paris : directeur du laboratoire d’intelligence artificielle FAIR (« Facebook Artificial Intelligence Research ») en 2013 et scientifique en chef de l’IA en janvier 2018. Il travaille principalement sur la reconnaissance d’images et de vidéos. Il a également été titulaire en 2016 de la chaire « Informatique et sciences numériques » du Collège de France.

Dans sa vie, il a travaillé, notamment, sur :

  • la reconnaissance des représentations (images, textes, vidéos, sons),
  • les méthodes d’apprentissage supervisé,
  • le format d’archivage DjVu,
  • la reconnaissance automatique de chèques bancaires,
  • les réseaux neuronaux convolutifs…

En 2018, il a  publié un livre d’entretien avec le spécialiste de sciences cognitives Dr Stanislas Dehaene La Plus Belle Histoire de l’intelligence.

Petite précision du Télégramme : « Originaire de Guingamp (22), il passe fréquemment ses vacances dans les Côtes-d’Armor. Il fréquente notamment l’Aéroclub de Dinan » !

 

Pour en savoir plus :

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Filed under Le docteur de la semaine

Le Président Emmanuel Macron choisit la stratégie de « différenciation » pour valoriser le doctorat

Emmanuel Marcron

Le lundi 18 mars 2019, l’Elysée a organisé « débat » entre le Président Emmanuel Macron et les intellectuels suite aux « grands débats » eux-mêmes suite au mouvement inédit des « Gilets jaunes » sujet que nous avons traité via la tribune de Brice le Gall.

 

 

La soirée a été animée par Dr Guillaume Erner, diffusée en direct à la radio (jusqu’à 22h00) et sur internet (jusqu’à 2h30 avec vidéo) et enregistrée par France Culture.

 

 

L’intégralité de l’enregistrement audiovisuel et une retranscription partielle se trouvent ici. L’intégralité en mode podcast se trouve ici en 4 parties. Mais on peut voir 9 extraits, que France Culture a voulu souligner, ici.

 

Les questions liées à la recherche notamment sur le manque de moyen ont été abordées par plusieurs « intellectuel.le.s » : Boris Cyrulnik, René Frydman, Jules Hoffmann, Claude Cohen-Tannoudji, Serge Haroche en sciences dites dures.

Mais il a été très peu question de l’université ce qui est paradoxal dans une salle remplie de docteur.e.s.

 

 

Les invités présents

 

Une centaine d’invitations a été envoyée à des intellectuel.le.s. 65 ont accepté l’invitation. 63 sont venu.e.s. La liste de celles et ceux ayant accepté l’invitation se trouve ici et ici :

Emmanuel Macron

 

 

En regardant rapidement ce classement, on se dit qu’il n’a pas été réalisé par des scientifiques, en tout cas qu’il pose question :

 

  • Comment peut-on rassembler des écrivains et des membres de think tanks dans une même catégorie ?
  • Les chercheurs.ses – qui sont nombreux dans cette liste – ne sont-ils pas tous scientifiques ? C’est la question habituelle de la distinction entre les scientifiques en sciences dites « dures » et les autres sciences.
  • Il manque beaucoup de disciplines :
    • Celles particulièrement intéressées par les questions politiques : géographes, démographes, anthropologues
    • Celles qui le sont moins mais qui peuvent aussi avoir des choses à dire : littérature, archéologues, linguistes…
  • Plusieurs intellectuel.le.s ne semblent pas avoir été bien classé.e.s. Pour personnaliser les choses, donnons quelques exemples :
    • Gilles Finchelstein qui dirige depuis 2000 le think tanks socialiste la Fondation Jean-Jaurès est considéré comme « politologue ».
    • Qui dira que le médaille Fields dr Cédric Villani, que nous avions interviewé, n’est pas un scientifique ? Néanmoins, il est actuellement député dans la majorité La République En Marche.

 

La plupart sont des docteur.e.s. Il y en a d’ailleurs parmi les « écrivains, essayistes, responsables de think tanks » comme l’ancien ministre Dr Xavier Darcos. L’âge est plutôt élevé. Les intelectuel.le.s sont plutôt à mi-carrière ou en fin de carrière. Ils sont au sommet de la hiérarchie intellectuelle : professeur.e.s d’université, directeurs.trices de recherche…

Sur les 65 intellectuel.le.s ayant accepté l’invitation, 46 étaient des hommes, 19 des femmes (Réjane Sénac y a fait référence) ce qui est assez représentatif du sommet de la hiérarchie universitaire et intellectuelle et de la société en générale comme l’a dit Christine Erhel.

En ce qui concerne la minorités ou minorisé.e.s, on voit sur la photo ci-dessus qu’il y avait « intersectionnalité » : peu de femmes et peu de ce qu’on appelle politiquement correctement « diversité ».

Ces propriétés socio-culturelles et économiques sont importantes car elles ont des effets sur les potentielles questions qu’ils.elles peuvent avoir envie de poser. Ce sont clairement – pour beaucoup d’entre eux – ce qu’on appelle des « mandarins » qui ont fait carrière et qui peuvent faire la carrière des collègues et qui ont donc leurs intérêts.

 

 

Les invités absents

 

Plusieurs invitations n’ont pas reçu de réponse positive de la part des intellectuel.le.s. Certain.e.s ont même fait connaître publiquement leur choix :

 

Dr Frédéric Lordon avait annoncé avec humour son refus (retranscrit par France Culture qui a rédigé un article sur les coulisses) :

 

« « Deux hypothèses me sont venues à l’esprit : celle du canular et celle, qui n’est pas la moins probable, celle du machiavélisme de sous-préfecture. Cela m’a semblé tellement loufoque, d’une chose l’autre – le travail, les courses, le ménage, tout ça-, que j’ai complètement oublié de répondre. Ce qui n’est pas très urbain et je m’en excuse. Cela m’est revenu et voici : Cher Monsieur Macron (quel hypocrite), Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron, je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même d’ailleurs, nous ne sommes pas certains que vous y croyez. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude partout, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous attaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau. »

 

L’historien spécialiste de l’histoire populaire Dr Gérard Noiriel avait annoncé sur Twitter avoir refusé lui aussi mais de façon plus modérée dimanche 18 mars 2019 :

 

« Bien que je n’en fasse pas un titre de gloire, j’ai refusé moi aussi l’invitation d’E. Macron au « grand débat » des « intellectuels » prévu lundi soir. Mais je suis prêt à lui apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire. »

 

Le journaliste Jacques Pezet a fait la liste des absents pour « CheckNews » de Libération :

 

« 1) l’économiste et philosophe Frédéric Lordon a donc clairement annoncé son refus.

2) l’historien Gérard Noiriel a refusé mais se dit prêt à apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire.

3) l’économiste Thomas Piketty indique à CheckNews qu’il a refusé, jugeant que le raout était « le sommet de la dérive monarchique ».

4) la philosophe Sylviane Agacinski a refusé car « les conditions qui ne [lui] paraissent pas satisfaisantes ».

5) l’historien Patrick Boucheron indique à Libé qu’il a refusé de venir.

6) le philosophe Michaël Fœssel a indiqué à Libé qu’il n’avait pas souhaité venir.

Cette liste, sûrement non exhaustive, se complète avec les absents qui étaient, eux, empêchés.

7) le sociologue Dominique Wolton ne pouvait pas venir, selon France Culture.

8) le philosophe Alain Finkielkraut était à l’étranger.

9) la climatologue Valérie Masson-Delmotte n’a pas pu venir à cause d’une réunion à l’étranger.

10) la philosophe Elisabeth Badinter n’était pas disponible, selon l’Elysée.

11) l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse n’était pas disponible, selon l’Elysée.

12) l’historien Pierre Rosanvallon n’était pas disponible, selon l’Elysée.

13) le politologue Patrick Weil n’était pas disponible, selon l’Elysée.

14) le politologue Olivier Roy a fait savoir à CheckNews qu’il avait décliné l’invitation parce qu’il donnait ce jour-là un cours à l’université d’Oslo. »

 

Il faut dire que cette rencontre pose des questions éthiques sur le rapport entre science et pouvoir : quel est le degré d’autonomie des différentes sphères. Pour Sonya Faure, Cécile Daumas et Thibaut Sardier, « Les échanges ont pris la forme d’un long tunnel de questions-réponses sans autre vertu que celle de servir l’opération communication d’Emmanuel Macron. » Le Président ne s’est pas déplacé chez les chercheurs.ses, sans doute pour des raisons pratiques et sécuritaires. C’était la puissance invitante ce qui induisait une forme de déférence – ajoutée à une forme de pondération habituelle chez les chercheurs.ses et aux caractéristiques spécifiques des chercheurs.ses présent.e.s – qui été particulièrement visible pendant la soirée.

 

 

2) La question de la collaboration entre les chercheurs.ses et les politiques

 

Mais venons enfin au sujet qui nous intéresse vraiment à Doctrix : la valorisation du doctorat. Cette dernière a été abordée par Dr Agathe Cagé, que nous avions interviewée alors qu’elle débutait sa thèse et fondait le think tank Cartes sur table, a plaidé pour que les chercheurs collaborent davantage avec le reste de la société, comme elle le fait dans Faire tomber les murs entre intellectuels et politiques publié en 2018. Malheureusement, cette partie de son intervention n’a pas été gardée dans les extraits marquant de la soirée : https://twitter.com/franceculture/status/1107706723199004678.

 

 

L’organisation de la soirée montre que le Président s’intéresse bien à la recherche, aux sciences… N’avait-il pas travaillé pour Dr Paul Ricoeur ? On n’imagine assez mal Donald Trump organiser un tel événement. Mais chacun doit rester à sa place comme il l’a dit lui-même pendant la soirée :

 

« On m’a reproché d’être dans la verticalité, mais il y a des gens qui savent, il y a des gens qui représentent. Toute parole ne se vaut pas sur tous les sujets à tous les moments. Comment on remet une échelle de valeur ? » (citation retranscrite par Libération).

 

En manque de légitimité et d’idée du fait de la crise ouverte par les Gilets jaunes, il voulait certainement créer un think tank éphémère pour trouver des solutions, se stimuler et stimuler ses équipes tout en montrant ses qualités physiques et intellectuelles (On le voit à 2h30 du matin aussi en forme qu’à 18h30.).

 

 

3) La question de la valorisation des universités et des docteur.e.s

 

Dr Olivier Beaud, professeur de droit à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, a fait une intervention vers une heure du matin : au bout de 2 heures et 51 minutes et 08 secondes sur la partie 3 de l’enregistrement de L’Elysée. Il a expliqué qu’il avait été question à plusieurs reprises des chercheurs.ses pendant la soirée mais pas des universités. A ce sujet, il a félicité le Président pour la réforme « Parcoursup » qui permet non pas de « sélectionner » mais de « choisir » ses étudiant.e.s (Cela manque d’une définition pour bien distinguer les deux termes.).

Mais il a regretté l’« université par défaut » comme « voiture balai de l’enseignement supérieur » : les étudiant.e.s souhaiteraient tout sauf l’université dans leurs choix postbac selon lui ! Dr Olivier Beaud a critiqué le fait que l’on impose à l’université de régler un problème qui n’est pas le sien : la question de l’insertion professionnelle. Cela ne se fait pas ailleurs et dévalorise la France au niveau international. Selon lui, reste pour seule solution, soit de ramener le public (qui l’a quitté) vers l’université, soit d’adapter l’université à la demande, au public qui la fréquente. Lui plaide pour une revalorisation des universités. Il refuse que les chercheurs.ses aient le seul rôle de « répétiteur d’examen pour des écoles professionnelles ». C’est un « immense gâchis pour la nation ». Dr Olivier Beaud a évoqué aussi le fait qu’Emmanuel Macron a dit que les entreprises ne financent pas la recherche française et les universités via les fondations. Il explique cela par le fait que les élites ne sont pas formées par les universités. Elles les « ignorent » et les « méprisent ». Il y aurait un « fossé immense entre les universitaires et les élites ». Il en a conclu qu’il fallait revaloriser les universités et les universitaires qui ont le même destin que les chercheurs.ses mais qui enseignent.

 

 

4) La réponse du Président : la stratégie de la « différenciation »

 

Emmanuel Macron a répondu dans les 20 dernières minutes (à 1h51) après les interventions des ministres :

 

  • Jean-Michel Blanquer à 1h32.
  • Frédérique Vidal à 1h40.
  • Franck Riester à 1h42.
  • Emmanuelle Wargon à 1h49.

 

Il a alors expliqué sa stratégie en disant qu’il était pour davantage d’autonomie pour les universités :

 

  • pour l’immobilier,
  • pour le recrutement,
  • pour le coût des inscriptions.

 

Selon lui, le système universitaire est trop centralisé. Il faut « changer de logiciel », « accepter la différenciation » avec des universités prenant différentes formes. Il s’agit de pouvoir attirer les meilleurs enseignant.e.s chercheurs.ses en la valorisant davantage. Il s’appuie sur une argument comparatif international. Selon lui, il y a de la différenciation dans les pays où il y a des universités fortes. Donc il faut faire de la différenciation en France pour avoir des universités fortes :

 

« Le jour où il y a de la différenciation, il y a en effet les élites académiques, de recherche, du monde de l’entreprise, du monde de l’administration qui sortent des universités sans aucun problème. Sans aucun problème. Et aujourd’hui, vous avez raison de dire que cet éloignement, il est lié au fait que les dirigeants sortent trop peu de l’université et surtout les dirigeants, d’ailleurs, ont trop peu comme formation celle d’être docteur ou d’avoir été docteur. C’est le modèle de l’ingénieur ou de la business school qui fait qu’on cherche et on finance des personnes qui sortent de ce modèle. Or, on le sait bien dans la compétition internationale et pour faire face à la complexité actuelle, on a plutôt besoin de docteurs. Et donc on a plutôt besoin de réussir pivoter le modèle ainsi. Mais cela suppose de faire ne conversion de notre modèle universitaire. Et on ne peut pas le garder en disant « On aura les mêmes universités partout avec les mêmes rigidités qui empêche l’autonome et d’avoir cette véritable ouverture et cette véritable dynamique. » »

 

Conclusion :

On peut voir de la cohérence dans les mesures politiques actuelles ou plus anciennes par rapport à la stratégie exposée ici :

 

  • La création des Comue par exemple où les écoles sélectives doivent collaborer voire fusionner avec les universités.
  • Parcoursup où il s’agit bien de sélectionner les étudiant.e.s par les inégalités sociales.
  • L’augmentation des frais d’inscription, contre laquelle Doctrix a publié une tribune, pour les étudiant.e.s et doctorant.e.s extracommunautaires. C’est la population sur laquelle il était le plus facile de faire passer cette réforme car ils n’ont pas les moyens sociopolitiques de se défendre.

 

Ce ne sont que des exemples parmi bien d’autres. Pour appliquer cette stratégie, la technique employée pour mettre en œuvre le changement de modèle – qui est plus ancienne que la présidence de Macron – est celle des petits pas. L’augmentation des frais d’inscription de tous les étudiant.e.s d’un seul coup aurait donné un mouvement de protestation massif. Celui qui existe actuellement contre l’augmentation des frais d’inscription des étudiant.e.s et doctorant.e.s extracommunautaires est déjà importante. Une « bataille » a d’ailleurs déjà été gagnée puisqu’il y a eu un recul de la ministre Dr Vidal en ce qui concerne les doctorant.e.s extracommunautaires : l’augmentation n’aura pas lieu pour les doctorant.e.s. Mais si la mesure est mise en place pour les étudiant.e.s en licence et master, il sera assez facile d’augmenter les frais pour les doctorant.e.s par la suite. Puis ce sera au tour des étudiant.e.s communautaires, et donc aux Français car le droit européen promeut l’égalité entre communautaires.

Après ou pendant la cette libéralisation des frais d’inscription, la libéralisation des salaires des enseignant.e.s va se mettre en place. Il existe déjà des dispositifs en la matière. On se souvient qu’Emmanuel Macron avait fait venir – via le programme « Make Our Planet Great Again » – des chercheurs.ses spécialistes de l’écologie des Etats-Unis suite à la politique anti-écologique du Présidant Donald Trump (le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris). Cela ne risque pas de plaire aux universitaires français qui ne souhaitent pas des universités à plusieurs vitesses et qui veulent valoriser les chercheurs.ses globalement plutôt que de valoriser une élite d’enseignant.e.s, ou de chercheurs.ses ou d’enseignant.e.s-chercheurs.ses.

La stratégie de « différenciation » est donc clairement une stratégie d’« inégalité » en langage politiquement non correct car la différenciation existe déjà en fonction :

 

  • de l’université,
  • de la directeur.trice de thèse,
  • du laboratoire,
  • de la discipline,
  • du financement,
  • de l’école doctorale,
  • de la ville,
  • de son âge,
  • du parcours prédoctoral (Il suffit de regarder le nombre d’inscrits en première année de licence et le nombre d’inscrits en première année de thèse pour voir qu’il y a bien eu un peu de sélection et auto-sélection entre ces deux moments.)

 

De ces différences découlent d’ailleurs des inégalités. On sait que les normalien.ne.s et agrégé.e.s en histoire ont plus de chances d’obtenir un poste de maitre de conférence en histoire que les autres docteur.e.s.

La stratégie est en fait la simple application d’un principe sociologique particulièrement développé par le sociologue Dr Pierre Bourdieu : les élites tendent à utiliser ce qui leur permet de se différencier. S’il faut un jour payer 10 000 euros / an (assez peu probable) pour s’inscrire en doctorat, alors le doctorat aura bien plus de valeur puisque peu de personnes pourront s’inscrire en thèse. A cette sélection par l’argent s’ajoutera la sélection traditionnelle qui a commencé via Parcoursup de la loi ORE.

Aujourd’hui, on sait que les doctorant.e.s – du moins une très grande partie – qui font une thèse prennent un petit risque professionnel (ils risquent d’avoir des difficulté un emploi après la soutenance) parce qu’ils.elles ont un véritable appétit pour la recherche scientifique. Demain, si la stratégie de la « différenciation » continue à être mise en place, une nouvelle population de doctorant.e.s fera son apparition car elle considérera que cela augmentera leur chance de réussir la carrière professionnelle (à l’image des MBA aujourd’hui) et d’avoir tel ou tel poste – surtout à l’international où c’est déjà le cas mais pas seulement. Cette période doctorale de recherche ne sera plus considérée comme inutile et comme de la perte de temps. La population des doctorant.e.s qui ne voudront pas s’endetter pour s’inscrire en thèse renonceront à se lancer dans l’aventure. Il n’y aura plus de place pour les thèses faibles ou moyennes qui sont pourtant enrichissantes pour les doctorant.e.s et pour la recherche.

On voit donc se développer une société toujours plus inégalitaire et fragmentée, donc potentiellement conflictuelle que Dr Frédéric Lordon et Dr Thomas Piketty – qui ont refusé de venir à la soirée – dénoncent. Si la valorisation du doctorat passe uniquement par de la « différenciation », c’est-à-dire de l’inégalité, peut-être faut-il y renoncer.

 

Références :

L’émission « DU GRAIN À MOUDRE » d’Hervé Gardette sur France Culture du 18 mars 2019 était consacrée à la soirée/nuit : https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/du-grain-a-moudre-emission-du-mardi-19-mars-2019

L’émission « LA GRANDE TABLE IDÉES » d’Olivia Gesbert du 26 mars 2019 intitulée « Pourquoi la recherche française décroche ? » : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/pourquoi-la-recherche-francaise-decroche

COURTOIS Gérard, « Huit heures durant, ces intellectuels ont bombardé Emmanuel Macron d’analyses, de questions et de propositions », LeMonde.fr, 19/03/2019, https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/19/grand-debat-huit-heures-durant-ces-intellectuels-ont-bombarde-le-chef-de-l-etat-d-analyses-de-questions-et-de-propositions_5438227_3232.html

PEZET Jacques, « Qui sont les intellectuels qui ont refusé l’invitation à débattre avec Macron ? », liberation.fr, 19 mars 2019 à 20:13, https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/19/qui-sont-les-intellectuels-qui-ont-refuse-l-invitation-a-debattre-avec-macron_1716146

FAURE Sonya, DAUMAS Cécile et SARDIER Thibaut, « Entre Macron et les intellos, le non-débat des idées », liberation.fr, 19 mars 2019 à 15:32 (mis à jour à 16:08), https://www.liberation.fr/amphtml/debats/2019/03/19/entre-macron-et-les-intellos-le-non-debat-des-idees_1716092?__twitter_impression=true

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Filed under Reconnaissance du diplôme

Le doctorat au registre national des certifications professionnelles : regard critique

registre national des certifications professionnelles

Peut-être faudra-t-il mettre un jour les compétences des doctorant.e.s et docteur.e.s directement dans la constitution ! Notre Ministre de la Justice – dr Nicole Belloubet (que nous avions interviewé il y a quelques années) – n’est-elle pas spécialiste de droit constitutionnel après tout ! Bon en attendant, il faudra se contenter d’un arrêté, ce qui est déjà pas mal, en tout cas une avancée. L’injustice – qui consistait à ne pas reconnaître le doctorat comme une certification – a été réparée non par la Ministre de la Justice mais par la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation dr Frédérique Vidal. Il est signé le 22 février 2019 soit pas moins de 15 mois après son annonce le 20 octobre 2017 lors du salon PhD Talent Career Fair. On peut en déduire qu’il a fallu batailler pour écrire et publier ces 4 petits articles et cette annexe de 6 blocs de compétences. Mais oui, c’est bien réel « Le doctorat est enregistré au répertoire national des certifications professionnelles. » selon l’article 1 de l’arrêté. Alléluia !

Il faut dire que la procédure nécessitait de faire valider cette idée par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Celui-ci est, rappelons-le, l’institution qui réunit les représentant.e.s des établissements de l’ESR (60 conseillers) et les représentant.e.s des forces politiques, économiques, sociales et culturelles (40 conseillers) sous la présidence du ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ou la personne que le ministre désigne à cet effet. Il n’y a malheureusement pas de représentant.e.s des doctorant.e.s dans cette instance réunit au moins trois fois par an alors que la CJC demande un collège spécifique depuis de nombreuses années. Parmi ses activités, il se prononce sur les orientations générales de l’enseignement supérieur et sur les diplômes. Pourquoi pas le diplôme de doctorat donc !

 

 

1) Le cadre législatif

 

Comme tout arrêté, l’arrêté du 22 février 2019 s’appuie sur tout un arsenal juridique :

 

  • la recommandation du Conseil européen du 22 mai 2017 concernant le cadre européen des certifications pour l’apprentissage tout au long de la vie ;
  • le code de l’éducation, notamment son article L. 613-1 qui donne le monopole de la collation des grades et des titres universitaires à l’Etat, comment il les définit par décret après avis du CNESER ;
  • le code du travail, notamment ses articles 6113-1 (Cet article, introduit par l’article 31 de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, prévoit que les certifications professionnelles enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) sont classées par niveau de qualification. Il renvoie à un décret – le décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 – simple le soin de classer les niveaux de qualification selon un cadre national des certifications qui détermine les critères de gradation des compétences au regard des emplois et des correspondances possibles avec les certifications des Etats appartenant à l’Union européenne.), D. 6113-34 (Cet article fixe le principe d’une nomenclature reposant sur une grille de niveaux de qualification permettant une correspondance avec le cadre européen des certifications.) et D. 6113-35 (Les ministères certificateurs déterminent le niveau de qualification des certifications professionnelles qu’ils créent ou révisent dans les conditions prévues à l’article L. 6113-3 en fonction des critères de gradation du cadre national des certifications.) ;
  • l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant les modalités d’accréditation d’établissements d’enseignement supérieur ;
  • l’avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche en date du 20 décembre 2018.

 

Il fait suite à l’article 1 (Art. D. 6113-34) du décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 relatif au cadre national des certifications qui définit le niveau le plus haut de la certification qu’est le niveau 8 :

 

« Le niveau 8 atteste la capacité à identifier et résoudre des problèmes complexes et nouveaux impliquant une pluralité de domaines, en mobilisant les connaissances et les savoir-faire les plus avancés, à concevoir et piloter des projets et des processus de recherche et d’innovation. Le diplôme national de doctorat est placé sur ce niveau du cadre national. »

 

En ce qui concerne la phrase « Le diplôme national de doctorat est placé sur ce niveau du cadre national. » de cet article, elle ne veut pas dire que le doctorat est la seule formation qui mène au niveau 8. Sinon la phrase aurait été : « Le diplôme national de doctorat est le seul diplôme placé sur ce niveau du cadre national. » Où place-t-on le diplôme de normalien, d’énarque, de polytechniciens, les MBA… qui sont objectivement d’excellents diplômes ? Ont-ils le « Niveau 7 » ou le « Niveau 8 » ?

En revanche, il y a une distinction entre le doctorat national et le doctorat non national, c’est-à-dire le doctorat local, c’est-à-dire ceux des écoles ou grandes écoles ou universités privées : les doctorats professionnels, doctorats exécutifs, PhD… Or, d’un point de vue recherche, certains de ces diplômes sont de très bonne qualité et proches du diplôme de doctorat national, mais beaucoup sont plus proches d’un master.

L’article 1 (Art. D. 6113-34) du décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019 donne 2 articles dans l’arrêté :

 

  • L’article 1 de l’arrêté réaffirme que le doctorat « est classé au niveau 8 du cadre national de certification défini à l’article D. 6113-34 du code du travail et issu de la recommandation du Conseil européen du 22 mai 2017 susvisée. »
  • L’article 2 de l’arrêté qui commence à définir aussi les compétences : « La délivrance du doctorat certifie la capacité à produire des connaissances scientifiques nouvelles de haut niveau ainsi que l’acquisition et la maîtrise de blocs de compétences communs à l’ensemble des docteurs et liés à leur formation par la recherche. »

 

Dans cette phrase, on voit 3 informations apparaître mais distinctes et désorganisées :

 

  • La capacité à produire des connaissances scientifiques nouvelles de haut niveau
  • L’acquisition et la maîtrise de blocs de compétences communs à l’ensemble des docteurs
  • La formation par la recherche

 

Cette présentation n’est pas rationnelle, elle ne fait pas comprendre la logique du doctorat et comment les doctorant.e.s développent des compétences. Ces dernières n’apparaissent pas par magie mais bien à partir de multiples expériences pratiques. J’aurais donc écrit cette phase ainsi :

 

« Le travail de recherche implique d’acquérir et la maîtriser de blocs de compétences communs à l’ensemble des docteurs qui aboutissent à produire des connaissances scientifiques nouvelles de haut niveau. »

 

J’enlève volontairement le mot « formation ». Les universités sont bien des établissements de formation. Qui oserait dire le contraire ? Néanmoins le diplôme de doctorat est plus complexe que les autres diplômes. Il est mixte. Le.a doctorant.e reste étudiant.e juridiquement. Il a une carte d’étudiant.e. Il.elle est dirigé.e par un.e directeur.rices de thèse. Il.elle est formé.e aussi. MAIS ce n’est pas un.e « étudiant.e » ou « formé.e » comme un.e autre : c’est un.e « formé.e » qui forme. C’est un.e « dirigé.e » qui dirige. C’est un.e étudiant.e qui a des étudiant.e.s. Il.elle a souvent beaucoup plus d’autonomie dans son travail que les autres étudiant.e.s Ce n’est pas parce qu’il.elle a un directeur.rices de thèse qu’il.elle est un.e simple étudiant.e. Le.la directeur.rices de thèse dirige la thèse. Or, le fait d’être dirigé est le principe de toute organisation. Ce n’est pas parce qu’une personne dirige une autre que la personne dirigée est un.e étudiant.e. Si le.la doctorant.e ne suit pas la direction donnée par le.la directeur.rices de thèse, il perdra son.sa directeur.rices de thèse. Il y a partage de la responsabilité. Mais le.la doctorant.e a plus de liberté et autonomie que les personnes dirigées ordinairement.

 

 

2) L’influence de l’Europe

 

Le « Niveau I » de la « nomenclature approuvée le 21 mars 1969 par le groupe permanent de la formation professionnelle et de la promotion sociale » est scindé en deux niveaux :

 

  • Le « Niveau 7 » qui est le niveau master.
  • Le « Niveau 8 » qui est le niveau doctorat.

 

Ces deux niveaux sont ceux de la classification européenne EQF (European Qualifications Framework ; Cadre européen des certifications) issue de la recommandation du Conseil européen du 22 mai 2017 concernant le cadre européen des certifications (CEC) pour l’apprentissage tout au long de la vie. La loi, le décret et l’arrêté y font référence. Rappelons la proximité du Conseil européen des Etats ce qui signifie que l’Etat français était d’accord pour publier cette recommandation et donc cette évolution.

Par ailleurs, les numéros sont identiques mais la classification européenne ne fait pas référence au Master ou au Doctorat alors même que c’est bien l’Europe qui est à l’origine du système Licence-Master-Doctorat. En effet, l’Europe ne se donne qu’un objectif de « recommandation » en la matière.

En ce qui concerne le diplôme de doctorat, l’annexe 2 de la recommandation définit le niveau 8 d’« acquis d’apprentissage » avec le descriptif suivant :

 

  • Savoirs : « savoirs à la frontière la plus avancée d’un domaine de travail ou d’études et à l’interface de plusieurs domaines »
  • Aptitudes : « aptitudes et techniques les plus avancées et les plus spécialisées, y compris en matière de synthèse et d’évaluation, requises pour résoudre des problèmes critiques en matière de recherche et/ou d’innovation et pour élargir et redéfinir les pratiques ou savoirs professionnels existants »
  • Responsabilité et autonomie : « démontrer un niveau élevé d’autorité, d’innovation, d’autonomie et d’intégrité scientifique et professionnelle et un engagement soutenu en faveur de la production de nouvelles idées ou de nouveaux processus à l’avant-garde de contextes de travail ou d’études, y compris en matière de recherche »

 

Ce qui est intéressant de noter, c’est la différence entre la façon de retranscrire le niveau 7 et le niveau 8. Selon l’article 1 du décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019,

 

« Le niveau 7 atteste la capacité à élaborer et mettre en œuvre des stratégies alternatives pour le développement de l’activité professionnelle dans des contextes professionnels complexes, ainsi qu’à évaluer les risques et les conséquences de son activité. Les diplômes conférant le grade de master sont classés à ce niveau du cadre national. »

 

Dans la version du décret qui avait circulé peu avant sa publication, il était question « gérer et transformer des contextes professionnels » tandis que le mot « professionnel » n’était présent qu’une fois (!) :

 

« Le niveau 7 atteste la capacité à élaborer des stratégies alternatives pour le développement de l’activité, à gérer et transformer des contextes professionnels complexes ainsi qu’à évaluer les risques et les conséquences de son activité. Les diplômes conférant le grade de master sont placés sur ce niveau du cadre national. »

 

Ce « Niveau 7 » français s’adresse clairement aux recruteurs.ses de cadres, voire de dirigeant.e.s. Il est bien plus axé « professionnalisation » que le « Niveau 7 » de la classification européenne qui est axée « formation » :

 

  • Savoirs : « Savoirs hautement spécialisés, dont certains sont à l’avant-garde du savoir dans un domaine de travail ou d’études, comme base d’une pensée originale et/ou de la recherche – Conscience critique des savoirs dans un domaine et à l’interface de plusieurs domaines ; connaissance critique des savoirs dans un domaine et à l’interface de plusieurs domaines »
  • Aptitudes : « aptitudes spécialisées requises pour résoudre des problèmes en matière de recherche et d’innovation afin de développer de nouveaux savoirs et de nouvelles procédures et d’intégrer les savoirs de différents domaines »
  • Responsabilité et autonomie : « gérer et transformer des contextes de travail ou d’études complexes, imprévisibles et nécessitant une nouvelle approche stratégique ; assumer des responsabilités pour contribuer aux pratiques et savoirs professionnels et/ou pour examiner les résultats stratégiques des équipes »

 

On voit que le « Niveau 7 » européen a un rôle à jouer dans la recherche et l’innovation (le « Niveau 6 » européen aussi d’ailleurs) mais c’est le superlatif qui est employé pour le « Niveau 8 » et le place donc au sommet de cette hiérarchie.

A quelques semaines des élections européennes, cette recommandation est un moyen de se rappeler que les institutions européennes ont un rôle très important dans le droit français (80% selon la rumeur mais 20% selon « Les décodeurs de l’Europe »). Même si les élections européennes concernent le Parlement européen alors que la recommandation émane du Conseil européen ! A ce sujet, nous comptons regarder les docteur.e.s candidat.e.s et les programmes, comme nous l’avions fait pour les docteur.e.s eurodéputé.e.s français 2009-2014 et les docteur.e.s eurodéputé.e.s français 2014-2019.

Au final, suivant la pyramide des normes de Kelsen, la recommandation du Conseil européen a donc été intégrée en droit interne via la loi « liberté pour choisir son avenir professionnel » promulguée le 5 septembre 2018, puis le décret n° 2019-14 du 8 janvier 2019, puis le présent arrêté publié au journal officiel ici. Nous avons déjà raconté ici les discussions qui ont eu lieu suite à l’annonce de la Ministre dr Frédérique Vidal et nous avons aussi regardé ce qu’est le RNCP.

 

 

3) Les « compétences ou qualités évaluées » de l’arrêté

 

Voici l’annexe de l’arrêté avec ses 6 blocs de « compétences ou qualités évaluées ». Il est mis en lien hypertexte avec les compétences, savoirs… soulignées et justifiées concrètement car les compétences n’apparaissent pas par magie mais sont le résultat d’un travail quotidien.

 

Bloc 1 Conception et élaboration d’une démarche de recherche et développement, d’études et prospective

 

– disposer d’une expertise scientifique tant générale que spécifique d’un domaine de recherche et de travail déterminé ;

– faire le point sur l’état et les limites des savoirs au sein d’un secteur d’activité déterminé, aux échelles locale, nationale et internationale ;

– identifier et résoudre des problèmes complexes et nouveaux impliquant une pluralité de domaines, en mobilisant les connaissances et les savoir-faire les plus avancés ;

– identifier les possibilités de ruptures conceptuelles et concevoir des axes d’innovation pour un secteur professionnel ;

apporter des contributions novatrices dans le cadre d’échanges de haut niveau, et dans des contextes internationaux ;

s’adapter en permanence aux nécessités de recherche et d’innovation au sein d’un secteur professionnel.

 

 

Bloc 2 Mise en œuvre d’une démarche de recherche et développement, d’études et prospective

 

mettre en œuvre les méthodes et les outils de la recherche en lien avec l’innovation ;

– mettre en œuvre les principes, outils et démarches d’évaluation des coûts et de financement d’une démarche d’innovation ou de R&D ;

garantir la validité des travaux ainsi que leur déontologie et leur confidentialité en mettant en œuvre les dispositifs de contrôle adaptés ;

gérer les contraintes temporelles des activités d’études, d’innovation ou de R&D ;

– mettre en œuvre les facteurs d’engagement, de gestion des risques et d’autonomie nécessaire à la finalisation d’un projet R&D, d’études ou d’innovation.

 

 

Bloc 3 Valorisation et transfert des résultats d’une démarche R&D, d’études et prospective

 

– mettre en œuvre les problématiques de transfert à des fins d’exploitation et valorisation des résultats ou des produits dans des secteurs économiques ou sociaux ;

respecter les règles de propriété intellectuelle ou industrielle liées à un secteur ;

respecter les principes de déontologie et d’éthique en relation avec l’intégrité des travaux et les impacts potentiels ;

– mettre en œuvre l’ensemble des dispositifs de publication à l’échelle internationale permettant de valoriser les savoirs et connaissances nouvelles ;

– mobiliser les techniques de communication de données en « open data » pour valoriser des démarches et résultats.

 

 

Bloc 4 Veille scientifique et technologique à l’échelle internationale

 

acquérir, synthétiser et analyser les données et informations scientifiques et technologiques d’avant-garde à l’échelle internationale ;

– disposer d’une compréhension, d’un recul et d’un regard critique sur l’ensemble des informations de pointe disponibles ;

dépasser les frontières des données et du savoir disponibles par croisement avec différents champs de la connaissance ou autres secteurs professionnels ;

– développer des réseaux de coopération scientifiques et professionnels à l’échelle internationale ;

– disposer de la curiosité, de l’adaptabilité et de l’ouverture nécessaire pour se former et entretenir une culture générale et internationale de haut niveau.

 

 

Bloc 5 Formation et diffusion de la culture scientifique et technique

 

– rendre compte et communiquer en plusieurs langues des travaux à caractère scientifique et technologique en direction de publics ou publications différents, à l’écrit comme à l’oral ;

enseigner et former des publics diversifiés à des concepts, outils et méthodes avancés ;

– s’adapter à un public varié pour communiquer et promouvoir des concepts et démarches d’avant-garde.

 

 

Bloc 6 Encadrement d’équipes dédiées à des activités de recherche et développement, d’études et prospective

 

– animer et coordonner une équipe dans le cadre de tâches complexes ou interdisciplinaires ;

repérer les compétences manquantes au sein d’une équipe et participer au recrutement ou à la sollicitation de prestataires ;

– construire les démarches nécessaires pour impulser l’esprit d’entrepreneuriat au sein d’une équipe ;

identifier les ressources clés pour une équipe et préparer les évolutions en termes de formation et de développement personnel ;

évaluer le travail des personnes et de l’équipe vis à vis des projets et objectifs.

 

 

4) Analyse de la présentation des « compétences ou qualités évaluées »

 

On voit dans l’arrêté que le ministère a décidé de valoriser les chercheur.e.s via des « qualités » ou « compétences » sans distinction entre savoir, savoir-faire, savoir-être, compétence transférables ou transversales, aptitude, capacité. Il est vrai que c’est compliqué à faire. J’avais essayé pour une conférence intitulée « Le docteur, cet entrepreneur » organisée par le CNAM, Hésam et Humanitudes au CNAM le 8 avril 2016 :

registre national des certifications professionnelles

registre national des certifications professionnelles

 

Ces compétences fondamentales ou basiques prennent donc place dans 6 « blocs » qui représentent différents aspects de la recherche :

 

  • préparer leur recherche (bloc 1)
  • la mettre en œuvre (bloc 2)
  • la valoriser (bloc 3)
  • regarder celles des autres (bloc 4)
  • l’enseigner (bloc 5)
  • gérer celles des autres (bloc 6)

 

On y trouve 3 fois le mot « connaissance » (mais le mot est aussi dans l’article 2 de l’arrêté), 4 fois le mot « savoir », 6 fois le mot « scientifique ». Mais il n’y a pas les mots « expérience », « expérimentation », « observation ». Curieusement, il n’y a pas de référence à la connaissance du monde de la recherche (les entités qui le constituent, leurs collaboration et leur fonctionnement par exemple) qui est par définition une caractéristique des docteur.e.s et qui est particulièrement floue pour celles et ceux qui n’ont pas fait de thèse. D’ailleurs, un.e docteur.e est souvent recruté en partie parce qu’il connaît et comprend l’université (voir Etudes APEC, Le devenir professionnel des jeunes docteurs, quel cheminement, quelle insertion 5 ans après la thèse ?, 2014).

Le « savoir-être » est le grand oublié du tableau (même si c’est un peu sous-entendu parfois à propos de la déontologie et de l’éthique) alors que cela joue un rôle fondamental dans la vie quotidienne professionnelle. Bien entendu que le recruteur veut une expertise et une personne capable d’accomplir les tâches demandées, mais que faire de lui s’il n’est pas capable de s’intégrer dans le groupe social qu’est une organisation publique ou privée ? Le.a recruteur.se se pose forcément certaines questions :

 

  • la docteur.e va-t-il.elle comprendre ce qu’on lui demande ?
  • va-t-on comprendre ce qu’il.elle nous dit ?
  • va-t-il insuffler une dynamique ou ralentir celle qui existe ?
  • va-t-il s’entendre avec le reste de l’équipe ou créer des tensions ?
  • va-t-il rester à moyen terme ou à long terme ou va-t-il rester quelques mois ?

 

Or, le doctorat attire des profils et forge un savoir-être qui ne peut pas être lié simplement à des subjectivités individuelles.

Rappelons qu’il s’agit de rester dans des bureaux ou laboratoires pendant 7-12h heures par jour via des réunions, des ateliers, des échanges, des repas, des déplacements… donc de passer plus de temps éveillé qu’avec sa propre famille.

Par ailleurs, les verbes utilisés dans l’annexe sont à l’infinitif et ce sont des verbes d’action : « mobiliser », « mettre », « gérer », « s’adapter », « animer », « repérer », « construire », « évaluer », « identifier ». Il s’agit sans doute de montrer que les doctorant.e.s et docteur.e.s ne sont pas des personnes passives qui lisent des livres et regardent les résultats d’expériences dans des laboratoires pour ensuite simplement écrire un long document appelé « thèse », mais bien des acteurs.rices de la recherche, et même de la société.

Le vocabulaire de l’entreprise est d’ailleurs très présent : avec les mots « produit », « prestataire », « développement personnel », « exploitation », « valorisation », « transfert », 6 fois le mot « innovation », 4 fois « R&D », 6 fois « étude », 5 fois « professionnel », 5 fois « technique » et « technologique ». La création d’entreprise est même explicitement encouragée : « construire les démarches nécessaires pour impulser l’esprit d’entrepreneuriat au sein d’une équipe ». Rappelons que l’arrêté avant tout est un « outil de communication entre le monde de la formation et le monde de l’emploi ». Il s’agit ici de se faire comprendre par les entrepreneurs.ses et recruteurs.ses (Directeurs.rices des ressources humaines qui seront les premiers.ères lecteurs.rices de ce type de document) pour des partenariats et des recrutements comme l’indique explicitement l’article 2 de l’arrêté :

 

« Dans l’objectif de favoriser le recrutement des docteurs par les employeurs des secteurs de la production et des services, ces blocs de compétences sont définis dans l’annexe du présent arrêté. ».

 

Malgré cet objectif de s’adresser au marché commercial, il y a dans l’annexe de cet arrêté une référence à la science ouverte – qui est la politique actuelle du gouvernement depuis l’été 2017 – à travers le sujet de l’« open data » qui est sujet que j’ai traité récemment pour Doctrix et Arcascience.

On peut souligner que le mot « international » apparaît pas moins de 7 fois ! C’est le mot (important) qui apparaît le plus de fois dans ce document. Est-ce une application de la méthode d’Émile Coué de La Châtaigneraie ?! C’est vrai que c’est une spécificité du doctorat : en licence ou master, on peut rencontrer des étudiant.e.s étranger.ère.s ou être soi-même à l’étranger, mais sans objectif professionnel à court terme a priori. Les doctorant.e.s lisent dans des langues étrangères, ont des directeurs.rices de thèse étrangers.ères, organisent des colloques avec des étrangers.ères, où communiquent des étrangers.ères… On peut en déduire une forte volonté et une attente ministérielle spécifique, notamment en termes de classements internationaux.

La principale difficulté était de réussir à faire en sorte que des doctorant.e.s de toutes les disciplines, travaillant dans des contextes différents (dans des entreprises, dans une université, à l’INRA…) avec des objectifs professionnels différents puissent se reconnaître. L’exercice est en grande partie réussi même si on voit que les sciences « dures » semblent particulièrement visés et que les archéologues, plasticien.ne.s, logicien.ne.s, mathématicien.ne.s… auront peut-être des difficultés à s’y retrouver.

 

 

Conclusion :

 

Cet arrêté est une étape de plus sur le long chemin de la reconnaissance du doctorat que Doctrix relate régulièrement depuis 2011 où nous avons créé ce blog dans cet objectif (voir ici pour quelques étapes de la reconnaissance des compétences).

Comme l’a reconnu Bruno Carias – ex consultant et membre de la commission recherche, innovation et nouvelles technologies du MEDEF et auteur de Recrutez des docteurs pour booster votre entreprise (2009) – lors de la soirée annuelle du Cycle DFE d’Isefre, on peut dire qu’il y a eu une accélération ces dernières années. Ces évolutions sont multifactorielles :

 

  • les écoles doctorales,
  • les rapports sur les compétences des docteur.e.s,
  • les conseils d’école doctorale,
  • le Crédit d’impôt recherche,
  • les conventions Cifre,
  • les formations spécialisées pour les doctorant.e.s,
  • les formations pour les directeur.e.s de thèses,
  • les salons d’emploi des docteur.e.s,
  • les associations de doctorant.e.s et de docteur.e.s au niveau des laboratoires, des écoles doctorales, des régions, national, européen,
  • les entreprises spécialisées sur le doctorat,
  • les portfolios de compétence,
  • les compétitions de doctorant.e.s,
  • l’ouverture de concours administratifs pour les docteur.e.s,
  • les statistiques sur les doctorant.e.s,
  • les sondages sur les doctorant.e.s,
  • les maisons administratives du doctorat,
  • les résidences pour doctorant.e.s et postdoctorant.e.s,
  • les réseaux Alumnis des écoles doctorales,
  • les newsletters des écoles doctorales,
  • les Moocs sur le doctorat,
  • les comités de suivi de thèse,
  • les afteworks,
  • les visites d’entreprise,
  • les conférences, ateliers, articles, ouvrages, doctorats sur la vie doctorale…

 

Chaque évolution est en soi petite, mais l’accumulation donne le vertige, non ? Nous avions relaté tout ce qui se passe en une seule année en 2015, c’est impressionnant.

Le doctorat semble être devenu un enjeu politique et économique. Cela pose des questions :

 

  • idéologiques : Les doctorant.e.s ne sont-ils pas devenus les derniers avatars du capitalisme ? Les écoles doctorales ne sont-elles pas aujourd’hui des écoles de commerce ? Les doctorant.e.s ont-ils perdu de leur liberté à cause de toutes ces évolutions ?
  • pratiques : Lorsqu’on fait un afterwork, une formation, un portfolio…, on n’est pas en train d’écrire sa thèse. Peut-on apprendre un dialecte et faire une observation longue en 3 ans ? Les occasions de faire une recherche approfondie diminuent.

 

Le sondage réalisé récemment par Génération PhD montre bien tout le progrès qu’il reste à faire :

 

  • sur la socialisation des doctorant.e.s et docteur.e.s,
  • sur l’égalité homme/femme,
  • sur la confiance en soi (les doctorant.e.s et docteur.e.s ont tendance à penser qu’ils ne sont pas des professionnels alors qu’ils ont tous les attibuts),
  • sur la reconnaissance du diplôme
    • dans les administrations,
    • dans les entreprises,
    • dans les associations,
    • dans les coopératives,
    • mais aussi dans les établissements d’enseignement et de recherche

 

Dans un compte-rendu du CNESER du 20 décembre 2018 fait par l’UNSA Education et transmis par un lecteur de Doctrix qu’il convient légitimement de remercier ici, on peut voir que l’UNSA éducation est intervenu au CNESER sur la question de la reconnaissance du doctorat au sein de l’administration :

 

« L’UNSA éducation rappelle aussi que l’État employeur doit lui aussi reconnaître le niveau 8 dans les carrières de ses personnels, pas seulement pour les recrutements évoqués : agrégés, ENA … les grands corps. »

 

Et au sein même de l’université :

 

« Il faut aussi améliorer la reconnaissance du doctorat pour les personnels des universités … et que les Mcf sont dans les fait rémunérés au niveau BAC+5 puisque leur grille de salaire est la même que celle des agrégés. »

 

Pourquoi le secteur privé devrait-il reconnaître davantage de valeur au doctorat si le secteur public ne le fait pas lui-même (rappelons les avancées récentes ici pour la fonction publique), et a fortiori l’université et les établissements de recherche ? Si les chercheur.se.s sont davantage gouverné.e.s par la libido sciendi (la curiosité) que par la libido dominandi (l’orgueil) ou libido sentiendi (la volupté) qui sont les trois forme de concupiscence selon Augustin d’Hippone (dit saint Augustin), ils.elles doivent malgré cela prendre une place légitime et équitable dans la société. Le diplôme de doctorat doit pouvoir attirer des profils pour qui la valeur économique est davantage importante. Par ailleurs, le diplôme doit devenir obligatoire pour toute personne souhaitant travailler dans la recherche à un haut niveau dans un service de « Recherche & Développement ». Cela ne l’a pas été jusqu’à présent. Dans la compétition internationale qui ne fait que s’accroitre (« Plus de 50% des demandes internationales de brevets viennent désormais d’Asie »), le recrutement de ceux.celles dont le travail consiste à innover doit être massif. À ce sujet, lire le livre Homo Deus, Une brève histoire de l’avenir de dr Yuval Noah Harari sur la « useless class », même si ce n’est qu’une hypothèse car l’arrivée de nouvelles technologies lors des derniers siècles n’a pas mis tout le monde au chômage. Au-delà de la compétition il s’agit aussi de sauver la planète, ce qui passe par le comportement de nos organisations, le nôtre mais aussi la science :

 

  • par la mesure des évolutions,
  • par les technologies nécessaires pour trouver des solutions alternatives,
  • pour mettre en place de nouvelles stratégies…

 

Bref, une bataille a été gagnée mais ce n’est pas fini car il fallait/faut/faudra « l’inscription de ce diplôme dans les conventions collectives, et plus précisément dans les grilles de classification des branches professionnelles (avec une garantie de salaire minimum pour le coefficient qui serait attribué aux docteurs lors de leur 1ère embauche et avec une garantie de progression d’un coefficient à l’autre, au fil du temps). » selon Dr Pierre Dubois. L’arrêté pourra au moins appuyer cette démarche bien plus contraignante qui connaît beaucoup de résistance.

 

Références :

Bilan de compétence : valorisation professionnelle du doctorat, Bureau d’Aide à l’Insertion Professionnelle (BAIP) – Direction Partenariat et Insertion Professionnelle – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris, 2011

« L’insertion par la valorisation°: l’exemple de l’atelier « Valorisation de la thèse » », Université d’été UNISO 2011 Partenariat Universités-Entreprises pour une croissance intelligente et durable, Conservatoire National des Arts et Métiers, 6-10 juillet 2011, 2012

Synthèse « Bilan de compétence : valorisation professionnelle du doctorat », Maison des Entreprises et de l’Emploi du 14e arrondissement-Mairie de Paris, Paris, octobre 2012

« Qui veut la peau des docteurs ? Voyage au bout de la jungle des chasseurs de têtes ! », Doctrix, 30 avril 2013

Recruter des docteurs : conseils et pratiques des consultants en recrutement, SYNTEC Syndicat Conseil en Recrutement, Paris, juin 2013

Table-ronde 1 modérée par Sabine Pasdelou « La valorisation du doctorat dans le secteur privé : enjeux et débats », Séminaire professionnel 4 : « Pour de nouvelles opportunités de carrière », « Le docteur en histoire de l’art, acteur de son projet professionnel vers l’entreprise », Association Hist’Art !, Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC), 16 décembre 2014

Bilan de compétence°: valorisation professionnelle du doctorat, Éditions Universitaires Européennes, Sarrebruck, 2015

« Les compétences transversales des docteurs », Séminaire AproDoc’, Ecole doctorale, Université fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées, Toulouse, 27 janvier 2015

« Devenir chercheur en sciences sociales : entre contraintes et autonomie », Ech Francia, Université Paris-Sorbonne, Paris, 6 novembre 2015

« Le doctorat ou le basculement du côté obscur de la force », Ech Francia, Université Paris-Sorbonne, Paris, 6 novembre 2015

« Le docteur, cet entrepreneur », CNAM-Hésam-Humanitudes, CNAM, 8 avril 2016

« Valorisation des savoir-faire du chercheur sur le marché du travail », Séminaire de professionnalisation de Dr. Grégory Daho avec Thao Lang (ABG-L’Intelli’Agence), Master 2 Science politique. Parcours Relations internationales, UFR 11 de Science Politique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Comue héSam, Sorbonne, 07/10/2016

Atelier 6 « Valorisation des SHS », Journée « Docteurs : entrepreneurs, intrapreneurs ? De la recherche au marché et aux besoins sociétaux » de l’Institut pour l’ouverture à la Société et à l’Economie FRançaises et Européennes (ISEFRE), Fondation des Etats-Unis et du Collège Franco-Britannique de la Cité internationale universitaire de Paris, lundi 5 décembre 2016, 14h30-16h30

« Compétences professionnelles et valorisation du doctorat », Demie journée d’information professionnelles, Ecole doctorale « Sociétés, cultures, échanges », organisée par Prof. Dr Patrice Marcilloux, Maison de la recherche Germaine Tillon, Université d’Angers, Angers, 02/03/2017

« Doctorant-e-s, docteur-e-s, que faire de vos publications scientifiques ? », Doctrix, 25 septembre 2017

« Internet ou le paradis des chercheurs », medium.com, 6 mars 2019

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