Doctorants, comment voter pour les présidentielles des universités?

Les élections à la présidence de nombreuses universités battent leur plein. Si vous souhaitez suivre quelques rebondissements et découvrir des histoires croustillantes, nous vous conseillons de visiter le blog de Dr Pierre Dubois.

De notre côté, une question nous taraude l’esprit depuis l’ouverture des élections : comment votent les doctorants ? Oui, « comment ? »  et non pas « pour qui ? » parce que la situation apparaît extrêmement bizarre. Voici ce que nous en avons compris.

  • Avec une carte d’étudiant de l’année universitaire en cours (2011-2012), les doctorants sont automatiquement inscrits sur les listes électorales. Munis de cette carte, ils peuvent aller voter en se rendant à leur UFR. Ils choisissent des listes qui les représenteront dans 3 conseils  :  le Conseil d’administration (CA), le Conseil des études et de la vie étudiante (CEVU) et le Conseil scientifique (CS).
    – Au CA, les représentants des doctorants font partie du collège des étudiants.
    – Idem au CEVU.
    – Au CS, les représentant des doctorants font partie du collège des étudiants de 3e cycle.Petite remarque : continuer de faire voter les doctorants pour un collège « étudiant » alors que certains se battent pour la « professionnalisation » de l’expérience doctorale, çà nous défrise un peu d’autant que certains doctorants ont accès au collège des enseignants !
  • En effet, les doctorants sous contrat doctoral et les doctorants sans financement mais vacataires peuvent aller se déclarer auprès du service du personnel enseignant de leur université pour pouvoir voter sur les listes électorales des « enseignants » et non pas des « étudiants ».

Conclusion : nous voici avec un doctorant à plusieurs vitesses, avec plus ou moins d’avantages, ceux-ci étant souvent cumulatifs. Qu’en pensez-vous ?

Pour réactualiser la question, lire ce billet publié sur le blog Lapin blanc, du 11 octobre 2013

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11 Comments

Filed under Dans les universités

11 Responses to Doctorants, comment voter pour les présidentielles des universités?

  1. Demande d'info : Tweeter ou Facebook

    Puis-je avoir votre compte Twitter ou celui de Facebook pour vous suivre?

  2. Bienvenue à Doctrix !
    Il serait intéressant de confronter votre point de vue avec celui de Thomas Roulet, autre blogueur EducPros, actuellement aux Etats Unis (doctorant à HEC Paris, il a rejoint l’Université de Columbia à New York comme “chercheur invité” pour un an). Voir un de ses derniers billets : http://blog.educpros.fr/ma-vie-de-doctorant-aux-usa/2012/01/19/petits-et-grands-tracas-des-doctorants-de-part-et-d’autre-de-l’atlantique/
    Maelle Flot

  3. FMB

    Il convient de rectifier le passage sur le collège électoral des doctorants : cela ne concerne pas  » les doctorants sous contrat doctoral et les doctorants sans financement mais vacataires  » mais les personnes qui font au moins 1/3 d’un service (64HTD) :
    – les doctorants contractuels, avec une charge d’enseignement complète (64HTD)
    – les doctorants vacataires qui assurent 64HTD (ou plus)

    Ce régime n’est pas réservé aux doctorants mais à ceux qui font au moins 1/3 de service (ex: intervenants vacataires).

    Ils votent alors en collège B au CA et au CEVU, et en collège D au CS.
    Une fois ces conseils installés, viennent alors encore d’autres élections…

  4. Evelyne

    Merci beaucoup à FMB pour ces précieuses précisions. J’ai l’impression que beaucoup de doctorants ne sont pas au courant de tout ceci, n’est-ce pas ?

    Pour répondre à la demande d’info, nous avons :
    1/ un autre blog avec beaucoup de témoignages vidéo de doctorants/docteurs impliqués en politique
    http://doctrix2012.wordpress.com/

    2/ un compte Twitter toujours sur le doctorat, où nous relayons les « posts » publiés sur les 2 blogs
    @EvelyneJardin

  5. Le fait que les doctorants soient « les fesses entre deux chaises », à la fois travailleurs et étudiants, n’est pas nouveau, et personnellement je ne suis pas sûr que ça pose un problème. Je ne crois pas qu’il soit possible ni même judicieux de courir après un statut d’enseignant uniquement, pour deux raisons :

    1/ Nous sommes des professionnels c’est un fait, avec des repsonsabilités, des projets à mener, des décisions à prendre, etc … mais nous sommes AUSSI des étudiants en formation. Nous apprenons des choses, nous apprenons un métier. On n’a pas encore les compétences d’un docteur quand on entre en première année, prétendre le contraire serait totalement indéfendable. APRES le doctorat, c’est une autre histoire, là en revanche il y a certainement un travail à faire pour faire comprendre aux entreprises privées ce que sait un docteur et ce qu’il sait faire.

    2/ Si on avait le statut d’un enseignant, ça poserait quelques problèmes. Par exemple : Que deviennent nos trois premières années, si elles ne sont plus une formation ? Un genre de stage où on apprend sur le tas ? Que deviendraient nos formations scientifiques ou pédagogiques (pour ceux qui ont encore accès à un CIES …) ? Quel serait alors l’avantage d’un docteur sur un ingénieur un tant soit peu doué ?

  6. Liebmann anne elisabeth

    Bonjour !
    Je représente la Confédération Etudiante à Paris Ouest Nanterre, c’est compliqué de faire participer les Doctorants à un vote pour une raison simple : notre ED « Economie Organisation Société » comporte un bon nombre de doctorants qui effectuent des recherches à l’étranger, mobiliser malgré le net est compliqué, les procurations sont utilisées par là aussi inviter les Doctorants à s’engager pour la vie de leur Université n’est pas leur préoccupation première … Est-ce propre à Paris Ouest Nanterre où est-ce un état des lieux identique à toute les Universités ? Une cartographie de la représentation politique et de l’engagement serait une enquête intéressante …

  7. Evelyne

    En effet, il n’y a pas que les présidentielles des universités. Signalons que des élections sont en cours pour élire les représentants étudiants au conseil des UFR. Par exemple à Bordeaux 3 à l’UFR Humanités, les étudiants peuvent poser leur candidature jusqu’au 30 mars 16h.

  8. Evelyne

    Autres élections en cours à l’UPMC
    http://www.ifd.upmc.fr/fr/elections.html

  9. Fanny

    Non les avantages ne sont pas cumulés. En tout cas à Toulouse, il a fallu choisir pour les doctorants éligibles aux 2 dispositifs. Si on vote dans le collège prof on ne peut plus voter pour le collège étudiant/doctorant.

  10. Evelyne

    Dommage d’avoir eu cette info un peu trop tard…

    « Bonjour,
    Jeudi prochain – soit le 5 avril – se tiennent les élections aux conseils centraux (CA, CS et CEVU) dans la plupart des universités. Ces élections sont extrêmement importantes car elles établissent pour quatre ans, la distribution du pouvoir dans les établissements. Beaucoup de choses s’y jouent : l’élection du président de l’université à la majorité absolue des membres du CA renouvelé, la distribution des ressources entre disciplines (postes notamment) et entre catégories de personnels (politiques d’emploi, de contrats, etc.).
    Par une réforme discrète datant du 24 août 2011http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024502516&dateTexte=&categorieLien=id, il a été décidé que les personnels non-titulaires effectuant une charge d’enseignement supérieure ou égale à 64h annuelles (éq. TD), électeurs de plein droit, ne sont en fait inscrits sur les listes électorales que s’ils en font la demande par écrit.
    Nous invitons vivement dès aujourd’hui nos abonnés consacrés par ce déni de droit à faire cette demande, et à faire entendre dans les urnes leur mécontentement contre cette disposition. Nous dénonçons vigoureusement cette réforme, qui n’est qu’une mesure supplémentaire contribuant à atomiser et individualiser les personnels non-titulaires, en leur enlevant une partie de leur maigre pouvoir, et ce alors qu’ils sont majoritaires parmi les personnels d’enseignement et de recherche, et que les universités ne pourraient tout simplement pas tourner sans eux.
    Nous rappelons que cette réforme est tout à fait contraire au principe de gouvernement démocratique des universités, pourtant inscrit dans la loi, et ne peut avoir pour effet que de renforcer le mandarinat et l’exploitation des personnels non-titulaires.
    Plus généralement, ce système électoral sépare artificiellement les jeunes chercheurs entre les collèges des MCF (pour les enseignants : vacataires >64h, moniteurs, ATER, PRAG…) et de usagers (pour les doctorants). Pour une représentation « propre et authentique » (Code de l’éducation, art. L711-4), l’ANCMSP, via la CJC, demande la création d’un collège spécifique aux jeunes chercheurs http://cjc.jeunes-chercheurs.org/expertise/fiche-representation.pdf.
    A tous ceux qui ne se sentiraient pas particulièrement concernés par les élections à venir dans leur université, et qui ne seraient pas tentés par un candidat plus que par un autre, nous rappelons enfin ceci : demander son inscription sur les listes électorales, c’est à ce jour la seule manière d’être dénombré et de montrer le poids électoral des non-titulaires à l’université. L’ANCMSP, qui travaille au sein de la CJC à un sondage national sur la précarité dans le milieu français de la recherche, soutient tous les moyens possibles pour mettre fin à l’invisibilité des personnels non-titulaires. La loi, qui oblige en principe les universités à produire des « bilans sociaux » – des statistiques sur les statuts d’emploi qu’elles donnent à leurs personnels (on n’ose pas dire « salariés ») – n’est que très peu appliquée.
    Votre demande à la direction des ressources humaines de votre université doit partir au courrier aujourd’hui : la demande d’inscription doit en effet s’effectuer 5 jours francs avant le scrutin, ce qui signifie envoyer un courrier cet après-midi (vendredi 30 mars minuit dernier délai).
    Bon courage à tou.te.s
    Cordialement
    Le bureau de l’ANCMSP »

  11. Anthony G.

    Bonjour,
    Je suis président de l’association des doctorants de Tours (ADOCT), membre du CS (et de sa commission permanente) de l’université de Tours.

    Ces questions du statuts des doctorants est complexe (du fait de la diversité de cas que l’on peut rencontrer). Néanmoins, les textes sont « souples » et peuvent être interpréter de la façon suivante :

    Toute personne s’inscrivant à l’université pour obtenir un diplôme université est, de droit, dans le collège usager (=étudiant).
    – Les contractuels (comprenant donc les doctorants contractuels) faisant au moins 64h équivalent TD peuvent faire partis du collège B (CA, CEVU) et D (CS) s’ils en font la demande !

    Nul ne peut être sur 2 listes électorales.
    C’est soit l’un, soit l’autre. Néanmoins, vu la bi-appartenance des doctorants contractuels avec mission d’enseignement, on ne peut les mettre automatique dans les collèges B et D. Cela doit être un geste pro-actif de leur part.

    De plus, je ne suis pas sûr que les considérer directement comme personnel enseignant soit une bonne chose car ils ne seront pas représentés dans les conseils ! Ces collèges là il y a souvent qu’un siège… trusté par des syndicats (snesup, etc…) alors que dans le collège des usagers, les doctorants ont beaucoup plus de chance de sièger.

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