Le doctorat vu d’Issy

Le premier tour des élections législatives aura lieu demain, le 10 juin. Sebastien Poulain a promené sa petite caméra vidéo dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine (Boulogne Sud, Vanves et Issy-Les-Moulineaux), la sienne, interrogeant les candidats sur le doctorat. Morceaux choisis.

  • Pour Fabienne Gambiez, candidate du Centre pour la France : « Le doctorat, jusqu’alors trop mal reconnu et négligé, doit jouer un rôle majeur, dans la situation actuelle de la France où toutes les forces du pays sont à mobiliser. Il est le signe d’une expérience professionnelle accumulée durant des années de travail universitaire. Ce signe doit devenir le signal d’une compétence à l’égal des plus grands diplômes à ce jour reconnus dans notre pays ».
  • Pour Gauthier Knittel candidat du Parti Pirate, certains doctorants font les frais de « vendettas à l’université » et les compétences des docteurs sont souvent peu reconnues par les recruteurs, « à tort ».
  • Pour Lucile Schmid candidate d’Europe Ecologie Les Verts et du Parti socialiste, membre d’une fratrie comptant 3 docteures, elle a beaucoup entendu parler de la thèse dans la famille et considère que c’est « un parcours de vie » à la différence du passage d’un concours (elle est énarque), il inscrit le doctorant dans un temps long. Et ce « travail en profondeur » nécessite de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde entier sur son sujet de recherche.
  • Pour Lysiane Alezard candidate du Front de gauche : « beaucoup trop de doctorants commencent leur thèse sans arriver jusqu’au bout parce qu’ils n’en ont pas eu de moyens économiques suffisants ou parce qu’ils ont souhaité investir un secteur de la recherche lui-même dépourvu de moyens. De plus, trop peu d’étudiants de milieux modestes parviennent à ce niveau-là et les doctorants étrangers cumulent les difficultés. Il s’agirait donc de doubler les moyens par doctorant et de revoir son statut ».
  • Pour Laurent Pieuchot candidat dissident du Parti socialiste, il serait intéressant d’introduire dans le débat l’aspect VAE (validation des acquis de l’expérience) y compris jusqu’au niveau D, le doctorat. Côté valorisation du diplôme, pour L. Pieuchot : « faire des docteurs en Sciences humaines des gratte-papiers de certains PDG n’est pas une valeur ajoutée pour le pays ». Et il faudrait pouvoir inventer des systèmes de mutualisation des ressources humaines pour les petites entreprises qui n’ont pas les moyens financiers de se payer des ingénieurs ou des docteurs.
  • Enfin André Santini, seul docteur à se (re)présenter, il avoue avoir bien « transpiré » pour réaliser une thèse de 1000 pages sur Le régime fiscal des sociétés étrangères en droit comparé et aussi gagné grâce à la formation par la recherche une « ouverture à l’innovation ». Sans oublier qu' »Avec un directeur de recherche et un jury prestigieux, on peut affronter la vie« . Si la recherche ne lui manque pas, A. Santini regrette l’époque où il était enseignant (il l’a été pendant vingt ans), bousculé par des étudiants frondeurs dont certains sont devenus des hommes politiques. Découvrez qui dans son interview exclusive pour Doctrix2012.
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