Un ingénieur docteur chef d’entreprise

Avez-vous déjà essayé d’amarrer un vaisseau spatial à l’évier de votre cuisine ? Impossible ! David Vissière, séduisant dirigeant de SYSNAV, nous démontre le contraire. Installés dans la cuisine d’un pavillon de banlieue, l’image fidèle de la cuisine apparaît reconstituée sur l’écran d’un ordinateur. La position précise du porteur de l’ordinateur est calculée en temps réel sans GPS grâce à des capteurs made in SYSNAV… et un vaisseau spatial est incrusté dans l’image ! De quoi imaginer bien des perspectives dans le domaine des jeux vidéo.

Née en octobre 2008, SYSNAV est une spin off du Ministère de la Défense et de MINES-ParisTech où David a effectué sa thèse en mathématiques appliquées sur le thème “Solution de guidage-navigation-pilotage pour véhicules autonomes hétérogènes en vue d’une mission collaborative” au Centre Automatique et Systèmes (résumé de la thèse). Et oui, David est un fort en maths et ce depuis longtemps. Élève sérieux, il quitte Montpellier pour Paris où il fait ses classes prépa au Lycée Louis-Le-Grand, présente les concours des écoles d’ingénieur et décroche une place à l’École polytechnique. “J’étais féru de mathématiques théoriques jusqu’à ce que je suive le cours de M. Pierre Rouchon sur le contrôle des systèmes. J’ai alors basculé dans les Mathématiques Appliquées et l’Automatique”. Les maths, il pratique encore un peu : “Je passe une partie de mon temps sur différents projets de R&D développés par SYSNAV à écrire des équations. Dans un laboratoire de recherche, on prend l’habitude de résoudre un problème avec un angle particulier lié à l’expertise du laboratoire. A cheval sur plusieurs projets, j’ai pris du recul et c’est une situation idéale pour jouer sur les similarités entre les méthodes de résolution des problèmes”. Des équations remplissent les tableaux blancs du pavillon. On trouve l’un d’eux installé dans la cuisine et l’autre dans la salle de réunion. Nous sommes indéniablement chez des technophiles. De la cave au grenier, tous les salariés sont ingénieurs, la moitié ont aussi un doctorat et le senior de l’équipe (40 ans d’expérience, 10 ans de plus que la moyenne d’âge des autres salariés !) est un spécialiste du calcul de trajectoire de missile balistique.

Faut-il préciser que David a débuté sa carrière à la DGA (Délégation Générale pour l’Armement) et qu’il compte parmi ses premiers clients la SAGEM, EADS, Safran… le fleuron de l’industrie militaire française. Explication. “Jusqu’au début des années 2000, les capteurs inertiels coûtaient très chers jusqu’à 200 k€. Un marché de niche. Avec l’arrivée des smartphones, les capteurs sont devenus des produits de consommation pour l’électronique grand public et SYSNAV surfe sur cette vague en travaillant notamment main dans la main avec Parrot pour la conception de l’ARdrone”. Maintenant, ses clients sont variés : dans l’un des bureaux, une ingénieure-docteure développe un système pour mesurer l’efficacité des traitements contre les maladies neuromusculaires. Un capteur qui permettrait d’éviter les prélèvements invasifs lors des essais cliniques. Dans un autre bureau, des capteurs pouvant être installés sur des voitures vont donner leur trajectoire et ce même en l’absence de GPS. La fiabilité de ces capteurs ? Parfaite ! Une table de calibration haute performance, petit bijou de plusieurs mètres de haut, les soumet à des mouvements parfaitement contrôlés avec des variations de température bien pires que celles vécues par les astronautes.

Les tests sur la machine de calibration sont réalisés dans les anciennes écuries, les prototypes sont assemblés au grenier, tout ce monde très high-tech s’est installé dans un environnement qui fleure bon le terroir. Goût des contrastes ? Un peu de ça, car David, jeune homme apparemment très posé, s’est engagé dans un raid de 1 000 km au Vietnam pendant son séjour à Polytechnique. “J’ai toujours aimé les sports extrêmes”, nous avoue-t-il. Est-ce dans ce goût du risque que David, primé de nombreuses fois pour la création de son entreprise, a puisé son moteur pour continuer à faire avancer SYSNAV ? Car il confie : “Créer une entreprise en France n’est pas si facile, il faut aimer les montagnes russes et si les soutiens financiers sont nombreux, ils ne sont pas toujours stables (dispositifs CIR/ JEI), mais c’est vraiment une belle aventure”.

Propos recueillis le 31 octobre 2012 par Evelyne Jardin

David Vissière expose les compétences acquises grâce à la formation par la recherche dans ce témoigne vidéo Le doctorant entrepreneur – Itw de David Vissière par MINES_ParisTech

En savoir plus sur SYSNAV

  • Des systèmes de navigation au GPS : du laboratoire au grand public”, Journal de l’école de Paris, n°86, 2010
  • Démonstration de l’AR Drone de Parrot, CeBIT 2012, site Armines.net, le 15 septembre 2010
  • Dans les nouveaux locaux de SYSNAV où l’on découvre la cuisine (!), les bureaux et l’un des tableaux blancs rempli d’équations, You Tube, le 28 novembre 2011
  • L’histoire de SYSNAV, site Armines.net, le 5 octobre 2012

2 Comments

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2 Responses to Un ingénieur docteur chef d’entreprise

  1. doctrix

    David Vissière n’est pas un cas isolé. Les docteur(e)s créent des entreprises ! http://docteursetcompagnie.blogspot.fr/2010/07/les-docteurs-creent-des-entreprises.html

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