Le CAC 40 et les 0 docteurs

Après l’enquête sur les sites emploi et le doctorat, Doctrix a décidé de s’intéresser aux plus hautes sphères de l’économie. Et là aussi, ça fait mal pour les docteurs.

Car côté CAC 40, 0 docteur ! Pour diriger l’une des 40 entreprises françaises côtées en bourse, mieux vaut tenter l’X, HEC ou l’ENA (certains cumulent). Et si vous êtes une femme, arrêtez les études ! Elles ne vous serviront à rien puisque zéro femme à l’horizon du CAC. Alors, une femme docteure…

Traversons le Rhin : 15 « Dr » sur les 30 CEO des entreprises cotées au DAX 30. Mais toujours zéro femme.

En considérant le verre à moitié plein (soyons optimiste !), force est de constater que la marge de progression est grande en France. Alors cher(E)s docteur(E)s, sachez valoriser vos compétences… tout au long de votre carrière !

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8 Comments

Filed under Dans les entreprises

8 Responses to Le CAC 40 et les 0 docteurs

  1. Anonyme

    Le doctorat en France est peu reconnu au sein des entreprises, ignoré, tout le monde est coupable.

    L’Université a fonctionné et hélas continue parfois à fonctionner en cercle fermé : ce que l’on étudie à l’université demeure dans le « blockhaus interne » de l’université. La nomination de Valérie Pécresse a eu un point positif : ouvrir les fenêtres pour tenter un dialogue constructif entre l’entreprise et l’université. Mais hélas le retard est une mer.

    L’entreprise recrute + les diplômés des Ecoles de Commerce dont les programmes sont connus, les stages au cours de la scolarité permettent de mettre un pied au sein de celle-ci …et le phénomène « réseau » renforce l’hégémonie des Grandes Ecoles au détriment de l’Université qui a bien des qualités …

    Pour continuer le débat, il est impératif que l’Université favorise l’émergence de « Réseaux d’Anciens » pour développer la cooptation !

    Le « CAC 40 » est les Docteurs, c’est une piste mais l’urgence est davantage pratique : les Docteurs de l’Université particulièrement Sciences Sociales et Droit sont actuellement les plus pénalisés.

    L’Association Bernard Grégory qui a d’ailleurs effectué une mue (changement de nom) a contribué pour ls Sciences Dures mais trés peu pour les Sciences Sociales et le Droit …

    Il y a bien à faire,mais l’engagement de certains reste d’une grande timidité …!

  2. Gian Luca LIPPI

    Le doctorat en France ne connais pas encore la reconnaissance qu’il a dans le secteur privé d’autres pays (ex. l’Allemagne, mais également les pays anglo-saxonnes, entre autres). Ceci dit, considérer comme point de référence le nombre de dirigéants d’entreprises du CAC 40 comme indicateur significatif de son impacte déforme la réalité.

    Depuis quelques années le doctorat commence à prendre sa place dans le monde socio-économique, comme en témoignent les centres de recherche de certaines grandes entreprises (ex. Saint-Gobain) où la grande majorité du
    personnel détient un doctorat (en sciences ou autre discipline). Ce personnel a un impacte directe sur toute la structure de l’entreprise car, comme le montre
    son âge moyen, la majorité des chercheurs évolue au boût de quelques années dans des postes de responsabilité et gestion. Par ailleurs, outre que dans certaines (encore trop rares) Grandes Entreprises, un nombre croissant de docteurs est recruté dans les start-ups, où leur impacte est bien plus direct et immédiat.

    Une preuve ultérieure de l’intérêt croissant dans l’entreprise pour le Doctorat est l’investissement récent dans ce diplôme fait par les Grandes Écoles, signe
    qu’elles identifient une évolution positive de sa reconnaissance dans le monde socio-économique et de sa vocation potentielle à devenir la référence pour les postes de responsabilité, comme il l’est déjà dans les pays le plus industrialisés.

    Puisque ces changements se mettent en place en France depuis moins de 10 ans, il est invraisemblable de pouvoir trouver des traces de cette évolution aux
    plus hautes sphères de la gestion des Entreprises du CAC 40, et les résultats de l’enquête n’ont qu’un caractère anecdotique.

    L’absence de représentation des Docteurs dans l’Entreprise répose sur des motivations historiques. Ces derniers temps nombre de changements ont été mis en place par les gouvernements succéssifs pour faire évoluer les mentalités et pour préparer les jeunes Docteurs à une entrée dans la vie professionnelle non-académique. D’un coté, des formations spécifiques sont offertes dans la plupart des Écoles Doctorales par des professionnels hors cadre académique, et sont de plus en plus prisées par les Doctorants. De l’autre coté, les chercheurs sont fortement incités, et même
    obligés, à chercher des contacts dans le monde industriel pour pouvoir déposer des demandes de financement. Les mentalités sont donc en train d’évoluer, même si toute évolution nécessite des
    temps de maturation.

    Globalement je tire un bilan positif et très optimiste du cadre qui est en train de s’instaurer pour une plus forte collaboration entre monde académique et entrepreunarial, en dépit du fait que les effets bénéfiques de ces changement nécessiteront encore du temps pour se faire sentir. Un point que l’on peut regretter, dans ce cadre généralement positif, est l’absence d’un incentif donné aux entrepreneurs pour qu’ils aillent à la rencontre des chercheurs. Pendant que ces derniers soient de plus en plus obligés à inclure un parténaire industriel au moins en temps que spectateur intéressé (bénéficiant ainsi au minimum d’une veille scientifique et technologique), les acteurs
    socio-économiques n’ont aucune obligation et souvent réfusent de venir à l’encontre du monde de la recherche. Des incentifs parallèles, comme par
    exemple l’obligation à participer à des projets collaboratifs (sans coûts rééls) pour pouvoir bénéficier du Crédit Impôt Recherche, pourraient contribuer à accélérer ces rencontres au bénéfice de la société entière.

    En résumé, si l’état actuel des relations recherche-entreprise est très dissatisfaisant et les docteurs ne trouvent encore pas toute leur place dans le secteur privé, les indicateurs donnent des tendances à mon avis très positives, contraîrement aux implications de l’article « Le CAC 40 et 0 docteurs ». Il faut encourager les jeunes à s’impliquer dans cette voie et non pas les décourager! Au fait, il n’est pas invraisemblable, et certainement fortement souhaitable pour l’évolution
    positive et la survie de la grande Entreprise, qu’au cours de la vie professionnelle de nos nouveaux Docteurs on puisse voir des Dirigéants Docteurs même dans les
    entreprises du CAC 40.

    Quant à la place des femmes, leur place est partout à
    parité des hommes. Les considérer comme un cas à part dessert toute cause, y incluse celle du respect qui leur est dû, du dévéloppement de la société et de celui du secteur privé tout entier. Se focaliser sur la résolution, ou non, de leur absence aujourd’hui dans des
    rôles de gestion en temps que Docteurs ne contribue nullement à une avancée concrète.

  3. Fanny

    Merci pour le lien « anonyme », effectivement des femmes qui créent des entreprises ça existe, et encore heureux. Malheureusement, même si je leur souhaite plein de réussites, je ne crois pas que Xiko soit encore dans le CAC 40.

    Les SHS ont leur place dans l’entreprise surtout à l’ère du capitalisme cognitif. Mais nos dirigeants ont toujours un train de retard c’est bien connu 😉

  4. François

    Résultat d’une recherche faite en 2008 :

    Sur les 161 entreprises américaines qui figurent dans les 500 premières mondiales(liste « Global 500 » de la revue Fortune) :
    – une seule est dirigée par un docteur scientifique : Northrop Grumman par Sugar, Ronald D.
    – deux par des docteurs en économie
    Caterpillar,par Owens, James W.et Publix Super Markets,par Jenkins, Charles H. Jr.
    – deux par des « juris doctors » QUI NE SONT PAS DE VERITABLES DOCTORATS (mais plutôt des diplômes de niveau master) : Citigroup,par Prince, Charles O. III ,et MetLife, Henrikson, C. Robert
    En revanche, il y a de très nombreux MBA.

    Dans tous les pays (hors héritage) il y a une assez forte corrélation entre l’accès aux postes de direction des plus grandes entreprises et la sélectivité du cursus suivi, QUEL QU’IL SOIT :
    – aux USA MBA de quelques grandes universités
    – en Allemagne doctorat (peu importe la matière – il est frappant de voir que les docteurs scientifiques y sont très minoritaires 37% du total des doctorats contre 60% en France; cherchez d’ailleurs le sujet de thèse de Tom Enders, patron d’EADS … )
    – au Royaume-Uni diplôme d’Oxford (matières essentiellement littéraires)
    – France : grandes écoles ingénieurs, commerce/management et Sciences-Po + ENA (filières qui absorbent une très forte proportion des mentions TB et B au bac).

    Quand le doctorat français sera devenu aussi sélectif que les écoles indiquées, il y aura (20 ans plus tard) beaucoup de patrons du CAC 40 docteurs …

  5. doctrix

    @François. Merci pour les infos complémentaires sur les Etats-Unis. Précision : les contrats doctoraux sont généralement alloués à des diplômés de Master… avec mention, sorti(e)s majors de leur promotion. Arrêtons de dire que le doctorat français n’est pas un diplôme sélectif ! Il est peut-être moins sélectif socialement parlant…

  6. François

    En France il y a eu des docteurs patrons de grandes entreprises, par exemple :
    – Gérard Le Fur (Sanofi)
    – Georges Pauget (Crédit Agricole / LCL)
    – Pierre Faurre (Sagem)
    Vous avez certainement d’autres noms. Merci de les indiquer, ça serait intéressant de voir s’ils correspondent à un profil particulier.
    Le sujet va devenir complexe pour les docteurs scientifiques, puisque de plus en plus seront des ingénieurs ayant fait ensuite une thèse (à cet égard Pierre Faurre était un précurseur).

  7. doctrix

    Après avoir obtenu son autorisation, nous nous permettons d’ajouter le commentaire de François-Xavier Dudouet (Chargé de recherche au CNRS spécialiste de sociologie économique, de sociologie des élites économiques et d’économie politique internationale) :

    « Comme d’habitude, tout dépend ce que l’on compte et comment on le compte 😉
    Si on s’intéresse aux seuls « patrons » français du CAC 40 (président de conseil, directeur général, PDG, président du directoire et gérant principal), il est tout à fait possible qu’il n’y ait pas actuellement de titulaire du doctorat. Par contre il y a au moins une femme agrégée Elisabeth Badinter présidente du conseil de surveillance de Publicis, mais il est probable que sa fonction tienne moins à son agrégation qu’à ses origines familiales.
    En revanche si on prend l’ensemble des dirigeants français (membres des conseils d’administration et de surveillance ainsi que des comités exécutifs), il y avait en 2009 une trentaine de titulaire du doctorat. Toutefois, ce diplôme était souvent accompagné d’autres titres scoalires plus en adéquation avec le milieu.
    Pour un aperçu plus complet du capital scolaire des membres des comités exécutifs du CAC 40 voir:
    http://www.opesc.org/analyses/doc/diplomes%20comex%20CAC%2040%202009.pdf

    Il y avait bien en 2009 un docteur en sociologie de l’EHESS, Patrick Pélata directeur général délégué de Renault, mais il a « sauté » avec la vraie fausse affaire d’espionnage!

    […]

    François-Xavier Dudouet »

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