Le doctorat pour « tous », ça existe déjà !

photo_ceremonie_webLe nouvel arrêté du 27 mai 2016 sur doctorat de mai 2016 déchaîne les passions et les erreurs !

« Demain, sans avoir aucunement repoussé les limites du savoir existant, n’importe quel membre d’une caste républicaine dominante pourra usurper ce qui revient de droit aux petites mains laborieuses de la recherche scientifique. » selon Idriss J. Aberkane « il ne sera d’ailleurs plus nécessaire d’avoir obtenu un master qui attestait une compétence en matière de recherche pour pouvoir s’inscrire en thèse » selon Eric AnceauFrançois Garçon prévoit qu’ « Au sortir de leur « soutenance de travaux », ingénieurs, diplômés d’écoles de commerce et hauts fonctionnaires, tous, sans savoir même ce qu’est la recherche, sans en avoir jamais fait, ajouteront pompeusement sur leur carte de visite les trois lettres magiques, « Ph.D ». » « Il vous suffira bientôt, à côté d’un mémoire hâtif, d’un « portfolio » exaltant vos « activités », comme la validation de « modules professionnalisants », dont le terme, mais pas l’idée, a été retiré de l’arrêté. » selon Jean-Noël Luc et Serge Sur.

Mais la VAE doctorale existait déjà comme l’ont expliqué Émilien Ruiz et Mix Lamalice.

Par ailleurs les « doctorats professionnels », « executive doctorate » ou « doctorats appliqués », l’« Executive Doctorate in Business Administration », le « Doctorate of Business Administration » se multiplient depuis quelque temps. Le Professeur et docteur Dominique Desjeux présente à Doctrix le « doctorat professionnel » qu’il a créé à l’Université Paris V Descartes :

 

Enfin, ceux qui ont concouru pour devenir enseignant-chercheur ou chercheur dans un établissement universitaire et de recherche savant qu’il existe des équivalences qui permettent de candidater sans être docteur…

Ainsi, le sociologue philosophe Edgar Morin est entré au CNRS en 1950 et y est devenu directeur de recherche sans avoir obtenu de doctorat (Il par ailleurs Docteur honoris causa de plus de 14 universités.) comme il l’explique à Doctrix :

Le sociologue et homme politique Jean-Louis Missika a enseigné la sociologie des médias à l’Institut d’études politiques de Paris dans le cadre du DEA d’Études politiques à partir de 1984. Il a obtenu la prestigieuse chaire d' »économie et gestion de l’industrie numérique et des nouveaux médias » du CNAM en tant que professeur en 2011 (mais sa nomination a été annulée en justice pour vice de procédure). Voici un long entretien pour Doctrix où il nous parle de ses actions envers les doctorants et les docteurs qu’il a mis en place en tant que chargé de l’innovation, de la recherche et des universités (à partir de mars 2008 jusqu’à 2014).

Et ne parlons pas des doctor honoris causa qui sont distribués comme des petits pains ! Voici l’exemple de Bartholomée Ier de Constantinople qui est devenu doctor honoris causa à l’Institut Catholique de Paris le 30 janvier 2014.

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1 Comment

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One Response to Le doctorat pour « tous », ça existe déjà !

  1. Thérèse

    Bonjour,
    Votre article est intéressant mais sa finalité m’échappe. Il me semble que dans cet arrêté, il y a deux motifs d’inquiétude :
    – qui peut soutenir un doctorat ? Je partage votre point de vue. Il est déjà possible de présenter un doctorat sans être passé par un M2 Recherche mais l’école doctorale en autorisant l’inscription après l’acceptation d’un collègue dûment qualifié pour encadrer un tel travail apporte la caution scientifique. Il m’a été refusé de diriger la thèse d’un avocat et d’un notaire à la retraite mais ils ont été acceptés ailleurs et leurs thèses soutenues sont de bonne facture. Le système actuel est assez souple. Le changement de l’arrêt doctoral n’est pas considérable sauf ! si on le relie à un article de la future (?) Loi Travail qui réduit de 3 à 1 an la durée d’activité exigée pour bénéficier d’une VAE. Il faut bien reconnaître que la question du doctorat des énarques pourrit le débat.
    Qui peut diriger une thèse ? professeurs et assimilés de droit, autres catégories y compris MCF HDR ou pas si je ne me trope sur autorisation du président. Je ne suis pas d’accord avec ce point. Un MCF HDR doit, de droit, pouvoir diriger des recherches.
    Agrégée (tardivement) mais issue (quand même) du premier concours national d’agrégation de l’enseignement supérieur (droit), je défendrai le droit de mes collègues MCF HDR dans le cadre syndical notamment.
    Je terminerai en soulignant le caractère « facile de votre comparaison : doctorat et doctorat « honoris causa ». En revanche, je regrette que vous ne développiez pas davantage la question du doctorat professionnel qui me paraît une voie raisonnable. Certes rétrograde : doctorat d’Etat et doctorat de troisième cycle. Même moi suis trop jeune pour avoir expérimenté personnellement cette organisation.
    Cordialement

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