Les préjugés sur le doctorat, parlons-en !

Dr trouvetou

Les préjugés sont nécessaires à la vie, on ne peut pas douter de tout chaque seconde ! Néanmoins, il est préférable de remettre en question les préjugés qui sont faux. C’est le métier des scientifiques.

Or, certains préjugés continuent de se reproduire concernant les doctorants et docteurs eux-mêmes. En voici sept que nous allons contextualiser et critiquer :

 

-1) des rats de bibliothèques

Oui, il faut lire beaucoup pour réaliser une thèse car il faut savoir ce qui a déjà été écrit pour innover. Compte-tenu de la numérisation des archives et des ouvrages, les bibliothèques ont perdu de l’importance ces dernières années.

-2) des geeks

Oui, il faut utiliser beaucoup son ordinateur pour retranscrire des entretiens, utiliser des logiciels, préparer des conférences, rédiger une thèse. Aujourd’hui les compétences techniques, informatiques et numériques sont de plus en plus valorisées.

-3) des Géo Trouvetou ou professeur Nimbus

Oui, les doctorants et docteurs sont particulièrement innovants et sont capables de trouver des solutions à des problèmes complexes. Mais il suffit de regarder les nombreuses vidéos sur internet pour voir que les doctorants et docteurs sont des jeunes comme les autres.

-4) des Tanguy ou étudiants attardés

Oui, le doctorat demande un certain temps pour être réalisé compte-tenu des exigences scientifiques de la thèse de doctorat. Cette expérience intellectuelle que constitue le doctorat est dépendante des conditions matérielles et humaines. Par ailleurs, oui les doctorants et docteurs ont un appétit d’apprentissage et de connaissance particulièrement développé, mais la recherche et l’enseignement sont des métiers comme les autres.

-5) des solitaires

Oui, il y a beaucoup de travail à faire seul quand on fait une thèse de doctorat, mais les doctorant(e)s sont aussi contents quand ils se rencontrent et peuvent discuter avec des personnes ayant les mêmes problématiques, les mêmes objets de recherche, ou les mêmes trajectoires… Aujourd’hui la relation bicéphale entre le doctorant et son directeur de thèse est de moins en moins vraies. Il y a toujours plus d’institutionnalisation du doctorat avec l’école doctorales, le Conseil de l’école doctorale, le Comité de suivi, les formations…

-6) des extraterrestres ésotériques

Oui, les doctorants doivent prendre en main des concepts et problématiques complexes pour développer des analyses. Si leurs travaux étaient très simples à comprendre, on pourrait se demander en quoi ils peuvent faire avancer la science. Par ailleurs, ceux qui lisent la presse écrite et les blogs, écoutent la radio et la télévisions sont bien contents d’avoir des éclaircissements sur des phénomènes sociaux, économiques, naturelles… complexes.

-7) des improductifs

Oui, il est parfois difficile de mesurer la valeur ajoutée économique immédiate d’une thèse de doctorat – quand il n’y a pas, par exemple, de brevet à la clé – comme dans tout système éducatif. Aider à comprendre le monde est moins directement utile que de le nourrir par exemple, même si la possibilité de nourrir le monde est dépendante de la recherche agronomique. Et d’une part la mesure économique et à court terme n’est pas la seule mesure possible, comme on a pu le voir dans les travaux de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, d’autre part elle peut même être dangereuse si c’est le seul critère utilisé car les humains ne doivent pas être réduits ni à des chiffres, ni à de l’économique, ni à des machines.

Vous en connaissez d’autres, racontez-nous !

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