Les bonnes résolutions doctorales

Il est difficile de se remettre de la tribune de Charles Bosvieux-Onyekwelu intitulée « Témoignage d’un rescapé ». Mais avons-nous le choix ? Alors partons à la recherche des bonnes résolutions !

A cette heure où Donald Trump quitte la Maison Blanche après avoir particulièrement maltraité l’idéal de vérité scientifique, il est encore possible de se souhaiter « la bonne année », et pourquoi pas de prendre de « bonnes résolutions », et même des « bonnes résolutions doctorales » !

En voilà quelques-unes – transformées en recommandations – liées au contexte de numérisation accélérée et forcée des universités et la faible valorisation des jeunes chercheurs.ses dans nos sociétés (sauf quand il s’agit d’attendre des vaccins !).

Les recommandations concernent l’enseignement, la recherche et l’économie de ceux-ci en ce qui concerne les jeunes chercheurs.ses.

 

Recommandations sur l’enseignement :

  • Abandon de la loi LPP
  • Maintien du CNU
  • Carte professionnelle d’enseignant annuelle (pas une simple attestation en papier)
  • Les Mooc doivent être des compléments mais pas des outils de substitutions.
  • Limitation du nombre d’étudiant.e.s par classe.
  • Accès à l’ENT de l’université pour tout.e enseignant.e (et formation).
  • Adresse mail de l’université pour tout.e enseignant.e.
  • Normalisation des offres d’emploi d’enseignant.e.s vacataires.
  • Généralisation des prises électriques dans les salles de cours.
  • Priorité aux doctorant.e.s et docteur.e.s pour enseigner à l’université. Il y a parfois beaucoup de profils d’enseignant.e.s non chercheurs.ses. Or, l’université doit avant tout diffuser les savoirs issus de la recherche.
  • Transparence dans tous les processus de recrutement : qui est membre du jury ? Quels sont les candidats ? Qui a eu le poste ? Justification minimale du non recrutement.

 

Recommandations pour la recherche :

  • Maintien et renforcement de la liberté de la recherche sur tous les sujets.
  • Maintien et renforcement de la liberté d’expression sur tous les sujets.
  • Création de lieux de socialisation pour les doctorant.e.s et docteur.e.s de type maison du doctorat : vie associative, bureau, entreprenariat…
  • Maintien du CNU.
  • Adresse mail de l’université pour tout.e chercheur.se.
  • Accès à l’ENT de l’université pour tout.e chercheur.se (et formation).
  • Abandon et remplacement de la loi LPP.
  • « Projet d’avis sur le droit et l’accès à l’enseignement supérieur à l’heure du numérique » : ajouter le mot « recherche » dans le titre de votre avis. L’enseignement supérieur est supérieur en grande partie car il s’y déroule de la recherche qui doit irriguer les cours.

 

Recommandations économiques :

  • Rémunérations mensuelles
  • Remboursement du transport
  • Fourniture de la bureautique (ordinateur, micro, caméra, câble HDMI)
  • Paiement d’un abonnement à internet
  • Rémunération des heures de préparation, de correction, de surveillance
  • Augmentation de l’heure brute après l’obtention doctorat
  • Droits sociaux associés aux cotisations sociales
  • Davantage de création de postes compte-tenu de l’augmentation des étudiant.e.s.
  • Moyens similaires dans toutes les universités sur tous les territoires.
  • Exonération totale des frais d’inscription des doctorant.e.s.
  • Limitation des financements de doctorats et post-doctorats fléchés par le gouvernement.
  • Sanctuarisation du budget de la recherche doctorale
  • l’emploi de niveau doctoral couvert par une convention de branche ou un accord interprofessionnel en vertu de l’article 2221-2 du code de travail

 

Ces recommandations ne sont pas exhaustives. Ces recommandations sont critiquables. Alors n’hésitez pas à faire des critiques et des ajouts dans commentaires ou en écrivant à Doctrix2021@gmail.com.

Ces idées sont issues d’une réflexion liée à une audition le lundi 16 novembre 2020 de 15h00 à 17h00 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans le cadre du « Projet d’avis sur le droit et l’accès à l’enseignement supérieur à l’heure du numérique (titre provisoire) » pour février 2021.

Les co-rapporteurs.rices sont Soraya Amrani-Mekki et Arnaud Gaillard qui veulent formuler des recommandations auprès du gouvernement.

Voici le document qui a été présenté à l’occasion de l’audition :

https://fr2.slideshare.net/SebastienPoulain/audition-cncdh-lenseignement-suprieur-lheure-du-numrique-239437096

Mais mauvaise nouvelle pour les bonnes résolutions/recommandations qu’elles soient doctorales ou non :

Bonnes résolutions doctorales 3 | Doctrix (educpros.fr)

Espérons que les statistiques nous seront favorables.

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Filed under Reconnaissance du diplôme

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