José Manuel Campa Fernández, un docteur à la tête de l’Autorité bancaire européenne

José Manuel Campa Fernández

Après Dr Mário José Gomes de Freitas Centeno à la tête de l’Eurogroupe (voir notre article), voici un autre docteur en économie à la tête d’une institution européenne : Dr José Manuel Campa Fernández (dont les nom est un tout petit peu moins long !). Il a été nommé le 19 février 2019 à la tête de l’Autorité bancaire européenne.

Cette institution créée le 1er janvier 2011 à la place du Comité européen des superviseurs bancaires a son siège actuel à Londres. Mais le Brexit entraîne son déménagement à la tour Europlaza du quartier de La Défense, nouveau centre de la finance européenne.

Bénéficiant d’un budget annuel de 38,8 millions d’euros (2017) et de 197 salariés (2017), elle travaille à davantage de transparence, d’encadrement, de stabilité de la finance pour éviter une nouvelle crise bancaire similaire à celle de 2008.

Dr José Manuel Campa Fernández a soutenu sa thèse en 1991 à l’université d’Harvard. Elle est intitulée : Firm Investment under Exchange Rate Uncertainty. Il s’agissait donc de réfléchir sur la question de l’investissement des entreprises dans la période actuelle où le taux de change des monnaies est flexible, donc incertain.

Par la suite, il est devenu consultant tout en continuant à faire de la recherche et de l’enseignement :

  • 1991- 2001 : New York University: Associate Professor of Economics and International Business, Stern School of Business, New York University.
  • 1996-2004 : Research Fellow, National Bureau of Economic Research.
  • 1999 : Research Associate, Center for Economic Policy Research.
  • 2000-2009 : IESE Business School, Finance Professor, Head of Research.
  • 2014 : IESE Business School, External Collaborating Professor

Evidemment sa carrière a connu une ascension lorsqu’il est devenu Secrétaire d’Etat aux affaires économiques du Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero du 14 mai 2009 au 23 décembre 2011.

Avant d’entrer à l’Autorité bancaire européenne, il était, depuis 2014, le responsable mondial des affaires réglementaire du groupe bancaire espagnol Santander (45 895 000 000 d’euros de chiffre d’affaires en 2016), c’est-à-dire un lobbyste contre les régulations mises en place à la suite de la crise de 2008… ce qui pose question… Voir la chronique d’Arjuna Andrade à ce sujet.

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« Lettre de rupture à ma Ministre » par Marianne Ana

Frédérique Vidal

Chère Ministre,

Les étudiant.e.s ne rêvent plus et

Les scientifiques, ensemble, s’ennuient

La précarité ruine nos vies et nos données

Désormais, nous sommes tous insomniaques

 

Chère Ministre,

Les labos brulent de votre misère,

Et notre colère s’intensifie à mesure

Que votre violence se montre,

Désormais, nous sommes tous insomniaques

 

Chère Ministre,

Vous nous coupez l’inspiration, à se pendre,

On ne sait plus comment se faire entendre,

Nous avons dit et redit que nous ne pouvions plus,

Et là, le coup de massue avec Parcoursup !

Désormais, nous sommes tous insomniaques

 

Chère Ministre,

Notre idéal de vie et d’émancipation par le savoir est à terre,

Sans rien y faire, vous gaspillez les chances de nos enfants,

Sans trop pourquoi, nous y croyons encore,

Désormais, nous sommes tous insomniaques

 

Chère Ministre,

Vous voulez plus d’activité et de richesses,

Sauf que votre politique insuffle misère et sélection

Protégez les sciences sociales, et vous trouverez le Best

Désormais, nous sommes tous insomniaques.

 

 

Marianne Ana, desesperate doctor

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« Gilets jaunes et Université : quelle mobilisation ? » par Brice le Gall

Brice Le Gall

Sans vouloir lancer de polémique, je m’interroge sincèrement sur l’absence de discussion autour du mouvement des Gilets jaunes parmi les chercheurs.euses.

Des textes éclairants circulent parfois dans la presse, je ne doute pas que le sujet intéresse de nombreuses personnes mais y a-t-il un embryon de prise de position collective (et, encore mieux, d »actions collectives ») du côté des sociologues, des politistes…, ou encore du côté des instances qui ont prétention à les représenter ?  

Ce mouvement se poursuit depuis le 17 novembre, les revendications autour de la précarité, des conditions d’existences, de la destruction des services publics, de la démocratie (pensons au fonctionnement des instances universitaires), etc. font très largement partie des problèmes soulevés par les Gilets jaunes. « Tout remonte à la surface » pour reprendre le titre d’un édito éclairant… Et ce mouvement est par bien des aspects tout à fait extraordinaire (les profils et la ténacité des gens mobilisés, leur capacité à remettre en cause un ordre des choses habituellement accepté, le caractère offensif de certaines revendications, etc.) 

Je sais bien que la grève ne se décrète pas et qu’il est très difficile de mobiliser les plus précaires, mais cela ne coûterait pas grand chose ou si peu d’afficher au moins une réaction, de tenter quelque chose. Les conditions de travail à l’Université, l’armée de réserves de précaires rémunérés au lance pierre et tenus à la docilité en l’attente d’un poste hypothétique, la segmentation sociale et scolaire croissante de tout le système éducatif, les mesures discriminatoires à l’égard des étudiants étrangers, etc. ce ne sont pas les motifs de mécontentements qui manquent. Pourquoi ne parvient on pas à les exprimer collectivement alors que le gouvernement est littéralement aux abois et que le rapport de force est inespéré.

Profiter de la conjoncture pour défendre concrètement une autre vision de l’Université et du monde social que celle qu’on nous impose à marche forcée fait sans doute aussi partie de notre rôle d’intellectuel.

Brice le Gall, Doctorant en sciences sociales

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Le gouvernement français doit faire honneur aux étudiant.e.s, doctorant.e.s et docteur.e.s étranger.ère.s

doctorants étrangers

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Lancement de l’enquête « Génération PhD » sur les jeunes chercheurs : zoom sur les premiers résultats

Génération PhD 1

Lancée le 1er octobre, Génération PhD, c’est tout d’abord une enquête en cours qui interroge les jeunes chercheuses et chercheurs sur leurs opinions, leurs ressentis, leurs aspirations…

 

« Mes parents sont fiers de mon parcours ? La société française me reconnaît à ma juste valeur ? Pour moi en France, il n’a pas assez de femmes qui font de la recherche, etc. »

 

En tout une quarantaine de questions destinés aux niveaux master intéressés par le doctorat, aux doctorants et docteurs âgés entre 20 et 40 ans de toutes les disciplines, qui suivent ou ont suivi leur formation universitaire via l’enseignement supérieur français.

 

Le site www.generationphd.com partagera en ligne les résultats de ce sondage, et propose d’ores et déjà des articles sur le doctorat repris de The Conversation. Avant d’en proposer d’autres.

 

A l’initiative de Génération PhD, c’est Eddie Barazzuol qui a participé à un projet média destiné aux jeunes chercheurs. Beaucoup de réflexions sur le sujet et la volonté a minima d’une action participative…un accomplissement en quelque sorte pour cet ancien du magazine La Recherche et AEF, et donc proche des thématiques ESR, alors qu’il n’est ni doctorant, ni docteur. 

 

Où en est l’enquête Génération PhD ?

 

Trois semaines après son lancement, l’enquête a déjà recueilli plus de 1 400 réponses. Comment avance l’enquête ? Qui y répond ?

 

Cet article vous propose un point d’étape avec des indications sur la structure et les profils des participants.

 

Tout d’abord, les femmes, davantage mobilisées :

 

60% des répondants sont des femmes, 40% sont des hommes.

 

A titre d’information, la part des femmes parmi les docteurs diplômés en 2016 est de 44% toutes disciplines confondues. (source :  l’état de l’emploi scientifique 2018 – MESRI-SIES – enquête sur les écoles doctorales)

 

Un constat donc à ce stade : celui d’une sur-représentation des femmes parmi les répondants doctorants et docteurs, ou autrement dit une sous-représentation des hommes… Messieurs, il est encore temps de participer, l’enquête continue !

 

 

Le niveau d’études des répondants  :

 

Niveau Master : 5.8 %

Doctorant 1ère  année : 8.1%

Doctorat 2ème année : 12.6 %

Doctorant 3ème année et + : 34.9%

Docteur :  38.6 %

 

 

L’âge des répondants :

20-24 ans : 9.7 %

25-31 ans : 69.4 %

32-40 ans : 20.9 %

 

L’année de soutenance des répondants :

Avant 2015 : 12.8 %

2015-2018 : 36.2 %

2019-2021 : 51 %

 

Pour rappel, l’enquête s’adresse aux jeunes chercheurs âgés entre 20 et 40 ans.

Ouverte aussi aux niveaux master intéressés par le doctorat, elle concentre un maximum de réponses auprès des doctorants et docteurs, premiers concernés par le sujet, soit près de 95% ; Par ailleurs, 38,6% sont déjà docteurs.

 

Des résultats à rapprocher des tranches d’âge des répondants et de leur année de soutenance passée ou à venir.

 

Force est de constater, une plus forte participation d’individus pour lesquels le doctorat est proche avec une année de soutenance récente ou à venir. La seule période 2019-2021 pour l’année prévue de soutenance concentre 51% des répondants, auxquels nous souhaitons le meilleur !

 

 

Le saviez-vous ?

L’âge moyen des docteurs lors de leur diplomation est de 31 ans toutes disciplines confondues. Voici un détail par grands groupes disciplinaires :

Génération PhD 2

 

Et côté discipline, ça donne quoi ?

 

Rapporté aux 74 000 doctorants de 2016/2017, les répondants doctorants et docteurs de l’enquête Génération PhD sont relativement représentatifs des domaines scientifiques de la thèse, et donc de leurs domaines regroupés. Le tableau ci-dessous détaille les disciplines des répondants de l’enquête, en comparaison aux effectifs réels de nos doctorants (source MESRI-SIES 2018).

Génération PhD 3

Et en terme de région des écoles doctorales ?

Génération PhD 4

Les régions des écoles doctorales des répondants sont également globalement en phase avec la répartition réelle des doctorants. C’est une belle nouvelle dans la perspective de l’analyse plus approfondie des résultats liés aux questions d’opinion, de carrière, de vocation au centre de notre initiative. Tant mieux !

 

L’enquête continue.

A suivre.

 

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