De Wellington à Auckland, entre volontarisme étatique et culture d’innovation

Le système éducatif néo-zélandais, combiné à une culture poussée d’innovation pédagogique, se trouve être un terrain idéal pour la création d’un écosystème ambitieux autour des technologies de l’éducation. Le pays, comptant moins de cinq millions d’habitants répartis sur ses deux îles, se trouve dans une situation intéressante dans la mesure où il s’est toujours tourné vers l’export en matière d’éducation, avec un afflux régulier d’étudiants étrangers se rendant dans ses universités. Les deux dernières années ont vu la création et montée en puissance de groupes (Edtech For Export, Edtech Meetup in Wellington, etc) et conférences ayant pour but de donner une visibilité internationale à ces innovations en faisant venir des intervenants de renom (Frank Catalano ou Jennifer Carolan) afin de donner plus de poids aux projets néo-zélandais (“kiwi innovation” dans le texte).

12345489_1745729578981797_4769365693059921471_n

Un volontarisme étatique marqué

Les écoles qui se voyaient pénalisées dans leurs activités par une connexion internet peu fiable peuvent désormais continuer d’innover: malgré la simplicité apparente de la notion d’infrastructure, la présence de cette dernière est essentielle afin de permettre aux écoles d’explorer des approches plus novatrices sans problèmes techniques obstruant l’innovation.

Un nouveau réseau, Network 4 Learning, géré et entièrement financé par le gouvernement, a été conçu spécifiquement pour amener une connexion internet haut débit dans les écoles du pays: à ce jour, plus de 2050 écoles (soit 80% de l’ensemble du pays) en bénéficient. Pond, la deuxième activité de N4L, est un portail en ligne qui vise à unir les enseignants, administrateurs scolaires et étudiants avec les fournisseurs de contenus et de services d’éducation: il est conçu pour agir comme un endroit où les ressources éducatives peuvent être consultées et partagées afin de favoriser découverte, partage et faciliter le planning des leçons pour les enseignants.

 IMG_6812

Les quartiers sensibles au coeur des Edtechs

Nous avons visité Point England School à Auckland où les enseignants utilisent la technologie pour transformer la vie des enfants dans les zones d’éducation prioritaire. Le personnel enseignant et les élèves sont des utilisateurs aguerris des TIC dans tous les domaines d’études, et font un usage intensif des projets en ligne et des communications. Plus de la moitié des élèves sont issus de familles Pasifika (où, souvent, la langue principale à la maison n’est pas l’anglais) et un autre quart sont des Maoris. Le cluster initial des Manaiakalani schools veut trouver un moyen de transformer les enfants en acteurs et créateurs de leur éducation. L’utilisation des Edtechs s’est avérée être le «crochet» pour guider toute la communauté vers de meilleurs résultats scolaires: leur but est de garantir l’équité de sorte que les apprenants « prioritaires » aient accès aux mêmes opportunités que les autres. Tous les élèves à partir du CM2 ont leurs propres ordinateurs personnels (à un coût que les familles peuvent se permettre soit deux euros par semaine pendant quatre ans grâce à un système de micro crédit opéré via la fondation de l’école). Cette vidéo, réalisée par des élèves, est un bon aperçu de la philosophie de l’école. Au lieu d’apprendre passivement, les enfants sont des participants actifs dans un processus audacieux appelé “apprendre, créer, partager ». Tous les élèves ont par exemple leur propre blog: en publiant leurs travaux sur Internet et attirant des réactions du monde entier, leur motivation et engagement ont grimpé en flèche.

IMG_6803

Repenser la formation des professeurs face aux technologies

Au delà des élèves, il s’agit d’initier ce changement à travers les professeurs. Autre programme digne d’intérêt ayant croisé notre chemin, The Mind Lab est une formation inter-disciplinaire qui se présente comme un laboratoire d’apprentissage pour les groupes scolaires et les enseignants. Le programme délivre un certificat d’études supérieures en “apprentissage collaboratif et digital” pour les enseignants, une qualification qu’ils peuvent suivre à temps partiel. Le programme couvre de nombreux sujets y compris le code, la modélisation et l’impression 3D, la science, la robotique, le développement de jeux, etc dans plus de 6 villes en Nouvelle-Zélande. Au cours des cinq prochaines années, de nouveaux sites supplémentaires sont prévus dans le but de former plus de 10.000 enseignants et 180.000 élèves.

IMG_7176

L’export comme catalyseur d’innovation

La taille modeste du marché néo-zélandais a contribué à créer une génération d’entrepreneurs tournés vers l’international. Le succès d’entreprises locales comme EducationPerfect, ADInstruments ou Hapara a donné de l’élan au mouvement d’export des technologies de l’éducation en Nouvelle-Zélande. Hapara, avec son slogan “Make learning visible” est un tableau de bord pour professeurs créé à Auckland en collaboration avec les enseignants de Manaiakalani schools (évoquées plus haut) et désormais exporté dans plus de trente pays ayant pour but de tirer profit des technologies pour maximiser la différenciation des apprentissages.

IMG_6973

Au delà d’une industrie nationale prospère, les technologies de l’éducation sont donc un moyen pour la culture éducative néo-zélandaise de se propager à l’international, et notamment en Asie, dont proviennent par ailleurs aujourd’hui la plupart de ses étudiants étrangers. L’Australie, où nous avons passé le mois suivant, rencontre les mêmes challenges, et il n’est pas anodin que la communauté Edtech de Sydney ait choisi la Chine pour sa première trade mission en 2015. Malgré des programmes scolaires bien différents, les produits se focalisent aujourd’hui sur l’établissement de nouvelles compétences ou des programmes de support, permettant des partenariats intéressants à l’étranger au delà des barrières culturelles et visant un marché bien plus large que celui des États-Unis.

IMG_6804

Pour plus d’informations sur notre semaine en Nouvelle-Zélande, notre newsletter hebdomadaire revient en détail sur toutes nos rencontres. Vous pouvez vous y abonner ici pour recevoir les suivantes; pour rappel, notre itinéraire nous emmène maintenant en Inde, Corée et Afrique du Sud.

 

 

 

 

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>