L’Inde, pays de tous les défis pour les edtechs

Lorsque l’on s’intéresse au bien fondé de l’utilisation des technologies dans l’éducation en Inde, il faut commencer par prendre en compte l’échelle, qui met d’autant plus en perspective les difficultés de déploiement de réformes timides. L’Inde est forte d’une population de 1,26 milliards d’habitants dont 400 millions de mineurs parmi lesquels 250 millions sont scolarisés dans le primaire et le secondaire. Favoriser l’accès du plus grand nombre à une éducation de qualité dans ce contexte représente ainsi un défi majeur. L’adoption de certains outils peut d’ailleurs être compromise si la diversité des langues parlées n’est pas considérée. Si les écoles privées, marquées par le passé colonial du pays, sont nombreuses à proposer un enseignement en Anglais, la langue varie habituellement d’un état à un autre: avec plus de 780 langues en Inde (dont 29 parlées par plus d’un million de personnes), l’apprentissage dans une langue commune n’est pas encore une évidence. L’anglais et le hindi sont les seules langues officielles mais dix-huit autres jouissent du statut de langues constitutionnelles.

Malgré un nombre grandissant d’institutions publiques et de startups s’attachant à résoudre ces problèmes, trop peu se focalisent encore sur les personnes en ayant le plus besoin et imaginent des solutions low-cost pour les élèves du BoP (Bottom of the Pyramid). L’opportunité principale pour l’innovation éducative se situe aujourd’hui dans les applications de mobile learning dans la mesure où les coût toujours plus bas de ces appareils permettent une adoption analogue du mobile à travers tous les niveaux socio-économiques.

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Un fossé entre l’enseignement public et privé

Le système scolaire indien s’inscrit résolument comme à deux vitesses avec une dualité marquée entre le privé et le public (“government schools”). Ce sont ces dernières, dont beaucoup sont rurales, qui doivent le plus souvent faire face au défi des “first generation learners” et du danger des drop-outs.

Si des écoles privées, comme la Candor International School, que nous avons visitée, ont une infrastructure compétitive et des centres de formation Apple en interne, la plupart des établissements ne disposent même pas des infrastructures les plus basiques. Quand ce qui manque n’est pas la connectivité (ne parlons pas d’un réseau haut-débit) mais l’électricité, c’est un défi de plus pour des entrepreneurs qui ne peuvent faire fi de conditions locales défavorables à l’innovation. Certaines écoles peuvent avoir une salle informatique sans pour autant avoir les moyens nécessaire de faire fonctionner les ordinateurs et de relier ces derniers à internet. Enfin, pour certaines écoles, l’investissement dans les technologies relève du marketing (cela représenterait un signal vis à vis de parents désireux d’une éducation de qualité) plutôt que d’une volonté de les utiliser à bon escient. Ce qu’il manque, c’est une prise de conscience de l’administration scolaire du plein potentiel de ces dernières.

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C’est un défi de plus que d’atteindre les écoles publiques mais certaines organisations se focalisent pour autant exclusivement sur celles-ci afin de résoudre des problèmes qualitatifs. Megshala forme des professeurs dans ces écoles publiques en utilisant des technologies nécessitant peu ou pas d’infrastructure. La fondatrice, Jyoti Thyagarajan veut doter les professeurs d’un contenu plus riche et de modules avec des composantes audio et vidéo intégrées pour leur permettre de repenser la façon dont ils produisent et délivrent leurs leçons. L’équipe voit ces outils comme les éléments catalyseurs d’une classe plus interactive et vivante, permettant aux élèves et aux professeurs de visualiser et d’appréhender leurs apprentissages différemment. La technologie se veut ici encore, être un miroir pour réfléchir au bien-fondé de la pédagogie.

A mi-chemin entre ces deux extrêmes, les Affordable Private Schools (APS), écoles privées abordables, que l’on estime à environ 400,000 en Inde représentent 50% de l’enseignement en zone urbaine et 21% en zones rurales. Le salaire des professeurs y est 38% plus bas que dans les écoles publiques, et malgré un taux de pénétration des technologies relativement haut, cette infrastructure souffre d’une utilisation contrastée (34% des ordinateurs sont qualifiées d’inutilisables selon ce rapport)

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L’absentéisme des enseignants touche un quart des professeurs en Inde

Au delà d’une formation inadéquate, l’absentéisme des professeurs est un problème structurel. Une étude récente de l’Université de San Diego (portant sur le “fiscal cost of weak governance”) estime à 1,5 milliards de dollars par an le coût d’un tel absentéisme: 25% des professeurs des villages testés par l’étude récente de la Banque Mondiale étaient en effet absents (visites inopinées- avec un taux d’absence variant de 15% dans le Maharashtra à un inquiétant 42% au Jharkhand). Une des priorité pour le gouvernement serait de créer plus de mécanismes de contrôle afin de limiter l’impact de ce laxisme sur l’apprentissage.

 

Le manque d’infrastructure est un frein à l’innovation

Parler de technologies dans l’éducation en Inde, c’est se heurter au cliché de salles informatiques poussiéreuses vides d’élèves et de sens. Ce problème a poussé Rakesh Kumar et Vivek Pandey à créer Experifun. Leur produit permet d’innover dans l’enseignement des sciences sans pour autant créer de nouveaux problèmes aux professeurs qui évoluent le plus souvent dans un contexte d’infrastructure peu fiable grâce à une solution novatrice et low-cost. L’entreprise, qui fait partie des investissements récents du Pearson Affordable Learning Fund (PALF), veut permettre de démontrer des concepts scientifiques de manière attractive sans pour autant avoir affaire à un système coûteux et complexe pour des professeurs peu formés à cet égard. Ils s’occupent également d’une partie nécessaire et souvent négligée: leur formation.

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“The ideal Edtech product is the one that seamlessly fits in the classroom without disturbing the day to day” (Rakesh Kumar)

Repenser le marché du tutorat et ses inégalités structurelles

Certaines entreprises, comme Vahan, ont fait le choix délibéré du low-tech afin d’atteindre la majorité. Le modèle de Vahan se repose sur une pratique courante en Inde, le missed call, permettant ainsi d’offrir un service d’apprentissage de l’anglais à faible coût mais qui dispose néanmoins d’une force puissante d’analyse pour le professeur. Celui-ci peut analyser les données, écouter les enregistrements des élèves et dispose ainsi d’une visibilité inégalée sur la courbe d’apprentissage de chacun.

D’autres entreprises, comme Vedantu, le Livementor indien, capitalisent sur leur statut de marketplace pour mettre en relation tuteurs et étudiants. Le marché du tutorat (nommé en Inde tuitions), représente, comme dans le reste de l’Asie, une part conséquente des dépenses des familles: il s’agit donc pour ces startups de repenser la façon dont il est délivré pour qu’il soit plus démocratique et personnalisé, moins centré sur le professeur mais davantage sur l’apprenant.IMG_8185

Valoriser l’entrepreneuriat pour inventer l’éducation de demain?

“Youth of India must turn from job-seekers to job-creators” Narendra Modi

Avec le lancement de “Startup India” à grand renfort de communication, Narendra Modi a posé les jalons d’un plan visant à favoriser la croissance des startups en Inde en invitant 2000 entrepreneurs à New Delhi à la mi-janvier: avec une augmentation de 40% du nombre de startups et 8,2 milliards d’euros d’investissements en 2015, l’entrepreneuriat a le vent en poupe, surtout à Bangalore, capitale historique des technologies de l’information. Pour les Edtechs, l’Inde a aussi son incubateur, EDUGILD. Basé dans la ville de Pune, le programme de 16 semaines offre d’accompagner les entrepreneurs en résidence avec de nombreux mentors ayant fait leurs armes dans le paysage des technologies de l’éducation. De plus, les interactions avec les investisseurs s’intéressant au secteur (Kaizen, Unitus Seed Fund) ainsi qu’avec de nombreux angels investors sont fréquentes.

Skills gap: quelle valeur aujourd’hui pour l’enseignement tertiaire?

Le skills gap en Inde est en effet un problème identifié par la plupart des grandes entreprises qui doivent former à nouveau leurs jeunes recrues une fois ces dernières diplômées. Chaque année, 3 millions de jeunes Indiens rejoignent le monde professionnel, cependant seuls 25% des ingénieurs diplômés sont considérés comme “employable” par le secteur IT. En effet, l’enseignement de faible qualité ne s’aligne pas avec la demande grandissante de main d’oeuvre qualifiée pour un secteur tertiaire qui grandit rapidement. Il est impératif, pour rester compétitif, de repenser la façon de former le personnel en s’alignant avec de nouveaux standards de qualité. Un changement des mentalités est nécessaire à grande échelle dans le système éducatif indien. Il s’agit de former les nouvelles générations aux emplois du futur et leur permettre de visualiser ces derniers de façon plus claire afin de construire une société non seulement plus saine mais aussi plus compétitive sur le plan international.

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Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse

Aucune tablette, bien que  low-tech, déployée à grande échelle ou développée par des pédagogues, ne pourra remplacer la présence, sinon de professeurs qualifiés, de facilitateurs aptes à diriger ces classes. La priorité aujourd’hui est de repenser les mécanisme de contrôle de qualité mais aussi de formation afin d’assurer une présence pertinente des professeurs dans les classes.

Enfin, le marché indien est fragmenté d’une façon que l’on ne saurait retrouver ailleurs et cela représente peut-être le plus grand défi des entrepreneurs de l’éducation du pays. Comment adresser un marché à trois vitesses composé du BOP, de la classe moyenne et des élites tout en adaptant son produit ou service à ces différentes populations?

Le LMS, entre changement des apprentissages et apprentissage du changement

L’évolution des métiers et des compétences est un sujet d’actualité alors même que la façon dont nous interagissons avec le contenu a fondamentalement changé cette dernière décennie avec des nouveaux usages qui pénètrent tous les aspects de notre vie. Pourquoi le travail et l’éducation, ces deux piliers tout particulièrement, n’ont-ils pas encore bénéficié de cette révolution des mentalités?

A mesure que les compétences évoluent, la formation initiale devient obsolète: apprendre tout au long de sa vie n’est plus un luxe mais devient nécessaire afin de rester pertinent dans un contexte changeant. C’est pour l’entreprise un challenge double, tant en terme de formation que de rétention de talents qui cherchent dans leur emploi, au delà de sa fonction alimentaire, un épanouissement personnel toujours plus poussé.

Quels apprentissages pour l’entreprise du 21ème siècle?

Une entreprise du 21ème siècle se doit d’intégrer un élément d’apprentissage et de formation continue pour ses employés afin de les préparer aux changement. Les Learning Management Systems (LMS) permettent aujourd’hui aux entreprises de créer rapidement ces contenus ainsi que d’être réactives sur les points nécessaires pour coller aux besoins du terrain et des opérationnels sur le court terme (afin d’accompagner la sortie d’un nouveau produit ou d’une nouvelle réglementation par exemple).

Le monde dans lequel nous évoluons a besoin d’une nouvelle génération de ces LMS avec prise en main immédiate, qui permettent d’être déployés sur des cycles courts par les directions métiers elles-mêmes afin d’être au plus près de l’utilisateur. Ils peuvent permettre des pratiques collaboratives plus poussées au sein d’une entreprise loin des workflows traditionnels avec des concepteurs qui ne s’adaptent pas en temps réel.

L’importance d’un coût marginal nul afin de ne pas ralentir ou freiner la création pour des raisons financières est non négligeable: l’entreprise doit pouvoir créer autant de formations qu’elle le souhaite afin se s’adapter aux changements dans les emplois qui existent aujourd’hui et permettre à ses employés de continuer à apprendre au-delà de leur formation initiale, et ce, à tout moment.

Repenser le Learning Management System à la lumière de ses nouveaux usages

Le marché mondial des LMS s’élève à plus de $2,6 milliards à ce jour et ne cesse de grossir, avec une croissance de plus de 20% en 2014 à mesure que la plupart des entreprises remplacent leurs anciens systèmes, désormais en inadéquation avec leurs aspirations. Comme le dit très justement Forbes dans cet article, les premiers systèmes des années 1980 se focalisaient sur l’administration de la formation (avec un rôle important donné à la planification et l’administration) avant d’évoluer lentement dans les années 2000 vers des formations de type e-learning basiques, les formations professionnelles gardant traditionnellement un aspect présentiel.

C’est seulement ces dix dernières années que les LMS commencent à intégrer des systèmes novateurs de rétention et développement de talent et qu’ils se tournent aujourd’hui vers un statut de “consumer-like TV channel of corporate learning”, intégrant les méthodes, plus modernes et adaptées au monde d’aujourd’hui de machine learning, vidéos à la demande, recommandations de contenu supplémentaire à consulter (à la fois interne et externe), applications, etc. Un nombre donné de services intégrés se superposent à la pédagogie afin d’accompagner l’apprenant tout au long de sa carrière, lui permettant d’apprendre à des moments qui lui semblent pertinents.

Quel leader pour un tel marché?

Les leaders du marché restant concentrés sur l’éducation secondaire ou tertiaire, il est difficile de nommer une seule entreprise qui pourrait être le Blackboard ou le Moodle du LMS en entreprise (“corporate LMS”), avec plus de 300 acteurs se disputant le marché. En Europe, le LMS a son champion: 360Learning, une entreprise créée en 2010 par trois entrepreneurs français, Nicolas Hernandez, Guillaume Alary et Sébastien Mignot, véritable success story à Française comme on aimerait en voir plus souvent. Membre des groupes emblématiques de notre French Tech comme Reviens Léon ou encore The Galion Project, les trois têtes pensantes de l’entreprise en pleine croissance (270% en trois ans et 2M de levés depuis leur création) ont réussi à faire monter le taux de participation moyen au delà des 90%. Avec déjà plus de 500,000 utilisateurs dans 120 pays, le prochain leader des LMS sera-t-il français?

 

La transformation digitale ne doit pas s’arrêter à la porte des entreprises: cela implique de digitaliser le vecteur principal de ce changement via la formation. Les entreprises, au delà de réaliser des économies d’échelles et de pouvoir être plus agiles, permettent ainsi à leurs employés d’apprendre d’une façon toujours plus ludique et sociale lors d’une formation innovante et constante (loin d’un arbitrage temporel contre-productif) et ainsi de maximiser leur implication et motivation. Nous vivons dans une ère où le contenu top-down n’a plus la primauté et où les interactions prévalent pour une formation adaptée.

 

Australie: développer et documenter l’innovation pédagogique

Le nouveau premier ministre Malcolm Turnbull a su mettre l’innovation au coeur de son agenda politique en Australie. Pour la communauté Edtech de Sydney, l’ambition est de transformer la ville en un hub Edtech majeur d’ici à 2020 en aidant les startups locales à se développer au contact de nombreux éducateurs avides de changement ainsi qu’à s’exporter sur des marchés plus larges qui contiennent des challenges éducatifs bien différents en trouvant les partenaires locaux adéquats et affinant leur compréhension des systèmes, cultures et moeurs.

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Malgré une adoption loin d’être généralisée, c’est en Australie que nous avons trouvé certaines des écoles les plus innovantes dans leurs pratiques et méthodologies, au delà de la simple présence de hardware. Certaines institutions ont développé des cellules d’innovation à l’intérieur même de leurs murs afin de documenter leurs bonnes pratiques en matière d’innovation pédagogique.

Nous avons eu le plaisir d’échanger avec Kurt Challinor, Directeur du Center for Deeper Learning (CDL) de la Parramatta Marist High School sur ces questions. L’école, en banlieue de Sydney, a mis en place des changements significatifs dans leurs méthodes d’enseignement et d’apprentissage en regroupant leur pédagogie autour du Project Based Learning (PBL), du Problem Based Learning et de la Classe Inversée: une emphase a été placée sur l’apprentissage collaboratif, qui passe par une conception différentes des espaces, un enseignement interdisciplinaire, des groupes d’âges mixtes et un focus sur les fameux 21st century skills.

Il ne s’agit pas de formater les enfants pour des tests spécifiques et standardisés mais de les rendre responsables et acteurs de leur apprentissage. La technologie fait partie intégrante de ce modèle, non pas en soi mais en tant que facilitatrice.

La formation des professeurs eux-mêmes (environ 100 heures par an) est exemplaire: ces derniers sont en contact quasi-permanent avec des organisations partenaires. L’école fait en effet partie du New Tech Network (un réseau d’écoles innovantes expertes du PBL aux USA) et travaille sur les questions de Problem Solving avec Republic Polytechnic (Singapour). Le CDL et ses Learning Labs (à destination de ceux qui seraient désireux de répliquer le modèle) répondent à ce besoin de faciliter et standardiser le partage d’expérience avec d’autres éducateurs en Australie et à l’étranger ainsi que de promouvoir l’innovation et une nouvelle façon d’appréhender l’enseignement et l’apprentissage.

Un autre exemple pourrait être la Northern Beaches Christian School. Son principal se tient au courant des innovations via des voyages d’étude dans d’autres écosystèmes innovants.  La structure s’est concrétisée dans le Sydney Center for Innovation in Learning (SCIL). Stephen Collis, Directeur de l’Innovation, dont le TED Talk “The Power of Opting In” mérite d’être visionné pour comprendre la pédagogie de l’école, nous a longuement parlé du nouveau paradigme vers lequel celle-ci tend depuis la création du centre en 2005.

“We are shifting towards a change of paradigm where learning is personalized and collaborative, technology is adaptive, spaces are radically different to the traditional mindset, and a community built on positive relationships is at the core” Steve Collis, directeur de l’innovation à SCIL

Rowan Kunz, le fondateur de MyEd, une jeune start-up Edtech, travaille étroitement avec cette dernière école pour développer sa plateforme. Au delà de leur feedback, l’implication des professeurs dans le processus de design des produits edtechs qui leurs sont destinés est vue comme primordiale dans la communauté des entrepreneurs australiens. Le groupe Sydedutech a par exemple organisé en 2015 un “Teacher Tank” pour permettre aux éducateurs et à l’administration des écoles de réagir face aux failles de certains produits développés sans leurs retours ou qui ne répondaient pas à leurs besoins et ce, pour provoquer un dialogue nécessaire entre les différents acteurs du secteur.

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(Photo Credit: SCIL)

Exporter pour exister

Tout comme en Nouvelle-Zélande, l’éducation à l’export demeure une priorité pour l’Australie. La première mission du groupe SydEdutech en collaboration avec StudyNSW a amené une dizaine d’entrepreneurs australiens en Chine pour une visite de quatre villes différentes à la rencontre de plus de 200 acteurs du secteurs (écoles, chercheurs ou encore accélérateurs comme Learnlab) afin de conclure des partenariats. Le marché chinois est très attractif pour un grand nombre d’entrepreneurs australiens et l’un des organisateurs de SydEdutech, l’investisseur Terry Hilsberg, se trouve être un expert de ce marché. Il conseille ainsi un grand nombre de startups ayant pour ambition de grandir plus vite au delà d’un marché local restreint.  OpenLearning est l’une de ces dernières et se veut une alternative aux plateformes MOOCS habituelles, se différenciant par une ouverture à un panel de contenus plus large et ne se cantonnant pas à la diffusion de cours provenant des universités les plus prestigieuses. La plateforme s’est largement étendue au marché asiatique par le biais d’une implantation majeure en Malaisie, où l’outil a été adopté par les universités publiques pour optimiser leurs pratiques de blended learning. Le gouvernement malais a pour but de digitaliser 30% des cours de ces universités d’ici à 2020, ces derniers seront accessibles au grand public et gratuits.

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Les marchés asiatiques représentent pour l’Australie une opportunité conséquente si l’on considère la partie du revenu médian des parents dépensée dans l’éducation de leurs progénitures. Enfin, il existe sur le marché asiatique différents segments pour lesquels la technologie peut être un véritable atout, comme repenser l’apprentissage de l’anglais aujourd’hui trop formel ou encore donner une nouvelle dimension à un tutorat quasi-généralisé pour toutes les couches de la population.

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