Dans une série d’articles exceptionnels, le New York Times demande : What is a College Degree Worth in China? (Quelle est la valeur d’un diplôme universitaire chinois ?)
Plusieurs académiques et un journaliste chinois mènent un débat sur la valeur d’un diplôme universitaire chinois. Lire surtout les commentaires en fin d’article, qui viennent très souvent de professionnels et anciens étudiants avec une expérience de terrain en Chine.
Mon point de vue
En ce qui concerne la valeur d’un diplôme chinois pour les étudiants internationaux, ne vous laissez pas appâter par les publicités mensongères d’universités chinoises et de leurs recruteurs, qui sont bien payés avec des commissions allant de 10-15 % par étudiant. Les belles photos cachent beaucoup de verités désagréables, que même une bourse ne peut rendre plus digeste.
N’oubliez pas que la Chine est menée par un régime qui interdit la liberté d’expression, écrase l’esprit critique, bafoue les droits de l’être humain et pratique la désinformation avec impunité. Et qui cherche à se rendre plus légitime et sympathique en se servant de leur belle culture comme appât pour attirer les étudiants étrangers. Ils internationalisent leurs universités en dupant les étudiants avec des promesses de qualité et de liberté académique qui n’existent pas !
Si vous voulez apprendre le chinois et vous faire des amis chinois, passez plutôt un été dans une école de langue gérée par des étrangers. A Pékin, il y en a plusieurs honnêtes et de bonnes qualité.
Aidons les étudiants français, francophones et autres à faire des choix académiques rationnels et pas émotionnels. Souvenez vous bien qu’aucun professeur en Chine, chinois ou étranger, n’est à l’abri de “punitions” s’il refuse la pratique de “l’auto-censure” de leur soi-disante liberté académique.
Liu Xiaobo, ancien professeur et prisonnier politique, en est un exemple écrasant, parmi beaucoup d’autres, dont les noms se perdent dans le brouhaha des campagnes de charme désarmantes et mensongères pour recruter des étudiants facilement dupés par le manque de transparence du système de l’ES en Chine.
Une fois inscrit dans le système universitaire “patriotique”, on ne vous donnera pas accès au meilleur profs, mais à ceux qui sont formés à “gérer les étrangers”, sachant vous “guider” dans vos choix de discussions, réponses et recherches. Les méthodes douces marchent, les étudiants me racontent et me montrent. Ils souffrent. Mais souvent le fait d’avoir une bourse les rends prisonniers d’un système de coercition douce. Surtout les étudiants africains.
Vous n’aurez pas accès aux bibliothèques pour vos recherches. Vous ne vous ferez pas le réseau d’amis chinois que vous espérez, car les universités pratiquent sur le campus une ségrégation des étudiants étrangers et chinois. Patriotisme oblige. Vous ne partagerez pas les mêmes classes, vous ne dormirez pas dans les mêmes dortoirs. Mêmes les profs et les cours sont différents. Il y a des exceptions, mais elles sont très rares et existent seulement dans les écoles “vitrines” type Tsinghua et Pékin.
Les belles brochures et promesses de vente ne peuvent remplacer des années d’études perdues. Ne soyez pas crédule. Renseignez-vous. Je suis aussi là pour répondre à vos questions. Il faut oser !








