Le défi de Dauphine

Elle irrite, Paris-Dauphine. Qui refuse d’entrer dans des PRES regroupant des dizaines de milliers d’étudiants. Qui multiplie les accords avec le privé. Qui va chercher auprès d’une instance européenne – l’EFMD – non seulement une reconnaissance internationale, mais aussi un appui méthodologique pour bâtir sa stratégie à trois ans. Elle irrite car elle pose les questions qui font mal.

Quels seront les effets réels, pour les enseignants-chercheurs et pour les étudiants, des énormes regroupements universitaires qui se dessinent partout en France, notamment à Paris ? Cette politique saura-t-elle fédérer les énergies ou s’enlisera-t-elle dans les rivalités de chapelle – hypothèse qui, malgré les progrès accomplis, n’est pas sans fondement ? Comment aller au-delà de la seule addition de signatures au bas des revues de recherche et du nombre d’étudiants dans les amphis ? Elle irrite, Paris-Dauphine, car son choix stratégique du « small is beautiful » met en demeure les défenseurs du « big is beautiful » de faire leurs preuves rapidement.

(Edito de La Lettre l’Etudiant-educpros du 30 novembre 2009)

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Article du on vendredi, novembre 27th, 2009 at 10:58 dans la rubrique Editos. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

5 commentaires “Le défi de Dauphine”

  1. TR dit:

    Limiter les « big is beautiful » au PRES universitaire, c’est assez limitatif. Surtout quand on parle de Dauphine, qui a toujours eu une certaine indépendance par rapport au système universitaire classique.

    « Big is beautiful », c’est plutot ParisTech avec HEC, l’alliance Centrale-ESSEC, l’alliance Centrale Lyon-EM Lyon, etc. Bref, en comparant avec ces structures Dauphine a tort de rester à l’écart de plus grosse structure qui pourrait la porter en termes de renommée internationale. Par ailleurs, quid du recrutement des enseignants chercheurs ? Dauphine va-t-elle choisir de recruter ses professeurs comme un grand établissement, ou comme une université ? Elle n’aura pas d’autre choix que d’opter pour la première option.

  2. TR dit:

    Pour le « big is beautiful », j’oublie un exemple important : la fusion ESC Lille-CERAM… Comment la stratégie de Dauphine pourrait elle payer face à de telles mastodontes, dotés de plus gros moyens, de plus d’étudiants, de meilleurs locaux, et d’un meilleur potentiel pour recruter des chercheurs performants ?

  3. Dubois dit:

    Dauphine est devenue « une marque », « un label ». On peut être « pour » ou « contre » cette logique entrepreneuriale. Toujours est-il que le Président de Dauphine, Laurent Batsch, et son équipe ont une réelle stratégie et demandent qu’on les laisse avoir un gouvernement adapté à cette stratégie. Normal pour une université autonome. Lie la chronique « Présider l’université » http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/10/20/presider-luniversite/
    Cordialement

  4. TR dit:

    Je vois mal comment on peut etre « contre » une telle logique…
    Et effectivement, la question de l’autonomie est centrale.

  5. vincent92 dit:

    Voilà typiquement le billet superficiel. Si Dauphine « irrite », comme vous dites, c’est surtout parce qu’elle veut augmenter les frais d’inscriptions (y compris en utilisant des méthodes illégales, si on en croit certaines décisions du Conseil d’Etat) et qu’elle pratique la sélection à l’entrée! C’est parce qu’elle veut tous les avantages liés à son statut d’Université sans en supporter les obligations de service public qui en découlent! Mais bon, il paraît que c’est très à la mode d’approuver la sélection sans le dire (comme lorsque certains expliquaient qu’il faut parler d' »orientation » (contrainte, évidemment) plutôt que de « sélection ».

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