Boursiers, quotas, grandes écoles et seuil de tolérance

Une première réaction à vif en prenant connaissance de la polémique entre la Conférence des grandes écoles et le gouvernement sur l’objectif de 30% de boursiers dans les grandes écoles.

Tout, dans la tournure que prend le débat, veut (nous) faire croire qu’il y aurait opposition entre les postures de l’une et de l’autre. En est-on certain ?

Focaliser la question de la mixité sociale sur les grandes écoles constitue avant tout une façon de réaffirmer que la qualité de la mobilité sociale se juge avant tout à l’aune de la composition sociologique des filières les plus élitistes. C’est une façon réductrice et terriblement idéologique de poser le débat, et d’omettre que des dizaines de filières contribuent à faire fonctionner « l’ascenseur social » au profit de dizaines de milliers de jeunes : bacs pros, BTS, prépas techno, prépas ATS, etc (cf cette enquête réalisée en décembre par l’Etudiant). Ces ascensions-là valent-elles moins que celles qui permettent d’accéder à l’élite ? Le mérite des élèves et des enseignants concernés serait-il moindre ? En tout cas, elles demeurent dans un angle mort du discours politique et médiatique, qui ne semble connaître que la voie générale et les grandes écoles.

Pour autant, la Conférence a raison de réaffirmer que ce qui fonde la légitimité des grandes écoles tient à leur souci de l’excellence. Il doit demeurer prioritaire, sans quoi les grandes écoles et leurs privilèges (ceux dont elles jouissent et ceux qu’elles offrent) n’ont plus de raison d’être. La véritable question, à laquelle Sciences Po Paris est d’ailleurs en train de répondre, touche à la variété des itinéraires d’accès à ces filières. Se contente-t-on du filtre des prépas (ou d’un concours unique) ou bien diversifie-t-on – et si oui dans quelle proportion ? Toutes les expériences menées en ce sens posent une condition de réussite : l’accompagnement des élèves en amont (avant les concours) et en aval (au sein de l’établissement). Et les témoignages que j’ai recueillis jusqu’ici à Sciences Po Paris ou dans les grandes écoles ayant mis en place de tels dispositifs semblent montrer qu’en deux ou trois ans les enseignants eux-mêmes sont incapables de distinguer quelle fut la voie d’accès des étudiants. C’est de la variété des voies et modalités d’accès que peut découler un accroissement de la mixité, et – j’y insiste car c’est la clé – de la qualité de l’accompagnement offert à des étudiants, non d’une décision a priori fondée sur la feuille d’impôts des parents.

Luc Chatel et Valérie Pécresse ont-ils tort, pour autant, de fixer non des quotas mais des objectifs chiffrés ? Pas forcément. Pour qui connaît l’inertie des organisations, pour qui mesure la déperdition d’énergie ou de densité que subit un message entre son émetteur et ceux qui sont censés l’appliquer sur le terrain, il demeure utile de fixer des objectifs ambitieux. On regrettera en revanche le flou qui règne sur les chiffres (de quelles grandes écoles parle-t-on ? pourquoi ne pas rappeler que l’accroissement du nombre de boursiers en prépas a également été obtenue en remontant le plafond de ressources qui donne droit à une bourse et que les 30% y sont déjà atteints ? etc.).

Une dernière remarque. En communiquant une fois encore sur un chiffre global (les « 30% »), l’on cultive un flou délétère. L’on peut en effet obtenir une telle moyenne de bien des manières ; or il n’est pas anodin de préciser si l’on souhaite 30% de boursiers dans les grandes écoles ou dans toutes les grandes écoles. Cette précision vaut de l’or : quand je lis ou entends qu’il y aurait 15% d’enfants en très grande difficulté à l’entrée en 6e, je bondis à chaque fois. Car si ces 15% étaient équitablement répartis, cela signifierait que, sur une classe de 30 élèves, quatre ou cinq d’entre eux seraient en très grande difficulté. Or la réalité est tout autre : totalement absents de certains collèges ces enfants en très grande difficulté sont nettement majoritaires dans d’autres. Et c’est bien cela le problème, par les « 15% » de moyenne, mais les 60 %, 70 % dans certains collèges. Il en va de même de la mixité sociale dans les formations supérieures, grandes écoles ou non.

Pour cette seule raison – promis, je n’insisterai pas plus – que la bonne intégration dans un établissement, quel qu’il soit, à quelque niveau que ce soit, de publics qu’il n’est pas « habitué » à prendre en charge exige un investissement spécifique, en temps, parfois en postes, toujours en « imagination pédagogique ». Au-delà d’un certain seuil, cette intégration devient problématique. Il s’agit, pour dire les choses clairement, d’un seuil de tolérance , celui que connaît tout dispositif humain confronté à la « gestion » de l’hétérogénéité. Et il n’y a pas plus humain, dans toute la beauté mais aussi toute la faillibilité du terme, qu’une organisation dédiée à la transmission – qu’une école, qu’elle soit « grande » ou pas.

PS Et, à tous, puisqu’il s’agit du premier billet en 2010 : bonne année !

Article du on Mardi, janvier 5th, 2010 at 19:34 dans la rubrique Analyses. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

21 commentaires “Boursiers, quotas, grandes écoles et seuil de tolérance”

  1. Bruno Devauchelle dit:

    1 élève en difficulté dans une classe, ça va, c’est quand ils sont nombreux que cela pose problème !!! n’est-ce pas un refrain jadis entendu… et repris récemment… à propos justement de l’intégration !!!!

    Bruno Devauchelle

  2. Daniel CONVERSAT dit:

    Pourquoi voulez-vous absolument qu’un élève boursier ou d’origine telle soit plus en difficulté qu’un autre.

    L’affirmer ou même le supposer serait sous-entendre que l’intelligence serait l’apanage d’un certain milieu ou d’une certaine origine, et que les postes dirigeants seraient par essence même destinés à une certaine aristocratie par la fortune ou la naissance.

    La première révolution de 1789 n’avait pas d’autre origine…

  3. prof de fac dit:

    Dnas toute filière, et encore plus à la fac, il faut simplement faire de la méthodologie pour donner les outils à ceux qui ne les ont pas acquis grâce à un habitus culturel fort. Allez plutôt expliquer ça aux vieux profs mandarins et vous avancerez vers une plus grand réussite à l’université.
    Plus généralement, critiquer l’augmentation du nombre de boursier dans les grandes écoles vise à protéger indirectement le pré carré de l’élite culturelle

  4. Pierre dit:

    Cette idée de quotas est insensée. Quoi de plus égalitaire qu’un concours? Ayant fait une prépa HEC, je ne me souviens pas avoir vu au concours une case à cocher signalant si j’étais boursier ou non. Aider les boursiers pendant la prépa, d’accord. Mais pas touche au concours. De plus, je me permets de préciser que de nombreuses écoles proposent des aides aux boursiers: les concours sont gratuits (un non-boursier dépensera environ 1500€ tout de même), les frais de scolarité sont amoindris voire nuls (à HEC, les boursiers se voient offrir les frais de scolarité, soit 36000€ environ, alors que de nombreux étudiants sont forcés de faire un prêt qu’ils rembourseront plus tard). Alors arrêtons un peu. On commence à se demander si cette discrimination « positive » ne sert pas plus à faire descendre l’ échelle sociale aux enfants des milieux aisés plutôt que d’aider les enfants issus des milieux défavorisés à gravir des échelons.

  5. lejuste2 dit:

    Ces idées de quotas minimum et de discrimination dite positive (une absurdité sémantique) sont ridicules, que ce soit les boursiers pour les grandes écoles, ou la parité sur les listes électorales.
    On doit réussir un examen, ou etre élu politiquement uniquement sur ses compétences, pas parce qu’on est boursier, une femme, un noir,ou un homosexuel…
    Qu’on aide des étudiants issus de milieux défavorisés avec des bourses, pas de problème.
    Mais après, les concours doivent etre strictement le même pour tous.
    C’est ca la véritable égalité objective des chances
    Ces histoires de quotas ne sont que pure démagogie et doivent etre commbattus ouvertement et très fermement par tous les anciens et directeurs de grandes écoles

  6. marie dit:

    MERCI BOURDIEU!!!
    les dégats idéologiques causés par les publications de Bourdieu et son école devraient être mesurés à la contre performance qu’ils ont produit. Merci à Davidenkof de mettre un peu moins de pub (Descoing), un peu moins d’idéologie paternaliste ( le ministère) dans un débat complexe où la question en reste toujours à celle de la poule ou l’oeuf (origine sociale- enseignement)
    avez vous vu le documentaire sur Camus? bravo à l’instituteur!!!!

  7. MG dit:

    Quelqu’un dira-t-il que toutes les grandes écoles ne recrutent pas sur concours après classe préparatoire ?
    Dans ce débat on a l’impression que les points de vue ne reposent que sur des clichés : « d’un côté les 2 ou 3 écoles les plus connues, cataloguées comme élitistes et non ouvertes socialement ; de l’autre l’Université qui prend tout le monde et donc est démocratique. »
    La réalité est bien plus diverse justement. Il existe des grandes écoles qui recrutent au bac (les INSA et bien d’autres) sur dossier et entretien et qui sans difficulté atteignent les 30 % de boursiers.

  8. causette dit:

    On focalise sur les quotas… Et les grandes écoles parisiennes. Débat d’idées où tout les uns jouent les grands coeurs offusqués et les autres les dignes défenseurs du sacro-saint niveau (niveau de quoi au fait? Quelle est la vraie intelligence?) Mais la vraie question est derrière. Comment respecter les deux principes républicains du système scolaire: d’une part « dégager une élite » selon ses talents, d’autre part offrir un enseignement démocratique, le même pour tous, mais qui tient vraiment compte de ces 15% d’enfants en difficulté qui sont en réalité, comme le dit très justement Emmanuel -moi aussi je bondis- 90% ici et 3% ailleurs. La composition des grandes écoles nous assène une autre réalité. Mais elle ne fait que refléter se qui se passe bien en amont. La prégnance du biais social et culturel que l’école ne sait pas corriger, faute (en partie) de volonté politique. Par ailleurs, j’ajouterais qu’il existe – en province et notamment à Lyon – des initiatives destinées à encourager les jeunes qui « s’autocensurent ». Des initiatives qui marchent, qui portent leurs fruits… En parle-t-on assez? A-t-on réellement envie qu’elles essaiment?

  9. LAFONTAINE dit:

    L’ADMISSION DANS LES GRANDES ECOLES NE DOIT PAS DEPENDRE DE LA FEUILLE D’IMPOTS

    La position de la Conférence des Grandes Ecoles sur l’ouverture sociale des Grandes Ecoles entraîne une polémique. Au-delà des prises de position dogmatiques des uns ou des autres, de quoi s’agit-il ?

    C’est l’occasion pour certains de stigmatiser encore les Grandes Ecoles en les rendant responsables de tous les maux ; alors que depuis des dizaines d’années elles assument avec succès, mais dans des conditions de plus en plus difficiles, leur mission au service de notre pays : préparer les futurs cadres des entreprises de la nation. Peut-être cela évite-t-il d’évoquer les problèmes essentiels ?

    Ceci dit, cette position a l’intérêt d’entraîner un débat sur cette importante question et aussi de donner l’occasion aux Grandes Ecoles de préciser leur réalité quotidienne et de combattre deux préjugés.

    Le premier : les Grandes Ecoles ne seraient par principe ouvertes qu’aux privilégiés. La réalité est toute autre. Les Grandes Ecoles accueillent pratiquement autant de boursiers que l’Université par exemple (23,5% pour l’Université, mais 18,5% au niveau master, et 21% pour les Grandes Ecoles). L’ESC Pau en accueille 30%.
    Le second : « une fois intégré dans une Grande Ecole, on ne peut suivre les études que si l’on est riche ». La réalité est toute autre. Jamais, une Grande Ecole membre de la CGE n’a exclu pour raisons financières un étudiant qu’elle avait intégré par les concours. Une fois admis, tous les étudiants suivent leur scolarité. S’ils rencontrent des difficultés financières, toutes les écoles proposent différents dispositifs pour pallier cette situation pouvant aller jusqu’à l’octroi de bourses couvrant l’intégralité de la scolarité.

    Pour autant cette situation est-elle satisfaisante ? Bien évidemment non.

    La diversité culturelle et sociale est et sera de plus en plus au cœur des Grandes Ecoles et dans toutes ses dimensions notamment parce que la tradition des Grandes Ecoles est d’être toujours en phase avec la société. Pour des raisons citoyennes bien entendu, mais aussi parce que la mixité sociale est elle-même formatrice : on apprend d’autant mieux au sein de communautés éducatives diverses.

    Alors que faire ?

    Tout d’abord éliminer les deux fausses bonnes solutions. Les quotas, qui sont inadmissibles dans une république, et la disparition des concours d’entrée, l’excellence trouvant en partie sa source dans la sélection. L’élitisme républicain est une valeur fondamentale à l’ESC PAU et y renoncer serait catastrophique.

    Pour ce qui relève des écoles elles-mêmes : il conviendrait de développer la diversité des voies d’accès, des instruments de sélection aux Grandes Ecoles et ainsi ne pas se focaliser sur les seules classes préparatoires, qui restent indispensables ; celles-ci ne peuvent accueillir tous les élèves du secondaire désireux d’intégrer une Grande Ecole et qui auraient les qualités pour y réaliser leur scolarité, que ce soit pour des raisons qui tiennent au profil (tous les candidats aux Grandes Ecoles ne correspondent pas aux exigences des classes préparatoires), ou pour des raisons quantitatives (les classes préparatoires ne peuvent accueillir tous ces candidats).

    Les écoles doivent également traiter leurs étudiants de manière plus personnalisée en fonction de chaque profil ; en effet la diversité culturelle et sociale exige des traitements diversifiés.

    Pour ce qui ne relève pas directement de la décision des écoles : pourquoi ne pas faire évoluer le concours ouvert aux candidats des classes préparatoires ? En complément des connaissances académiques, ils devraient mesurer d’autres compétences dès les épreuves écrites, notamment celles attendues ensuite par les écoles et les entreprises. Nous savons aujourd’hui que les entreprises chercheront des profils privilégiant la capacité d’innovation, l’ouverture sur le monde, l’aptitude à gérer le changement et à se remettre en cause en permanence, les dispositions à intégrer l’échelle globale, etc. Ce sont les écoles qui doivent ensemencer et développer ces qualités. Mais ce travail peut se révéler compliqué lorsque les candidats sont à l’opposé de ce profil. On pourrait compléter cette évolution par l’attribution de points supplémentaires, dans une limite raisonnable, en fonction du profil recherché par chaque école.

    On constate que les solutions ne dépendent pas de l’action des seules Grandes Ecoles. Si l’on souhaite faire progresser la diversité sociale et culturelle dans les Grandes Ecoles il convient d’inviter l’ensemble des acteurs de la filière autour de la même table.

    Enfin, on ne peut aborder la question de la diversité sociale et culturelle des Grandes Ecoles sans traiter la question de leur financement. La réussite et la survie des Grandes Ecoles de management françaises relèvent aujourd’hui du pur miracle si l’on considère à quel point elles manquent de moyens par rapport à leurs concurrentes étrangères.

    Philippe LAFONTAINE
    Directeur général du Groupe ESC PAU

  10. tralala dit:

    “L’ascenseur social de milliers de jeunes : bacs pros, BTS, prépas techno, prépas ATS, etc. vaut-il moins que celui qui permet d’accéder à l’élite ? » …. A priori oui….sinon, nous ne parlerions pas d’élite…

    Entendez-vous que partir d’une génération d’analphabètes comme moi et être capable de vous répondre est suffisant? Je trouve vos propos déplorables.

  11. deloume dit:

    Pourquoi ouvrir les concours aux pauvres alors que les diplômes des grandes écoles (enfants des riches à 95%) se partagent sans problème les postes de responsables?
    De toute façon les enfants des pauvres n’aurons pas les relations qu’il faut pour trouver des postes à la hauteur. Ne faisons pas rêver les pauvres, il n’y a pas de place pour tout le monde.

  12. Lopez dit:

    Je suis étudiant en classe préparatoire, plus exactement en PSI. Et je trouve cette idée complètement abérante!

    Pourquoi permettre a des élèves boursier de ne pas passer les concours alors que d’autre étudiants, qui malheureusement ont des parents qui gagnent un peu mieux leur vie, devront subir le stress, l’angoisse des salles d’examens?

    Je suis moi-même boursier, petit fils d’immigré et fils d’ouvrier, et je suis contre ce projet, s’il y a bien un système qui laisse la même chance a tous, c’est le système de concours! Le sujet se moque de savoir si on vient d’une famille d’aristocrates ou de boulangers, si le candidat se fringue en Hugo Boss ou survet’ Décathlon, il est impartial: c’est le meilleur, celui qui a le plus travailler durant deux (voir trois ans) qui l’emporte, point barre!

    De plus tout est fait pour aider les boursiers a se lancer dans cette voie: quand je vois que je paye seulement 213€ de frais de concours alors que des amis « fortunés » vont devoir débourser plus de 1500€. Les boursier ne cotisent pas pour la Sécu, aide au logement, internat. Faut arrêter 30sec, l’assistance a outrance n’est pas une solution!

    Dans ce cas, si on suit se raisonnement de quotas, j’aimerais bien voir la tête de nos dirigeants si on l’imposait à l’ENA! Pas sûr qu’ils aimeraient l’idée…

    Le problème ne vient pas de la sélection, mais de la formation durant le secondaire, le faussé entre lycée et études supérieures est beaucoup trop important, c’est la-dessus qu’il faut agir, a la source!

  13. causette dit:

    Ah ce fossé qui fausse tout! Je croyais que c’était un blog sans faute…

  14. julien dit:

    La discrimination positive : quelle merveilleuse idee !
    Les quotats : grandiose !
    Un quotat de d’ashmatiques pour le tour de France !
    Un quotat de blancs pour l’equipe de France de Foot !
    Un quotat de noirs pour l’equipe d’Afrique du Sud de Rugby !
    Vive le nivellement par le bas par la magie des quotats !
    Quand on transpose au sport, la logique egalitaire demagogue et hypocrite de nos bien pensants, on s’apercoit a quelle point elle est ridicule.
    Le parcours scolaire est un sujet taboo : chaque personne a sa petite deception personnelle. Le centralien jalouse toute sa vie le polytechnicien qui jalouse le corpsard des mines.
    Reconnaissons svp enfin l’evidence : la democratie est le moins pire des systemes politiques. Le concours juste et sans quotat est le moins pire des moyens de selections.

  15. pascale dit:

    Le problème ne se pose pas que pour les élèves issus de milieux défavorisées, mais aussi des classes moyennes, qui eux n’ont droit à rien et qui sont obligés de faire un prêt ou de travailler en parrallèles à leurs études pour les payer. C’est aussi une forme de discrimination. L’accès aux grandes écoles (ou médecine) est de plus en plus sélectif par l’argent car ceux qui ne peuvent se payer les fameuses écuries pour médecine ou les prépas à 8 000 € l’année, n’ont que peu de chances de réussir le concours. travailler ne suffit plus comme à notre époque ( années 80) car les écuries, véritables entreprises « se tirent la bourre » puisque leur rentabilité est liée au pourcentage de réussite de leurs étudiants. C’est un cercle infernal. Qu’il faut absolument casser. En outre les jeunes issus de milieux archi favorisés qui seront les dirigeants de demain, forment un espèce de conglomérat humainement identique, ayant été élevés dans du coton et à l’humanité parfois partisane, à la conscience sociale limitée car peu confrontés aux réalités et difficultés de la vie. Que vont être ces futurs managers, comment vont-ils traiter leurs personnels? la dérive de france télécom n’en est-elle pas déjà une illustration???

  16. Korrigane dit:

    Cette question de quotas est un non sens. Ceux qui ont la possibilité de faire une école ou une autre doivent être aidés quelque soit leur statut social et il est injuste qu’ils soient discriminés. Et ces bourses sont l’argent des contribuables qui doit être utilisé à bon escient. Dans certains secteurs il y a un engagement de servir une institution ou l’état afin de rembourser les aides engagées. Ainsi cela donne un motif à l’étudiant qui a un poste assuré. Il est dommage que certains soient obligés de travailler et se mettent en difficulté pour leurs études car les moyens ne suivent pas. De même une coopération entre les étudiants serait souhaitable plutôt qu’une concurrence car les réussites comme les échecs se font toujours en équipe.Regardez France télécom pour voir ce que donne la concurrence entre les personnes…

  17. GRENIER dit:

    Témoignage exaspéré d’un parent : Monsieur SARKOZY, pour qui je regrette vraiment d’avoir voté, ou plutôt le rédacteur de ses discours privilégie commme à l’accoutumée les effets de manche. Le mauvais procès fait aux grandes écoles réalise la confusion habituelle entre les effets et les causes. Les grandes écoles ne sont pas responsables de leur recrutement élitiste car la cause doit en être recherchée en amont dans les lycées et dans les centres d’orientation qui ne font absolument pas leur travail de renseignement et n’incitent pas les élèves d’un bon niveau à « tenter la prépa » s’ils n’y ont pas été poussés par leur milieu social . Mon fils aîné vient justement d’entrer à Supélec, choisie par M. le Président pour villipendre les grandes écoles (Supélec est la 4ème école d’ingénieur au dernier classement de l’Etudiant). De tous les pays développés, la France est pourtant celui où l’accès aux établissements prestigieux est le moins onéreux : Les frais d’inscription dans les prépas des lycées publics (les plus nombreux)sont dérisoires, les cotisations sociales sont symboliques, l’internat reste très abordable financièrement (un repas équilibré coûte moins de trois euros) et les boursiers sont dispensés des droits d’inscription aux concours d’entrée. Mon fils était un élève sérieux sans être brillant et sa mère et moi n’avons jamais fréquenté de grande école. Mais il a été conseillé par ses professeurs en classe de terminale. Heureusement, il n’a pas compté sur les « services » de l’ONISEP, avec qui il avait pourtant pris rendez-vous et qui se sont montrés d’une remarquable nullité. Sans ses professeurs, notre fils aurait « assuré » en fac ou dans un quelconque BTS ou DUT, que je ne méprise absolument pas mais qui ne lui auraient sans doute pas donné les mêmes chances pour l’avenir. Alors, M. le Président, moins de gesticulation et plus de professionnalisme en amont !

  18. boursiers, quotas et lutte des classes « le blog de polluxe dit:

    [...] de Marie Dulu-Berrat Elargir l’accès par concours aux grandes écoles de C. Thélot Boursiers, quotas, grandes écoles et seuil de tolérance d’Emmanuel Davidenkoff Quotas : les élèves boursiers ne veulent pas d’un passe-droit [...]

  19. Théophile dit:

    Je ne comprends pas pourquoi le pouvoir en place et quelques personnes autorisées sur les médias mais connaissant assez peu le sujet veulent à tout prix écarter les gens issus des milieux défavorisés des prépas non technologiques qui sont les voies d’accès les moins onéreuses et les plus efficaces pour accéder aux grandes écoles les plus prestigieuses. Les concours sont ce qu’ils sont et sanctionnent des aptitudes. Ce qu’il faut c’est les préparer correctement. Et les chiffres eux-mêmes montrent (c’est flagrant en tout cas dans les filières scientifiques) que des boursiers réellement préparés et inscrits aux concours très difficiles de l’ENS y rentrent dans les mêmes proportions. Il n’est pas si difficile de sélectionner pour les prépas non technologiques systématiquement dans la procédure post bac tous les meilleurs élèves de toutes les terminales sans tenir compte du niveau des lycées, de leur accorder systématiquement une bourse et si besoin quelques cours de soutien supplémentaires en expression écrite et orale, quitte à faire une année de sas.

  20. marie dit:

    Sarkozy avait précisé dans son discours que ce serait 30 % dans CHAQUE Grande Ecole…

  21. Pikachu dit:

    J’aimerai aussi donner mon opinion sur le sujet,
    Pour ma part j’estime qu’il faudrait un quota pour permettre l’accès au « très » grandes écoles à certains …

    Mais le quota devrait être beaucoup plus limité et profiter aux « vrais » pauvres .. Parce que là ce que la plupart des gens ignorent c’est que dans le supérieur et surtout dans les prépa « les plus prestigieuses » une grande partie des boursiers (si il y en a )sont échelon 0 …
    Il faudrait s’interroger sur le nombre de boursier du secondaire (lycée, collège) qui sont réellement présent en prépa et qui rentrent en grandes écoles.

    Mais le plus important est de travailler en amont et de donner une possibilité à chacun , par exemple si je prend mon cas :
    J’étais dans une classe ZEP en primaire et au collège ; de tous ceux que je connait et qui étaient dans mon établissement seuls 2 ont pu entrer en prépa ….
    Dans mon lycée on est a peu près 8 pour plus de 120 élèves ….(en science)
    Donc voilà quoi il faudrait travailler en amont et en aval pour permettre a chacun de pouvoir tenter d’y accéder

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