L’Université s’ennuie

Dans la série « Relisons nos classiques », se replonger dans ce célèbre article de Pierre Viansson-Ponté, intitulé « La France s’ennuie » et publié le 15 mars 1968 dans Le Monde. Se demander s’il ne s’applique pas à l’ambiance qui règne aujourd’hui dans les universités, curieusement calmes, alors même que les raisons de la colère qui les a saisies l’an passé sont loin d’avoir disparu.

Relire, donc, Viansson-Ponté, lorsqu’il demande : « N’y a-t-il vraiment pas d’autre choix qu’entre l’immobilité et la tempête ? » Méditer sa presque conclusion : « Le vrai but de la politique n’est pas d’administrer le moins mal possible le bien commun, de réaliser quelques progrès ou au moins de ne pas les empêcher, d’exprimer en lois et décrets l’évolution inévitable. Au niveau le plus élevé, il est de conduire un peuple, de lui ouvrir des horizons, de susciter des élans, même s’il doit y avoir un peu de bousculade, des réactions imprudentes. » Rappeler, pour ceux qui l’auraient oublié, que la France s’embrasait quelques semaines plus tard.

(Edito à paraître dans La Lettre de l’Etudiant du 25 janvier 2010).

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Article du on jeudi, janvier 21st, 2010 at 13:10 dans la rubrique Editos. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

Un commentaire “L’Université s’ennuie”

  1. Yves Madiran dit:

    Les étudiants les plus précarisés étant très contents de pouvoir devenir enseignants sans formation professionnelle ni concours ultra-sélectifs, et d’être dispensés par la même occasion, grâce à l’inénarrable fourre-tout que constitue le nouveau master, d’approfondir leur(s) future(s) discipline(s), pourquoi voudriez-vous qu’ils réagissent ? D’autant que dans une telle furie et pagaille réformatrices, ils n’ont pas vraiment le temps de s’ennuyer ! Et les enseignants-chercheurs, échaudés par le mépris du gouvernement et des médias, aussi bien que par le silence assourdissant de l’opposition dite de « gouvernement », ou encore par l’indifférence écrasante de l’opinion, sans parler de la trahison de leurs élites et de leurs représentants (40.000 euros annuels de prime et légion d’honneur assurée pour les bons présidents ; des présidents élus sur un programme contestataire tournant casaque dès qu’élus, etc., etc.), pourquoi voudriez-vous qu’ils lèvent désormais le plus petit petit doigt ? Alors, sauve qui peut, et chacun son chemin, chacun son destin… redis-le à ton voisin !

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