La voix de Philippe Meirieu

Alors que se poursuit la grogne contre la « mastérisation », notamment de la part des présidents d’université ; alors que se multiplient les appels en faveur d’une meilleure formation des enseignants ; alors qu’approche l’heure de vérité qui dira si cette réforme est simplement tenable techniquement, sans même parler de ses effets de fond ; alors que le ministère ne tente même pas de cacher le fait que le renvoi de la mise en œuvre du dispositif au niveau académique présente l’avantage d’en brouiller la perception au niveau national…

Me revient le souvenir, à l’automne dernier, de la voix tremblante de Philippe Meirieu, ancien directeur d’IUFM, remerciant tous ceux qui se mobilisaient dans le cadre des Etats généraux de la formation des enseignants. Une voix qui disait : que n’avez-vous contribué à améliorer un dispositif qui était peut-être perclus de défauts mais qui avait le mérite d’exister, tant qu’il en était encore temps ? Une voix qui criait : où étiez-vous pour nous défendre depuis vingt ans ?

(Edito de La Lettre l’Etudiant – educpros du 29 mars 2010).

Be Sociable, Share!

Article du on vendredi, mars 26th, 2010 at 7:00 dans la rubrique Editos. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

Un commentaire “La voix de Philippe Meirieu”

  1. MissBrodie dit:

    « Où étiez-vous pour nous défendre depuis vint ans? »

    Effectivement, je n’ai jamais défendu l’IUFM parce que, comme beaucoup de mes collègues, j’ai l’impression que cette institution ne m’a rien appris. Une langue de bois, des enseignants/formateurs échappés de leurs classes pour nous donner des leçons abstraits sur des problèmes concrets. En revanche, j’ai beaucoup appris de ma tutrice. Il me semble que le défaut du nouveau dispositif n’est pas le fait qu’il met plus l’accent sur la formation in situ mais que le nombre d’heures imposé aux enseignants débutants est trop élevé pour leur permettre de passer le temps nécessaire à la préparation de leurs premiers cours. C’est comme ça que l’on apprend non?

Laisser un commentaire