Il est où, le rapport annuel des Inspections générales ?

« L’inspection générale de l’éducation nationale et l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale établissent un rapport annuel qui est rendu public » (article L 241-1 du Code de l’Education). Sauf erreur de ma part, il n’y en a pas eu depuis celui qui avait été publié en décembre 2007. Il faut dire qu’on en est plus à ça près. Seuls quatre rapports de l’Inspection générale de l’Education nationale ont été publiés en 2009, un seul en 2010 (pour l’instant), aucun de l’Inspection générale de l’administration de l’Education nationale. Evidemment, ça fait toujours plus qu’entre janvier 2008 et septembre 2009, période au cours de laquelle aucun rapport n’avait été rendu public. Mais tout de même. Sans remonter aux calendes grecques, les ministres donnaient leur aval à la publication de 16 à 25 rapports par an entre 2000 et 2007, portant sur des sujets autrement plus sensibles que le sujet du seul rapport publié cette année (Modalités et espaces nouveaux pour l’enseignement des langues ; je ne mésestime pas l’importance du sujet, mais où sont les rapports sur les rythmes scolaires, la réforme du lycée, la formation des enseignants etc. ?).

Certes, on voit mal à partir de quoi un rapport annuel pourrait être rendu public, si tous les rapports thématiques sont classés « Secret Défense ». Mais c’est quand même dommage. Ils sont souvent passionnants, les rapports des Inspections. Je parle surtout de ceux qu’elles établissent sur des sujets dont elles se saisissent elles-mêmes ; ceux qui répondent à des commandes politiques sont généralement moins convaincants, encore que. Bref.

PS Je précise que je fais un peu le voyou sur ce coup-là. Je n’ai pas contacté le ministère ni l’Inspection générale pour savoir si une publication prochaine était prévue. Il faut dire qu’en septembre dernier, j’avais appelé un vendredi pour m’informer des raisons du blackout absolu qui durait alors depuis 18 mois, afin de peaufiner une chronique que je prévoyais pour le lundi sur France Info. Les quatre rapports avaient été publiés sur le site internet du ministère une heure après mon appel. Je ne veux pas m’accorder une influence que je n’ai pas, mais ça m’avait semblé un bien drôle de hasard (car on me l’avait certifié, c’était un hasard). D’ailleurs, depuis, un seul a été publié (quelqu’un a appelé ?). Cette fois, je publie donc sans sommation.

Article du on Vendredi, juin 4th, 2010 at 10:20 dans la rubrique Sur le vif. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

3 commentaires “Il est où, le rapport annuel des Inspections générales ?”

  1. Barnabé dit:

    Supprimons l’inspection générale, haut lieu du copinage, réceptacle des recasés de la politique, déconnecté de la réalité du monde de l’Éducation.
    Voilà un gisement de plusieurs centaines de postes à récupérer.
    Et lorsque c’est nécessaire, faisons appel à des sociétés privées d’audit indépendantes et objectives. Cela permettra à l’État de réaliser des économies considérables.

  2. causette dit:

    L’Igen comprend des recasés de la politique ou des enseignants qui ont rarement enseigné longtemps mais qui ont grimpé à force d’allégeance, de lèche-colloques entre soi, de lèche-citations dans des ouvrages qui tournent en boucle. Les postes à l’Igen sont très convoités, très bien payés et qui laissent beaucoup de temps libre, dit-on… Payés par le contribuable. Alors, oui, où sont passés les rapports et à quoi servent ces rapports? Quel usage en fait le politique? Et au fait, quelle indépendance possède vraiment l’Igen ?

  3. Michel LEROUX dit:

    Deux remarques : la première est qu’il existe des rapports de l’Inspection générale qui ne sont pas publiés par l’institution. Ce fut notamment le cas du rapport présenté par l’Inspecteur général Jean-Pierre Obin en 2004, sur  » Les signes et les manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires. » Ce sont les éditions Max Milo qui s’en sont chargées en 2006. La seconde remarque est que, sous Lionel Jospin, ont été nommés Inspecteurs généraux des gens qui n’avaient pas obtenu le CAPES. Ceux qui ont été ainsi promus pour services rendus, seraient-ils vraiment capables de rédiger un rapport ? Là est peut-être aussi la question.

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