Pisa 2009 : la claque

La photographie de l’école française qu’offre Pisa 2009 est inquiétante. Mais le film que raconte la comparaison entre la première enquête Pisa, il y a dix ans, et cette enquête 2009 est dramatique. On savait en effet déjà que notre école fait payer la réussite d’une petite élite par l’exclusion d’une large fraction, qu’elle reproduit les inégalités sociales, qu’elle se situe dans le ventre mou du classement des pays comparables. Les politiques menées ces dix dernières années se sont révélées impuissantes à renverser la vapeur. C’est cette séquence qui doit interroger, car ces politiques ont souvent été mises en œuvre au nom de Pisa, mais sans suivre les préconisations qu’on peut tirer de Pisa : mieux former enseignants et chefs d’établissements, mieux réguler la carte scolaire, aider massivement les élèves qui trébuchent au moment où ils trébuchent, donner plus d’autonomie au local en échange d’une vraie évaluation contrôlée par le national, etc. A quand un « Pisa choc » en France ?

Article du on Mardi, décembre 7th, 2010 at 19:52 dans la rubrique 61. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

5 commentaires “Pisa 2009 : la claque”

  1. Nicolas Marionneau dit:

    Et derrière cette étude se profile le « marronnier » de l’enseignement supérieur français.
    Nous vivons quotidiennement dans notre établissement des formations supérieures concentrées et évaluées sur les compétences, et non sur des notes, moyennes, et comparaisons entre étudiants; Nous travaillons sur un modèle pédagogique universitaire anglo-saxon, que l’on trouve également dans les pays du Nord : suivi des progrès, analyse des erreurs et enrichissement, critiques intermédiaires, évaluations des savoir-faire et des compétences, des parcours individualisés…le bulletin de notes ancestral franco-français a quasiment disparu ici et le taux de placement est proche de 95% dès la sortie de l’école.

    Que dire de plus ? Que veux un employeur ? avant tout des compétences professionnelles immédiatement opérationnelles ! L’embauche de jeunes compétents, efficaces et pertinents est le secret de sa croissance et de son développement.

    Exemples à l’appui, la solution existe ! il faut simplement défaire pour refaire. Dissocier la notion de diplômes de la notion de compétitivité professionnelle et d’accomplissement personnel de l’étudiant. Et si aujourd’hui on doit choisir entre diplômes français et compétences, alors ici, chez nous, c’est fait et ça marche !

    Pour rebondir sur l’étude PISA… et si au primaire, collège, secondaire, on s’occupait des compétences en valorisant les savoir-faire, au lieu d’entourer les fautes en rouge et de complexifier les bulletins de notes à loisir ? moyenne de la classe, plus basse note, plus haute note de la classe, classement…. est-ce que sur un CV on spécifie ses notes du bac ? on l’a …ou pas…

    il y a des remèdes mais ils sont révolutionnaires, sans doute, à l’étranger, c’est certain, et il faut accepter des les avaler.
    mais après digestion, ça marche et c’est extensible :)

    Merci pour ces blogs et lettres passionnantes

    Bonne année de travail à tous

  2. PISA 2009 : quelles solutions face au constat ? dit:

    […] et de se faire valoir dans notre société (lire à ce sujet les billets d’E. DAVIDENKOFF et de C. LELIEVRE). […]

  3. Alain Augé dit:

    Je ne sais pas dans quel établissement enseigne Nicolas Marionnaud, mais je suis entièrement d’accord avec lui. Les diplômes ne sont que des présomptions de compétences. Il faut que l’éducation nationale valide les connaissances(première partie du diplôme) et que l’expérience professionnelle garantisse les compétences (deuxième partie du diplôme validée par des professionnels. Ces diplômes pourront alors être pris en compte dans les grilles de classification des conventions collectives et correspondre à des salaires.
    Concernant PISA,je vous conseille l’excellent livre de Georges CHARPAK sur « la main à la pâte ». Lorsque nos chères tête blondes couront vers l’école, le collège ou le lycée pour apprendre, c’est que leurs enseignants aurant changé d’état d’esprit. Mais il faudra qu’ils mouillent leurs chemises!

  4. Fabrice Gibert dit:

    En effet les solutions existent. comme en témoignent vos prises de positions encourageantes.

    Et si l’éducation des enfants suscitent tant de passion, c’est parce que nous savons qu’ils ont beaucoup de talents trop souvent inexploités. D’où notre frustration de ne pouvoir les lancer dans la vie professionnelle plus efficacement.

    D’où notre tentative de contribution :
    Mon épouse et moi-même nous sommes récemment associés pour animer des ateliers de groupe auprès des jeunes, afin de les aider à aller de l’avant, en revisitant leurs rêves professionnels et les talents dont ils disposent pour y parvenir.
    La démarche est rare mais fonctionne. Nous l’avons testé dans des foyers de jeunes travailleurs et en effet les résultats sont étonnants, ils ont en effet beaucoup de choses à offrir à la société et à s’offrir entre eux.
    L’expérience de groupe réveille les ambitions individuelles et la solidarité au sein de leur groupe.

    Est-ce que cette action est envisageable dans les écoles ? Bien sûr.
    Nous croyons qu’un étudiant qui a une plus grande confiance en lui et en son environnement arrivera plus rapidement vers l’autonomie et l’épanouissement professionnel.

    Les premières écoles que nous avons démarché vont peut être également décider de nous rencontrer…à suivre.
    Si vous voulez en savoir un peu plus : http://www.edeux.fr

    Vive les jeunes et vive toute personne contribuant à leur laisser un espace de choix !

  5. beroud dit:

    pisa est devenu l’argument ultime et imparable pour justifier des politiques qui ne visent pas à améliorer la formation de nos enfants mais à « dégraisser la mammouth ».
    Alors oui continuons à comparer des choux et des carottes et à nous répéter que les carottes sont décidément trop nulles.

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